Activité volcanique sous-marine dans les Iles Eoliennes // Underwater volcanic activity in the Aeolian Islands

Le numéro de juin 2023 du National Geographic France consacre un chapitre à l’activité volcanique sous-marine au large de la Sicile, en particulier dans les Iles Eoliennes. Ces sept îles sont d’origine volcanique et deux volcans, la Fossa di Vulcano et le Stromboli, sont toujours actifs. L’accès au sommet du Vulcano est très réglementé et il est carrément interdit à Stromboli. A Vulcano, il suffit de s’avancer un peu dans la mer pour voir des bouillonnements dignes d’un jacuzzi. L’eau de mer est brassée par les gaz volcaniques et nous rappelle que cette zone de l’archipel est bien active. Au large de l’île de Panarea émerge l’îlot de Basiluzzo. Les fonds marins à proximité regorgent de bulles de gaz.

Une mission d’exploration « UNESCO – 1 Océan » a été menée dans les îles Eoliennes en 2022, dans le but d’améliorer nos connaissances sur les volcans sous-marins et le risque de tsunamis en Méditerranée. La mission a rapporté des images exceptionnelles.
L’archipel des Éoliennes est un site du patrimoine mondial de l’UNESCO connu pour son intense activité volcanique. Le 13 mai 2022, le Stromboli a connu une nouvelle explosion majeure qui a généré un épais nuage de cendres et des glissements de terrain qui ont atteint la mer.
Cette éruption de surface était très visible, mais la majeure partie de l’activité volcanique mondiale est cachée à notre vue. Plus d’un million de volcans se trouvent sous l’eau et ils génèrent 80% de l’activité volcanique mondiale.
Dans le cadre de la Décennie des sciences océaniques (2021-2030), coordonnée par l’UNESCO, la mission d’exploration sous-marine « UNESCO – 1 Océan » s’est déroulée début juin 2022 non loin de Stromboli, au large de l’île de Panarea.
Les images tournées par Alexis Rosenfeld et le cinéaste italien Roberto Rinaldi nous emmènent au plus profond du cratère sous-marin de Panarea et le long du bord de la caldeira. A quelques mètres de profondeur seulement, des émissions permanentes de gaz, provenant directement de la chambre magmatique du volcan, s’échappent des entrailles de la Terre pour former d’impressionnants rideaux de bulles. Certains secteurs émettent plus d’un million de litres de gaz par jour.
A plus de soixante-dix mètres sous la surface, les plongeurs ont découvert un site exceptionnel : « The Smoking Land ». Il se compose d’une multitude de bouches hydrothermales qui expulsent des fluides acides à haute température.
Ces phénomènes sont surveillés quotidiennement par l’équipe du professeur Francesco Italiano, chef de la section de Palerme de l’INGV, que je salue ici. En effet, ils peuvent représenter un risque pour la population. Ces dernières années, les scientifiques ont noté une « instabilité » dans le comportement des volcans, avec la nécessité de recherches plus approfondies. Ils pensent qu’un « événement majeur » est possible. Francesco Italiano a déclaré : « Nous estimons que, selon un cycle naturel, il y a une éruption majeure dans cette zone tous les 70 ans. La dernière a eu lieu à la fin des années 1930. [En cas d’éruption] un des risques est le déclenchement d’un tsunami. Il pourrait toucher les îles en quelques minutes, ce qui signifie que nous devons réagir très rapidement. »
Source : UNESCO.

Voir aussi ma note du 4 mars 2018 intitulée « Les bouches hydrothermales de Basiluzzo. »

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2018/03/04/les-bouches-hydrothermales-de-basiluzzo-iles-eoliennes-sicile-the-hydrothermal-vents-of-basiluzzo-aeolian-islands-sicily/

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The June 2023 issue of National Geographic France devotes a chapter to the underwater volcanic activity off Sicily, in particular in the Aeolian Islands. These seven islands are of volcanic origin and two volcanoes, La Fossa di Vulcano and Stromboli, are still active. Access to the summit of Vulcano is strictly regulated and it is completely forbidden at Stromboli. At Vulcano, you just have to walk into the sea to see bubblings worthy of a jacuzzi. The sea water is brewed by volcanic gases and reminds us that this area of the archipelago is very active. Off the island of Panarea emerges the islet of Basiluzzo. The nearby seabed is full of gas bubbles.

