La douceur persiste dans l’Arctique // Mild weather persists in the Arctic

Alors que beaucoup de gens en France parlent d’une vague de froid à cause d’une chute de neige récente et de températures un peu basses pour un mois de décembre, Anchorage en Alaska traverse des journées plutôt chaudes. En milieu de matinée le 11 décembre 2017, la température au bureau du National Weather Service à Anchorage atteignait 7,7°C. Le record de température pour un 11 décembre dans la région d’Anchorage est de 8,3°C en 1985.
Dimanche dernier, la température atteignait déjà 7,7°C, le record pour cette date dans la région d’Anchorage.
C’est une dorsale de hautes pressions qui envoie actuellement de l’air chaud depuis la côte californienne et entraîne des températures supérieures à la normale. La température maximale enregistrée pour le mois de décembre dans la région d’Anchorage est de 8,8°C.
Pendant ce temps, la température à Dawson City, au cœur du Yukon canadien, est en moyenne de -10°C, ce qui est relativement élevé pour cette période de l’année.
Ce n’est pas une bonne nouvelle pour la glace de mer arctique. En novembre, la NOAA a indiqué que la mer des Tchouktches était largement dépourvue de glace au sud de 74°N et que les températures de surface de la mer restaient au-dessus du point de congélation. La NOAA a ajouté que jusqu’au mois de février, la mer des Tchouktches devrait connaître des conditions de glace de mer semblables à celles de l’hiver dernier. La banquise devrait se former lentement et rester relativement mobile pendant la majeure partie de l’hiver. La webcam installée à d’Utqiaġvik (anciennement Barrow), le point le plus septentrional de l’Alaska, montre que même à la mi-décembre, la mer est à peine à moitié couverte de glace de mer. Ce n’est pas une ionne nouvelle pour les ours polaires et les morses qui passent l’hiver sur cette glace.
Soiurces: Anchorage Daily News et NOAA.

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While many people in France speak of a cold wave because of a recent snowfall and temperatures e bit low for a month of December, Anchorage in Alaska is going through rather warm days. By mid-morning on December 11th 2017, the temperature at the National Weather Service office in Anchorage had reached 7.7°C. The record high temperature for December 11th in the Anchorage area is 8.3°C, set in 1985.

Last Sunday’s high temperature, also 7.7°C, broke the record for that date in the Anchorage area.

A high-pressure ridge is currently bringing higher temperatures in from the California coast. The highest temperature on record for the month of December in the Anchorage area is 8.8°C

Meantime, the temperature in Dawson City, in the heart of Canadian Yukon averages -10°C, which is quite high for this time of the year.

This is not good news for Arctic sea ice. In November, NOAA said that the Chukchi Sea remained mostly open south of 74°N with sea surface temperatures remaining above freezing. NOAA added that looking forward through February, the Chukchi Sea was expected to experience sea ice conditions similar to last winter with the ice pack slow to form and remaining relatively mobile through much of the winter. .   The webcam inUtqiaġvik, Alaska’s northernmost shore shows that even in mid-December, the sea remains mostly open and is only half-covered by sea ice. This is not good news for the polar bears and the walruses that spend the winter in this ice.

Soiurces: Anchorage Daily News & NOAA.

Photo: C. Grandpey

Des prévisions climatiques encore inquiétantes pour l’Arctique // More worrying climate forecasts for the Arctic

Il y a quelques mois, El Niño était tenu pour responsable des températures supérieures à la normale dans l’Arctique. El Niño a maintenant été remplacé par La Niña, censée générée des eaux océaniques plus froides. Malgré cette évolution, des températures supérieures à la normale sont attendues cet hiver en Alaska, surtout dans les régions de l’Ouest et du Nord, près de l’Océan Arctique. Ce phénomène est dû à un important rétrécissement de la glace de mer côtière dans ces régions.
Les températures à la surface de la mer dans le Golfe d’Alaska près d’Anchorage et dans le sud-est de l’Alaska sont actuellement à peu près normales pour cette période de l’année, mais ce n’est pas le cas pour la Mer de Béring et pour la Mer des Tchouktches, au nord-ouest de l’Alaska. À l’heure actuelle, une partie importante de la Mer des Tchouktches devrait être couverte de glace. Au lieu de cela, une grande langue d’eau libre s’étire dans cette mer au-dessus de la Russie et de l’Alaska. Sur le long terme, la glace de mer est largement en dessous de la normale, même par rapport à la période récente.
Le manque de glace de mer le long de la côte a contribué à augmenter le risque de submersion au moment des tempêtes cet automne parce que la glace n’est plus là pour protéger le rivage contre les assauts des vagues. Les eaux de la Mer des Tchouktches et celles des anses près de Shishmaref, village situé sur une langue de terre près du détroit de Béring, gelaient en octobre. Ces dernières années, l’eau n’a pas gelé avant décembre ou même février, ce qui a rendu les impacts des tempêtes encore plus dévastateurs.

