Un rideau pour sauver le glacier Thwaites (Antarctique) ? // A curtain to save the Thwaites Glacier (Antarctica) ?

Le Thwaites est un immense glacier situé sur la côte ouest de l’Antarctique, auquel j’ai déjà consacré plusieurs notes sur ce blog. Son front mesure 120 kilomètres.

 

Les scientifiques lancent constamment des messages d’alerte car le Thwaites fond très rapidement. Il a perdu plus de 1 000 milliards de tonnes de glace depuis l’an 2000. Les scientifiques souhaitent l’équiper de rideaux de 100 kilomètres de long afin de ralentir sa fonte. Le projet est évalué à 50 milliards de dollars. Si le Thwaites disparaissait entièrement, le niveau de la mer dans le monde augmenterait d’environ 3 mètres.

 

Crédit photo: NASA

Si le niveau de la mer augmentait de seulement 60 centimètres dans le monde,  les conséquences pour les villes côtières seraient terribles. New York, Miami et la Nouvelle-Orléans connaîtraient des inondations dévastatrices. Dans le monde entier, 97 millions de personnes seraient confrontées à une montée rapide des eaux mettant en danger leurs maisons et leurs moyens de subsistance.

La ville de Miami est déjà confrontée à la montée des eaux de l’océan (Photo : C. Grandpey)

À l’heure actuelle, la banquise de l’Antarctique constitue un rempart qui empêche les eaux chaudes de l’océan Austral d’atteindre les glaciers. Si le Thwaites venait à fondre dans sa totalité, cela déclencherait une cascade de fonte glaciaire avec une hausse supplémentaire de trois mètres du niveau de la mer. En effet, les glaciers côtiers de l’Antarctique sont interconnectés. Si la fonte de l’un s’accélère, celle des autres fera de même.

Image montrant les glaciers de l’ouest Antarctique (Source ; BAS)

La fonte du Thwaites contribue déjà à 4 % de l’élévation du niveau de la mer dans le monde.Certains scientifiques – qui jouent parfois aux apprentis-sorciers – tentent de trouver des solutions innovantes susceptibles de ralentir la fonte des glaciers. La dernière stratégie réside dans l’installation de gigantesques rideaux sous-marins de 100 kilomètres de long pour empêcher l’eau de mer chaude d’atteindre et de faire fondre les glaciers. En effet, l’un des principaux facteurs responsables de la fonte des glaciers en Antarctique est la pénétration d’eau de mer chaude, aidée par les courants, sous la banquise, ce qui provoque sa fonte rapide. À mesure que les océans se réchauffent avec le réchauffement climatique, les courants érodent de plus en plus le Thwaites, menaçant de le faire fondre, ce qui serait une catastrophe.

L’eau chaude de l’océan Austral mine la banquise par en dessous (Source : BAS)

En théorie, ces rideaux bloqueraient l’arrivée des courants chauds vers le Thwaites. Cela donnerait à sa banquise le temps de se régénérer et donc de mieux protéger les glaciers en amont. L’idée du rideau s’appuie sur une solution similaire qui a été suggérée en 2018 et qui consistait à bloquer l’eau chaude à l’aide d’un mur. Les rideaux semblent une meilleure option. En effet, ils sont tout aussi efficaces qu’un mur pour bloquer les courants chauds, mais beaucoup plus faciles à retirer si nécessaire.

Diagramme montrant comment un rideau ancré au fond marin pourrait empêcher les courants d’eau chaude et profonde d’atteindre les glaciers (Source :.Arctic Centre / Université de Laponie)

Des chercheurs de l’Université de Cambridge ont déjà effectué les premiers tests sur un prototype, et ils pourraient passer à l’étape suivante dès l’été 2025. Ils testent actuellement une version d’un mètre de long à l’intérieur de réservoirs. Une fois qu’ils auront prouvé sa faisabilité du projet, ils procéderont à son test dans la rivière Cam, soit en installant un rideau au fond de la rivière, soit en le tirant derrière un bateau. L’idée est de développer progressivement les prototypes jusqu’à ce qu’ils prouvent que la technologie est suffisamment fiable pour être installée en Antarctique. Si tout se passe bien, les chercheurs pourraient tester un ensemble de prototypes de rideaux de 10 mètres de long dans un fjord norvégien d’ici environ deux ans. Un problème majeur sera d’obtenir le financement nécessaire pour mener à bien ce projet extrêmement coûteux..
Source  : Business Insider via Yahoo Actualités.