A « UNESCO – 1 Ocean » exploration mission was carried out in the Aeolian Islands in 2022, with the goal of improving our knowledge of underwater volcanoes and the risk of tsunamis in the Mediterranean. The mission has brought back exceptional images.

The Aeolian Islands archipelago is a UNESCO World Heritage Site known for its intense volcanic activity. On May 13th, 2022, the Stromboli volcano experienced another major explosion that generated a thick cloud of smoke and landslides that reached the sea.

While this surface eruption was highly visible, most of the world’s volcanic activity is actually hidden from view. More than a million volcanoes are underwater, generating 80% of the world’s volcanic activity.

As part of the Decade for Ocean Science (2021-2030), coordinated by UNESCO, a « UNESCO – 1 Ocean » exploration mission conducted an underwater exploratory mission in early June 2022 not far from Stromboli, off the island of Panarea.

The images shot by Alexis Rosenfeld and Italian filmmaker Roberto Rinaldi take us deep into the Panarea underwater crater and along the rim of the caldera. At a depth of only a few metres, permanent gas eruptions, coming directly from the volcano’s magma chamber, escape from the bowels of the Earth to form impressive curtains of bubbles. Some areas release more than a million litres of gas a day.

Much deeper, more than seventy metres below the surface, an exceptional site has been discovered: The Smoking Land. It consists of a multitude of hydrothermal vents that expel acidic fluids at high temperatures.

These phenomena are monitored daily by the team of Professor Francesco Italiano, head of the Palermo section of the National Institute of Geophysics and Volcanology (INGV), because they can represent a risk for the population. In recent years, scientists have noted an « instability » in the behaviour of volcanoes that requires further research. They believe that a « major event » is possible. Francesco Italiano has declared: «  We estimate that, according to a natural cycle, there is a major explosion in this area every 70 years. The last one took place at the end of the 1930s. [In the event of an explosion] one of the risks is the formation of a tsunami. It could hit the islands in a few minutes, which means that we have to react very quickly. »

Source : UNESCO/

See my post of March 4th, 2018 : « The hydrothermal vents of Basiluzzo. »

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2018/03/04/les-bouches-hydrothermales-de-basiluzzo-iles-eoliennes-sicile-the-hydrothermal-vents-of-basiluzzo-aeolian-islands-sicily/

 

Bouillonnements et décoloration de l’eau de mer à Vulcano

Vue de Basiluzzo depuis Panarea (Photo: C. Grandpey)

Vue d’une cheminée hydrothermale (Image extraite de la vidéo)

Le Mayon s’agite aux Philippines // Unrest at Mayon (Philippines)

En raison d’une augmentation de l’activité volcanique, le PHIVOLCS a relevé le niveau d’alerte du Mayon de 1 à 2 le 5 juin 2023. L’Institut signale une augmentation de la fréquence des chutes de blocs au niveau du dôme de lave sommital. Cette hausse de l’activité laisse supposer qu’il y a des processus magmatiques peu profonds qui pourraient conduire à des éruptions phréatiques ou même précéder une éruption magmatique majeure.

Le 9 mai 2023, le dôme de lave avait augmenté de volume d’environ 83 000 m3 depuis le 3 février et de près de 164 000 m3 depuis le 20 août 2022. Le PHIVOLCS a enregistré 318 chutes de blocs depuis le 1er avril, et 26 séismes volcaniques sur la même période. Les paramètres de déformation du sol montrent que le volcan est en phase d’inflation depuis 2020, en particulier au nord-ouest et au sud-est.
Le public est prié d’éviter la zone de danger permanent (PDZ) d’un rayon de 6 km autour du volcan
L’éruption la plus violente du Mayon, en 1814, a tué plus de 1 200 personnes dans la ville de Cagsawa et a anéanti plusieurs autres localités. Cette éruption est décrite dans mon livre « Killer Volcanoes » aujourd’hui épuisé.

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Due to an increase in volcanic unrest, PHIVOLCS raised the alert level for Mayon from 1 to 2 on June 5th, 2023. The Institue reportsan increase in the frequency of rockfall events from the volcano’s summit lava dome.This increase in activity suggests that there are shallow magmatic processes that could lead to phreatic eruptions or even precede a major magmatic eruption​.

