Péninsule de Reykjanes (Islande) : poursuite de la forte sismicité // The significant seismicity is going on

Près de 3 000 secousses se sont produites dans l’essaim sismique enregistré sur la péninsule de Reykjanes depuis le 25 octobre à minuit. La plupart des événements ont été enregistrés à Fagradalsfjall et Þorbjörn, près de Grindavík.
Depuis le 26 octobre à minuit, il y a eu environ 800 secousses et la sismicité continue à l’heure actuelle. Un événement a atteint M 3,9 aujourd’hui, à une profondeur de 5,8 km.
Personne ne peut dire si, quand et où une éruption pourrait se produire. Le bon point est que, si une éruption se produit, il est probable que ce soit dans la même zone désertique que précédemment, il ne sera donc pas nécessaire de planifier une quelconque évacuation de la population. Il ne faut pas oublier que la prévision et la prévention doivent être étroitement liées en volcanologie.

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Almost 3,000 earthquakes have occurred in the Reykjanes Peninsula earthquake swarm Since October 25th at midnight. Most of ther events were recorded at Fagradalsfjall and Þorbjörn, close to Grindavík.

Since October 26th at midnight, there have been about 800 earthquakes and the seismicity is going on. One event reached M 3.9 today, at a depth of 5.8 km.

Nobody can predict if, when and where an eruption could occur. The good point that, if it happens, it is likely to be in the same desert area as previously, so there will be no need to plan any evacuation of the population. We should not forget that prevision and prevention should be closely linked in volcanology.

Source: IMO

La grippe aviaire arrive en Antarctique // Avian flu has arrived in Antarctica

J’ai expliqué dans plusieurs notes sur ce blog qu’en raison du réchauffement climatique et de la fonte de la banquise en Antarctique, les manchots royaux et empereurs étaient menacés d’extinction. Aujourd’hui, nous apprenons qu’une autre calamité frappe les oiseaux de ce continent : la grippe aviaire. La maladie vient d’être détectée pour la première fois en Antarctique, faisant craindre une disparition à grande échelle des populations d’oiseaux sur le continent, un peu comme cela s’est produit avec les fous de Bassan sur l’île Rouzic, au nord de la Bretagne.

La souche hautement pathogène H5N1 a déjà tué des millions d’oiseaux à travers le monde au cours des dernières années et atteint désormais l’une des zones de reproduction les plus importantes de la planète.
À la suite de rapports faisant état de décès inexpliqués de labbes sur Bird Island en Géorgie du Sud, le British Antarctic Survey (BAS) a envoyé des échantillons pour analyse. Le 23 octobre 2023, le verdict est tombé ; les oiseaux étaient contaminés par le virus H5N1.

La situation est d’autant plus préoccupante que Bird Island constitue l’un des habitats les plus exceptionnels de l’Antarctique, avec une grande variété et densité d’oiseaux. La Géorgie du Sud abrite plusieurs espèces d’albatros, de gorfous dorés, ainsi qu’une colonie de pétrels géants. Les scientifiques craignent désormais que ces oiseaux ne soient également touchés par la maladie qui se transmet principalement par les excréments ou par contact direct. Certaines de ces colonies sont très denses, de sorte que la maladie peut se propager rapidement. Contrairement à ce qui se passe dans les fermes, il est impossible de limiter les déplacements des oiseaux sauvages.
Les scientifiques pensaient – et espéraient – que la grippe aviaire n’atteindrait pas la Géorgie du Sud, en raison de son isolement relatif du continent. Ils ont remarqué pour la première fois des cas potentiellement symptomatiques sur Bird Island fin septembre 2023 et ont constaté la mort de 29 labbes, alors que normalement seulement trois ou quatre pertes sont remarquées.
Selon le BAS, il est probable que la maladie se soit propagée par des oiseaux au retour de leur migration d’Amérique du Sud où les cas de H5N1 sont très nombreux. Le Chili et le Pérou ont perdu à eux seuls plus de 500 000 oiseaux sauvages et 20 000 mammifères, mais on pense que la mortalité réelle est bien supérieure en raison des difficultés de dépistage.
Comme l’Antarctique n’a jamais connu d’épidémie de grippe aviaire, on pense que les espèces qui y vivent ont peu d’immunité contre le virus. Suite à la confirmation des cas de grippe aviaire, la majorité des travaux scientifiques de terrain impliquant la manipulation d’animaux ont été suspendus. Des mesures de biosécurité renforcées avaient déjà été introduites au début de cette saison.
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a enregistré une augmentation du nombre de cas de souche H5N1 chez les mammifères, ce qui fait craindre que le virus puisse s’adapter et finir par infecter les humains.
Source  : The Telegraph, Yahoo Actualités.

