Ça tremble et ça gonfle sur la Péninsule de Reykjanes (Islande) // Seismicity and uplifting on Reykjanes Peninsula (Iceland)

L’activité sismique se poursuit aux environs de Grindavík, sur la Péninsule de Reykjanes, comme le montre la carte de l’IMO ci-dessous.
Depuis le 21 janvier 2020, plus de 1 000 événements sismiques ont été enregistrés dans la région, dont 700 le week-end dernier. La plupart se situent sur une ligne SO / NE à environ 2 km au nord-est de Grindavík.
La plus forte secousse s’est produite le 31 janvier au soir, avec une magnitude de M 4,3. Deux autres secousses d’une magnitude supérieure à M 3,0 ont été enregistrés le 2 février.
Les dernières données GPS montrent que l’inflation à l’ouest du Mt Þorbjörn continue. Elle atteint désormais plus de 4 cm depuis le 20 janvier. Les scientifiques de l’IMO pensent qu’avec l’inflation en cours, il faut s’attendre à la poursuite de l’activité sismique. Selon le Bureau, l’explication la plus probable de l’inflation et de la sismicité est une intrusion magmatique à une profondeur de 3 à 9 km, juste à l’ouest du Mt Þorbjörn. Il y a de fortes chances pour que l’activité sismique cesse sans que l’on observe une éruption.
Source: Icelandic Met Office.

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Seismic activity continues in the vicinity of Grindavík, on the Reykjanes peninsula, as can be seen on the IMO map below.

Since January 21st, 2020, over 1,000 earthquakes have been detected in the area, 700 of which occurred over last weekend. Most of them are located in a SW/NE line around 2 km northeast of Grindavík.

The largest earthquake occurred on January 31st in the evening, with a magnitude of M 4.3. Two other quakes with a magnitude above M 3.0 hit on February 2nd.

The latest GPS data show that the uplift west of Þorbjörn is still ongoing. It now amounts to more than 4 cm since January 20th. IMO scientists think that with the ongoing uplift more seismic activity is to be expected. According to the Office, the most likely explanation of the uplift and earthquake activity is that there is a magma intrusion at a depth of 3-9 km, just west of Mount Þorbjörn. Most likely, this activity will stop without any volcanism.

Source: Icelandic Met Office.

Source: IMO

 

Les volcans à Le Blanc (Indre) le 3 février!

J’aurai le plaisir de présenter à LE BLANC (Indre) – dans le cadre de l’Université Inter-générations Populaire Blancoise (UIPB) – une conférence intitulée « Volcans et risques volcaniques »  le lundi 3 février 2020 à 18 heures à la Salle Carnot , rue Pasteur.

Séismes et volcans sont souvent associés dans la pensée populaire. Il est malheureusement encore impossible de prévoir les tremblements de terre. Le but de la conférence est de faire le point sur la situation en volcanologie. Les statistiques montrent que les volcans ont souvent été meurtriers dans le passé. Les techniques modernes permettent-elles d’en savoir plus sur les humeurs des monstres de feu ? Sommes-nous capables aujourd’hui d’éviter que les volcans tuent ? L’éruption en cours sur le volcan Taal aux Philippines montre l’importance de cette question.

Mon exposé se poursuivra avec une vidéo d’une vingtaine de minutes sur le Parc National de Yellowstone  avec ses geysers et sources chaudes…

A l’issue de la conférence, le public pourra se procurer les livres « Terres de Feu » et « Mémoires Volcaniques », ainsi que des CD d’images de volcans.

Parc National de Yellowstone (Photo: C. Grandpey)

Températures : Ça commence très fort en 2020 ! // A dramatic start in 2020

L’année 2020 commence très fort au niveau des températures ! Avec +0,597°C au-dessus de la moyenne 1981-2010, le mois de janvier 2020 a été le 2ème plus chaud des archives NCEP-NCAR.

Le record de chaleur a été battu dans l’hémisphère sud en janvier 2020 avec une anomalie de +0,377°C, battant les deux précédents pics (favorisés par El Niño) en 1983 et 2016. Pour l’hémisphère nord, l’anomalie en janvier 2020 se situe au 2ème rang avec +0,826°C, derrière le maximum de 2016.

Comme je l’ai indiqué précédemment, on a enregistré des anomalies particulièrement positives en Scandinavie et en Russie. Pour la première fois de l’histoire des relevés, Oslo, Stockholm, Helsinki et Copenhague ont connu des températures au-dessus du point de congélation (0°C) tous les jours du mois de janvier. A Helsinki (Finlande), la température a atteint une moyenne de 3°C, battant le précédent record de 1,6°C. A Moscou (Russie), c’est la première fois en 200 années de mesures que la température moyenne d’un mois de janvier n’est pas négative.