As of May 9th, 2023, the lava dome had increased in volume by approximately 83 000 m3 since February 3rd and a total of nearly 164 000 m3 since August 20th, 2022. PHIVOLCS has recorded a total of 318 rockfall events since April 1st, and 26 volcanic earthquakes for the same period. Ground deformation parametersshow that the volcano has been inflating, particularly on the northwest and southeast, since 2020.

The public is urged to avoid the 6-km radius Permanent Danger Zone (PDZ) around the volcano

Mayon’s most violent eruption, in 1814, killed more than 1 200 people in the town of Cagsawa and devastated several other municipalities. It is described in my book « Killer Volcanoes » which is sold out today.

Connu pour son cône parfait, le Mayon est redouté pour ses coulées pyroclastiques destructrices (Crédit photo: Wikipedia)

La fausse éruption du Mont Edgecumbe (Alaska) // Mt Edgecumbe’s fake eruption (Alaska)

Voici une histoire que j’aime beaucoup. Le 1er avril est le jour de l’année où les gens adorent véhiculer de fausses nouvelles ou bien jouer des tours à leurs amis. L’histoire qui s’est déroulée à Sitka (Alaska) le 1er avril 1974 fait partie de cette vieille tradition. Elle est également liée au monde des volcans ; c’est pour cela qu’elle a sa place sur ce blog.

Au cœur de l’Archipel Alexandre, sur la côte ouest de  l’Ile Baranof, dans le sud-est de l’Alaska, Sitka fait face à l’Océan Pacifique et au majestueux Mont Edgecumbe, volcan endormi dont la silhouette se dresse à une vingtaine de kilomètres de la ville. Sitka n’est accessible que par bateau ou par hydravion

Il faisait très beau à Sitka le matin du 1er avril 1974. Le mont. Edgecumbe dressait fièrement sa masse conique de l’autre côté du Sitka Sound. Lorsque les habitants se réveillèrent ce jour-là et lorsqu’ils regardèrent le volcan, ils n’en crurent pas leurs yeux: de la fumée sortait du cratère. C’était forcément le signe qu’une éruption était sur le point de se produire!

En fait, il ne s’agissait pas d’une éruption! L’un des habitants, Oliver – dit ‘Porky’ – Bickar, connu pour être un farceur, attendait ce jour-là depuis trois ans. Il avait récupéré de vieux pneus et attendait les bonnes conditions météorologiques pour jouer à sa façon un tour à la population.

La météo de ce 1er avril 1974 était parfaite. Porky se précipita vers le téléphone dans son magasin. Après avoir contacté plusieurs compagnies d’hélicoptères, il réussit à persuader d’Earl Walker de Petersburg de participer à son entreprise. Porky avait confectionné deux élingues de corde d’environ 45 mètres de long, avec sur chacune 50 vieux pneus de voiture. Il avait également rassemblé des chiffons recouverts d’huile, un bidon de carburant, une douzaine de bombes fumigènes et tout ce qui pouvait émettre une épaisse fumée noire.

À l’arrivée de son ami à bord de l’hélicoptère, et avec l’aide de deux complices, Porky et Earl chargèrent les pneus et les autres articles dans l’hélicoptère et décolèrent en direction du mont. Edgecumbe. Une fois à destination, ils déposèrent les pneus et les bombes incendiaires dans le cratère du volcan et y mirent le feu. Avant de repartir, ils peignirent à la bombe en grosses lettres sur la neige «APRIL FOOL’S» (Poisson d’avril).

Lorsque Porky demanda à la tour de contrôle – qui avait été informée de l’événement – la permission d’atterrir à Sitka, le contrôleur de l’aviation civile déclara: «Je vais vous guider afin que vous voliez le plus bas et les plus discrètement possible. » Porky avait effectivement prévenu l’aviation civile et la police de Sitka, mais avait oublié d’informer les garde-côtes! Quand ces derniers ont vu la fumée s’échapper du cratère, ils ont immédiatement pris la direction du volcan à bord d’un hélicoptère pour se rendre compte de la situation. Une fois sur place, le pilote de l’hélicoptère s’est retrouvé face à un tas de pneus en train de se consumer et l’inscription « poisson d’avril » écrite sur la neige!