Les températures dans l’ensemble de l’Alaska étaient supérieures de 2,7°C à la moyenne en octobre. La carte ci-dessous montre, en pourcentage, la différence – positive ou négative – avec les températures normales le 16 novembre 2017 et représente une indication des prévisions hivernales pour l’Alaska. Les températures devraient être plus froides que la normale dans le centre-sud et le sud-est, comme ce fut le cas avec La Niña l’année dernière. Cependant, le reste de l’État devrait à nouveau connaître des températures supérieures à la normale.
Source: Anchorage Daily News.

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A few months ago, El Niño was held responsible for warmer than normal temperatures in the Arctic. El Niño has now been replaced by La Niña, its cooler equivalent. Despite this evolution, warmer than normal temperatures are expected for this winter in Alaska, especially in Western and Arctic regions. This phenomenon is the result from big reductions in coastal sea ice in those areas.

Sea surface temperatures in the Gulf of Alaska near Anchorage and Southeast are currently about normal for this time of year. But they are not so in the Bering Sea and heading north into the Chukchi Sea off Northwest Alaska. By now, a significant part of the Chukchi should be covered in ice. Instead, a large tongue of open water extends into the Chukchi well above Russia and Alaska. The sea ice is far below long-term normal, even in comparison to recent times.

A lack of sea ice along the coast has contributed to increased risk of flooding from storms this autumn because the shores are not shielded with sea ice to damper waves, like they used to be. Chukchi and inlet waters near Shishmaref, located on a barrier island near the Bering Strait, used to freeze in October. But in recent years they have not frozen until December or even February, helping storms deliver bigger blows.

Overall, Alaska was 2.7°C above the long-term average in October. The map below shows in percentage the difference with normal temperatures on November 16th 2017 and, as such, underscores the winter expectations for Alaska. Temperatures will probably cooler than normal in Southcentral and Southeast, a repeat of last year’s La Niña. However, the rest of the State should again expect warmer than normal temperatures.

Source: Anchorage Daily News.

Source: National Weather Service

De plus en plus d’ours à Anchorage (Alaska)? // More and more bears around Anchorage (Alaska) ?

Tout le bruit fait au sujet des quelques malheureux ours qui ont été réintroduits dans les Pyrénées me fait bien rire quand je vois la situation en Alaska et plus particulièrement dans la région d’Anchorage. L’approche du problème de l’ours est très différente dans ces deux régions du monde!
Jusqu’à présent cette année (début novembre 2017), 34 ours ont été abattus dans le district d’Anchorage, une vaste zone qui s’étend d’Eklutna à Portage et comprend des milliers d’hectares de nature sauvage. La moitié des ours a été tuée par des personnes qui désiraient protéger leurs vies ou leurs biens. L’autre moitié a été tuée par la police, des rangers du Fish and Game Department, ou des biologistes. Le nombre d’ours tués cette année est l’un des plus élevés jamais enregistrés dans le district d’Anchorage. C’est presque quatre fois plus que l’année dernière. (voir le tableau ci-dessous)
Les causes de ce nombre élevé d’ours abattus sont difficiles à déterminer, et il y en a probablement plusieurs. L’une d’entre elles fait suite à l’agression mortelle, par un ours, d’un adolescent de 16 ans à Bird Ridge. Suite à ce drame, certaines personnes sont devenues moins tolérantes envers les ours.

