Nouvelles mesures pour faire face à la fonte des Alpes

Il y a quelques années, les gens souriaient gentiment quand je leur expliquais que les glaciers d’Alaska fondaient à une vitesse incroyable et que ceux des Alpes allaient suivre la même voie. Aujourd’hui, leur réaction est différente. Une prise de conscience de la gravité de la situation glaciaire semble se faire jour et je suis de plus en plus sollicité pour présenter ma conférence « Glaciers en péril, les effets du réchauffement climatique ».

Il est vrai que les médias diffusent de plus en plus de reportages et que les publications scientifiques sont prises de plus en plus au sérieux. Par exemple, dans un nouvel article publié dans la revue La Météorologie, des scientifiques montrent que « pour un scénario climatique intermédiaire avec réduction des émissions de gaz à effet de serre avant la fin du 21ème siècle, les simulations indiquent que le glacier d’Argentière devrait disparaître vers la fin du 21ème siècle et la surface de la Mer de Glace pourrait diminuer de 80 % ». Les chercheurs ajoutent que « dans l’hypothèse la plus pessimiste d’une croissance ininterrompue des émissions de gaz à effet de serre, la Mer de Glace pourrait disparaître avant 2100 et le glacier d’Argentière une vingtaine d’années plus tôt ». Depuis le début du 20ème siècle, le glacier d’Argentière et la Mer de Glace ont déjà perdu respectivement 38 et 50 mètres d’épaisseur de glace en moyenne sur toute leur surface, ce qui représente respectivement 25 et 32 % de leurs épaisseurs moyennes.

Début août 2019, une autre étude sur les évolutions climatiques dans le massif du Mont-Blanc à horizon 2050 n’était pas plus optimiste. Les chercheurs rappellent que « les températures annuelles moyennes ont augmenté de +2 °C depuis la fin du 19ème siècle », surtout au printemps et en été, en particulier depuis la fin des années 1980, avec une fréquence et une intensité des journées caniculaires elle aussi à la hausse, surtout depuis le début des années 2000. Selon les auteurs de l’étude, « la conjonction de températures plus élevées et de précipitations réduites pendant la période estivale entraînera des canicules plus fréquentes et intenses ainsi qu’un risque de sécheresse plus important. Il est probable qu’à 2500 mètres d’altitude, on passe de quatre mois dans l’année avec des températures inférieures à 0° C à seulement trois, voire deux dans un scénario pessimiste.

Les glaciers français ne seront pas les seuls à subir les effets de la hausse des températures. En Suisse, le glacier d’Aletsch devrait perdre 90 % de sa masse d’ici 2100, comme le reste des glaciers suisses.

Comme je l’ai indiqué à plusieurs reprises, le réchauffement des montagnes s’accompagne également de la dégradation du permafrost qui « cimente les montagnes », avec comme conséquence une déstabilisation accrue des parois. Partout au cours de l’été 2019 les montagnes se sont écroulées, que ce soit dans les Dolomites, les Écrins ou le massif du Mont-Blanc. Après la Meije, l’arête des Cosmiques ou le dôme des Écrins l’an dernier, ce sont cet été l’arête Hörnli, l’éperon Walker, la Tour Ronde ou le cirque Maudit qui s’effritent au fil des mois. À l’échelle du massif du Mont-Blanc, 80 écroulements ont été recensés depuis le début de l’été 2019. Si les accidents ne seront pas forcément plus fréquents dans les années à venir, les risques vont se multiplier dans le temps et dans l’espace.

Un « plan climat » vient d’être dévoilé par la Vallée de Chamonix Mont-Blanc pour faire face à la nouvelle situation créée dans les Alpes par le réchauffement climatique. Une série de 7 mesures est prévue d’ici 2021 pour concilier fréquentation touristique et préservation de l’environnement : rénovation des refuges, modification de l’ouverture des remontées mécaniques, surveillance d’équipements, sécurisation des itinéraires d’accès aux refuges, transformation du site du Montenvers, investissement dans la recherche et dans la sécurité. Au total, 32 millions d’euros sont prévus par la mairie de Chamonix pour les quatre prochaines années.

