Puy de Pariou (Auvergne) : le volcan interdit !

Au coeur de la Chaîne des Puys, le Puy de Pariou est ll’un des sites les plus plus visités – et probablement le plus photographié – de cet alignement de cônes volcaniques. Aujourd’hui, il est victime de sa popularité et son cratère n’est plus accessible à cause de la pression touristique qui menace de le mettre à mal. Le chemin d’accès à la vaste cavité en forme de bol est en cours d’effacement et il est désormais interdit au public.

Cette mesure a été mise en place pour préserver le site qui est piétiné par quelque 130 000 visiteurs par an. Les spécialistes parlent même d’une érosion d’une dizaine de centimètres de perte de sol par an.

Le Puy de Pariou est souvent appelé le Vésuve auvergnat en raison de sa soi-disant ressemblance avec le volcan italien, une appellation qui me semble quelque peu abusive. Il appartient à des propriétaires privés mais est géré par un gestionnaire.

Si la descente dans le cratère est interdite, les responsables du tourisme en Auvergne se veulent rassurants et expliquent que l’on peut toujours monter, gratuitement et facilement, au sommet. Des chemins de randonnée ont été réhabilités. Il y a quelques années, un escalier d’environ 400 marches a été installé pour protéger les pentes du volcan contre l’érosion.

Si les autorités auvergnates vont au bout de leur raisonnement, elles devront également protéger les superbes pentes de scories des puys de la Vache et de Lassolas que certains touristes ont tendance à confondre avec celles de la dune du Pilat…

Source: presse régionale.

Puy de Pariou, le Vésuve auvergnat?

Le Vésuve….pas vraiment ressemblant !

Le Puy de Lassolas et ses superbes scories…

(Photos: C. Grandpey)

 

Glaciers et grottes de glace sur les volcans // Glaciers and ice caves on volcanoes

Alors que la plupart des glaciers dans le monde reculent en raison du réchauffement de la planète, quelques autres parviennent à se développer grâce à des conditions locales très particulières. L’un d’eux est apparu dans le cratère du Mont St Helens. Ce glacier – tout simplement baptisé Crater Glacier – est probablement l’un des plus jeunes au monde.
Les glaciers du Mont St Helens n’ont rien d’extraordinaire. Avant 1980, le volcan était un cône orné d’une douzaine de petits glaciers. La plupart d’entre eux ont été détruits ou ont fondu au cours de l’éruption de mai 1980.
L’ouverture en forme de fer à cheval laissée par l’éruption a fourni un refuge parfait pour héberger un petit glacier. Son orientation vers le nord a permis de protéger la neige du soleil. Une épaisse couche de débris volcaniques s’est accumulée sur le fond du cratère, fournissant un bon isolant contre la chaleur volcanique en dessous.

La glace a, par endroits, une épaisseur d’environ 190 mètres. Mesuré en ligne droite de la source jusqu’à son front, le glacier a environ 2 kilomètres de longueur. Il convient de noter que sa progression a ralenti considérablement en 2014 et il avait commencé à régresser quand je l’ai observé en 2015. L’accès est interdit à l’intégralité du cratère sauf aux personnes disposant de permis de recherche. Il convient en effet de protéger cet environnement fragile et dangereux où les pièges sont nombreux.

Les grottes de glace du Mt St Helens ont fait l’objet d’un intéressant reportage bien illustré dans le National Geographic.

https://www.nationalgeographic.fr/sciences/2020/05/plongee-dans-les-grottes-de-glace-du-mont-saint-helens?fbclid=IwAR1DGCYiff_Q0CcfBZZ-gaLt86aNdQTg0STtuBsFOyWq5vFCh76VvrhrOWM

On trouve des grottes de glace sur d’autres volcans comme le Mont Hood ou le Mont Rainier. Voir ma note du 6 février 2016 sur les grottes de cette montagne.

