Muographie : volcans et pyramides // Muography : volcanoes and pyramids

Entre 2007 et 2015, j’ai écrit plusieurs articles (voir le moteur de recherche de ce blog) expliquant que les scientifiques japonais essayaient d’observer l’intérieur des volcans en utilisant une nouvelle technologie basée sur l’utilisation des muons, particules chargés positivement ou négativement, en provenance des couches supérieures de l’atmosphère. Lorsque le rayonnement cosmique produit par les explosions de supernovae et autres évènements dans l’espace lointain atteint la Terre et entre en collision avec l’atmosphère, cela génère un grand nombre de muons. Ils représentent 70% des rayons cosmiques qui atteignent la surface de la Terre. Comme ils ont une masse très faible, les muons passent à travers tous les objets, mais certaines substances les bloquent plus que d’autres, de la même façon que les os interfèrent avec des particules des rayons X. Pour les volcanologues, la radiographie par les muons, ou muographie, est un outil relativement nouveau qui pourrait permettre de percer certains mystères qui entourent l’activité volcanique.

Depuis le début des années 1950, les scientifiques utilisent la muographie pour étudier l’intérieur de structures massives telles que les pyramides d’Egypte. La technologie a également été utilisée pour tenter de déterminer l’emplacement du combustible nucléaire à la centrale de Fukushima après le séisme qui a frappé le Japon en mars 2011.

S’agissant des pyramides d’Egypte, la muographie vient de permettre une découverte majeure. Des scientifiques ont annoncé, le jeudi 2 novembre 2017, avoir découvert l’existence d’une énorme cavité à l’intérieur de la pyramide de Khéops. L’expérience a été réalisée à trois reprises par trois instituts distincts : l’université de Nagoya, le laboratoire de recherches sur les particules japonais KEK et le CEA français. Tous trois ont conclu à l’existence de cette cavité.

Cette découverte de la cavité à l’intérieur de la pyramide de Khéops est une parfaite illustration du progrès scientifique et représente une vraie surprise pour les chercheurs. Plus de 4 500 ans après la construction de la pyramide, son existence était encore inconnue. La passion des égyptologues pour ces cavités ne date pourtant pas d’hier car les premières ont, elles, été découvertes au 9ème siècle. Toutefois, c’est la première fois depuis le 19ème siècle qu’une telle cavité est découverte. Cet événement devrait permettre d’en apprendre davantage sur les méthodes de construction des pyramides égyptiennes, toujours enveloppées de mystère.

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Un archéologue égyptien  – à la tête du comité scientifique qui supervise le projet ScanPyramids – a critiqué le 4 novembre 2017 l’annonce très médiatique de l’existence d’une immense cavité au sein de la pyramide de Khéops. Selon ce groupe d’archéologues égyptiens, « la pyramide est pleine de cavités mais cela ne veut pas dire qu’elles abritent des chambres secrètes, ou qu’il s’agit d’une nouvelle découverte. »

Le secrétaire général du comité gouvernemental des antiquités abonde dans ce sens. Selon lui, l’équipe scientifique n’aurait pas dû se précipiter et n’aurait pas dû utiliser des termes comme ‘découverte’ ou ‘cavité de la taille d’un avion’.

Cela confirma la petite guerre qui a toujours existé entre les archéologues égyptiens et leurs homologues européens.

Source : France Info.

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Between 2007 and 2015, I wrote several articles (use the search engine of this blog) explaining that Japanese scientists were trying to see the inside of the volcanoes by using a new technology based on the use of muons, particles which are charged positively or negatively, coming from the upper layers of the atmosphere.
When cosmic radiation from supernova explosions and other events in deep space reaches Earth and collides with the atmosphere, large numbers of muons are generated. They account for 70% of the cosmic rays that reach the surface of the Earth. Because they have such an extremely small mass, muon particles pass through about everything, but some substances block them more than others, similar to how bones interfere with X-ray particles.
For volcanologists, cosmic-ray muon radiography, or muography, is a relatively new tool that could eventually help unravel the mysteries surrounding volcanic activity.

