Nyiragongo (République Démocratique du Congo)

drapeau-francaisLes derniers bulletins diffusés le 13 et 19 avril 2016 par l’Observatoire Volcanologique de Goma ne montrent pas de variations significatives dans le comportement du Nyiragongo. La petite vidéo qui accompagne les rapports montre l’existence d’une bouche active sur la terrasse au-dessus du lac de lave. Toutefois, la vidéo est trop brève pour se rendre compte du niveau d’activité de cette bouche et pour voir si la lave continue à s’écouler dans le lac. Les images semblent toutefois montrer que l’activité est en régression

S’agissant de la géothermie et des fractures, on ne relève « pas de variations notables par rapport aux données précédentes…. La variation du dioxyde de carbone (CO2) au niveau des fractures reste constante avec une valeur inférieure à 2% ».

Le niveau d’alerte reste jaune – Vigilance.

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drapeau-anglaisThe latest reports released on 13 and 19 April 2016 by the Volcanological Observatory of Goma show no significant variations in the behaviour of Nyiragongo. The short video that accompanies the reports shows the existence of an active vent on the terrace above the lava lake. However, the video is too short to have ann idea of the level of activity of this vent and to see whether lava continues to flow into the lake. The images, however, seem to show that activity is decreasing
Regarding geothermal activity and the fractures, there are « no significant changes from previous data …. The variation of carbon dioxide (CO2) at the fractures remains constant with a value less than 2%.  »
The alert level remains at Yellow – Watch.

Nyirag 02

Crédit photo: OVG.

El Chichon (Mexique) a-t-il provoqué aussi l’ « Age des Ténèbres » ? // Did El Chichon also trigger the « Dark Ages » ?

drapeau-francaisDans ma note précédente, j’ai expliqué qu’une éruption du volcan El Chichon (Mexique) en l’an 540 de notre ère a pu contribuer à l’effondrement de la civilisation maya. Un pic de soufre dans des carottes glace prélevées aux pôles indique qu’il y a deux signatures éruptives très proches l’une de l’autre, respectivement en 536 et en 540. Par ailleurs, les analyses de cernes d’arbres en Europe du Nord révèlent un très fort refroidissement du climat.
Dans une étude publiée dans la revue Climate Change, un chercheur allemand au Centre GEOMAR pour la Recherche Océanique à Kiel pense que les deux éruptions – en 536 et 540 – « représentent probablement l’événement volcanique qui a le plus affecté le climat de l’hémisphère nord au cours des 1500 dernières années. » Comme je l’ai écrit auparavant, l’impact combiné des deux éruptions a fait chuter la température de deux degrés Celsius au cours de ce qui fut probablement la décennie la plus froide des deux derniers millénaires.
Cette baisse soudaine de la température, causée par l’écran des particules de soufre dans la stratosphère, a eu un impact dévastateur sur l’agriculture, avec une famine dans une grande partie de l’Europe et même au-delà. La première épidémie de peste sur le continent a eu lieu un an après la deuxième éruption, mais on ne sait pas si l’hiver volcanique a joué un rôle direct dans la propagation de la maladie. A une plus grande échelle, la double éruption a marqué la transition entre les dernières années de l’Antiquité et l’ « Age des Ténèbres », période agitée qui s’étire entre la chute de Rome en 476 et la renaissance carolingienne des 8ème et 9ème siècles.
Source: Phys.org (http://phys.org/)

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drapeau-anglaisIn my preceding note, I explained that an eruption of El Chichon volcano (Mexico) in 540 may have contributed to the collapse of the Mayan civilisation. A sulphur spike in ice core records from the poles indicates there are two closely spaced signatures in the ice record, with the first one occurring in AD 536 and another one in AD 540. Besides, tree ring data in northern Europe from this time indicates there was very strong cooling.

In a study released in the journal Climate Change, a German researcher at the GEOMAR Helmholtz Centre for Ocean Research in Kiel thinks that the two eruptions – in 536 and 540 – « were likely the most powerful volcanic event affecting the northern hemisphere climate over at least the past 1,500 years. »  As I put it before, their combined impact lowered temperatures by two degree Celsius during what is probably the coldest decade in the last two millennia.

