Nouvel essaim sismique sur la Péninsule de Reykjanes (Islande) // New seismic swarm on the Reykjanes Peninsula (Iceland)

Un nouvel essaim sismique est en cours dans la Péninsule de Reykjanes avec des événements de M 3,5 et M 3,2 à 4h31 et 4h59 (GMT) le 29 janvier 2020 au matin. Les hypocentres ont été localisés à 3,1 et 3,5 km de profondeur. Les épicentres se situent à 1,5-2 km au NE de Grindavik.

Comme je l’ai indiqué précédemment les autorités islandaises ont demandé à la population de la région à se tenir prête à une éventuelle évacuation, même si l’IMO ne relève pas actuellement de signes significatifs (concernant le tremor par exemple) d’une éruption à court terme. Plusieurs secteurs sensibles se trouvent à proximité de la zone où est enregistrée la sismicité : l’aéroport international de Keflavik et le Blue Lagoon qui est une structure touristique à forte fréquentation. La situation doit être contrôlée sérieusement, en particulier l’évolution de l’inflation observée depuis le 21 janvier 2020 sur le Mt. Thorbjorn.

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Lors d’une réunion qui s’est tenue à Grindavík le 27 janvier, des scientifiques de l’Icelandic Met Office et de l’Institut des sciences de la Terre de l’Université d’Islande ont décrit la situation, en compagnie de représentants de la protection civile et de la police.
Les scientifiques ont expliqué qu’il n’y a pas eu d’éruption volcanique à Reykjanes depuis le 13ème siècle. Ces éruptions ont créé un champ de lave d’environ 20 kilomètres carrés. Aujourd’hui, cela causerait beaucoup de dégâts matériels, mais pas de pertes humaines car il est facile d’échapper à une coulée de lave.
Les scientifiques ont déclaré avec beaucoup de modestie qu’ils ne savaient pas si la sismicité actuelle et l’inflation détectée à l’ouest du volcan Þorbjörn étaient dues à l’accumulation de magma. Si c’est le cas, cela n’entraînerait pas nécessairement une éruption. On peut assister à une intensification de la sismicité, avec des secousses allant jusqu’à M 6,0. Une éruption fissurale avec des coulées de lave est une autre possibilité.
Source: Iceland Monitor.

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 A new seismic swarm is underway in the Reykjanes Peninsula with events of M 3.5 and M 3.2 at 4:31 a.m. and 4:59 a.m. (GMT) in the morning of January 29th, 2020. The hypocentres were located 3.1 and 3.5 km deep. The epicentres are located 1.5-2 km NE of Grindavik.
As I indicated previously, the Icelandic authorities have asked the people of the region to be ready for a possible evacuation, even if IMO does not currently see significant signs (concerning the tremor for example) of a short term eruption. Several areas are located near the place where seismicity is recorded: Keflavik International Airport and the Blue Lagoon which is a very popular tourist structure. The situation needs to be carefully monitored, especially the evolution of the inflation that has been recorded since January 21st on Mt. Thorbjorn.

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During a town meeting held in Grindavík on January 27th, scientists from the Icelandic Met Office and the University of Iceland Institute of Earth Sciences reviewed the situation, along with representatives from the Department of Civil Protection and the Police.

The scientists explained here has not been a volcanic eruption in Reykjanes since the 13th century. They created a lava field of about 20 square kilometres. Today, it would cause much property damage, but people are usually able to escape a stream of lava.

The scientists said it remains unclear whether the current seismicity and the inflation detected west of Þorbjörn mountain is due to magma accumulation, and even if that turns out to be the case, it would not necessarily lead to an eruption and it might soon cease without any event. Further seismic activity with earthquakes of up to M 6.0 is another possible scenario, and, finally, an eruption along a fissure, which would include lava flows, is a possibility.

Source : Iceland Monitor.

Source: IMO

La fonte de la glace et du permafrost risque de libérer de nouveaux virus // Melting ice and permafrost may release new viruses

Alors de la planète s’inquiète du nouveau coronavirus apparu il y a quelques jours en Chine, des chercheurs américains et chinois qui travaillent dans les glaces de l’Himalaya ont mis à jour plusieurs virus jusqu’alors inconnus. Ce n’est pas vraiment une surprise. J’ai évoqué à plusieurs reprises sur ce blog ce même risque lié à la fonte du permafrost dans les hautes latitudes. Ainsi, des éleveurs de rennes en Sibérie ont été victimes au cours de l’été 2016 d’une épidémie d’anthrax après avoir consommé une carcasse de renne décongelée. En 2017, des chercheurs ont découvert, dans le permafrost un virus géant vieux de 30.000 ans. Ils étaient parvenus, sous contrôle, à le réactiver pour infecter une amibe unicellulaire. C’est la preuve que les virus peuvent survivre, au moins 30.000 ans.

Les chercheurs américains et chinois se sont rendus au Tibet en 2015. La mission avait pour but de forer les glaciers de l’Himalaya et d’analyser ensuite les carottes pour y rechercher des bactéries et autres virus. Dans une pré-édition de leur étude, on apprend qu’ils ont ainsi mis au jour pas moins de 33 virus dont 28 jusque-là inconnus de la science.