Since the early 1950s, scientists have used muography to study the interior of such massive structures as the pyramids of Egypt. The technology was also used to try to ascertain the location of nuclear fuel at the Fukushima nuclear power plant after the earthquake that struck Japan in March 2011.

Regarding the pyramids of Egypt, muography has just allowed a major discovery. Scientists announced on Thursday, November 2nd, 2017, they had discovered the existence of a huge cavity inside the pyramid of Cheops. The experiment was conducted three times by three different institutes: the University of Nagoya, the Japanese particle research laboratory KEK and the French CEA. All three have concluded that this cavity does exist.
This discovery of the cavity inside the Cheops pyramid is a perfect illustration of scientific progress and represents a real surprise for scientists. More than 4,500 years after the construction of the pyramid, its existence was still unknown. Egyptologists’ passion for these cavities does not date from yesterday, however, as the first ones were discovered in the 9th century. However, it is the first time since the 19th century that such a cavity has been discovered. This event should allow to learn more about the methods of construction of the Egyptian pyramids, which are still shrouded in mystery.

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An Egyptian archaeologist – head of the scientific committee that oversees the ScanPyramids project – criticized on November 4th, 2017 the announcement in the media of the existence of a huge cavity in the pyramid of Cheops. According to this group of Egyptian archaeologists, « the pyramid is full of cavities, but that does not mean that they contain secret chambers, or that it is a new discovery. »
The Secretary General of the Government Committee of Antiquities agrees with this. In his opinion, the scientific team should not have rushed and should not have used words like ‘discovery’ or ‘airplane-sized cavity’.
All this confirms the small war that has always existed between Egyptian archaeologists and their European counterparts.

Source: France Info.

Vue de la pyramide de Khéops (Crédit photo: Wikipedia)

Image muonique de la Soufrière de la Guadeloupe (Source: CNRS)

Quelques nouvelles du Kilauea // Some news of Kilauea Volcano

Comme le dit le dicton, pas de nouvelles, bonnes nouvelles. Cela signifie que la situation sur le Kilauea n’a pas beaucoup changé au cours des dernières semaines. L’éruption se poursuit à la fois dans le cratère de l’Halema’uma’u et le long de l’East Rift Zone.
Le HVO indique que la hauteur du lac de lave a varié d’à peine quelques mètres au cours des derniers jours. Sa surface se situe actuellement à une trentaine de mètres sous la lèvre de l’Overlook Crater
Les webcams montrent une lueur persistante en provenance des points chauds habituels dans le cratère du Pu’uO’o et d’un petit lac de lave dans la partie ouest du cratère.
La coulée de l’épisode 61g continue à descendre le pali avant d’atteindre le delta sur le site de Kamokuna et d’entrer dans l’océan. Les images des webcams montrent des coulées actives dans la partie haute du champ de lave, ainsi que des coulées éphémères sur la plaine côtière.
A côté de cette activité, il convient de noter qu’une femme d’origine hawaïenne de 63 ans a été retrouvée morte dans la caldeira du Kilauea dimanche dernier. Les rangers ont récupéré son corps en dessous du site de Steaming Bluff, à environ 75 mètres en dessous du rebord de la caldeira. Il semble que la femme ait quitté le sentier et franchi plusieurs barrières pour accéder au rebord de la caldeira Une enquête est en cours.
Le 10 juillet 2017, un Californien de 38 ans a été retrouvé près du plancher de la caldeira. L’homme s’était suicidé, comme l’a confirmé une note dans son sac à dos trouvé sur place.
De tels événements sont rares. Avant le décès du mois de juillet, la dernière chute dans la caldeira remontait à 2001.
Le seul endroit vraiment dangereux sur le Kilauea est l’Overlook Crater de l’Halema’uma’u dont l’accès est interdit et contrôlé. Le meilleur endroit pour admirer cette bouche active est la terrasse du Jaggar Museum.
Source: HVO.