This sudden drop, caused by a sun-blocking blanket of sulphur particles in the stratosphere, had a devastating impact on agriculture, provoking famine throughout much of Europe and beyond. The continent’s first pandemic plague occurred one year after the second blast, though it is not known whether the volcanic winter played a direct role in the disease’s spread. More broadly, the twin blasts marked the pivot between the waning years of Antiquity and the prolonged period of social decline and turmoil known as the Dark Ages.

Source : Phys.org (http://phys.org/)

El_Chichón

El Chichon après la dernière éruption de 1982 (Crédit photo: Wikipedia)

El Chichon (Mexique) cause de l’effondrement de la civilisation maya ? // Did El Chichon (Mexico) cause the collapse of the Maya civilisation ?

drapeau-francaisLa civilisation maya est l’une des plus anciennes d’Amérique, avec des origines remontant à la préhistoire. Les implantations mayas des Basses-Terres du sud, telles que Copán, Tikal ou Palenque, connurent leur niveau de développement le plus élevé à la période classique, entre le 6ème et le 9ème siècle de notre ère, avant d’être rapidement abandonnées entre la fin du 8ème et du 9ème siècle.

La cause du dépeuplement quasi total des puissantes cités mayas à l’aube du 9ème siècle reste mal connue. Des hypothèses ont été avancées pour expliquer la chute brutale de la civilisation maya, mais les spécialistes ne sont toujours pas d’accord sur les causes d’un bouleversement aussi radical. Guerres, désastres écologiques, famines ou une combinaison de ces facteurs sont les raisons généralement avancées pour expliquer ce déclin.

Aujourd’hui, les scientifiques pensent que l’on peut établir un lien entre la chute de la civilisation maya au 6ème siècle et une éruption du volcan El Chichon au Mexique. Une équipe néerlandaise a étudié des dépôts de cendre et découvert que l’âge des matériaux correspond au « hiatus » de la civilisation maya. C’est une époque où cette population très évoluée d’Amérique centrale a connu des bouleversements culturels et une instabilité politique. En particulier, les Mayas ont abandonné les Basses Terres auxquelles ils étaient très attachés.
Une importante trace de soufre dans les carottes de glace prélevées aux pôles indique qu’il y a eu une éruption majeure quelque part sur Terre en l’an 540, juste au début du « hiatus » de plusieurs décennies qui a fait s’effondrer la civilisation maya. Cet événement a été probablement important car il a laissé une signature bien marquée dans les couches de glace et a très vraisemblablement eu un impact climatique à l’échelle mondiale, avec des conséquences désastreuses pour l’environnement dans la région de l’éruption.
Les recherches actuelles se concentrent sur les retombées de cendre qui ont affecté les Basses Terres mayas. Il se pourrait que ces téphra soient reliés chimiquement à El Chichon. Des échantillons ont été prélevés dans le lac Tuspan et le delta Usumacinta-Grijavala sur la côte mexicaine. L’utilisation de plusieurs techniques, pas seulement la datation par le Carbone 14, a permis de déterminer l’âge des chutes de cendre qui se situerait autour de l’an 540.
Pour savoir si El Chichon est vraiment à l’origine du soufre détecté dans les carottes de glace, il faudrait une analyse chimique qui n’a pas encore été effectuée. La seule chose dont on est à peu près sûr pour le moment, c’est que l’événement s’est probablement déroulé sous les tropiques.

Il y a en fait deux signatures très proches l’une de l’autre dans les carottes de glace, avec un second événement qui se serait produit en l’an 536. Cet événement pourrait être une éruption quelque part en Amérique du Nord, peut-être l’Alaska. Les données fournies par les cernes d’arbres en Europe du Nord à cette époque révèlent un très fort refroidissement, phénomène qui se produit en général quand de grands volumes d’aérosols sulfatés sont dispersés à travers le monde. Les simulations font ressortir un abaissement de deux degrés de la température moyenne pendant l’été dans toute l’Europe du Nord. Des preuves archéologiques et d’autres informations montrent aussi des perturbations sociales suite à une série de mauvaises récoltes et des épidémies de peste.
Si l’on considère ces deux éruptions ensemble et si l’on examine leur impact sur une période de 10 ans, en se concentrant sur l’hémisphère Nord, on constate que ce double événement volcanique est certainement celui qui a le plus perturbé le climat pendant les 1200, voire 2000, dernières années.