Ces virus ont été découverts dans une glace vieille de 15 000 ans, à une cinquantaine de mètres de profondeur. Pour s’assurer que ces échantillons ne seront pas contaminés par leur exposition à l’air ambiant, les chercheurs ont suivi des protocoles d’échantillonnage très sévères : Travail dans une chambre froide portée à moins 5 °C ; utilisation d’une scie à ruban stérilisée ; lavage des carottes à l’éthanol puis à l’eau stérile.

Les chercheurs n’int pas été vraiment surpris de découvrir des virus jusqu’alors inconnus et qui étaient assez différents d’une carotte à l’autre ; l’une datait de 15.000 ans, l’autre de seulement 520 ans. Ces différences sont probablement révélatrices de conditions climatiques dissemblables au moment de leur dépôt, mais elles fournissent des informations importantes sur la manière dont les virus peuvent prospérer ou non en fonction des conditions environnementales.

Les chercheurs ont profité de cette étude pour attirer l’attention du public sur une problématique nouvelle à laquelle ils se heurtent aujourd’hui : la fonte des glaces, résultat du réchauffement climatique. Selon eux, dans le meilleur des cas, la fonte des glaces nous fera perdre des données microbiennes et virales précieuses qui pourraient nous renseigner sur les régimes climatiques passés de notre planète ainsi que sur l’évolution probable des populations de micro-organismes avec les variations climatiques à venir. Dans le pire des cas, le réchauffement climatique – et la nouvelle exploitation minière de régions auparavant inaccessibles – pourrait être à l’origine d’une libération de nouveaux agents pathogènes dans notre environnement.

Source : Futura Sciences.

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While the world is worried about the new coronavirus that appeared a few days ago in China, American and Chinese researchers working in the ice of the Himalayas have discovered several viruses hitherto unknown. It’s not really a surprise. I have mentioned several times on this blog the risk linked to the melting of permafrost in high latitudes. Reindeer herders in Siberia suffered from an anthrax epidemic in the summer of 2016 after consuming a thawed reindeer carcass. In 2017, researchers discovered a giant 30,000-year-old virus in permafrost. They had managed, under control, to reactivate it to infect a single-celled amoeba. This is proof that viruses can survive, at least 30,000 years.

The American and Chinese researchers visited Tibet in 2015. The mission aimed to drill the Himalayan glaciers and then analyze the ice cores for bacteria and other viruses. In a pre-edition of their study, we learn that they have detected no less than 33 viruses, including 28 previously unknown to science.
These viruses were discovered in 15,000-year-old ice, some 50 meters deep. To ensure that these samples will not be contaminated by their exposure to ambient air, the researchers followed very strict sampling protocols: Work in a cold room brought to minus 5°C; use of a sterilized band saw; washing the carrots with ethanol and then with sterile water.
The researchers were not really surprised to discover viruses hitherto unknown and which were quite different from one ice core to another; one was 15,000 years old, the other only 520 years old. These differences are probably indicative of dissimilar climatic conditions at the time of their deposition, but they do provide important information about how viruses may or may not thrive depending on environmental conditions.
The researchers took advantage of this study to draw public attention to a new problem they are facing today: the melting of the ice, the result of global warming. According to them, in the best of cases, the melting of the ice will cause us to lose precious microbial and viral data which could inform us about the past climatic regimes of our planet as well as about the probable evolution of the populations of microorganisms with the variations.of future climates. In the worst case, global warming – and new mining in areas previously inaccessible – could be the source of new pathogens in our environment.
Source: Futura Sciences.

Carte montrant les régions arctiques recouvertes par le permafrost (Source: NOAA)

Toundra en Alaska (Photo: C. Grandpey)

Reykjanes (Islande / Iceland) : Mise en place du principe de précaution // Implementation of the precaution principle

La sismicité est encore présente dans la région de Grindavik sur la péninsule de Reykjanes, même si elle est moins intense que ces derniers jours. Le site Internet Iceland Monitor indique que de nombreuses personnes dans la région sont inquiètes de la situation. Une réunion a été organisée par le maire de Reykjanes pour informer les habitants des plans d’urgence en cas d’éruption volcanique, même si – selon les scientifiques – ce scénario ne semble pas être le plus probable. De nombreuses personnes ont assisté à la réunion. Tous les habitants avaient reçu sur leur téléphone portable un SMS en provenance de la Ligne d’Urgence (Emergency Line), histoire de tester ce moyen de communication.
Il a été demandé aux habitants d’enregistrer le 112 (numéro d’urgence) sur la liste de contacts de leur téléphone portable et de régler le téléphone de sorte que la sonnerie puisse toujours être entendue lorsque des messages arrivent du 112, même si le téléphone est en mode silencieux. Il leur a en outre été conseillé de choisir une sonnerie spéciale pour les appels ou les messages en provenance du 112, afin de les distinguer facilement. Lors de la réunion, on leur a aussi conseillé d’écouter attentivement les informations fournies par les scientifiques qui étaient présents.
Dans le cas peu probable où des maisons de Grindavík devraient être évacuées, des centres d’hébergement d’urgence seront ouverts au centre sportif Kórinn à Kópavogur, au centre sportif de Reykjaneshöll à Reykjanesbær et au centre sportif de Þorlákshöfn.
La police a conseillé aux personnes présentes à la réunion de réfléchir à ce qu’elles devraient emporter si elles devaient quitter leur domicile.