Il est une autre cause pour laquelle les habitants portent une responsabilité: les déchets. En mai 2017, un policier d’Anchorage a tué un ours noir qui fouillait dans des poubelles et a ensuite chargé deux femmes âgées dans la partie est de la ville. En octobre, la police de l’aéroport international Ted Stevens d’Anchorage a abattu un ours qui était entré dans le bureau de poste de l’aéroport et refusait de partir. L’estomac de l’ours était rempli d’emballages de bonbons. Une fois qu’un ours sait où trouver des déchets, il revient dans l’espoir d’en trouver d’autres. En 2015, il a fallu débourser près de 10 000 dollars pour transférer une ourse noire et ses oursons depuis le district d’Anchorage vers le Kenai National Wildlife Refuge, au sud de l’Etat. Ces mêmes ours ont été repérés plus tard dans la ville de Hope où ils ont continué à faire les poubelles et ont tué des poulets. Les rangers ont finalement abattu quatre des cinq ours déplacés après que l’un d’entre eux soit entré dans un véhicule.
En 2017, plusieurs ours se  sont montrés agressifs et ont tué des personnes. Au cours de l’été 2017, des biologistes de la faune sauvage ont abattu quatre ours noirs dans le secteur de Bird Ridge, après qu’un coureur à pied d’Anchorage ait été mortellement blessé lors d’une course de montagne le 18 juin. C’était le premier accident mortel de ce type dans la région d’Anchorage en plus de 20 ans. Le lendemain, et à des centaines de kilomètres de là, dans l’intérieur de l’Alaska, un homme de 27 ans a été tué par un ours noir alors qu’il travaillait dans une mine. La nouvelle de ces attaques a pu affoler les Alaskiens et les inciter à tirer sur les ours.
Une autre cause est peut-être tout simplement le plus grand nombre d’ours. À l’Alaska Native Heritage Centre, dans le nord-est d’Anchorage, le personnel a installé une nouvelle clôture plus performante pour mieux se protéger des ours après un été où ils ont pullulé. Il n’existe pas de recensement scientifique des ours dans le district d’Anchorage ; il est donc difficile de dire avec certitude si davantage d’ours ont fréquenté cette région en 2017. Il se peut qu’un plus grand nombre d’ours soit entré dans les zones habitées cette année parce qu’ils savaient qu’ils pourraient y trouver des déchets en guise de nourriture. Le phénomène peut aussi être lié aux remontées de saumons.
La hausse du nombre d’ours est peut-être à mettre aussi en relation avec le changement climatique et les nouveaux comportements d’hibernation. A cause du réchauffement climatique, les ours hibernent plus tard durant l’automne et sortent de l’hibernation plus tôt au printemps, moment où ils cherchent de la nourriture. S’ils peuvent facilement trouver des déchets à proximité des maisons, ils restent dans les zones habitées.
Lorsqu’un ours est tué par habitant dans une situation de légitime défense (le seul cas autorisé par la loi) ou par un agent du Fish and Game Department, la carcasse peut prendre plusieurs directions. Si la viande est encore fraîche, le Fish and Game Department contacte une liste d’Alaskiens intéressés à la récupérer. La peau est prélevée et salée puis stockée jusqu’au jour où elle est présentée au public lors d’une vente aux enchères annuelle dans le centre-ville d’Anchorage. Le Fish and Game Department garde les crânes des ours à des fins pédagogiques. Si la viande n’est pas fraîche, la carcasse de l’ours est envoyée à la décharge ou, comme cela s’est produit récemment, à l’Université de l’Alaska où elle est utilisée dans les cours de médecine légale à la place des cadavres humains. En effet, les os d’une patte d’ours ressemblent beaucoup à ceux d’une main humaine.
Source: Adapté d’un article dans Alaska Dispatch News.

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All the noise made about the very few bears that were reintroduced in the Pyrenees makes me laugh when I see the situation in Alaska and more particularly in the Anchorage area. The approach to the bear problem is very different in both regions!

So far (early November 2017), 34 bears have been shot to death in the Municipality of Anchorage, a vast area that spans from Eklutna to Portage and includes many thousands of hectares of wilderness. Half of the bears were killed by people who said they were defending their lives or their property. The other half were killed by police, park rangers or wildlife biologists. This year’s tally of bear kills is among the highest ever recorded in the Municipality of Anchorage. It is nearly four times more than last year’s total. (see chart below)

The causes of the rise in bear kills are difficult to determine, and their may be several of them. One of them is that after the fatal mauling of a 16-year-old on Bird Ridge, some people just became less tolerant of bears.

There is another cause for which residents hold a responsibility: trash. In May 2017, an Anchorage police officer killed a black bear that dug through trash and charged two elderly women in East Anchorage. In October, police from Ted Stevens Anchorage International Airport shot a bear that walked into the airport post office and wouldn’t leave. The bear’s stomach was filled with candy wrappers. Once a bear knows where to find trash, it will often return. In 2015, it cost nearly $10,000 to relocate a black bear sow with cubs from the Municipality of Anchorage to the Kenai National Wildlife Refuge. The bears were later spotted in the town of Hope, where they continued to dig into trash and killed a few chickens. Officials eventually shot four of the five relocated bears after one reportedly got into a vehicle.

In 2017, several bears got aggressive and killed persons. Wildlife biologists shot and killed four black bears in the Bird Ridge area this summer after an Anchorage runner was fatally mauled during a mountain race on June 18th. It was the first fatal mauling in the Anchorage area in more than 20 years. A day later and hundreds of kilometres away, in Interior Alaska, a 27-year-old man was killed by a black bear while doing contract work at a mine. The news of the attacks may have put some Alaskans on edge, leading to more bear shootings.

