Le réchauffement climatique derrière le lourd bilan de l’ouragan Helene // Global warming behind hurricane Helene’s heavy death toll

Au moins 191 personnes sont mortes à cause de l’ouragan Helene et de nombreuses autres sont portées disparues alors que les localités sinistrées ont commencé les opérations de nettoyage.

Il semble que le réchauffement climatique d’origine anthropique soit à l’origine du lourd bilan. Deux études publiées le 1er octobre 2024 ont révélé que le réchauffement climatique a contribué à rendre Helene « plus fort et plus humide », des éléments qui ont contribué à sa puissance destructrice.
Un rapport de ClimaMeter, un consortium qui analyse les événements météorologiques extrêmes, a révélé que les précipitations et les vents générés par Helene ont été renforcés par le réchauffement climatique, avec des précipitations jusqu’à 20 % plus importantes et des vents jusqu’à 7 % plus forts. Le consortium a noté que les températures élevées dans le Golfe du Mexique, à propos desquelles les climatologues mettent en garde depuis des années, ont probablement contribué à la puissance d’Helene. Un climatologue explique : « Bien que des études plus approfondies soient nécessaires pour le confirmer, il est probable que la teneur en chaleur inhabituellement élevée du Golfe du Mexique ait contribué à la fois à l’intensification rapide d’Helene et à la rivière atmosphérique exceptionnelle qui a provoqué des inondations extrêmes dans le sud-est des États-Unis. »
De son côté, un rapport du Lawrence Berkeley Lab en Californie explique que le réchauffement climatique a provoqué 50 % de pluie en plus sur certaines parties de la Géorgie et des Carolines que ce qui aurait été prévu normalement.
Aucune des deux études n’a encore été publiée dans des revues scientifiques, car elles ont été diffusées dans l’urgence. Cependant, de nombreux autres travaux ont déjà révélé un lien étroit entre le réchauffement climatique et l’intensification rapide et l’humidité des systèmes tropicaux. En effet, une atmosphère plus chaude génère des pluies plus abondantes sur terre. Pour chaque réchauffement de 0,5 °C, l’atmosphère peut contenir environ 4 % d’humidité en plus.
Les relevés officiels de précipitations font état de plus de 75 centimètres sur Busick, en Caroline du Nord, et les estimations radar montrent qu’il a eu probablement jusqu’à un mètre de pluie sur les zones plus rurales et de plus haute altitude des Appalaches.

Vidéo montrant les immenses dégâts subis par la localité de Chimney Rock en Caroline du Nord :

Source ; médias américains, NBC.

L’ouragan Helene vu depuis l’espace (Source: NOAA)

Images satellite de la destruction causée par l’ouragan Helene :

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At least 191 people have died as a result of Helene and many more are missing as officials and communities work to clean up. It appears that global warming is behind the heavy death toll Two studies released on October 1st, 2024 found that human-caused global warming made Hurricane Helene stronger and wetter, elements that contributed to the storm’s destructive power.

A report from ClimaMeter, a consortium that analyzes extreme weather events, found that Helene’s rainfall totals and winds were strengthened by global warming, with the rainfall up to 20% heavier and winds up to 7% stronger. The consortium noted that elevated temperatures in the Gulf of Mexico, something climate scientists have been warning about for years, likely contributed to Helene’s power. Explains one climate scientist : « Although focused studies are needed to confirm this, it is likely that the unusually high heat content in the Gulf of Mexico has contributed to both Helene’s rapid intensification and the exceptional atmospheric river that caused extreme floods over the South-Eastern US. »

A separate report from the Lawrence Berkeley Lab in California suggests that global warming created 50% more rain over parts of Georgia and the Carolinas than otherwise would have been expected.

Neither of the two studies have been published yet in journals, which is normal for rapid-attribution work. However, a lot of research has already revealed a strong link between global warming and rapidly intensifying and wetter tropical systems because warmer atmosphere allows for heavier rain over land. For every 0.5°C of warming, the atmosphere can hold about 4% more moisture.

The highest official rainfall total from Helene was more than 75 centimeters over Busick, North Carolina, and radar estimates suggested there could have been higher amounts of up to one meter over the more rural areas and highest elevations of the Appalachian Mountains.

Source : American news media, NBC.

Combat mortel d’ours dans le Katmai (Alaska) // Deadly fight of bears in Katmai (Alaska)

La Fat Bear Week (Semaine de l’Ours Gras) est une compétition qui se déroule chaque année à l’automne dans le Parc national du Katmai en Alaska. Elle demande au public de voter en ligne afin de déterminer lequel des ours bruns qui résident dans le Parc, et qui mangent autant de saumons que possible à cette période de l’année pour se préparer à l’hibernation, mérite le titre de « Fat Bear » de l’année.
Cette année, la Fat Bear Week a dû être décalée à la suite d’une bagarre entre deux grizzlis et qui s’est soldée par la mort d’un des protagonistes. Selon les rangers, l’affrontement a eu lieu entre un ours mâle, appelé 469, et une femelle plus âgée, appelée 402, et a entraîné la mort de cette dernière. La scène a été filmée en direct par l’une des webcams du Parc:

https://www.youtube.com/watch?v=b5FDOlp3eWk&t=131s

Les ours se chamaillaient dans le lac Naknek près de la rivière Brooks lorsque la querelle a dégénéré. L’ours 469 a finalement vaincu l’ourse 402, qui a fini noyée. L’ourse 402 n’avait jamais remporté la Fat Bear Week mais était connue pour avoir  donné naissance à huit portées d’oursons au cours de sa vie dans le Katmai National Park.