La France n’est pas en reste et connaît un début de mois de février exceptionnellement doux, voire chaud !  On a enregistré 25°C à Saint-Jean-de-Luz le 2 février dans l’après-midi. On a également relevé 24°C à Biarritz. Du jamais vu ! On a aussi battu des records à Agen, à Auch, à Carcassonne, Béziers, Montauban.

Selon Météo France, la douceur va se prolonger au cours du prochain trimestre, même si il peut y avoir quelques périodes temporairement plus fraîches.

Dans le même temps, la Courbe de Keeling, révélatrice des émissions de CO2 dans l’atmosphère, affiche 414 ppm, soit une hausse de 4 ppm par rapport à la même période en 2019. On remarquera que les gouvernements ne s’attardent jamais sur ce parallélisme entre la hausse des températures et les émissions de CO2 d’origine anthropique…

Source : global-climat.

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Temperatures in early 2020 are showing dramatically high values! With +0.597°C above the 1981-2010 average, January 2020 was the 2nd hottest month in the NCEP-NCAR archives.
The heat record was broken in the southern hemisphere in January 2020 with an anomaly of +0.377°C, beating the two previous peaks (favoured by El Niño) in 1983 and 2016. For the northern hemisphere, the anomaly in January 2020 is in 2nd place with +0.826°C, behind the maximum of 2016.
As I mentioned earlier, there have been positive anomalies in Scandinavia and Russia. For the first time in the history of the surveys, Oslo, Stockholm, Helsinki and Copenhagen experienced temperatures above freezing (0°C) every day in January. In Helsinki (Finland), the temperature reached an average of 3°C, breaking the previous record of 1.6°C. In Moscow (Russia), it is the first time in 200 years of measurements that the average temperature in January has not been negative.
France is not to far behind and is experiencing an exceptionally mild, even hot start to February! 25°C were recorded in Saint-Jean-de-Luz on February 2nd in the afternoon.  24°C in Biarritz. Never seen before ! Records were also broken in Agen, Auch, Carcassonne, Béziers, Montauban.
According to Météo France, the mild weather will continue during the next 3 months, although there may be some temporarily cooler periods.
At the same time, the Keeling Curve, revealing CO2 emissions into the atmosphere, shows 414 ppm, an increase of 4 ppm compared to the same period in 2019. It should be noted that governments never dwell on this parallelism between rising temperatures and anthropogenic CO2 emissions …
Source: global-climat.

Source: NOAA

Coup de chaud à Chamonix (Haute Savoie)

Vous avez des doutes sur le réchauffement climatique ? Vous faites partie des climato-sceptiques ? Alors, un conseil : allez à Chamonix, au pied du Mont Blanc, et vos doutes seront levés. La douceur de l’hiver est en train de devenir exceptionnelle et elle commence à inquiéter les scientifiques. Un record a de nouveau été atteint cette année. Un météorologue de Météo France indique qu’au plus froid de l’hiver la température minimale a été de seulement -8.3°C. Sur novembre, décembre, janvier, le mercure n’est jamais descendu sous la barre des -10°C, une situation jamais observée auparavant.

Le graphique publié par Météo France (voir ci-dessous) est très révélateur. Depuis 1944, Météo France mesure le nombre de jours avec des températures inférieures ou égales à -10°C. Pour l’instant, en 2019-2020, il n’y en a aucun. Le précèdent record était détenu par l’hiver 1995-1996 ; entre le 1er octobre et le 31 janvier, les -10°C avaient alors été atteints à quatre reprises.

Par ailleurs, on comptait 42 journées avec des températures inférieures à -10°C entre octobre 1962 et janvier 1963. En moyenne, entre 1981 et 2010, la température chutait sous -10°C 19 jours par an. Depuis 2011, aucun hiver n’a dépassé cette moyenne. La tendance est clairement au réchauffement !

Il ne faudrait pas oublier que Chamonix se trouve à quelques encablures de glaciers comme les Bossons et le Taconnaz. La Mer de Glace n’est pas très loin. Il est facile d’imaginer les effets de ces températures anormales sur les rivières de glace.

Chamonix est aussi le point de départ du téléphérique pour accéder à l’Aiguille du Midi où la fonte du permafrost de roche a récemment fait s’écrouler un pan entier de l’Arête des Cosmiques. 300 à 400 m3 de roches sont partis dans le vide le 22 août 2018. Les assises des pylônes qui supportent les câbles du téléphériques sont contrôlées très régulièrement et tout s’arrêterait à la moindre alerte.

Graphique montrant le nombre de jours où la température a été inférieure ou égale à -10°C entre le 1er octobre et le 31 janvier à Chamonix sur la période 1944-2020 (Source : Météo France)