Source : Montagnes Magazine.

La Mer de Glace, le glacier d’Argentière et celui d’Aletsch sont sous la menace du réchauffement climatique (Photos: C. Grandpey)

L’effondrement des Alpes // The collapse of the Alps

J’ai déjà rédigé plusieurs notes à propos des effondrements que l’on observe depuis plusieurs années dans les Alpes. A la différence de certains journalistes climato-sceptiques, je n’hésiterai pas une seconde à montrer du doigt le responsable de ces événements : le réchauffement climatique dont est victime notre planète. Les deux épisodes caniculaires qui se sont enchaînés depuis la fin du mois de juin ont eu un effet dévastateur.

J’ai expliqué pourquoi ces effondrements se produisent. Avec la hausse des températures, le permafrost de roche qui sert de ciment et assure la stabilité des parois est en train de fondre à une vitesse incroyable de sorte que des pans entiers de montagne s’effondrent dans les vallées avec parfois des conséquences dramatiques. Facteur aggravant, les fortes chaleurs sont arrivées très tôt en 2019. Fin juin, on a relevé une température de 6,9°C 50 mètres en dessous du sommet du mont Blanc. Du jamais vu. Un record absolu.
Dans le massif du Mont-Blanc, près de 70 éboulements ont été recensés jusqu’à présent sur l’année 2019. Ils font suite à ceux observée en 2018, comme l’effondrement d’une section de l’Arête des Cosmiques le 22 août 2018, pas très loin de l’Aiguille du Midi. Que ce soit au Mont Maudit, sous l’Aiguille des Deux Aigles, ou à la Tour Ronde, les éboulements s’enchaînent à un rythme effréné. Il est évident que les alpinistes doivent redoubler de prudence et être très vigilants pendant leurs courses
Il ne faudrait pas oublier, non plus, que ces matériaux qui s’accumulent au pied des parois sont particulièrement instables et risquent d’être emportés vers l’aval à l’occasion de très fortes intempéries. Le village de Chamoson dans le Valais suisse en sait quelque chose. En l’espace d’une année, une lave torrentielle a déferlé à deux reprises sur la commune. Le 7 août 2018, le torrent Saint-André a craché 20 000 mètres cubes de boue et causé près de 500 000 francs de dégâts. Les experts évoquaient alors une crue centennale. Le problème, c’est que le 11 août 2019 une lava torrentielle identique s’est engouffrée dans le lit de la Losentze. Elle a coûté la vie à un Genevois de 37 ans et une fillette de 6 ans.

Habituellement, le mois d’août est la période où les éboulements sont les plus fréquents au Mont-Blanc en raison de la chaleur qui s’installe, mais ce qui est prévu pour les années à venir aura une autre ampleur. On s’attend à des chutes de plusieurs centaines ou milliers de mètres cubes en automne et en hiver à cause des conditions climatiques actuelles.

Même si les éboulements sont moins violents habituellement au cœur de l’été, ils ont déjà causé la mort de deux alpinistes suisses le 22 juillet 2019.Un guide et son client ont été emportés par un éboulement à 4.300 mètres d’altitude sur le Cervin en Suisse.
D’autres témoignages d’alpinistes dans les Alpes font froid dans le dos. Il est fait état d’une chute de pierres subite depuis la célèbre arête de Kuffner, dans le secteur du Cirque Maudit. D’énormes éboulements se sont également produits sur la face Nord de la Tour Ronde et sur de nombreux couloirs du Mont-Blanc du Tacul, de jour comme de nuit. Des éboulements s’étaient déjà enchaînés lors de la canicule de 2003, mais rien de comparable à cette année.
La température des glaces augmente de 0,1°C par an dans le massif du Mont-Blanc, soit plus rapidement que la température de l’air. Les montagnes vont donc dégeler progressivement dans les Alpes. Les premiers concernés, les guides de haute montagne, voient déjà les changements qui s’opèrent d’année en année. Beaucoup pensent que la pratique du métier doit changer pour s’adapter aux mutations de la montagne. Comme je l’ai déjà indiqué,  parmi « Les Cent plus belles courses » recensées dans les années 1970 par Gaston Rebuffat dans le massif du Mont-Blanc, la plupart n’ont plus leur visage d’antan : 93 sont affectées par les effets du changement climatique, dont 26 très affectées, et trois d’entre elles n’existent plus.