Reste à savoir si ce double événement volcanique a entraîné la disparition de la civilisation maya…
Source: BBC Nouvelles: http://www.bbc.com/news

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drapeau-anglaisThe Maya civilisation is one of the oldest in America, with origins dating back to prehistoric times. Maya settlements in the Southern Lowlands, such as Copán, Tikal and Palenque, reached their highest level of development in the classical period between the 6th and 9th century AD, before being quickly abandoned between late 8th and 9th century.
The cause of the almost total depopulation of powerful Maya cities at the dawn of the 9th century remains unclear. Hypotheses have been advanced to explain the sudden fall of the Maya civilization, but experts still do not agree on the causes of such a radical upheaval. Wars, ecological disasters, famine or a combination of these factors are usually cited as reasons for the decline.

Scientists think they can now tie the disruption that hit the Maya civilisation in the 6th century to an eruption of the El Chichon volcano in Mexico. A Dutch team has investigated ashfall deposits, finding the age of the materials to be a good match for the so-called Mayan « hiatus ». This was a time when the sophisticated Central Americans experienced cultural upheaval and political instability. They also abandoned many of their favoured lowland sites.

A sulphur spike in ice core records from the poles indicates there was a big eruption somewhere on Earth in AD 540, right at the start of the multi-decade hiatus. It must have been a major event to have left such a distinctive signature in the frozen layers, and very likely led to global climate impacts and severe environmental degradation in the region of the blast.

Current research is centered on ashfall dispersed across what were the Mayan lowlands. This tephra can be connected chemically to El Chichon. Samples have been collected from Lake Tuspan and the Usumacinta-Grijavala delta on the Mexican coast. Using multiple techniques, not just radiocarbon, the ages of the ash fall has been found to be around AD 540.

Whether El Chichon really is the source of the sulphur seen in the ice cores would require a chemical analysis that has yet to be done. The best one can say at the moment is that the event was probably located in the tropics.

There are actually two closely spaced signatures in the ice record, with the second occurring in AD 536. This event could be an eruption somewhere in North America, perhaps Alaska. Tree ring data in northern Europe from this time indicates there was very strong cooling – something you might expect if large volumes of sulphate aerosols were dispersed across the globe. The simulations suggest there was a reduction of two degrees in average summer temperatures across Northern Europe. Archaeological evidence and other information also speak to societal disruption, such as a run of poor harvests and outbreaks of plague.

If one takes these two eruptions together and look at their impact over a 10-year period, focusing on the Northern Hemisphere, then this double event would have been clearly the strongest volcanic forcer of climate of at least the last 1,200 years, probably more like 2,000 years.

The point is to know whether this double volcanic event really led to the disappearance of the Maya civilisation…

Source: BBC News: http://www.bbc.com/news

El Chichon

El Chichon vu depuis l’espace en 1986 (Crédit photo: NASA)

Tikal 01

Tikal 02

Vues du site maya de Tikal au Guatemala (Photos: C. Grandpey)

Le Mont Paektu (Corée du Nord / Chine) // Mount Paektu (North Korea / China)