Photos: C. Grandpey

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I explained in previous posts on this blog that because of global warming and the melting of the ice-shelves in Antarctica, royal and emperor penguins were under threat of extinction. Today, we learn that another calamity is striling birds on this continent : bird flu. The disease has been detected in Antarctica for the first time, raising fears of a mass wipe-out of the continent’s avian populations.

The highly-pathogenic H5N1 strain has already killed millions of birds across the globe over the past years, and has now hit one of the most important breeding grounds on the planet.

Following reports of the unexplained deaths of skuas on Bird Island in South Georgia, the British Antarctic Survey (BAS) sent samples for testing. On October 23rd, 2023,, the results came back as positive for H5N1.

The situation is all the more worrying as Bird Island is one of the most exceptional habitats with a high variety and density of birds. South Georgia is home to several species of albatrosses, macaroni and gentoo penguins, and giant petrels. Experts now fear these birds could also be hit by the disease, which is transmitted mostly through faeces or direct contact. Some of these colonies are very dense, so that the disease can spread quickly. Unlike in the farms, one cannot limit the movements of wild birds.”

Scientists had been hoping that avian influenza would not reach South Georgia, due to its relative isolation from the continent. They first noticed potentially symptomatic cases on Bird Island in late September 2023 and counted 29 dead skuas, when normally only three or four would be expected.

The BAS has said it is likely that the disease has spread by birds returning from their migration to South America, where cases are high. Chile and Peru alone have lost more than 500,000 wild birds and 20,000 mammals. Actual mortality is thought to be many times higher due to difficulties in testing.

As Antartica has never had an outbreak of the highly pathogenic bird flu circulating the globe, its species are thought to have little immunity to the virus. As a result of the confirmed cases, the majority of scientific field work involving animal handling has been suspended. Enhanced biosecurity measures had already been introduced this season in preparation.

The World Health Organisation has recorded increasing numbers of the H5N1 strain among mammals, which raises concerns that the virus might adapt to infect humans more easily.

Source : The Telegraph, Yahoo News.

Colonie de manchots d’Adélie en Antarctique (Crédit photo : Wikipedia)

Hausse de la sismicité sur la péninsule de Reykjanes (Islande) // Increase in seismicity on the Reykjanes Peninsula (Iceland)

Alors que la presse islandais fait la Une de ses journaux avec la grève des femmes pour de meilleures conditions de travail et de salaires, la Péninsule de Reykjanes manifeste à sa façon avec une hausse significative de la sismicité au cours des dernières heures. Les secousses se situent dans la zone entre Grindavik et Fagradalsfjall, site de la dernière éruption. Certains événements ont atteint M 3,5 et M 4,5. Les hypocentres ont été localisés en moyenne entre 3 et 5 km de profondeur. Dans ma note du 20 octobre consacrée à cette région de l’Islande, j’évoquais la possibilité d’une nouvelle éruption d’ici Noël. L’inflation du sol est comparable à celle observée avant la dernière éruption.

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While the Icelandic press is making headlines with the women’s strike for better working conditions and wages, the Reykjanes Peninsula is demonstrating in its own way with a significant increase in seismicity in the last few hours. The events are located in the area between Grindavik and Fagradalsfjall, site of the last eruption. Some events reached M 3.5 and M 4.5. The hypocenters were located on average between 3 and 5 km depth. In my post of October 20th devoted to this region of Iceland, I mentioned the possibility of a new eruption by Christmas. Ground inflation is comparable to that observed before the last eruption.

Source: IMO

Impact de l’éruption du Hunga Tonga-Hunga Ha’apai sur la couche d’ozone // Impact of the Hunga Tonga-Hunga Ha’apai eruption on the ozone layer

