Covid-19 : A lire avant d’aller en Islande // Covid-19 : Read this before you travel to Iceland

Si vous avez décidé de vous rendre en Islande dans les prochaines semaines, vous allez devoir faire face à certains obstacles à cause de la crise sanitaire de Covid-19.

Tous les passagers arrivant en Islande ont le choix entre une quarantaine de 14 jours OU une double procédure de test COVID avec une quarantaine de 5 à 6 jours (avec des exemptions pour les enfants, les passagers en transit et les voyageurs avec un certificat d’infection antérieure au COVID-19 qui répond aux critères gouvernementaux).

Le premier test COVID s’effectue à l’arrivée et le second 5 à 6 jours plus tard. Entre les 2 tests, les arrivants doivent se mettre en quarantaine.

Une fois en Islande, vous devez savoir qu’un nouveau système de codage couleur COVID-19 vient d’être introduit dans le pays. Selon le nouveau système, le nombre de personnes autorisées à se rassembler en Islande ne dépassera jamais 100 pendant la pandémie. La règle de distanciation sociale de deux mètres s’applique également à tous les codes de couleur.

Actuellement, le code d’alerte le plus élevé, Rouge, est en vigueur. Ce code signifie que seulement 5 à 20 personnes peuvent se rassembler à la fois. Les masques sont obligatoires lors de l’utilisation des transports en commun, dans les magasins, lors du passage d’une zone de prévention des maladies à une autre et pour les services qui nécessitent une proximité. Le public est invité à ne passer du temps qu’avec un nombre limité de personnes.

Le niveau suivant est Orange. Entre 20 et 50 personnes peuvent se rassembler à ce stade, et des masques sont nécessaires pour les transports en commun et pour les services qui nécessitent une proximité. Le public est invité à entrer en contact avec un nombre limité de personnes et à faire preuve de prudence envers ceux qui appartiennent à des groupes fragiles (personnes âgées par exemple).

Le code Jaune signifie que 50 à 100 personnes peuvent se rassembler. Les masques sont obligatoires pour les transports en commun et pour les services nécessitant une proximité.

La nouvelle norme est représentée par un code de couleur Gris. Dans ce cas, 50 à 100 personnes peuvent se rassembler à la fois et les masques ne sont plus nécessaires.

Comme indiqué ci-dessus, la règle de distanciation sociale de deux mètres s’applique à toutes les couleurs, même grise.

Source: Icelandair et le gouvernement islandais.

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If you have decided to travel to Iceland in the next few weeks, you will have to face some obstacles because of the Covid-19 sanitary crisis.

All passengers arriving in Iceland must choose a 14-day quarantine OR a double COVID-testing procedure along with quarantine for 5-6 days (with exemptions for children, transit passengers, and travellers with a certificate of previous COVID-19 infection that meets the government criteria).

The first COVID test is at the border on arrival and the second 5-6 days later. In between the 2 tests, arrivals must go into quarantine.

Once in Iceland, you need to know that a new COVID-19 colour coding system has just been introduce d in the country. According to the new system, the number of people allowed to gather in Iceland will never exceed 100 during the pandemic. The two-meter social distancing rule will apply as well for all colour codes.

At present, the highest alert code, Red, is in effect. This code applies when only 5-20 people may gather at once. Face masks are required when using public transportation, in stores, when going from one disease prevention area to another, and for services that require proximity. The public is asked to spend time only with a limited number of people.

The next level below is Orange. Between 20 and 50 people may gather at this stage, and face masks are required for public transportation and for services that require proximity. The public is asked to spend time with a limited number of people and to exercise caution around those who belong to sensitive groups.

The Yellow code is in effect when 50-100 people may gather at once. Face masks are required for public transportation and for services that require proximity.

The new norm is represented with a Grey colour code. Here, 50-100 people may gather at once, and face masks are no longer required.

As stated above, the two-meter social distancing rule applies for all stages, even for the gray one.

Source : Icelandair and Icelandic government.

Source : Gouvernement islandais

White Island (Nouvelle Zélande): Qui est responsable ? [suite] // White Island (New Zealand): Who should be held responsible ? [continued]

Dans une note publiée le 3 décembre 2020, j’ai expliqué que WorkSafe – le principal organisme de réglementation de la santé et de la sécurité au travail en Nouvelle-Zélande – a engagé des poursuites contre 13 parties suite à l’éruption de White Island en 2019. Pour engager ces poursuites, WorkSafe s’appuyait sur le Health and Safety at Work Act de 2015.