J’ai visité le Katmai National Park il y a quelques années. Outre les ours, le but de mon voyage était de me rendre dans la Vallée des 10 000 fumées, résultat de l’éruption cataclysmale du Novarupa en 1912.

Les ours sont les premiers animaux que les visiteurs aperçoivent lorsque l’hydravion se pose sur le lac Naknek, près de la rivière Brooks. La vue des ours en train de se gaver de saumons qu’ils attrapent depuis le haut de la cascade est un véritable spectacle. Bien que les ours semblent inoffensifs lorsqu’ils sont dans la rivière, il ne faut pas oublier que ce sont des animaux sauvages et que vous pouvez être confronté à l’un d’eux en vous promenant sur le site. Dès votre arrivée à Brooks, les rangers vous indiquent ce qu’il faut faire – et ne pas faire – si vous rencontrez un ours pendant votre séjour.

Si vous voulez en savoir plus sur les différentes sortes d’ours dans le monde, il vous suffit de lire le livre « Dans les Pas de l’Ours » (Ed. Sequoïa) que j’ai écrit avec Jacques Drouin il y a quelques années.

Photos: C. Grandpey

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Fat Bear Week is an annual competition, which takes place at Katmai National Park in Alaska. It asks the public to vote in order to determine which of the park’s resident brown bears, who are eating as much salmon as possible this time of year to prepare hibernation, deserves Fat Bear Week’s top title.

This year, the Fat Bear Week had to be delayed following a fatal fight between two Alaskan grizzlies. According to the Park’s rangers, a clash between a male bear, referred to as 469 and an older female bear, referred to as 402, led to one of the bears dying. The incident was caught on one of the park’s livestreams :

https://www.youtube.com/watch?v=b5FDOlp3eWk&t=131s

The bears were biting and thrashing at each other in Naknek Lake close to the Brooks River when Bear 469 ultimately overtook 402, who sank and got drowned into the water. Bear 402 had never won Fat Bear Week but was known for having given birth to eight litters of cubs during her life at Katmai National Park.

I visited Katmai National Park a few years ago. Beside the bears, the aim of my trip was to visit the Valley of the 10,000 Smokes, the result of Novarupa’s major eruption in 1912.

Bears are the first animals visitors ee when the float plane lands on Naknek Lake, close to Brooks River. The sight of the bears feeding on salmon and catching the fish from the top of the waterfall is a real show. Although the bears look inoffensive while they are in the river, one should not forget they are wild animals and you may be confronted with one of them while walking around the site. As soos as you arrive at Brooks, the rangers tell you what to do if you happen to encounter a bear during your stay.

If you want to know more about the different sorts of bears in the world, just read the book « Dans les Pas de l’Ours » (Ed. Sequoïa) I wrote with Jacques Drouin a few years ago.

Le réchauffement climatique modifie les frontières // Global warming shifts borders

Voici une nouvelle conséquence du réchauffement climatique : une partie de la frontière entre l’Italie et la Suisse va être redessinée en raison de la fonte des glaciers qui, jusqu’à présent, marquaient cette limite. Les deux pays ont convenu de modifier la frontière sous l’emblématique Cervin, l’un des plus hauts sommets des Alpes.
Si les frontières nationales sont souvent considérées comme fixes, de vastes portions de la frontière italo-suisse sont définies par des glaciers et des champs de neige. Aujourd’hui, avec la fonte des glaciers, ces éléments naturels évoluent et redéfinissent la notion de frontière nationale.
Les modifications de la frontière entre les deux pays ont été convenus en 2023 et le gouvernement suisse les a officiellement approuvées le 27 septembre 2024. Le processus d’approbation est en cours en Italie. Dès que les deux parties l’auront signé, l’accord sera publié et les détails de la nouvelle frontière seront rendus publics.
L’impact du réchauffement climatique sur les glaciers européens a été flagrant au cours des dernières années. En Suisse, ils fondent à un rythme alarmant. Dans ce pays, les glaciers ont perdu 4 % de leur volume en 2023, après le record de 6 % enregistré en 2022, et cette tendance à la baisse ne montre aucun signe de fin. En 2024, les glaciers ont continué à perdre de la glace à grande vitesse malgré les abondantes chutes de neige en hiver qui étaient censées apporter un certain soulagement. Certains glaciers fondent à vue d’oeil et de petits glaciers disparaissent.
Même avec les mesures les plus ambitieuses pour faire face au réchauffement climatique, on sait d’ores et déjà que jusqu’à la moitié des glaciers du monde auront probablement disparu d’ici 2100, avec une cascade de conséquences inévitables. Les paysages deviennent plus instables, sujets à des glissements de terrain et à des effondrements spectaculaires. En 2022, 11 personnes ont perdu la vie lorsqu’un glacier s’est effondré sur la Marmolada dans les Alpes italiennes.
En reculant, les glaciers perdent également leur rôle vital de contribution à l’eau douce, ce qui pourrait aggraver les pénuries lors des vagues de chaleur.
Le déplacement des frontières nationales est un événement spectaculaire. Espérons qu’il permettra de sensibiliser la population aux conséquences à grande échelle du réchauffement climatique. Mais la partie est loin d’être gagnée.
Source : Médias italiens et suisses.