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As the saying goes, no news is good news. This means that the situation on Kilauea Volcano has not changed significantly during the past weeks. The eruption continues both in Halema’uma’u Crater and along the East Rift Zone.

HVO indicates that the height of the lava lake has varied less than a few metres in the past few days. Its surface is currently about 30 metres below the rim of Overlook Crater
Webcams show persistent glow from long-term sources within the Pu’uO’ocrater and from a small lava pond on the west side of the vent.

Lava from the episode 61g flow continues to flow down the pali, onto the Kamokuna delta, and into the sea. Webcam views show active flows on the upper flow field and small breakouts on the coastal plain.

Beside this activity, it should be noted that a 63-year-old Hawaiian woman was found dead in the Kilauea caldera last Sunday. Park rangers recovered her body below Steaming Bluff, about 75 metres below the caldera rim and was removed. Rangers stated it appeared that she left the trail and went around several barriers to access the edge. An investigation is underway.

On July 10th, 2017, a 38-year-old man from California was found near the bottom of Kilauea Caldera. The man committed suicide after park officials recovered a note in his backpack that was left behind.

Incidents like this are rare. Before the July death, the last fall from the caldera was in 2001.

The only really dangerous place in the Kilauea caldeira is the Halema’uma’u Overlook Crater whose access is forbidden and controlled. The best place to have a ggod look at the active vent is the terrace of the Jaggar Museum.

Source: HVO.

Vues de Steaming Bluff et Sulfur Banks, en bordure de la caldeira du Kilauea (Photos: C. Grandpey)

 

La presse anglosaxonne m’énerve ! // The Anglo-Saxon press is getting on my nerves !

Une partie de la presse anglosaxonne est vraiment pourrie ! Heureusement, il reste des organes de presse sérieux, que ce soit en Grande Bretagne ou aux Etats-Unis. Le problème provient de la presse à sensation – que je préfère appeler ‘presse de caniveau’ – dont les gros titres sont alarmistes et feraient souffler un vent de panique si on n’y prenait gare.

Les cibles préférées des tabloïds en ce moment sont Bali, les Iles Canaries et l’Islande.

A Bali, la presse américaine commençait à imaginer le refroidissement global de la planète que provoquerait une éruption de l’Agung. Pas de chance, le volcan ne s’est jamais manifesté et son niveau d’alerte a été revu à la baisse!

S’agissant des Iles Canaries, le Mirror et le Daily Post North Wales prévoient une éruption du Teide à Tenerife car quelques séismes – tout à fait normaux – viennent d’être enregistrés sur le volcan. Cela s’ajoute à des articles annonçant un terrible tsunami qui serait provoqué par une éruption du volcan Cumbre Vieja à La Palma.

En Islande, le tabloïd The Sun en Angleterre, le New York Post et Fox News aux Etats-Unis, prévoient déjà une éruption du Bardarbunga qui provoquera un « chaos » dans le trafic aérien comme l’a fait l’Eyjafjallajökull en 2010. Tout cela parce que le volcan qui se cache sous le Vatnajökull a connu quelques séismes ces derniers temps. Il n’est pas du tout certain qu’ils soient annonciateurs d’une éruption dans le court terme.

Il ne faudrait pas oublier Yellowstone qui, selon certains journaux britanniques, pourrait entrer en éruption plus tôt que prévu.

Ce qui est réconfortant, c’est que ces articles de presse stupides sont tellement nombreux qu’au bout du compte ils ne sont plus crédibles. Ils ont tout de même le don de m’énerver et je me sens obligé, de temps à autre, de faire des mises au point peu aimables à l’attention de leurs auteurs.