Je suis personnellement extrêmement sceptique devant ce projet de rideaux en Antarctique. Tout d’abord, je ne suis pas certain que la somme colossale exigée par sa réalisation sera attribuée aux scientifiques britanniques. Par ailleurs, le gigantisme du projet tient davantage du fantasme d’un Professeur Nimbus que de scientifiques raisonnables. Il est fort à parier que les rideaux prévus dans le projet ne pèseront pas lourd devant la force des courants marins. Vouloir freiner la chaleur qu’ils transportent semble une douce illusion. De toute façon, comme je l’ai écrit à maintes reprises, ce n’est pas aux conséquences du réchauffement climatique qu’il faut s’attaquer mais à ses causes. Priorité doit être donnée à la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre, CO2 et NH4 en particulier. Malheureusement, la Courbe de Keeling et celle de la température mondiale qui lui est parallèle ne montrent pas le moindre fléchissement. Si des mesures ne sont pas prises de toute urgence, nos enfants et petits-enfants seront confrontés à de très graves problèmes.

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Thwaites is a massive glacier on Antarctica’s western coast. Its front is 120 kilometers wide. Scientists are worried because Thwites is melting very fast. It has lost over 1,000 billion tons of ice since 2000. Scientists want to build 100-kilometer-long curtains around the glacier to slow its catastrophic melting. The cost of the project is estimated at $50 billion.

If the Thwaites collapsed entirely, global sea levels would ultimately rise by about 3 meters.

Sixty centimeters of sea level rise may not sound like a lot. But if sea levels rose by 60 centimeters worldwide, the effects on coastal communities would be catastrophic. Cities like New York, Miami, and New Orleans would experience devastating flooding. Across the globe, 97 million people would be in the path of rapidly encroaching waters, putting their homes, communities, and livelihoods at risk.

Right now, the Antarctic ice shelf prevents the warming waters of the Southern Ocean from reaching the glaciers on land. If the Thwaites collapsed, it would trigger a cascade of melting that could raise sea levels another 3 meters. Indeed, the coastal glaciers in Antarctica are interconnected

Already, the melting Thwaites contributes to 4% of global sea level rise. Geoengineers are trying to find innovating technologies that could slow glacial melting. The latest strategy lies with underwater curtains. They would like to install gigantic 100-kilometer-long underwater curtains to prevent warm seawater from reaching and melting glaciers. Indeed, one of the main drivers of glacial melting is the flow of warm, salty sea water deep within the ocean. These warm currents lap against the sides of the Thwaites, melting away the thick ice that keeps the shelf’s edge from collapsing. As oceans warm due to global warming, these intruding currents will increasingly erode the Thwaites, driving it closer to total collapse.

In theory, these curtains would block the flow of warm currents to the Thwaites to halt its melting and give its ice shelf time to re-thicken. The curtain idea is based on a similar solution that was suggested in 2018, which would block warm water using a massive wall.. Curtains are supposed to be a much safer option. They are just as effective as a wall at blocking warm currents, but much easier to remove if necessary.

Researchers at the University of Cambridge are already in the very early stages of developing and testing a prototype, and they could progress to the next stage as early as summer 2025. Right now, they are testing a one-meter-long version of this technology inside tanks. Once they have proven its functionality, they willl move on to testing it in the River Cam, either by installing it at the bottom of the river or by pulling it behind a boat. The idea is to gradually scale up the prototypes until evidence suggests the technology is stable enough to install in the Antarctic. If all goes well, they could be testing a set of 10-meter-long curtain prototypes in a Norwegian fjord in about two years. A major problem will be to get the necessary funds to complete the project.

Source : Business Insider via Yahoo News.

Et si la calotte glaciaire de l’Antarctique occidental venait à fondre ? // What if the West Antarctica Ice Sheet happened to melt ?