Au même moment, de nombreux habitants de Sitka appelaient les stations de radio et les services de police pour savoir ce qui se passait sur le mont Edgecumbe. La plaisanterie a été relayée par la presse du monde entier. Elle a même atteint le vice-président d’Alaska Airlines qui a demandé à la tour de contrôle de Sitka de faire en sorte que les avions au départ de la localité survolent le volcan afin que les passagers puissent assister au spectacle.

Plus de quarante ans plus tard, la fausse éruption du mont Edgecumbe continue de figurer en bonne place sur la liste des 100 meilleurs canulars du 1er avril. La légende raconte que, lorsque le mont St. Helens est entré en éruption six ans plus tard, un habitant de Sitka a écrit à Porky et lui a dit: « Cette fois, vous êtes allé trop loin! »

Source: Sitka History Museum, l’un des endroits à visiter dans la ville.

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Here is a story I like very much. April 1st, also called April Fools’ Day by the Anglo-Saxons, is a day of practical jokes, hoaxes and when people enjoy playing tricks on their friends. The story that happened in Sitka (Alaska) on April 1st, 1974 belongs to this custom and is linked to the nearby volcano. This is the reason why I am telling it on this blog.  .

In the heart of the Alexander Archipelago, on the west coast of Baranof Island, in southeast Alaska; Sitka faces the Pacific Ocean and the majestic Mount Edgecumbe, a dormant volcano whose silhouette rises 20 km from the city. Sitka is only accessible by boat or floatplane

The morning of April 1st, 1974 was clear and beautiful.  Mt. Edgecumbe was clearly visible across Sitka Sound. When the Sitka residents woke up on that day and looked at the volcano, they could not believe what they saw: smoke was coming out of the volcano, the sure sign an aruption was about to happen!

Actually, it was NOT an eruption! One of the residents, life-long prankster Oliver “Porky” Bickar, had waited three years for that day. He had collected old tires and was waiting for the right weather conditions on April 1st one year to play his trick on the population.

The weather forecast for April 1st, 1974 was perfect. Oliver rushed to his shop and, after calling multiple helicopter charters, was able to enlist the services of Earl Walker from Petersburg. While waiting, Porky made two rope slings about 45 metres long, each holding 50 old car tires. He also gathered oily rags, a gallon of fuel, and a dozen smoke bombs, anything that would emit thick, black smoke.

Upon Earl’s arrival, and with the help of two accomplices, Porky and Earl loaded the helicopter and off they flew toward Mt. Edgecumbe.  They dropped the tires and incendiaries into the volcano’s crater. They spray-painted “APRIL FOOL’S” in big letters onto the snow and set their creation ablaze.

When asking the FAA control tower – which had been notified of the event – was asked for permission to land back in Sitka, the air-traffic controller, said, “I’ll bring you in as low and inconspicuously as possible.” Porky had notified the FAA and the Sitka Police Department, but had forgotten the Coast Guard!  When they saw the smoke coming out of the crater, the Coast Guard quickly climbed on board a helicopter to investigate, but the helicopter pilot soon found himself looking down at a pile of smoldering tires and a big April Fool’s sign in the snow!

By that time, numerous Sitka residents had called radio stations and the Police Department to know what was happening at Mt Edgecumbe. The prank went on to make AP news worldwide. News of Porky’s antics in Sitka even reached the Vice President of Alaska Airlines who called the Sitka station to instruct their departing plane to fly over the mountain, giving their passengers a front-row seat to the spectacle.

Over forty years later, the Eruption of Mount Edgecumbe continues to make the list of the Top 100 April Fool’s Day Hoaxes of All Time. Local legend even has it that, when Mount St. Helens erupted six years later, a Sitka resident wrote to Porky and said, “This time you’ve gone too far!”

Source : The Sitka History Museum, one of the places to visit in the city.

Source : Google Maps

Le mont Edgecumbe le 1er avril 1974 (Source : Sitka History Museum)

 

Utilisation de l’Interférométrie radar à synthèse d’ouverture en Alaska // Interferometric synthetic aperture radar in Alaska