Le Cervin (Photo: C. Grandpey)

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Here is another consequence of global warming : part of the border between Italy and Switzerland is set to be redrawn because of the melting of the glaciers that mark this boundary. The two countries have agreed to change the border under the iconic Matterhorn, one of the highest summits in the Alps.

While national boundaries are often thought of as fixed, large sections of the Swiss-Italian border are defined by glaciers and snowfields. Today, with the melting of the glaciers, these natural elements evolve and redefine the notion of national border.

The border changes were agreed back in 2023 and the Swiss government officially approved the adjustment on Setember 27th, 2024. The process for approval is underway in Italy. As soon as both parties have signed, the agreement will be published and details of the new border will be made public.

The impact of global warming on European glaciers has been stark during the past years. In Switzerland, they are melting at an alarming rate. The country’s glaciers lost 4% of their volume in 2023, second only to the record-setting 6% lost in 2022, and this downward trend shows no sign of ending. In 2024, glaciers continued to lose ice at a high speed despite much snow in winter that was expected to bring some relief. Some glaciers are literally falling apart, and small glaciers are disappearing.

Even with the most ambitious climate action, up to half the world’s glaciers may be gone by 2100, with a cascade of inevitable impacts. The landscapes become more unstable, prone to dangerous landslides and collapses. In 2022, 11 people lost their lives when a glacier collapsed on the Marmolada mountain in the Italian Alps.

As they recede, glaciers are also losing their vital role in contributing freshwater, which could aggravate shortages during heat waves.

The shifting of national borders is a spectacular event. Let’s hope it will make people aware of the large-scale consequences of global warming. But the game is far from won.

Source : Italian and Swiss news media.

Islande : la visite des grottes de glace à nouveau autorisée // Iceland : ice cave tours allowed again

L’interdiction des visites de grottes de glace en Islande après l’accident d’août 2024 sur le glacier Breiðamerkurjökull n’a pas duré longtemps. Les intérêts financiers étaient trop importants. Le conseil d’administration du Parc national de Vatnajökull vient d’autoriser à nouveau les visites des grottes de glace sur le glacier. Le Parc indique que la période de validité court jusqu’au 1er novembre 2024 et que des mesures de sécurité supplémentaires doivent être mises en place. En particulier, il ne sera possible de faire des excursions que dans les endroits où une évaluation préalable de la sécurité aura été effectuée. Un groupe coopératif des représentants des agences de voyage et de l’Association des guides de montagne d’Islande devra effectuer quotidiennement une évaluation de la situation à l’intérieur des grottes de glace. Une telle évaluation se base sur un document que le Parc national du Vatnajökull a réalisé et diffusé en 2017. Elle s’ajoute à une méthodologie que le groupe mentionné ci-dessus soumettra au Parc national pour approbation. En outre, il est précisé qu’il s’agit d’un projet pilote qui peut évoluer pendant la période de validité. Le conseil souligne également que la sécurité des participants aux excursions vendues par les agences relève de la responsabilité de l’entreprise touristique et du guide accompagnateur.

Source : Iceland Monitor.

Photo: C. Grandpey

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The ban on ice cave tours in Iceland after the August accident on Breiðamerkurjökull glacier did not last long. Money interests were too strong. The board of Vatnajökull National Park has agreed to allow ice cave tours on the glacier again. The Park’s message says that the validity period is until November 1st , 2024 and that additional security provisions should be added.

However, it will only be possible to go on trips in the places where a risk assessment has been carried out. At the same time, the conditions stipulate taht a cooperative group of operators and the Association of Mountain Guides in Iceland should carry out a daily situational assessment of the safety of the ice formations.

Such an assessment is based on a risk assessment that Vatnajökull National Park did in 2017, in addition to a methodology that the collaborative group submits to the national park for approval.

Furthermore, it is stated that this is a pilot project that may develop during the validity period.

The board also points out that the safety of travelers on sold trips is ultimately the responsibility of the tourism company and the guide.

Source : Iceland Monitor.