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Part of the Anglo-Saxon press is really rotten! Fortunately, there are still serious press organs, whether in Britain or the United States. The problem comes from the tabloids – the gutter press – whose headlines are alarmist and would cause a panic if we did not care..
The favorite targets of the tabloids right now are Bali, the Canary Islands and Iceland.
In Bali, the American press has begun to imagine the global cooling of the planet that would be caused by an eruption of Mt Agung. Unfortunately for the authors of the article, the volcano has never erupted and its alert level has been downgraded!
As for the Canary Islands, the Mirror and the Daily Post North Wales plan an eruption of Teide in Tenerife because some earthquakes – quite normal – have just been recorded on the volcano. This comes in addition to articles announcing a terrible tsunami that would be caused by an eruption of the Cumbre Vieja volcano in La Palma.
In Iceland, the tabloid The Sun in England, the New York Post and Fox News in the United States, predict an eruption of Bardarbunga that will cause a « chaos » in air traffic as did the Eyjafjallajökull eruption  in 2010. All this is because the volcano hiding under Vatnajökull was shaken by some earthquakes lately. It is not at all certain that they are the signs of a short-term eruption.
It should not be forgotten that Yellowstone, according to some British newspapers, could erupt earlier than expected.
What is comforting is that these silly news articles are so numerous that in the end they are no longer credible. However, they are getting on my nerves and I feel obliged, from time to time, to make unpleasant comments to the attention of their authors.

Pic du Teide (Ténérife): Pas d’éruption en vue! (Photo: C. Grandpey)

Les Iles Salomon après l’éruption du Tinakula // The Solomon Islands after the Tinakula eruption

Le 21 octobre 2017, une éruption modérée de catégorie 3 a secoué le volcan Tinakula dans les Iles Salomon (voir mes notes des 21 et 24 octobre). La principale préoccupation des autorités était l’impact de la cendre volcanique sur les zones habitées sous le vent où il se disait que les réserves d’eau avaient été contaminées.
Dans certains secteurs comme les Iles Reef, d’importantes chutes de cendre ont endommagé les cultures et contaminé les réserves d’eau. Selon le Haut Commissariat d’Australie aux Îles Salomon, 11 500 sources d’eau primaires, telles que des réservoirs, des puits et des eaux souterraines, ont été contaminées.
L’Australie et la Nouvelle-Zélande ont expédié plus de 200 000 litres d’eau potable qui ont été acheminés à Honolara via Temotu le week-end dernier. Cependant, certains environnementalistes de la province de Temotu se demandent si les milliers de bouteilles d’eau en plastique seront recyclées. Ils pensent que si l’Australie et la Nouvelle-Zélande pouvaient investir dans des unités de dessalement dans la région, cela permettrait de répondre aux besoins immédiats en eau et éviterait les bouteilles d’eau en plastique susceptibles de polluer l’environnement.
Le Bureau National de Gestion des Catastrophes aux Iles Salomon a indiqué que des biens de première nécessité sont également envoyés vers la province de Temotu pour les îles de Tikopia, Anuta et Duff qui ont connu d’importants problèmes alimentaires après le passage du cyclone Donna qui a ravagé les cultures au début du moi de mai.
Source: Radio Nouvelle-Zélande.

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On October 21st, 2017, a moderate category three eruption occurred at Tinakula volcano on the Solomon Islands (see my notes of October 21st and 24th). The major concern was the impact of ash from the volcano on downwind communities where there were reports that water supplies had been contaminated.

On some nearby islands, including in the Reef group, significant volcanic ashfall covered crops and contaminated water supplies. According to Australia’s High Commission in Solomon Islands, an estimated 11,500 people’s primary water sources such as tanks, wells and ground water were contaminated.

Australia and New Zealand contributed to a shipment with over 200,000 litres of potable water that embarked for Temotu from Honiara during the last weekend. However some Temotu community advocates have questioned whether the thousands of plastic water bottles will be recycled. They said that if Australia and New Zealand could invest in desalinator units in the region, it would help address immediate water needs rather than rely on water bottles which can be damaging to the environment.

The Solomon Islands National Disaster Management Office said relief supplies are also being sent to the Temotu region for Tikopia, Anuta and Duff Islands which have been experiencing critical food shortages after Cyclone Donna damaged root crops in early May.

Source: Radio New Zealand.

Tinakula en 2001 (Crédit photo: NASA)