Aujourd’hui, une pétition demande à WorkSafe d’abandonner les poursuites contre deux pilotes d’hélicoptère. Elle a rassemblé des milliers de signatures. Le 3 décembre dans l’après-midi, elle avait recueilli plus de 40 000 signatures et leur nombre augmentait régulièrement.

Volcanic Air fait partie des accusés et devra se présenter devant le tribunal d’Auckland le 15 décembre prochain. La société était un voyagiste organisant des visites sur l’île lorsque l’éruption s’est produite.

Après l’explosion, les pilotes Mark Law et Tim Barrow ont contribué aux opérations de secours. La pétition vise à arrêter les poursuites les concernant parce qu’ils sont allés sauver des gens.

Source: New Zealand Herald.

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In a post released on December 3rd, 2020, I explained that WorkSafe – New Zealand’s primary work health and safety regulator – has filed charges against 13 parties following the eruption on White Island in 2019. Worksafe acted under the Health and Safety at Work Act 2015.

Now, a petition is calling for WorkSafe to drop charges against two helicopter pilots. It has racked up thousands of signatures. On December 3rd in the afternoon it had collected more than 40,000 signatures and the tally was climbing steadily.

Volcanic Air is among those who will face the charges in the Auckland District Court on December 15th. The company was a tour operator on the island when the eruption happened. Later, pilots Mark Law and Tim Barrow helped with rescue efforts.

The petition aims to stop the prosecution relating to the pilots because they went to save people.

Source: New Zealand Herald.

Photo : C. Grandpey

Covid-19 et voyages volcans : Pas évident !

Lors de son discours du 24 novembre, Emmanuel Macron a envisagé un déconfinement le 15 décembre, date à laquelle les voyages touristiques pourraient reprendre. Oui mais. Cela suppose que la liberté de circuler du 15 décembre se confirme…et que les autres pays vous acceptent, ce qui est loin d’être évident ! Comment se situent les destinations volcaniques au cœur de la pandémie de Covid-19 ?

Voici quelques informations, sous réserve de modifications par les différents gouvernements au vu de l’évolution de la pandémie. N’hésitez pas à me contacter (grandpeyc@club-internet.fr) si vous disposez d’informations supplémentaires ou si vous détectez des erreurs dans mes propos.

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Concernant les transports aériens vers les Outre-mer, le test PCR dans les 72 heures avant embarquement est une obligation systématique. Il n’est pas possible de se rendre dans les Outre-mer sans avoir présenté le résultat négatif d’un test. Au regard des restrictions de déplacement dans l’hexagone liées au confinement, les voyageurs qui se rendent à un aéroport pour prendre un vol à destination des Outre-mer doivent pouvoir présenter, le billet d’avion et un document leur permettant de justifier ce déplacement : rejoindre sa résidence principale, motifs familiaux, motifs professionnels, participation à des missions d’intérêt général, suivi d’une formation, passage d’un examen ou un concours, raisons de santé. En outre, selon la situation épidémiologique locale, le préfet peut imposer des motifs impérieux (professionnels, sanitaires, familiaux) au départ et à l’arrivée dans les territoires, pour adapter les mesures aux flux et aux destinations. Les justificatifs sont alors contrôlés par les compagnies aériennes.

L’Islande est l’une des destinations volcaniques les plus populaires. Avant d’entrer dans le pays, vous serez soumis à un test PCR suivi d’un isolement de 5 jours minimum.

En Italie, vous devrez remplir un formulaire, et les déplacements sont pour l’instant interdits vers plusieurs régions. La Sicile avec l’Etna et le Stromboli (entre autres) se trouve en zone Orange. Il y a donc interdiction des déplacements à partir de et vers cette zone (sauf pour des raisons professionnelles, de santé ou de nécessité), ainsi que les déplacements entre les communes de ces zones. Les services de restauration (bars, pubs, restaurants, glaciers, etc.) sont fermés.

En Espagne, les Iles Canaries peuvent être visitées seulement pour des raisons essentielles, ce qui interdit les voyages nationaux et internationaux non essentiels.

Pour entrer en Grèce, tous les voyageurs, quelles que soient leur nationalité et leur provenance, sont tenus à présenter à leur embarquement (à partir du mercredi 11 novembre ainsi que pour les vols en provenance d’aéroports français), les résultats d’un test négatif au Covid-19 de moins de 72heures.