Source : France 3 Auvergne-Rhône-Alpes, Le Nouvelliste.

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 I have already written several posts about the collapse that has been observed for several years in the Alps. Unlike some climate-skeptical journalists, I will not hesitate one second to point the finger at the culprit of these events: the global warming of our planet. The two heat waves that have been observed since the end of June have had a devastating effect.
I explained oreviously why these collapses occur. With rising temperatures, the rock permafrost that serves as a cement and ensures the stability of the walls is melting at an incredible speed so that whole sections of mountains collapse in the valleys with sometimes dramatic consequences. As an aggravating factor, the hot weather arrived very early in 2019. At the end of June, a temperature of 6.9°C was recorded 50 metres below the summit of Mont Blanc. Never seen before. An absolute record.
In the Mont-Blanc massif, nearly 70 landslides have been recorded so far in 2019. They follow those observed in 2018, as the collapse of a section of L’Arête des Cosmiques on 22 August 2018, not far from the Aiguille du Midi. Whether at Mont Maudit, under the Aiguille des Deux Aigles, or at the Tour Ronde, landslides are occurring at a frantic pace. Mountaineers must be extra careful during their races
It should not be forgotten, either, that these materials that accumulate at the foot of the walls are particularly unstable and may be carried downstream during very severe weather. The village of Chamoson in the Swiss Valais has been confronted with such events. In the space of a year, a torrential lava has swept twice on the municipality. On August 7th, 2018, the Saint-André stream poured 20,000 cubic metres of mud and caused nearly 500,000 francs in damages. The experts then evoked a centennial flood. The problem is that on August 11th, 2019 an identical torrential lava rushed into the bed of the Losentze River. It cost the life of a 37-year-old Genevois and a 6-year-old girl.
Usually, the month of August is the time when landslides are the most frequent in Mont Blanc due to the heat that settles, but what is planned for the coming years will have another magnitude. Collapses of several hundred or thousands of cubic metres are expected in autumn and winter due to current weather conditions.
Although the landslides are less violent usually in the heart of summer, they have already caused the death of two Swiss mountaineers on July 22nd, 2019. A guide and his client were swept away by a landslide at 4.300 metres above sea level on the Matterhorn in Switzerland.
Other alpinists’ testimonies in the Alps are cold in the back. There is a report of a sudden rock fall from the famous Kuffner Ridge in the Cirque Maudit area. Huge landslides also occurred on the north face of the Tour Ronde and on many corridors of the Mont-Blanc du Tacul, day and night. Rockfalls had already been observed during the heat wave of 2003, but nothing comparable to this year.
The temperature of the ice increases by 0.1°C per year in the Mont-Blanc massif, faster than the temperature of the air. The mountains will gradually thaw in the Alps. The first concerned, the high mountain guides, already see the changes that occur from year to year. Many believe that the practice of the profession must change to adapt to the changes in the mountain. As I have already mentioned, among « The hundred most beautiful races » recorded in the 1970s by Gaston Rebuffat in the Mont-Blanc massif, most are different from the old days: 93 are affected by the effects climate change, of which 26 are highly affected, and three of them no longer exist.
Source: France 3 Auvergne-Rhône-Alpes, Le Nouvelliste.

Alpes: Les glaciers fondent, les montagnes s’écroulent (Photo: C. Grandpey)

La fonte du Glacier Blanc (Hautes-Alpes) [suite]

Dans une note publiée le 27 octobre 2017, j’attirais l’attention sur la fonte rapide du Glacier Blanc, dans les Hautes-Alpes. C’est le glacier le plus méridional de France. Il commence à se former à 4015 mètres d’altitude et descend jusqu’à 2350 mètres. En 2017, j’avais pu l’observer et le photographier depuis le célèbre Pré de Madame Carle, point de départ de nombreuses excursions dans le massif des Ecrins.