Faisant référence à la réduction de la calotte glaciaire de l’Antarctique occidental il y a 8 000 ans, une étude attire l’attention sur ce qui pourrait arriver aujourd’hui si une fonte semblable se produisait avec le réchauffement climatique actuel et l’énorme élévation du niveau de la mer qui en résulterait inévitablement. .
Les auteurs de l’étude, publiée dans la revue Nature Geoscience en février 2024, ont analysé une carotte de glace de 600 mètres de long et ont réalisé qu’une partie de la calotte glaciaire s’était amincie de 450 mètres sur une période de seulement 200 ans à la fin du dernier Âge glaciaire.
L’étude est la première à faire état d’une perte de glace aussi rapide quelque part en Antarctique. Même si les scientifiques savaient que la calotte était plus grande à la fin de la dernière période glaciaire qu’aujourd’hui, on ne savait pas exactement à quel moment elle avait rétréci. Il est clair que la calotte glaciaire a reculé et s’est amincie très rapidement dans le passé, avec le risque qu’un tel phénomène se reproduise. Les chercheurs affirment que « si cette calotte glaciaire commence à reculer, elle le fera vraiment très rapidement ».
La fonte de la calotte glaciaire de l’Antarctique occidental pourrait avoir des conséquences catastrophiques sur l’élévation du niveau de la mer à l’échelle mondiale. Elle contient suffisamment d’eau pour faire s’élever le niveau de la mer d’environ 5 mètres, ce qui provoquerait des inondations dévastatrices dans les villes côtières. Le message le plus important véhiculé par l’étude est que la quantité de glace stockée en Antarctique peut changer très rapidement, à un rythme qui serait difficile, voire impossible, à gérer pour de nombreuses villes côtières.
Les carottes de glace constituent des archives de l’atmosphère terrestre. Constituées de couches de glace formées par accumulation de neige et compactées au fil des millénaires, elles contiennent des bulles d’air anciennes ainsi que des contaminants qui témoignent des changements environnementaux au fil du temps. La carotte de glace analysée dans l’étude a été forée sur le Skytrain Ice Rise, situé en bordure de la calotte glaciaire, près du point où la glace commence à flotter et à former la plate-forme glaciaire de Ronne.

 

On peut voir sur cette carte le Skytrain Ice Rise – partie de la plate-forme glaciaire de Ronne – où la carotte de l’étude a été extraite (Source : Université de Cambridge / British Antarctic Survey)

Les scientifiques ont extrait la carotte en 2019. Ils ont ensuite découpé la partie centrale, logé ces échantillons dans des coffrets isothermes à une température de moins 20 degrés Celsius et les ont envoyés au Royaume-Uni par avion, puis par bateau. Une fois au Royaume-Uni, les scientifiques ont mesuré les isotopes d’eau à l’intérieur de la carotte de glace car ils fournissent des informations sur la température du passé. Ils ont également mesuré la pression subie par les bulles d’air emprisonnées dans la glace.
Les chercheurs ont été extrêmement surpris lorsque les données ont révélé la vitesse à laquelle la glace s’était amincie à la fin de la dernière période glaciaire. Ils ont dû vérifier qu’ils n’avaient pas commis d’erreur dans leurs analyses. La calotte glaciaire de l’Antarctique occidental est particulièrement vulnérable aux changements climatiques car la partie située en dessous du niveau de la mer est en pente descendante. Lorsque aujourd’hui l’eau plus chaude de l’océan Austral pénètre sous le glace, cette dernière peut fondre très rapidement. Il peut se produire un processus incontrôlable, comme celui qui a eu lieu il y a 8 000 ans. Ce qui rend les résultats des observations des scientifiques si alarmants, c’est qu’une fois que cette fonte rapide se produit, rien ne peut l’arrêter.
Les nouvelles données fournies par l’étude contribueront à améliorer la précision des modèles utilisés par les scientifiques pour prévoir comment la calotte glaciaire réagira au réchauffement climatique.

Certains scientifiques font remarquer que l’étude porte sur une période située il y a 8 000 ans où les conditions climatiques étaient différentes ; par conséquent, les résultats ne constituent pas un exemple direct de ce qui pourrait se produire aujourd’hui. Cependant, ils ajoutent que l’étude pourrait donner un aperçu de la manière dont les calottes glaciaires peuvent disparaître.
L’Antarctique occidental est célèbre pour ses immenses glaciers retenus par des plates-formes glaciaires avant d’atteindre l’océan. Parmi eux, le glacier Thwaites fond rapidement (voir mes notes à ce sujet). Une étude de 2022 a indiqué que le glacier ne tient plus « qu’à un fil » avec le réchauffement de la planète.
Source : Université de Cambridge, via CNN.

Les bulles d’air emprisonnées dans la glace donnent de précieuses indications sur le climat du passé (Photo: C. Grandpey)

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Referring to the shrinkage of the West Antarctic Ice Sheet 8,000 yeras ago, a study draws attention to what could happen today if a similar melting occurred with the current global warming and the huge sea level rise that would inevitably follow. .

The authors of the study, published in the journal Nature Geoscience in February 2024, analysed a 600-meter-long ice core and realised that part of the ice sheet thinned by 450 meters over a period of just 200 years at the end of the last Ice Age.