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2016/02/06/les-grottes-de-glace-du-mont-rainier-mount-rainier-ice-caves/

Il existe d’autres grottes sur la Mauna Loa (Hawaii) et sur l’Etna (Sicile). Je leur ai consacré une note le 9 janvier 2016 :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2016/01/09/les-grottes-de-glace-du-mauna-loa-hawaii-et-de-letna-sicile-ice-caves-on-mauna-loa-hawaii-and-mt-etna-sicily/

A côté de ces glaciers et de leurs grottes, il est bon de rappeler que l’on trouve des trous de glace très surprenants sur certains volcans éteints comme ceux de l’Auvergne, en particulier dans la cheire du Puy de Côme. Les adhérents de l’association L.A.V.E. pourront relire un article que j’ai écrit à leur sujet dans le n°48 de la revue LAVE. Il est intitulé « Les trous de glace de la cheire du Puy de Côme. » La formation de ces caractéristiques géologiques est très bien expliquée et illustrée sur ce site web :

https://planet-terre.ens-lyon.fr/image-de-la-semaine/Img357-2011-06-27.xml

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While most of the world’s glaciers are retreating due to global warming, a few others are able to develop due to very specific local conditions. One of them appeared in the crater of Mount St Helens. This glacier – simply called Crater Glacier – is probably one of the youngest in the world.
The glaciers of Mount St Helens are nothing extraordinary. Before 1980, the volcano was a cone covered with a dozen small glaciers. Most of them were destroyed or melted down during the May 1980 eruption.
The horseshoe-shaped opening left by the eruption provided a perfect refuge for a small glacier. Its northward orientation made it possible to protect the snow from the sun. A thick layer of volcanic debris accumulated on the bottom of the crater, providing good insulation against the volcanic heat below.
The ice is, in places, about 190 metres thick. Measured in a straight line from the source to its front, the glacier is about 2 kilometres in length. It should be noted that its progress slowed down considerably in 2014 and it had started to retreat when I observed it in 2015. Access is prohibited to the entire crater except for people with research permits. It is indeed necessary to protect this fragile and dangerous environment where traps are numerous.
The ice caves of Mt St Helens have been the subject of an interesting report well illustrated in National Geographic.
https://www.nationalgeographic.fr/sciences/2020/05/plongee-dans-les-grottes-de-glace-du-mont-saint-helens?fbclid=IwAR1DGCYiff_Q0CcfBZZ-gaLt86aNdQTg0STtuBsFOyWq5vFCh76VvrhrOW

Ice caves are found on other volcanoes such as Mt Hood or Mount Rainier in the United States. See my post of 6 February 2016 about the caves on this mountain:

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2016/02/06/les-grottes-de-glace-du-mont-rainier-mount-rainier-ice-caves/

More caves can be visited on Mauna Loa (Hawaii) and Mount Etna (Sicily). I wrote a post about them on 9 January 2016:

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2016/01/09/les-grottes-de-glace-du-mauna-loa-hawaii-et-de-letna-sicile-ice-caves-on-mauna-loa-hawaii-and-mt-etna-sicily/

Beside these glaciers and their caves, it is worth remembering that there are very surprising ice holes on some extinct volcanoes like those of Auvergne, in particular in the cheire of Puy de Côme. Members of the L.A.V.E. association can reread an article I wrote (in French) about them in issue # 48 of the LAVE review. It is entitled « Les trous de glace de la cheire du Puy de Côme. »
The formation of these ice holes is very well explained and illustrated on this website:
https://planet-terre.ens-lyon.fr/image-de-la-semaine/Img357-2011-06-27.xml

Le « Crater Glacier » du St Helens en 2008 et 2015 (Photos : C. Grandpey)

Plusieurs glaciers ornent le sommet du Mt Rainier (Photo : C. Grandpey)

Stalactites de glace sur l’Etna (Photo : C. Grandpey)

Manque de neige: Les stations de ski auvergnates en difficulté

Comme je l’ai indiqué précédemment, et prouvé au travers des images des webcams, les stations de ski auvergnates souffrent cruellement du manque de neige cette année, comme la plupart des autres stations de basse et moyenne altitude. Les statistiques montrent que le réchauffement climatique est en train de s’accélérer (Janvier 2020 a été le mois de janvier le plus chaud de l’histoire) et il est donc peu probable que les prochaines années connaissent une embellie côté enneigement.