Un article paru dans la revue Sciences et Avenir en juillet 2019 confirme la fonte ultra rapide de ce glacier – il recule d’environ 25 mètres chaque année – et attire l’attention sur ses conséquences. Les dernières estimations des climatologues révèlent qu’il devrait perdre 90% de sa masse d’ici à 2050 si le réchauffement climatique continue au rythme actuel. Même si l’Accord de Paris était respecté, avec une hausse maximale de la température à 2°C, on estime que 71% de la masse glaciaire aurait disparu d’ici là.

Le glacier est surveillé attentivement par les glaciologues grenoblois qui utilisent les images obtenues lors de survols ainsi que les données satellitaires, sans oublier les visites sur le terrain à la fin de l’hiver et au terme de l’été.

Ces différentes observations montrent que le Glacier Blanc avait repris du volume dans les années 1920, puis de nouveau entre les années 1960 et 1980, avant de reculer de manière spectaculaire par la suite.

Les conséquences de cette fonte sont visibles sur le terrain où des espèces végétales ont commencé à prendre la place de la glace. Le changement de paysage ne sera malheureusement pas la seule conséquence de la fonte du Glacier Blanc. Il ne faudrait pas oublier qu’il est un important contributeur au remplissage du barrage de Serre-Ponçon qui permet de produire de l’hydroélectricité et d’arroser les terres de Provence en période de sécheresse. Il est fort à parier que dans un bref avenir, on ne pourra plus compter sur ce réservoir d’eau vital pour toute une région. Par sa situation, le Glacier Blanc n’est pas trop menacé par les éboulements ou les glissements de terrain. Lors de ma visite au Pré de Madame Carle en 2017, je regardais le chaos minéral qui entoure le site et je me disais que les alpinistes devraient se méfier de la fonte du permafrost de roche en haute altitude. Le phénomène génère des chutes de roches, comme cela s’est déjà produit à plusieurs reprises dans le massif du Mont Blanc.

Source : Sciences et Avenir.

Photos: C. Grandpey

Les canicules ont fait fondre les glaciers suisses // The heatwaves have melted the Swiss glaciers

En juin et juillet 2019, de fortes vagues de chaleur ont affecté une grande partie de l’Europe. Cette chaleur extrême s’est ensuite déplacée vers le nord, où elle s’est attaquée à la calotte glaciaire du Groenland. Il n’y a pas qu’en Arctique que le changement climatique a provoqué des dégâts. En Europe, les glaciers alpins ont également souffert, que ce soit en France, en Italie, en Autriche ou en Suisse.

Les glaciers suisses en particulier ont enregistré des taux de fonte exceptionnellement élevés au cours des dernières vagues de chaleur de la fin juin et de la fin juillet. Le bilan de la fonte est bien résumé dans le rapport du réseau suisse de surveillance des glaciers (GLAMOS). Selon ce réseau, les glaciers du pays ont perdu environ 800 millions de tonnes de glace au cours de ces deux dernières canicules, ce qui est exceptionnel pour une période de 14 jours. L’estimation préliminaire repose sur une analyse précoce des mesures effectuées sur certains sites, combinée à un modèle qui les met à l’échelle pour estimer les pertes de glace totales dans l’ensemble. Une analyse plus détaillée suivra à la fin de l’été pour estimer les pertes cumulatives de la saison et les comparer aux étés précédents. Malgré tout,  les données actuelles montrent que les pertes de cette année ont été extrêmement rapides. Pourtant, les chutes de neige sur les Alpes ont été abondantes et même supérieures à la moyenne au cours du dernier hiver. Les glaciers ont donc commencé l’été avec une épaisse couche de neige. Les scientifiques espéraient qu’ils termineraient la saison sur une meilleure note que ces dernières années, mais avec la première vague de chaleur, la neige a commencé à fondre rapidement. La deuxième vague a vraiment porté l’estocade. Les glaciologues indiquent qu’avec les deux vagues de chaleur, les courbes ont très rapidement décliné et nous sommes maintenant à la moyenne des dix dernières années, voire un peu en dessous.

Dans les Alpes européennes, d’autres régions ont également été touchées par les vagues de chaleur cet été. À environ 80 kilomètres au nord du Mont-Blanc, un grand étang d’eau liquide s’est formé à très haute altitude. La photo a été largement partagée par les médias du monde entier. Dix jours plus tôt, avant la première canicule, la même zone était complètement gelée.