The study is the first direct evidence that shows such a rapid loss of ice anywhere in Antarctica. While scientists knew the ice sheet was bigger at the end of the last Ice Age than today, much less was known about when exactly the shrinking happened. It is clear the ice sheet retreated and thinned very rapidly in the past ; the danger is that it could begin again. The researchers say that “if it does start to retreat, it really will do it very fast.”

The melting of the West Antarctica Ice Sheet could have catastrophic consequences for global sea level rise. It holds enough water to raise sea levels by about 5 meters, which would cause devastating flooding in coastal towns and cities around the world. The key message of the study is that the amount of ice stored in Antarctica can change very quickly, at a pace that would be hard to deal with for many coastal cities.

Ice cores are historical archives of the Earth’s atmosphere. Made up of layers of ice that formed as snow fell and compacted over thousands of years, they contain bubbles of ancient air as well as contaminants that provide a record of environmental changes over millennia. The ice core analyzed in the study was drilled from Skytrain Ice Rise located at the edge of the ice sheet, near the point where the ice starts to float and become part of the Ronne Ice Shelf. Scientists extracted it in 2019, They then cut the core into sections, packed them in insulated boxes kept at minus 20 degrees Celsius, and sent them to the UK via plane then ship. Once in the UK, the scientists measured the ice core’s water isotopes, which provide information on temperature in the past. They also measured the pressure of trapped air bubbles in the ice.

It was a surprise when the data revealed just how quickly the ice had thinned at the end of the last Ice Age, The scientists had to check check that they had not made a mistake with the analysis.The West Antarctic Ice Sheet is particularly vulnerable to climate change, because the land under it is below sea level and slopes downward. When warm water gets underneath, it can melt very fast. It can have a runaway process which happened 8,000 years ago. What makes the results of the scientists’ observations so alarming is that once that runaway happens, there’s really very little that can be done to stop it.

The new data will help improve the accuracy of the models scientists use to predict how the ice sheet will respond to future global warming.

Other scientists caution that the study looked at a period 8,000 years ago when climate conditions were different ; as a consequence, the results are not a direct example of what could happen today. However, they add that the study may offer an insight into the way that ice sheets can collapse.

West Antarctica is famous for its huge glaciersthat are buttressed by an ice shelf before ending up in the ocean. Among them, the Thwaites Glacier is melting rapidly. A 2022 study said the glacier was hanging on “by its fingernails” as the planet warms.

Source : University of Cambridge, via CNN.

Réchauffement climatique : on marche sur la tête ! // Global warming : we’re walking on our heads!

Il y a quelques années, les Émirats Arabes Unis pensaient avoir trouvé une solution à la sécheresse et au manque d’eau potable qui sévissaient dans a région : faire venir des icebergs directement de l’Antarctique.

Avec une consommation de 390 litres d’eau, en moyenne par jour et par habitant, les Émirats puisent dans des nappes phréatiques qui s’épuisent. D’autant plus que les cultures et l’élevage accentuent les besoins du pays. D’où la volonté des Émirats de chercher de nouvelles manières de produire de l’eau potable.

Les experts ont estimé qu’un iceberg pourrait satisfaire, en eau potable près d’un million de personnes pendant cinq ans. Par ailleurs, les autorités locales estimaient que le dessalement de l’eau de mer, qui consomme beaucoup d’électricité, n’était pas une solution durable pour répondre aux besoins de la population.

Le projet de faire venir un iceberg dans le golfe Persique apparaissait donc comme salvateur, d’autant que cela était susceptible de représenter une nouvelle attraction touristique pour le pays.

Mais le défi était de taille. Aucun iceberg n’avait jamais été remorqué, même si l’idée avait déjà été évoquée par le passé. Une entreprise émirienne imaginait pouvoir réaliser un remorquage entre l’île Heard, située près de l’Antarctique, et la ville de Fujairah, dans le golfe Persique. Au total, cela représente 10 000 km de traversée, par l’océan Indien et la mer d’Arabie. Même avec la protection d’une bâche solide, le risque de fonte avant d’arriver à bon port était très fort. Au final, le projet n’a jamais vu le jour.

Aujourd’hui, si vous voyagez à Dubaï (là où s’est tenue la COP 28), vous aurez peut-être la possibilité de siroter un cocktail… avec des glaçons directement importés du Groenland. C’est ce que propose une jeune entreprise groenlandaise lancée en 2022, Arctic Ice, qui récupère des morceaux de glace détachés des icebergs pour les envoyer à des restaurants de luxe des Émirats.

