Belle fracture dans le Wyoming (Etats Unis)

drapeau francaisUn phénomène naturel étrange est apparu à la fin du mois de septembre 2015 dans une zone située à environ 16 km au sud de la ville Ten Sleep dans les Bighorn Mountains, dans l’Etat du Wyoming: Une énorme fracture s’est ouverte dans le sol, faisant naître des craintes qu’elle soit en relation avec l’activité éruptive du volcan de Yellowstone, pas très loin de là, dans l’ouest de l’Etat.
En fait, la fracture qui mesure environ 686 mètres de long et 46 mètres de large n’a pas été causée par une activité volcanique. L’origine est purement géologique. Les scientifiques expliquent que le phénomène n’a rien d’extraordinaire dans cette région où la géologie est très active avec des résultats parfois impressionnants. À leur avis, une fracture aussi vaste et profonde a probablement son origine dans des points faibles du sous-sol qui sont apparus à la suite des longues périodes de pluies du printemps et de l’été. Il est probable qu’en s’infiltrant l’eau a d’abord lubrifié la roche de surface. Puis, une autre arrivée d’eau latérale a fait glisser l’ensemble et provoqué l’ouverture de la fracture. Certains observateurs ont remarqué que le phénomène n’était pas terminé et que la fracture continuait à bouger.

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drapeau-anglaisA strange natural phenomenon appeared at the end of September 2015 in the area about 16 km south of the Ten Sleep town in Bighorn Mountains in Wyoming: A huge gap opened in the ground, raising fears that it might be linked to eruptive activity in Yellowstone volcano which is not quite far away.
The crack is approximately 686 metres long and 46 metres wide and was not caused by any volcanic activity. The cause is purely geological. Experts explain there are no unusual forces at work here, only normal geology, which is very rich and impressive on the grounds of Wyoming. In their opinion, a hole of such dimensions was probably caused by weak spots in the ground’s subsurface, typically created during wet periods of spring and summer. It is likely that a wet spring lubricated across a cap rock. Then, a small spring on either side caused the bottom to slide out.
Some observers said the phenomenon was not over yet and that the crack is still moving.

Crack

Crédit photo: Randy Becker

Japon : Un séisme artificiel pour mieux prévoir les éruptions // Japan : An artificial earthquake to better predict eruptions

drapeau francaisDes chercheurs de l’Université du Tohoku au Japon, ainsi que des responsables de l’Agence Météorologique Japonaise, ont déclenché artificiellement un séisme sur le Mont Zao (1841 m) qui se dresse à cheval sur les préfectures de Miyagi et Yamagata au nord du Japon. C’est un volcan actif dont la sismicité est en hausse depuis le puissant séisme de mars 2011.
Au cours d’une expédition sur le site la semaine dernière, l’équipe scientifique a fait exploser environ 200 kg de dynamite à l’intérieur d’un puits de 40 mètres de profondeur creusé sur le flanc de la montagne. Les chercheurs ont versé de l’eau à l’intérieur de l’orifice. Cette eau a ensuite été rejetée avec force par le blast provoqué par l’explosion.
Quelque 150 sismomètres positionnés sur le mont Zao ont mesuré les ondes produites par le séisme artificiel. Les ondes sismiques voyagent plus lentement au travers de l’eau, ce qui a permis aux scientifiques d’analyser des données au niveau des poches et voies d’eau chaude jusqu’à environ 2 km de profondeur. Ils ont déclaré qu’il est essentiel de trouver les emplacements d’eau chaude sur le volcan afin de prévoir où la prochaine explosion de vapeur aura probablement lieu.
Source: Tech Times.

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drapeau-anglaisResearchers from Japan’s Tohoku University, along with officials from the Japan Meteorological Agency, triggered an artificial earthquake on Mount Zao (1,841 m) which straddles Miyagi and Yamagata prefectures in northern Japan. It is an active volcano exhibiting more tremors since the powerful earthquake of March 2011.
Conducting a site survey last week, the team detonated about 200 kilograms of dynamite inside the 40-metre-deep hole dug on the side of the mountain. They poured water inside the hole, which was then spewed out with equal force from the simulated blast.
Around 150 seismometers positioned on Mount Zao measured the seismic waves produced from the artificial quake. Through water, seismic waves travel more slowly, enabling scientists to analyze data via hot water pools and pathways of up to around 2 kilometres underground. They said that it is key to find out the locations of hot water in order to predict where the next steam-blast explosion will likely take place.
Source: Tech Times.