Un article paru dans le journal La Montagne nous apprend que le manque de neige sur le massif du Sancy, dans une période touristique essentielle pour le chiffre d’affaires annuel, commence à créer de vraies difficultés financières pour les stations de ski auvergnates. Celle du Mont-Dore est clairement touchée. Les soucis financiers de la société anonyme d’économie mixte (SAEM) qui gère les remontées mécaniques du Mont-Dore ont été mis en avant lors d’une réunion qui s’est tenue en sous-préfecture d’Issoire et à laquelle participaient les représentants des stations de Chastreix, de Super Besse et du Mont-Dore. Il faut savoir que les vacances de février avec un bon enneigement représentent quasiment 65 % du chiffre d’affaires de la saison complète.

Dans un premier temps, la SAEM va demander des reports de charges aussi bien au niveau des banques que de l’Urssaf. Plusieurs scénarios sont possibles pour l’avenir, de la simple recapitalisation, jusqu’au redressement judiciaire qui permettrait de poursuivre l’activité et de pérenniser les emplois (21 permanents et 60 saisonniers dont 35 à temps partiel en ce moment), tout en apurant les dettes. La décision sera prise par le conseil d’administration de la société, qui doit se réunir prochainement.

Les responsables des stations auvergnates s’accordent pour dire qu’il va falloir s’orienter vers une diversification des activités et repenser la logique des gestions des stations. Par exemple, s’agissant de la neige de culture, il faudra investir sur des domaines un peu plus petits où les canons à neige existants seront plus resserrés. Les stations ont commis l’erreur, il y a 10 ou 15 ans, d’investir dans des enneigeurs très coûteux que les stations paient encore, ce qui explique que de nombreuses sociétés de moyenne montagne sont en difficulté financière. Il y a une dizaine d’années, alors que je randonnais sur les cimes auvergnates, j’ai pénétré dans une zone – soi disant interdite – d’installation des enneigeurs et j’ai pris une bonne engueulade de la part du chef de chantier. Je lui ai aimablement ( !) répondu que dans 5 ans son travail ne servirait à rien car il n’y aurait plus de neige. Honnêtement, je ne pensais pas être aussi proche de la vérité !

Les gestionnaires des stations ne pensaient pas, eux non plus, que la situation se dégraderait aussi vite. Aujourd’hui, il y a forcément un manque à gagner pour ceux dont l’activité est directement liée aux sports d’hiver : les loueurs de matériel, les écoles de ski et les remontées mécaniques. Paradoxalement, les autres activités commerciales comme l’hôtellerie, les activités de pleine nature se portent bien. Le directeur de l’Office du tourisme du Mont-Dore se veut rassurant. « L’État devrait se saisir du dossier des stations de moyenne montagne. […] Le Mont-Dore ne peut pas fermer. Mais il est important que la SAEM protège ses salariés et ses infrastructures en attendant que des solutions se dessinent ».

Source : La Montagne.

Grand soleil ce week-end sur l’Auvergne, avec une quinzaine de degrés au thermomètre.

L’avenir incertain des stations de ski

Il y a quelques jours, on transportait la neige par camions à Gérardmer (Vosges) pour donner l’illusion que la saison de ski n’était pas fichue. En décembre 2019, je signalais que dans la station Montclar Les 2 Vallées (Alpes du Sud), on héliportait – à coups de milliers d’euros – la neige des sommets vers le bas du domaine où le manteau neigeux n’avait pas résisté au redoux. L’enneigement a pourtant été précoce et abondant au début de l’hiver, mais comme souvent ces dernières années, le mercure a ensuite dégringolé dans le thermomètre.