L’entreprise vante les mérites de ses glaçons, « d’une pureté incomparable », issue de glaciers vieux de plus de 100 000 ans. Cette glace est aussi censée avoir la propriété d’être très pauvre en minéraux. C’est pourquoi les sommeliers de l’eau lui donnent des médailles.

Le problème, c’est qu’il y a plus de 7 000 kilomètres entre Dubaï et le Groenland et l’île nordique est l’une des régions du monde qui se réchauffent le plus vite à cause du réchauffement climatique d’origine anthropique. Même si Arctic Ice parle d’utiliser des bateaux plutôt que des avions, il n’y a aucun doute sur le fait que l’empreinte carbone est catastrophique. Les responsables de l’entreprise assurent œuvrer pour réduire leur empreinte carbone. Après 20 tonnes de glace exportées en 2023, ils espèrent convaincre encore plus de clients.

La bêtise humaine n’a décidément pas de limites…

Source : presse internationale.

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A few years ago, the United Arab Emirates thought it had found a solution to the drought and lack of drinking water plaguing the region: bringing icebergs directly from Antarctica.
With an average consumption of 390 liters of water per day per inhabitant, the Emirates draw on depleting water tables. Crops and livestock accentuate the needs of the country. Hence the desire of the Emirates to look for new ways of producing drinking water.
Experts have estimated that an iceberg could supply nearly a million people with drinking water for five years. Furthermore, local authorities believed that seawater desalination, which consumes a lot of electricity, was not a sustainable solution to meet the needs of the population.
The project to bring an iceberg to the Persian Gulf therefore appeared to be a good idea, especially as it might represent a new tourist attraction for the country.
But the challenge was significant. No iceberg had ever been towed, although the idea had already been mentioned in the past. An Emirati company imagined being able to tow an iceberg between Heard Island, located near Antarctica, and the city of Fujairah, in the Persian Gulf. In total, this represents 10,000 km of crossing, via the Indian Ocean and the Arabian Sea. Even with the protection of a solid tarpaulin, the risk of melting before arriving safely was very high. In the end, the project was abandoned.

Today, if you travel to Dubai, you may have the opportunity to sip a cocktail… with ice cubes directly imported from Greenland. This is what a young Greenlandic company, Arctic Ice, launched in 2022, is offering. It collects pieces of ice detached from icebergs to send them to luxury restaurants in the Emirates.
The company touts the merits of its ice cubes, « of incomparable purity », from glaciers more than 100,000 years old. This ice is also supposed to have the property of being very poor in minerals. This is why water sommeliers give it medals.
The problem is that there are more than 7,000 kilometers between Dubai and Greenland and the Nordic island is one of the fastest warming regions in the world due to anthropogenic global warming. Even though Arctic Ice talks about using boats rather than planes, there is no doubt that the carbon footprint is disastrous. Company officials say they are working to reduce their carbon footprint. After 20 tons of ice exported in 2023, they hope to convince even more customers.

Human stupidity definitely has no limits…
Source: international news media.