Une étude publiée dans la revue Science le 20 octobre 2023 nous apprend que l’éruption du Hunga Tonga-Hunga Ha’apai du 15 janvier 2022 a entraîné une perte soudaine et importante d’ozone dans la stratosphère. Les chercheurs ont découvert que l’éruption avait injecté une quantité sans précédent de vapeur d’eau dans cette même stratosphère, ce qui a provoqué des réactions chimiques en chaîne et entraîné un appauvrissement rapide de la couche d’ozone.
L’événement a en effet entraîné en seulement une semaine une réduction de 5 % de la couche d’ozone au-dessus du sud-ouest tropical du Pacifique et de l’Océan Indien. Une telle baisse en pourcentage est remarquable, étant donné que le trou dans la couche d’ozone au-dessus de l’Antarctique connaît un appauvrissement allant jusqu’à 60 % de septembre à novembre chaque année.
Comme je l’ai écrit précédemment, l’éruption a atteint des altitudes incroyables, jusqu’à 55 km au-dessus du niveau de la mer et elle a injecté une quantité sans précédent de vapeur d’eau dans la stratosphère. De ce fait, l’éruption a représenté 10 % de la charge moyenne totale de vapeur d’eau dans la stratosphère à l’échelle de la planète. En utilisant un ensemble de mesures effectuées par des ballons et des données satellitaires, les chercheurs ont pu identifier les effets de l’éruption sur divers composants chimiques atmosphériques, notamment les compisés de brome et de chlore, l’oxyde d’azote (NO) et, plus important encore, l’ozone (O3).
Les données ont révélé que l’augmentation de la vapeur d’eau dans la stratosphère a joué un rôle crucial dans la chaîne d’événements qui a suivi. Cette vapeur d’eau a entraîné une humidité relative plus élevée et un refroidissement radiatif de la stratosphère. Cela a à ensuite permis une série de réactions chimiques à la surface des aérosols volcaniques. Ces réactions ont activé des composés chlorés tels que le monoxyde de chlore (ClO) à partir du chlore inactif (chlorure d’hydrogène, HCl). La diminution du chlorure d’hydrogène de 0,4 partie par milliard en volume (ppbv) et l’augmentation du ClO de 0,4 ppbv ont fourni des preuves irréfutables de l’activation du chlore, ce qui a finalement conduit à la destruction rapide des molécules d’ozone. Au final, on peut dire que l’injection volcanique de vapeur d’eau (H2O), de dioxyde de soufre (SO2) et de chlorure d’hydrogène (HCl), ont favorisé une conversion rapide des composés chlorés en molécule de chlore à la surface des aérosols volcaniques hydratés et une diminution de l’ozone dans la stratosphère.
L’étude met l’accent sur l’interaction complexe entre les émissions volcaniques et la chimie atmosphérique. Elle offre également des informations précieuses sur la manière dont les événements météorologiques extrêmes peuvent affecter notre compréhension de l’appauvrissement rapide de la couche d’ozone dans certains panaches volcaniques. Les caractéristiques uniques de l’éruption du Hunga Tonga, telles que son altitude d’injection élevée et les grandes quantités de vapeur d’eau, ont fourni aux chercheurs des données qui font progresser considérablement notre compréhension de ces processus complexes. Les résultats ont également des implications plus larges pour la compréhension des effets atmosphériques liés aux réchauffement climatique.

On peut voir sur le site de l’Observatoire des Sciences de l’Université de la Réunion (OSU-Réunion) un schéma illustrant le processus de destruction rapide de l’ozone à la suite de l’éruption du Hunga Tonga

L’encadré en haut à gauche de l’image montre que le profil d’ozone du 22 janvier 2022 (ligne noire) contraste avec la climatologie de La Réunion (ligne rouge), montrant un déclin notable.

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A study published in Science on October 20th, 2023 informs us that the January 15th, 2022 Hunga Tonga–Hunga Ha’apai eruption led to a sudden and significant loss of stratospheric ozone. Researchers found that the eruption injected an unprecedented amount of water vapor into the stratosphere, causing chemical reactions that resulted in rapid ozone depletion.

The event led to a 5% reduction of ozone above the tropical southwestern Pacific and Indian Ocean within just one week. Such a percentage drop is noteworthy, given that the Antarctic ozone hole experiences up to a 60% depletion from September to November each year.

As I put it before, the eruption reached altitudes of up to 55 km above sea level and injected an unparalleled amount of water vapor into the stratosphere. Specifically, the eruption accounted for 10% of the total global mean stratospheric water vapor burden. Utilizing a combination of balloon measurements and satellite data, the researchers were able to pinpoint the effects of the eruption on various atmospheric chemical components, including bromine and chlorine species, nitrogen oxide (NO), and, most significantly, ozone (O3).

Data revealed that the increase in stratospheric water vapor played a crucial role in the ensuing chain of events. The water vapor led to higher relative humidity and radiative cooling in the stratosphere. This, in turn, enabled a series of chemical reactions on the surfaces of volcanic aerosols. These reactions activated chlorine species such as chlorine monoxide (ClO) from inactive chlorine (hydrogen chloride, HCl). The decrease in hydrogen chloride by 0.4 ppbv and the increase in ClO by 0.4 ppbv provided compelling evidence for chlorine activation, which ultimately led to the rapid destruction of ozone molecules. Ultimately, one can say that the volcanic injection of water vapor (H2O), sulfur dioxide (SO2) and hydrogen chloride (HCl), favored a rapid conversion of chlorinated compounds into chlorine molecules. the surface of hydrated volcanic aerosols and a decrease in ozone in the stratosphere.

The study emphasizes the complex interplay between volcanic emissions and atmospheric chemistry. It also offers valuable insights into how extreme weather events can affect our understanding of rapid ozone depletion in certain volcanic plumes. The Hunga Tonga eruption’s unique features, such as its high injection altitude and the large amounts of water vapor, have provided researchers with invaluable data that significantly advances our understanding of these intricate processes. The findings also have broader implications for understanding the potential atmospheric effects of climate change.