Zao

Partie nord du Mont Zao  (Crédit photo: Wikipedia)

Eruptions volcaniques et débit des cours d’eau // Volcanic eruptions and river flows

drapeau-francaisUne nouvelle étude menée par des chercheurs de l’Université d’Edimbourg et publiée dans la revue Nature Geoscience examine pour le première fois la relation entre le comportement des grands cours d’eau et les éruptions volcaniques. Les scientifiques ont découvert que les éruptions volcaniques modifiaient le débit des grands fleuves dans le monde. Les résultats de cette étude pourraient permettre de prévoir dans quelle mesure l’approvisionnement en eau peut être affecté dans les régions où se produisent les éruptions volcaniques. Les chercheurs ont étudié les particules d’aérosols rejetées par les volcans et leur capacité à bloquer et à réfléchir la lumière du soleil, avec pour conséquence un refroidissement de l’atmosphère et une réduction des précipitations.
Malgré l’importance des rivières pour les populations, il a été jusqu’à présent difficile de savoir si le volcanisme provoquait des changements détectables dans le débit des cours d’eau qui connaît déjà une grande variabilité naturelle.
La nouvelle étude indique que les précipitations diminuent sur une grande partie du globe à la suite d’éruptions explosives majeures, en particulier dans les régions humides. Une fois dans la stratosphère, les aérosols volcaniques réfléchissent la lumière du soleil en réduisant l’évaporation, tandis que le refroidissement de la surface du sol stabilise l’atmosphère et réduit sa capacité de rétention d’eau.
Afin de déterminer l’influence de ce phénomène sur les grandes rivières, les chercheurs ont analysé le débit de 50 fleuves. Ils ont cherché à savoir si ces données correspondaient à des événements éruptifs allant de l’éruption du Krakatoa en 1883 à celle du Pinatubo en 1991, en passant par celle de l’Agung en 1963 et d’El Chichon en 1982. Les rivières ont été regroupées par région et les scientifiques ont utilisé des modèles informatiques pour corréler précipitations et éruptions.
Les résultats montrent que, suite à des éruptions dans les régions tropicales et dans le nord de l’Asie, avec des fleuves comme l’Amazone, le Congo et le Nil, les cours d’eau ont tendance à avoir un débit réduit (jusqu’à 10%) pendant une période d’environ deux ans. Dans les régions sub-tropicales, y compris le sud-ouest de l’Amérique du Nord et certaines régions d’Amérique du Sud, les scientifiques ont observé que le débit des rivières augmentait dans certains cas, suite à une éruption volcanique. Ils pensent que le phénomène observé dans les régions sub-tropicales est probablement lié à la circulation atmosphérique qui induit des conditions météorologiques locales.
Les changements survenus dans les rivières situées dans les régions peu peuplées comme l’Amazonie auront probablement peu d’impact, mais les changements sur le Nil et d’autres cours d’eau dans des zones très peuplées pourraient avoir de graves conséquences pour les populations.
Source: Nature Geoscience.

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drapeau-anglaisA new study by University of Edinburgh researchers, published in the journal Nature Geoscience offers the first exploration of the relationship between major river flows and volcanic eruptions. Scientists discovered volcanic eruptions actually change the way the world’s major rivers flow. The new findings could help predict how water availability in different regions will be affected by volcanic eruptions. The researchers took a closer look at how volcanoes release aerosol particles that have the ability to block and reflect sunlight in a way that cools the atmosphere and reduces rainfall.
Despite the importance of rivers to people, it has until now been unclear whether volcanism causes detectable changes in streamflow given large natural variability.
The new study indicated that precipitation decreases over much of the globe following large explosive volcanic eruptions, particularly in climatologically wet regions. Stratospheric volcanic aerosols reflect sunlight, reducing evaporation, whilst surface cooling stabilizes the atmosphere and reduces its water-holding capacity.
In order to determine how this phenomenon affects water flow in large rivers, the researchers analyzed the flow of 50 major rivers. They looked at how this flow data corresponded with eruption events spanning from Krakatoa in 1883 to Pinatubo in 1991, together with Agung in 1963 and El Chichon in 1982. The rivers were grouped by region to help keep track of which rivers would be influenced by which volcanoes, and used computer models to correlate rainfall with eruptions.
The findings showed that following eruptions in tropical regions and northern Asia, including rivers like the Amazon, Congo and Nile, rivers tended to have a reduced flow for a period of about two years. In sub-tropical regions, including the American Southwest and parts of South America, river flow was observed to increase in some cases following a volcanic eruption. The phenomenon seen in sub-tropical regions is believed to be linked to atmospheric circulation patterns which induce local weather conditions.
Changes to rivers located in sparsely populated regions such as the Amazon will likely have little impact, but changes to the Nile and other rivers in high-populated areas could have serious consequences for those populations.
Source : Nature Geoscience.