Photo: C. Grandpey

Les volcans sous-marins de l’Antarctique // Antarctic seamounts

Quand on parle de volcans en Antarctique, on pense immédiatement au Mont Erebus (3,794 m) sur l’Île de Ross, mais les fonds marins autour du continent blanc offrent également des édifices volcaniques très intéressants. De nouvelles cartes haute résolution des fonds marins de la région, à mi-chemin entre la Tasmanie et l’Antarctique, ont révélé une chaîne de volcans sous-marins – seamounts en anglais – dont les sommets peuvent influencer le comportement des courants océaniques qui circulent au-dessus d’eux.
Ces monts sous-marins sont situés à environ 4 000 mètres de profondeur et se trouvent en plein sur la trajectoire du Courant circumpolaire qui circule dans le sens des aiguilles d’une montre autour de l’Antarctique. Le courant agit comme une barrière qui isole le continent et permet de le maintenir sous sa forme glacée
Les scientifiques ont cartographié une zone où cette barrière semble présenter une fuite, ce qui permet à des tourbillons d’eau plus chaude d’atteindre les côtes de l’Antarctique et contribue peut-être à sa fonte et à l’élévation du niveau de la mer qui s’ensuit. Cette fuite est connue depuis longtemps mais les scientifiques espèrent que les nouvelles cartes pourront aider à comprendre son évolution à mesure que la température des océans augmente en raison du réchauffement climatique et que des quantités importantes d’eau de fonte pénètrent dans l’Océan Austral.
Les chercheurs ont collecté des données océaniques à l’intérieur du Courant circumpolaire depuis le navire de recherche australien Investigator. Ils ont également utilisé le satellite SWOT (Surface Water and Ocean Topography) de la NASA et du CNES, qui mesure la hauteur de la surface de l’océan depuis l’espace afin de savoir ce qui se trouve en dessous. Les mesures satellite ont révélé une chaîne de montagnes qui s’étend sur 20 000 kilomètres carrés dans une région à l’ouest de l’île Macquarie et de la dorsale tectoniquement active de Macquarie. La chaîne de montagnes comprend huit anciens monts sous-marins avec des sommets atteignant 1 500 mètres de hauteur et l’un d’eux possède un double cratère. Quatre parmi ces monts sous-marins n’ont jamais été étudiés auparavant.
Les monts sous-marins se sont formés au cours des 20 derniers millions d’années et ont probablement joué un rôle dans la formation des courants océaniques autour de l’Antarctique. Selon les auteurs de la nouvelle carte, « le Courant circumpolaire antarctique est sensible au relief des fonds marins et donc aux montagnes sur son chemin. Là où il rencontre des barrières comme des crêtes ou des monts sous-marins, des ‘ondulations’ apparaissent dans la circulation de l’eau. » Ces ondulations forment des tourbillons qui jouent un rôle majeur dans le transport de la chaleur et du carbone de la couche supérieure de l’océan vers les couches plus profondes. Ils représentent donc un tampon essentiel contre le réchauffement climatique.

Les chercheurs expliquent que la connaissance de la profondeur et du relief des fonds marins est cruciale pour quantifier l’influence des montagnes, collines et vallées sous-marines sur le Courant circumpolaire antarctique et évaluer la fuite de chaleur vers l’Antarctique. À terme, la cartographie de l’Océan Austral fournira des indices sur l’ampleur de la fonte des glaces en Antarctique et permettra de prévoir l’élévation du niveau de la mer qui en résultera.
Adapté d’un article du site space.com.

 

Modélisation d’un volcan sous-marin à double cratère découvert à l’ouest de l’île Macquarie (Source: FOCUS volyage/CSIRO).

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When speaking about volcanoes in Antarctica, one immediately thinks about Mount Erebus (3,794 m) on Ross Island, but the seafloor of the region around the white continent also shows very interesting volcanic features. New high-resolution maps of the seafloor halfway between Tasmania and Antarctica have revealed a chain of underwater volcanoes – or seamounts – whose summits may influence the behaviour of ocean currents above.

These seamounts are located about 4,000 meters below the sea surface and directly in the path of the Antarctic Circumpolar Current which flows clockwise around Antarctica. The Current acts as a barrier that helps keep the icy continent frozen.

Scientists have mapped an area where this barrier appears to be leaking, enabling swirls of warm water to reach the shores of Antarctica and possibly contributing to its melting and to sea level rise.The leak has long been known but the scientists hope the new maps could help predict how the leak will evolve as oceans warm due to global warming and meltwater floods into the Southern Ocean.

The researchers collected ocean data inside the Circumpolar Current from aboard the Australian research vessel Investigator. They also used NASA’s and the French CNES Surface Water and Ocean Topography (SWOT) satellite, which measures the height of the ocean surface from space to know what lies beneath. The satellite measurements revealed a chain of mountains which spans 20,000 square kilometers of a region west of Macquarie Island and the tectonically active Macquarie Ridge. Actually, the chain of mountains includes eight ancient seamount with peaks up to 1,500 meters high and one with a double vent. Four of the seamounts have never been studied before.

The seamounts formed within the last 20 million years and likely play a role in shaping ocean currents around Antarctica. According to the authors of the new map, « the Antarctic Circumpolar Current ‘feels’ the seafloor and the mountains in its path, and where it encounters barriers like ridges or seamounts, ‘wiggles’ are created in the water flow. » These wiggles form eddies that play a major role in transporting heat and carbon from the upper ocean to deeper layers, a critical buffer against global warming.

The researchers explain that knowledge of the depth and shape of the sea floor is crucial to quantify the influence of undersea mountains, hills and valleys on the Antarctic Circumpolar Current and the leaking of heat toward Antarctica. Ultimately, mapping the Southern Ocean will deliver clues about the extent of ice melt in Antarctica and help predict the resulting rise in sea levels.

Adapted from an article on the website space.com.