Au cours de ma conférence « Volcans et Risques volcaniques », j’explique qu’aujourd’hui les satellites sont d’une grande aide pour surveiller l’activité volcanique, en particulier sur les volcans dont l’accès est très difficile, comme ceux qui s’alignent le long de la Chaîne des Aléoutiennes en Alaska.
L’InSAR – abréviation de Interferometric synthetic aperture radar, interférométrie radar à synthèse d’ouverture – est une technique utilisée en géodésie et en télédétection. Elle utilise deux ou plusieurs images radar à synthèse d’ouverture (SAR) pour générer des cartes de déformation de surface ou d’élévation du sol, en utilisant les différences de phase des ondes de retour vers un satellite ou un avion. Cette technologie peut mesurer des fluctuations de déformation à l’échelle millimétrique sur des périodes allant de quelques jours à plusieurs années. Il existe des applications pour la surveillance géophysique des risques naturels, par exemple les séismes, les volcans et les glissements de terrain, ou encore la surveillance de l’affaissement et de la stabilité structurelle.
Il existe un endroit dans le sud-est de l’Alaska où la technologie InSAR s’est récemment avérée essentielle pour détecter la déformation d’un volcan jusqu’alors considéré comme inactif.
Le 11 avril 2022, les scientifiques de l’Observatoire Volcanologique de l’Alaska (AVO) ont observé une activité sismique sur le Mont Edgecumbe, sur l’île Kruzof près de la ville de Sitka.

Source: AVO

Si l’on se réfère aux archives géologiques, ce volcan est resté silencieux pendant environ 4 000 ans. Les histoires racontées par la population locale, les Tlingit, font état d’ « une montagne faisant jaillir du feu et de la fumée ». Il s’agit peut-être d’une petite éruption avec fontaines de lave qui se serait produite il y a seulement 800 à 900 ans. Il est toutefois très difficile de dater cette histoire populaire. De petits séismes peu profonds détectés en avril 2022 étaient répartis sur une zone au nord-est du sommet. Les scientifiques de l’AVO ont tenté de comprendre la source cette sismicité. Malheureusement, ce volcan n’a pas d’instruments au sol localement; les séismes les plus importants sont détectés par des sismographes éloignés appartenant au réseau sismique régional de l’Alaska Earthquake Center pour surveiller l’activité tectonique. Aucun sismographe et aucun instrument géodésique n’existe à proximité de l’édifice volcanique pour détecter et interpréter l’activité souterraine.
En l’absence d’instruments au sol à proximité du volcan, des techniques de télédétection par satellite ont été utilisées pour étudier les changements potentiels. Une série chronologique InSAR a été utilisée pour rechercher des variations de surface sur le Mont Edgecumbe. Les scientifiques de l’AVO ont utilisé des interférogrammes séquentiels pour obtenir une série chronologique des changements sur plusieurs années. La création d’une série chronologique InSAR a permis de générer une carte des mouvements du sol cumulés, comme on peut le voir sur le document ci-dessous, où chaque pixel de couleur représente la déformation à cet endroit au cours des 7 années de cette étude rétrospective. Ce travail a permis d’identifier avec succès la déformation de l’édifice volcanique qui a commencé bien avant le dernier essaim sismique. L’analyse rétrospective de la sismicité à Sitka, sur le sismographe le plus proche, montre une augmentation de l’activité sismique de faible amplitude au milieu de l’année 2019.
Les résultats de cette étude ont incité l’Observatoire Volcanologique de l’Alaska à lancer la phase suivante de surveillance sur le Mont Edgecumbe. Àu cours de l’été 2022, une station sismique et GNSS (Global Navigation Satellite System, qui comprend le GPS) a été installée près du volcan pour une surveillance active. L’instrument GNSS donne une estimation plus précise de la déformation tridimensionnelle de l’édifice volcanique, sans qu’il soit nécessaire d’attendre (environ 12 jours) un nouveau passage du satellite SAR. Ensemble, GNSS et InSAR peuvent donner une image très claire des processus magmatiques, sans avoir à se trouver à proximité du volcan pendant de longues périodes.
Une intrusion magmatique dans un édifice volcanique tel que le Mont Edgecumbe n’indique pas forcément qu’une éruption est imminente. C’est simplement une indication qu’il y a une certaine activité magmatique en profondeur. Les scientifiques expliquent qu’il y aura davantage de changements au niveau de la déformation, une sismicité plus élevée et la présence de gaz volcaniques avant toute éruption du Mont Edgecumbe. Au cours de l’été 2023, d’autres instruments seront installés sur le volcan, avec également des études des gaz et de la géologie.
Source : USGS / HVO.