Tous les glaciologues s’accordent pour dire que tous les glaciers alpins se retirent depuis au moins le milieu du 19ème siècle, mais le recul s’est accéléré au cours des dernières décennies. Les changements les plus impressionnants ont été observés sur les plus grands glaciers suisses, comme l’Aletsch, le plus grand glacier des Alpes, qui a reculé de près de 3 km depuis 1870.

Le modèle mis en place par le GLAMOS ne se limite pas aux glaciers suisses. Les scientifiques ont observé des reculs glaciaires à travers l’Europe, notamment en France, en Autriche et en Italie. Une étude récente publiée début 2019 dans la revue The Cryosphere estime qu’en 2100, environ un tiers du volume total des glaciers des Alpes européennes pourrait être perdu, même si les pays parviennent à atteindre les objectifs climatiques de l’Accord de Paris. Dans un scénario où les émissions de gaz à effet de serre se maintiendraient à leurs niveaux actuels, plus de 90% de la glace pourrait disparaître. Comme je l’ai indiqué à plusieurs reprises, d’autres études ont également fait des projections très négatives pour les glaciers dans d’autres parties du monde, comme l’Hindu Kush et l’Himalaya.

Source : Science.

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In June and July 2019, very severe heat waves affected much of Europe. This extreme heat then moved north, where it attacked the Greenland icecap. It was not only in the Arctic that climate change caused a lot of damage. In Europe, alpine glaciers have also suffered, whether in France, Italy, Austria or Switzerland.
Swiss glaciers in particular have experienced unusually high melt rates during the last heat waves in late June and late July. This melting is well summarized in the report of the Swiss Glacier Monitoring Network (GLAMOS). According to this network, the country’s glaciers have lost about 800 million tons of ice during the last two heat waves, which is exceptional for a period of 14 days.The preliminary estimate is based on an early analysis of on-site measurements at certain sites, combined with a model that scales up the measurements to estimate total ice losses throughout the country. A more detailed analysis will follow at the end of the summer, which will estimate the season’s cumulative losses and compare them to previous summers. Nevertheless, current data show that this year’s losses have been extremely rapid. However, snowfall on the Alps was plentiful and even above average over the last winter. The glaciers began the summer with a thick layer of snow. Scientists hoped they would end the season on a better note than in recent years, but with the first heat wave, the snow began to melt quickly. The second wave really brought the thrust. Glaciologists say that with both heat waves, the curves have declined very rapidly and we are now at the average of the last ten years, or even a little below.
In the European Alps, other regions have also been affected by heat waves this summer. About 80 kilometers north of Mont Blanc, a large pond of liquid water has formed at very high altitude. The photo has been widely shared by the media around the world. Ten days earlier, before the first heat wave, the same area was completely frozen.
All glaciologists agree that all alpine glaciers have been retreating since at least the mid-19th century, but the decline has accelerated in recent decades. The most impressive changes have been observed on the largest Swiss glaciers, such as Aletsch, the largest glacier in the Alps, which has decreased by almost 3 km since 1870.
The model put in place by GLAMOS is not limited to Swiss glaciers. Scientists have observed glacial retreats across Europe, particularly in France, Austria and Italy. A recent study published in early 2019 in The Cryosphere estimates that by 2100, about one-third of the total volume of glaciers in the European Alps could be lost, even if countries manage to achieve the climate goals of the Paris Agreement. In a scenario in which greenhouse gas emissions remain at current levels, more than 90% of the ice could disappear. As I have put it many times, other studies have also made very negative projections for glaciers in other parts of the world, such as Hindu Kush and Himalayas.
Source: Science.

Lac de fonte glaciaire au pied de la Dent du Géant (Crédit photo: Bryan Mestre)

Vue du glacier Aletsch; on remarquera les traces laissées par la perte de glace sur le flanc de la montagne (Photo: C. Grandpey)

Le glacier du Rhône subit, lui aussi, les assauts des vagues de chaleur (Photo: C. Grandpey)