drapeau-francaisDans des notes rédigées en 2011 et 2014, j’ai écrit que la Corée du Nord avait proposé de mener des recherches avec la Corée du Sud sur l’activité volcanique du Mont Paektu (également appelé Baekdu, ou Baitu shan en chinois), considéré comme sacré par la Corée du Nord. Le Mont Paektu, qui se trouve sur la frontière avec la Chine, a connu sa dernière éruption en 1903. Avant cela, un événement majeur a eu lieu en 946 après JC. Les cendres volcaniques avaient alors atteint le Japon. Surnommé « Eruption du Millénaire », l’événement est en général classé au niveau 7 sur l’indice d’explosivité volcanique (VEI). L’éruption a modifié le paysage de façon spectaculaire, laissant derrière elle un cratère de près de 5 kilomètres de diamètre dans lequel on peut aujourd’hui admirer le Lac du Paradis. Le volcan reste actif et la région enregistre régulièrement une activité sismique.
Le Mont Paektu a récemment montré des signes d’agitation qui inquiètent les autorités nord-coréennes. Comme les scientifiques coréens ne savent que peu de choses sur le volcan, leurs homologues occidentaux ont obtenu une autorisation exceptionnelle d’accès au Mt Paektu pour déterminer si – ou quand – il pourrait se réveiller. C’est ainsi qu’en 2011 les scientifiques américains Hammond et Clive Oppenheimer ont été invités par le gouvernement de Pyongyang à travailler sur le Mt Paektu avec des scientifiques locaux suite à une série de petits séismes qui avaient fait craindre une prochaine éruption. Toutefois, l’équipe n’a pas pu se rendre de nouveau sur le volcan avant 2013 en raison des sanctions internationales et les difficultés d’obtention des autorisations pour l’importation de matériel.
De nouveaux signes récents d’activité du Mt Paektu ont fait venir – de nouveau à titre exceptionnel – une équipe scientifique internationale. Des chercheurs occidentaux, chinois, et nord-coréens ont déployé pour la première fois six sismomètres sur le versant nord-coréen du volcan afin mieux comprendre son comportement.

Il s’avère que la roche à l’intérieur du Mt Paektu n’est pas solide dans sa totalité. Il existe une zone importante de fusion partielle dans la croûte directement en dessous du volcan. Toutefois, cela ne signifie pas forcément que le volcan va connaître une éruption à court terme. Les chercheurs s’efforcent de déterminer le volume de magma stocké sous l’édifice, ainsi que son comportement dans le système d’alimentation en amont.
La prochaine étape consistera à étudier l’histoire de ce volcan après l’ « Eruption du Millénaire. » En effet, les caractéristiques des éruptions antérieures pourraient permettre aux scientifiques de prévoir la fréquence et l’intensité des éruptions futures.

Source : Presse internationale.

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drapeau-anglaisIn notes written in 2011 and 2014, I wrote that North Korea had proposed conducting research with South Korea on volcanic activity at Mount Paektu (also called Baekdu, ou Baitu shan in Chinese), considered sacred by the North.  Mount Paektu, which borders China, last erupted in 1903. Before that, a major event took place in 946 AD. Volcanic ash even reached Japan. Dubbed the « Millennium Eruption, » the explosion could be rated 7 on the Volcanic Explosivity Index. It changed the landscape dramatically, leaving behind a 5-km-wide crater, today known as Heaven Lake. The volcano remains active, with the region regularly registering regular quake activity.
Mount Paektu has recently been showing signs of life that worry North Korean authorities. As Korean scientists know little about the volcano, western scientists have been given extraordinary access to determine if — or when — it could wake up. Thus, American scientists Hammond and Clive Oppenheimer were invited by the government in Pyongyang to work with local scientists after small earthquakes beneath the volcano stirred fears it could erupt. But the team could not visit again the mountain until 2013 because of international sanctions and the convoluted process of obtaining the proper licenses for importing equipment.

More recent signs of activity at Mt Paektu have led an unprecedented international scientific study of the mountain. A team of Western, Chinese, and North Korean scientists deployed six seismometers on the North Korean side of the volcano for the first time, in an effort to better understand the volcano

It turns out the rocks below Mt. Paektu aren’t completely solid. There is a significant region of partial melt in the crust directly beneath the volcano. However, this does not mean the volcano will erupt in the short term. Researchers are still determining how much magma is stored and exactly how it fits into the plumbing of the volcano.

The next step will be to investigate the history of this volcano, beyond the Millenium Eruption. The characteristics and frequency of previous eruptions could help scientists predict future eruptions and how severe they might be.

Source : International press.

Baekdu

Cratère du Mt Paektu et Lac du Paradis (Crédit photo: Wikipedia)