Very simply, another cause may be that there are just more bears around. At the Alaska Native Heritage Center, in northeast Anchorage, the staff is upgrading its fence to better keep bears out after a summer filled with wildlife. However, there is no scientific census of bears in the Municipality of Anchorage, so it is difficult to say for sure whether more bears wandered through the area this year or not. Perhaps, more bears entered populated areas this year because they knew they could find trash to eat. Or maybe it had something to do with the salmon runs.

The rising number of bears may have something to do with climate change and new hibernation behaviours. With global warming, bears hibernate later during the fall and come out of hibernation earlier in spring, a moment when they look for food. If they can easily find trash around the houses, they are sure to stay in populated areas.

When a bear is killed by a resident in defence of life or property or by an agency like Fish and Game, the carcass can go to one of several places. If the meat is still fresh, Fish and Game staff starts calling a list of Alaskans interested in salvaging it. The hide is fleshed and salted and then stored until it goes in front of a crowd at the annual auction sale in downtown Anchorage. Fish and Game keeps bears’ skulls for educational purposes. If the meat is not fresh, the bear carcass either goes to the dump or, recently, to the University of Alaska where they are used in forensics classes as substitutes for human corpses. Indeed, bones in a bear paw look a lot like those in a human hand.

Source : Adapted fom an article in Alaska Dispatch News.

Source: Department of Fish and Game

Les ours noirs sont les plus enclins à visiter les poubelles et attaquer les personnes (Photos: C. Grandpey)

En Alaska, les ours n’hibernent toujours pas ! // In Alaska, bears are not yet hibernating !

Nous sommes presque à la mi-novembre et il semble que les ours – du moins les grizzlys – n’aient pas encore commencé à hiberner en Alaska. Le réchauffement climatique est probablement la principale cause de ce nouveau comportement. Cependant, il y a un autre facteur à prendre en compte: les déchets. Comme je l’ai écrit dans plusieurs notes sur ce blog, les déchets laissés à l’extérieur des maisons attirent les ours. Tant qu’ils sont capables de trouver quelque chose pour se nourrir, ils n’ont pas vraiment envie d’entrer en hibernation. Un habitant d’Eagle River, non loin d’Anchorage, a vu une ourse accompagnée de ses trois oursons en train de fouiller dans une poubelle à l’extérieur du lycée de cette petite ville. Un oursons avait grimpé sur la poubelle et, un peu plus tard, sa mère était debout sur ses pattes de derrière et poussait la poubelle sur le trottoir enneigé.
Mardi dernier, le lycée d’Eagle River a apposé une note mettant en garde sur la présence fréquente d’ours bruns qui sont en train de devenir une préoccupation pour la sécurité publique. Les autorités locales surveillent maintenant la situation de très près et envisagent éventuellement de tuer les ours.

Le Fish and Game Department réitère son message incitant les gens à sécuriser leurs déchets. Si un ours est attiré par des ordures non protégées, le propriétaire peut recevoir une amende de 310 dollars.
Les ours bruns peuvent être agressifs lorsqu’ils défendent leur nourriture, y compris les détritus, et les gens doivent éviter de s’approcher d’eux. Les habitants sont fortement encouragés à entreposer leurs poubelles à l’intérieur des maisons.
Adapté d’un article paru dans Alaska Dispatch News.

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We are nearly at mid November and it looks as if bears – at least brown ones – have not yet started hibernating in Alaska. Climate change and global warming are probably the main cause of this new behaviour. However, there is another factor that should be taken into account: garbage. As I put it in several posts, the garbage left outside the houses attracts the bears. As long as they are able to feed on something, they don’t really felli like going in hibernation. A resident of Eagle River, not far from Anchorage, could see a brown bear sow meddling with a trash can outside Eagle River High School. One of the three cubs had climbed on top of the can and later, the sow was standing up on its hind legs, dragging it down the snowy sidewalk.

Last Tuesday, Eagle River High School sent out an advisory about the lingering brown bears which are becoming a growing public safety concern. Local authorities are now monitoring the situation very closely with an eye toward possibly destroying the bears.

The Fish and Game Department is reiterating its message that people need to secure their trash. If a bear is attracted to unsecured trash, the resident can receive a $310 fine.

Brown bears can be aggressive when defending food sources, including trash, and people should avoid approaching them. Residents are strongly advised to store their garbage cans inside.

Adapted from an article in the Alaska Dispatch News.

Exemple de poubelle anti-ours (Photo: C. Grandpey)