Le changement climatique est plus brutal dans les Alpes qu’ailleurs en France. Selon la revue Arctic, Antarctic, and Alpine Research, depuis la fin du 19ème siècle, on observe une augmentation moyenne des températures de 2°C. La hausse est de 2,8°C en hiver et de 1,5°C en été. De plus, on a observé dans les Alpes suisses entre 1970 et 2015 que la couverture neigeuse a été amputée de 8,9 jours par décennie à une altitude comprise entre 1139 et 2540 mètres.

Alors que commencent les vacances de février, les stations de ski sont exposées à cette fonte de la neige et bon nombre d’entre elles ont déjà fermé leurs portes par manque de poudreuse. Selon les dernières statistiques, 169 stations ont cessé leurs activités depuis 1951. Il y a eu une première volée de fermetures entre 1986 et 1990, à cause d’une succession d’hivers sans neige. Au début, les fermetures ont concerné des domaines skiables équipés de deux ou trois remontées mécaniques, mais depuis les années 2000, des stations mieux équipées ont cessé leurs activités.

Sur les 169 fermetures, 45% ont été causées par le manque d’enneigement. Les autres raisons sont la concurrence économique entre les stations, la mauvaise gestion financière ou les changements de pratiques sociétales. En particulier, la population skieuse française est vieillissante. Par manque d’argent, beaucoup de jeunes n’ont plus les moyens de s’offrir ce luxe. Ils représentaient 20% de la clientèle des stations en 1995, contre 14% aujourd’hui. Selon l’Observatoire des domaines skiables de France, la fréquentation globale des stations stagne depuis 2008.

En France, le pic du nombre de stations en service a été atteint au début des années 1990, avec plus de 500 domaines skiables en activité. C’est alors que le lent déclin s’est amorcé, même si recensait encore 414 stations en 2018, année funeste avec cinq fermetures.

Ce sont logiquement les massifs de moyenne montagne, davantage touchés par le recul de l’enneigement à cause de leur basse altitude, qui enregistrent le plus de fermetures de domaines. Ainsi, dans le Massif Central, le nombre de stations a chuté de 40 en 1985 à 18 en 2019. La situation est la même dans le Jura, les Vosges et à un degré moindre les Pyrénées. Les stations des Alpes en plus haute altitude sont mieux protégées même si elles comptent aussi des victimes. De 350 en 1990, elles sont passées à moins de 300 aujourd’hui. Dans les Alpes du Nord, une station comme Sixt-Fer-à-Cheval n’a pas résisté. On peut aussi citer la station Saint-Honoré 1500, au sud de Grenoble. Malgré ces difficultés, la France se classe au troisième rang mondial en nombre de journées-skieurs par an, derrière les États-Unis et l’Autriche.

Face à l’accentuation du réchauffement climatique, il faudra que les domaines skiables s’adaptent, par exemple en multipliant les canons à neige au bord des pistes, à condition que le réchauffement climatique ne s’accélère pas comme il le fait aujourd’hui.. Cette solution provisoire est fortement critiquée par les écologistes car les réserves collinaires en altitude retiennent une eau qui n’atteindra jamais les vallées.

Les stations de ski de moyenne montagne, comme celle de Villars-de-Lans rachetée par l’ex-basketteur Tony Parker dans le Vercors, seront de plus en plus menacées et les canons à neige seront inopérants pendant des périodes de plus en plus longues. Il faut donc s’attendre à de nouvelles fermetures de stations de ski, avec leur cortège de difficultés car l’économie locale dépend directement ou indirectement des revenus du ski.

Adapté d’un article paru sur le site slate.fr.

En Auvergne, les canons à neige sauvent ce qu’ils peuvent. La météo n’est guère favorable aux chutes de neige dans les prochains jours.