Le Mont Edgecumbe a déjà fait l’objet sur ce blog le 1er novembre 2022 : Du magma sous les Mont Edgecumbe

Du magma sous le Mont Edgecumbe (Alaska) // Magma beneath Mt Edgecumbe (Alaska)

A lire aussi : une note diffusée sur ce blog le 13 novembre 2022 et intitulée La technologie InSAR au service des volcans :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2022/11/13/la-technologie-insar-au-service-des-volcans-insar-technology-to-monitor-volcanoes/

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During my conference « Volcanoes and Volcanic Hazards », I explain that today satellites are of a great help to monitor volcanoic activity, especially volcanoes whose access is very difficult, like those that align along the Aleutian Islands in Alaska.

InSAR – short for Interferometric synthetic aperture radar – is a radar technique used in geodesy and remote sensing. It uses two or more synthetic aperture radar (SAR) images to generate maps of surface deformation or digital elevation, using differences in the phase of the waves returning to the satellite or aircraft. The technique can potentially measure millimetre-scale changes in deformation over spans of days to years. It has applications for geophysical monitoring of natural hazards, for example earthquakes, volcanoes and landslides, and in structural engineering, in particular monitoring of subsidence and structural stability.

One place where InSAR recently proved instrumental in detecting deformation of a volcano previously considered inactive was in Southeast Alaska.

On April 11th, 2022, Alaska Volcano Observatory (AVO) scientists observed seismic activity at Mount Edgecumbe on Kruzof Island near the town of Sitka. This volcano has remained quiet for around 4,000 years based on its geologic record. Oral history of the local Tlingit tells about “a mountain blinking, spouting fire and smoke,” which perhaps describes a small eruption with lava fountaining. This is possible as recent as 800-900 years ago; however, the timing of this oral history is uncertain.

Shallow, small earthquakes detected in April 2022 were broadly distributed to the northeast of the summit. AVO scientists tried to understand the source of the earthquakes. Unfortunately, this volcano had no existing local ground-based geophysical instruments; the larger earthquakes were detected on distant seismographs of the regional seismic network used by the Alaska Earthquake Center to monitor tectonic activity. No seismographs or geodetic instrumentation existed close to the volcanic edifice that would be useful in detecting and interpreting subsurface activity.

With no ground-based instruments installed near the volcano, satellite remote sensing techniques were used to investigate potential changes. An InSAR time series was utilized to search for shallow changes at Mount Edgecumbe. AVO scientists used sequential unwrapped interferograms to create a time series of change from several years of interferograms. Creating an InSAR time series allowed them to produce a cumulative displacement map, as shown below, where each colored pixel represents the total deformation at that location over the 7 years of this retrospective study. The results successfully identified deformation that started long before the recent earthquake swarm. Retrospective analysis of seismicity at the nearest seismograph in Sitka showed an increase in low-magnitude seismic activity in mid-2019.

Results of this analysis prompted the Alaska Volcano Observatory to start the next phase of monitoring on Mount Edgecumbe. In the summer of 2022, a seismic and GNSS station (Global Navigation Satellite System, which includes GPS) station was installed near the volcano for active monitoring. The GNSS instrument gives a more precise 3-dimensional deformation estimate for the volcanic edifice, without the need to have to wait for a SAR satellite repeat visit (about 12 days). Together, GNSS and InSAR can give a very clear picture of magmatic processes, without having to be anywhere near the volcano for extended periods.

An influx of magma into a volcanic edifice such as Mount Edgecumbe does not indicate the potential of an eruption. This merely is the indication that there is some magmatic activity at depth. Scientists expect more changes in deformation, higher rates of seismicity, and detection of volcanic gases prior to any eruption at Mount Edgecumbe. During the summer 2023, more instruments will be set up on the volcano, togetheer with gas and geologic studies.

Source : USGS / HVO.

A post xas already published about Mt Edgecumbe on November 1st, 2022 :

Du magma sous le Mont Edgecumbe (Alaska) // Magma beneath Mt Edgecumbe (Alaska)

You can also read a note published on this blog on November 13th, 2022 and entitled InSAR technology at the service of volcanoes 

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2022/11/13/la-technologie-insar-au-service-des-volcans-insar-technology-to-monitor-volcanoes/

La longue légende du document se trouve sur cette page du HVO :

https://bigislandnow.com/2023/06/02/volcano-watch-volcano-monitoring-from-space-insar-time-series-success-in-alaska/