Cette situation est à nouveau – comme pour le volcan Taal aux Philippines – une bonne illustration du principe de précaution. Personne ne sait exactement ce qui se passera dans les prochains jours – éruption ou pas éruption – alors les gens sont priés de se tenir prêts à quitter rapidement leur domicile.
Source : IMO, Iceland Monitor.

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Seismic events are still recorded in the Grindavik area on the Reykjanes Peninsula, ma seismicity in less intense than during the past days. The website Iceland Monitor informs us that many people in the area are worried and anxious about the situation. A meeting was held by the Mayor of Reykjanes to inform residents about contingency plans, in the event of a volcanic eruption, even though that scenario is not believed to be the likeliest, according to scientists. Many people attended the meeting. All the residents had received an SMS on their cell phones from the Emergency Line, as the emergency system was being tested.

Local inhabitants were advised to store the 112 emergency number on their list of contacts on their cell phone, and to set the phone so that the ring tone can always be heard when messages arrive from 112, even if the phone is on silent. They were furthermore advised to choose a special ring tone for calls or messages from 112, to make them easily distinguishable. They were also encouraged to listen closely to information provided by scientists who addressed the gathering

In the unlikely event that houses in Grindavík need to be evacuated, relief centres will be opened at Kórinn sports centre in Kópavogur, at Reykjaneshöll sports centre in Reykjanesbær and at the sports centre in Þorlákshöfn.

Police authorities advised residents to think about what they would need to bring along, in case they had to leave their home. He was pleased with how well the meeting was attended and encouraged residents to listen closely to information provided by scientists who addressed the gathering.

This situation is again – like for Taal Volcano in the Philippines – a good illustration of the precaution principle. Nobody knows exactly what might happen in the coming days, so people are askes to be ready if they have to leave their homes in a hurry.

Source: IMO, Iceland Monitor.

Sur la Péninsule de Reykjanes… (Photo: C. Grandpey)

Sismicité et inflation sur la Péninsule de Reykjanes (Islande) // Seismicity and inflation in the Reykjanes Peninsula (Iceland)

Un essaim sismique avec des événements de M 3,6 – M 3,7 a été enregistré ces derniers jours sur la péninsule de Reykjanes en Islande. Le phénomène est assez fréquent dans cette partie du pays. Il fait partie du processus d’accrétion au cours duquel la plaque tectonique nord-américaine s’éloigne de la plaque eurasienne de quelques centimètres chaque année. Cependant, en même temps que la hausse de la sismicité, l’Icelandic Met Office (IMO) enregistre une inflation du Mt. Thorbjorn depuis le 21 janvier 2020, ce qui pourrait traduire une possible accumulation de magma sous ce volcan. L’inflation est relativement rapide, d’environ 3-4 mm par jour et atteint 2 cm à ce jour. L’IMO ajoute toutefois que si l’accumulation de magma est à l’origine de l’inflation, elle est mineure, avec un volume initialement estimé à environ 1 million de mètres cubes (0,001 km3).
La couleur de l’alerte aérienne a été portée au Jaune pour la péninsule de Reykjanes.
L’essaim sismique est actuellement en déclin et il ne semble pas y avoir de risque d’éruption à court terme.

L’IMO indique que la dernière éruption connue a eu lieu entre 1210 et 1240 après JC. Au cours de cette période, plusieurs événements éruptifs se sont produits au sein du système Svartsengi. Les éruptions étaient effusives, le long de fissures de 1 à 10 km de long. Aucune éruption explosive n’a été recensée sur ce système. Les séismes les plus significatifs dans la région ont une magnitude maximale de M5,5.
Source: IMO.

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 A seismic swarm with events M 3.6 – M 3.7 has been recorded during the past few days on the Reykjanes Peninsula in Iceland. The phenomenon is quite frequent in that part of the country. It is part of the accretion process during which the North American tectonic plate moves away from the Eurasian plate by a few centimetres each year. However, together with the increase in seismicity, an inflation of Mt. Thorbjorn has been recorded since January 21st, 2020, which might reveal a possible magma accumulation beneath this volcano. The inflation is unusually rapid, around 3-4 mm per day and has accumulated to 2 cm to date. The Icelandic Met Office (IMO) also explains that if magma accumulation is causing the inflation, it is a minor one, with the first volume estimate at around 1 million cubic meters (0,001 km3).

As a consequence, the aviation colour code has been raised to yellow for Reykjanes.

The earthquake swarm is currently in decline and there does not seem to be the risk of a short term eruption.

IMO indicates that the last known eruption occurred between 1210-1240 AD. Within that period, several eruptions occurred within the Svartsengi system. The eruptions were effusive, along 1-10 km long fissures. No explosive eruptions are known from this system. The largest earthquakes measured in this area are about M5.5.

Source : IMO.

Source: IMO