Pas question d’aller aux Etats-Unis car la frontière est fermée et les cas de Covid-19 sont encore très nombreux, à Hawaii, par exemple.

En Amérique Centrale et du Sud, la présentation d’un test PCR négatif est requise en Bolivie, au Costa Rica, en Equateur et au Guatemala. Au Chili, les voyageurs en provenance de France doivent présenter un test PCR négatif et observer une quarantaine de 14 jours.

A ce jour, il n’y a pas de restriction à l’entrée au Mexique par voie aérienne pour les personnes ne présentant pas de symptôme. Néanmoins, plusieurs compagnies aériennes ont réduit leurs liaisons entre le Mexique et l’Europe. Tous les voyageurs entrant au Mexique doivent se soumettre à un contrôle de température et sont dans l’obligation de renseigner un formulaire sur leur d’état de santé. Les autorités sanitaires mexicaines peuvent également vérifier l’état de santé des voyageurs et imposer des mesures de quarantaine.

Avant de pénétrer en Nouvelle Zélande, vous serez soumis à un test et vous devrez attendre14 jours avant d’être accepté.

En Afrique, de nombreux pays comme l’Ethiopie demandent de présenter des tests PCR négatifs à l’arrivée. En Tanzanie, le test PCR n’est pas obligatoire. S’agissant du Congo, l’Autorité de l’Aviation Civile congolaise a annoncé le 30 octobre 2020 que tout passager sera désormais soumis à un test COVID-19 PCR à l’aéroport d’entrée sur le territoire. ; Le Ministère des Affaires Etrangères met en garde sur l’insécurité qui règne encore dans le pays.

Actuellement les frontières de l’Indonésie sont fermées aux touristes. Seuls peuvent rentrer sur le territoires les Indonésiens, les étrangers détenteurs d’un permis de résident (Kitas), les personnes possédant un passeport diplomatique. Aucune date à ce jour n’est précisée pour une éventuelle réouverture des frontières.

Le gouvernement japonais a mis en œuvre une interdiction totale d’entrer au Japon pour toute personne non japonaise ayant séjourné dans 152 pays – dont la France – dans les 14 jours précédant son arrivée. Cette interdiction d’entrée vaut également pour les personnes ayant séjourné en Nouvelle Calédonie ou en Polynésie Française.

Descente dans le cratère du Stromboli

Il y a quelques jours, mon ami sicilien Santo Scalia a mis en ligne sur son excellent site web Il  Vulcanico (http://ilvulcanico.it/) une anecdote intitulée Arpad Kirner, l’uomo che scese dentro lo Stromboli in eruzione. Elle raconte comment en 1914 cet ingénieur hongrois s’est aventuré à l’intérieur du cratère du Stromboli, volcan sicilien bien connu, en activité quasi permanente depuis plus de 2000 ans. Pour ceux qui comprennent la langue de Dante, le récit est passionnant.

En le lisant, j’ai une très forte pensée pour mes très chers amis Antonio Nicoloso et François Le Guern qui ont effectué une descente identique dans la Voragine et la Bocca Nuova de l’Etna.

Beaucoup plus modestement, je me suis revu au bord des bouches du Stromboli un jour d’août 1995. C’est l’une des anecdotes intitulée Descente aux enfers que je raconte dans mon livre Volcanecdotes, aujourd’hui épuisé. En voici un extrait :

     L’un [des souvenirs du Stromboli] qui restent ancrés dans ma mémoire se produisit un jour d’août 1995, une époque fantastique où on pouvait librement passer la nuit au sommet du volcan. […] 

Il était exceptionnel de rencontrer quelqu’un sur la Cima à trois heures de l’après-midi. Une fois fait le choix du meilleur nid pour la nuit, je pouvais me livrer totalement à mes observations à caractère scientifique, en particulier à l’étude du comportement du volcan en fonction de la pression atmosphérique. Assis sur le « Pizzo », sur le bord de la falaise, j’ai passé des heures à regarder et écouter le Stromboli, à essayer de comprendre son humeur et l’éventuelle relation explosive entre les différentes bouches. Pendant plusieurs années, j’ai songé aux expériences de Tazieff sur ce terrain, son approche des évents éruptifs, coiffé d’un heaume pour se protéger des bombes. A chaque visite, je contemplais la pente ouest du volcan et le semblant de sentier qui se dirigeait vers le cratère le plus occidental. Je supposais qu’il était le fruit de touristes téméraires et imprudents, mais je n’avais jamais osé l’emprunter, car le comportement du volcan me semblait trop aléatoire pour tenter ce genre d’aventure.

      En ce jour d’août 1995, après deux bonnes heures passées à noter le rythme des explosions, je me rendis compte que le cratère ouest (le numéro trois, comme on l’appelait à l’époque) avait un comportement régulier, et se contentait d’expulser bruyamment un nuage de gaz et de cendres environ toutes les demi-heures, mais sans retombées importantes de matériaux. Son voisin, plus au centre, rugissait de temps en temps, tel un avion à réaction, mais seule une traînée de fumée bleutée sortait de son évent lors de ces moments de colère. Je me dis alors que si je devais un jour aller voir de près la gueule du monstre, ce serait ce jour-là ou jamais.

Il n’y avait personne sur le sommet du volcan et je ne pouvais donc pas faire d’envieux. Le risque serait le mien et le mien seulement. J’attendis que le volcan éructe et envoie dans le ciel son habituel nuage de cendres. J’enfilai mon Goretex et ajustai mon casque pour me protéger des éventuelles projections de lapilli ; je pris mon appareil photo et amorçai la descente vers le cratère ouest. Je ne rencontrai aucune difficulté. C’était même trop facile. Un enfant aurait réussi à effectuer ce court trajet. Au fur et à mesure que j’approchais du gouffre, les bombes en bouse de vache, vieilles de quelques jours seulement,  se faisaient de plus en plus nombreuses, me rappelant qu’il faudrait tout de même être vigilant. L’odeur typique des gaz magmatiques, qui déclenche un picotement dans les narines, me fit frissonner. Je sentais mon cœur battre dans ma poitrine ; d’une part, je vivais un moment probablement unique dans ma vie, mais d’autre part,  j’étais à la merci des caprices du volcan.

     Je m’approchai prudemment de la lèvre du cratère qui était parfaitement dégagé. Une légère brise évacuait les quelques fumerolles qui s’échappaient des parois du puits taillé à l’emporte pièce dans le basalte. Le plancher du cratère n’était pas très profond, peut-être une vingtaine de mètres en dessous de moi. Je m’accroupis puis m’allongeai sur le rebord du gouffre, avec juste la tête au-dessus du vide. Je sentais la chaleur du volcan monter à l’intérieur de moi et une espèce de communion s’établir avec lui, comme si j’avais voulu essayer de l’amadouer. Je vis parfaitement deux bouches qui perçaient le plancher, toutes les deux ourlées d’un collier blanc de minéraux déposés par les gaz. J’en conclus que l’une d’elles était active et émettait le nuage de cendres, tandis que l’autre était, au moins provisoirement, au repos. Alors que je scrutais l’intérieur de ce cratère, son voisin du centre fit entendre un violent rugissement d’une dizaine de secondes qui fit vibrer le sol sous moi. Comme précédemment, seul un ‘cigare’ de fumée bleue accompagna cet événement. J’eus le temps de fixer ce moment sur la pellicule ; il n’était pas inoubliable mais constituerait un souvenir de ma visite. Je fis d’autres photos de l’intérieur du cratère ouest, plus techniques qu’artistiques. Elles permettraient d’étudier l’évolution du comportement des bouches.

     Je ne sais pas combien de temps je suis resté allongé sur la lèvre de ce cratère. Toute notion de durée avait brutalement disparu. Dix minutes, un quart d’heure ? Je jugeai toutefois que ce moment d’intimité avec le volcan avait assez duré et je décidai de reprendre le chemin de la Cima. Je parcourus une dernière fois du regard l’ensemble des deux cratères qui s’offrait à ma vue et je dévalai rapidement le monticule constellé de bombes ‘fraîches’ qui scintillaient au soleil. Une fois arrivé sur la Cima, je regardai avec une attention toute particulière le lieu de mes observations, envahi à la fois par un sentiment de fierté et de satisfaction. Ma décision avait été la bonne. Le moment avait été bien choisi. En effet, fidèle à son rythme de l’après-midi, le cratère expulsa bientôt un superbe nuage de cendres couleur marron contrastant avec le bleu du ciel, comme  pour me remercier de lui avoir tenu compagnie pendant quelques instants…. 

Photos : C. Grandpey