Krakatau
Eruption explosive du Krakatau (Photo: C. Grandpey)

 

 

Tsunamis volcaniques // Volcano-triggered tsunamis

drapeau-francaisNous savons depuis pas mal de temps que les flancs de certains volcans océaniques s’effondrent périodiquement, bien qu’aucun événement majeur de ce type n’ait jamais été observé par l’homme. D’énormes quantités de roche glissent dans la mer et déplacent l’eau qui se trouve en dessous, ce qui déclenche des tsunamis. Des effondrements volcaniques sur les îles Molokai et Oahu à Hawaii, par exemple, ont généré des tsunamis qui ont envahi la terre jusqu’à 300 mètres de hauteur. Un autre événement similaire s’est produit dans les îles Canaries. Certains volcanologues craignent que l’effondrement du flanc oriental de l’Etna puisse un jour générer une énorme tsunami.
En 2011, une équipe de géologues européens a publié un article révélant les traces d’un tsunami qui aurait frappé l’île de Santiago, dans l’archipel du Cap-Vert. Selon l’article, l’événement s’est produit il y a environ 100 000 ans, quand le volcan Fogo – à 55 km de l’île de Santiago – s’est effondré dans la mer. Les témoins de cet événement sont de gros blocs qui jonchent encore un vaste plateau qui s’étale à environ 200 mètres au dessus du niveau de la mer.
En analysant des échantillons de ces blocs lors d’une récente visite dont les résultats ont été publiés dans le numéro d’Octobre 2015 de la revue Science Advances, les scientifiques ont constaté qu’ils étaient composés d’un type de roche que l’on ne rencontrait qu’en bordure du plateau. Ils ont calculé que seule une vague d’au moins 170 mètres de hauteur était assez puissante pour transporter le plus gros des blocs. Cette même vague avait probablement inondé l’île jusqu’à 270 mètres de hauteur.
Afin de dater le tsunami avec plus de précision, les chercheurs ont mesuré les concentrations d’isotopes d’hélium dans les échantillons recueillis sur les blocs. Quand les rayons cosmiques provenant du soleil entrent en contact avec des minéraux tels que l’olivine dans ce type de roche, cela produit de l’hélium-3. En mesurant la quantité d’hélium-3 à la surface des blocs depuis que la vague les a frappés, les scientifiques ont pu calculer a quel moment l’événement était survenu. L’analyse a révélé qu’il avait eu lieu il y a environ 73 000 ans. Cela correspond à la fourchette des estimations de 2011 qui indiquaient un effondrement entre 65 000 et 124 000 ans.
Ces résultats permettront aux chercheurs de mieux modéliser les effondrements volcaniques et les tsunamis qu’ils provoquent. Les chercheurs vont maintenant essayer d’analyser le comportement des vagues qui sont générées par ces énormes glissements de terrain. Ces tsunamis couvrent des distances moins longues que ceux qui sont déclenchés par des séismes sous-marins, comme le tsunami de 2004 en Asie du sud-est qui a parcouru des milliers de kilomètres.
Il faudra aussi surveiller étroitement les flancs des volcans susceptibles de s’effondrer en mer.
Par exemple, les déformations de l’édifice volcanique peuvent être le signe d’alerte d’un effondrement imminent. Il peut aussi y avoir des indications géochimiques utiles, telles que l’hélium et le radon dans les gaz du sol et des eaux souterraines.
Source: Presse scientifique.

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drapeau-anglaisWe have known for quite a long time that the flanks of some oceanic volcanoes periodically collapse. There is no practical experience with how the collapse will manifest itself. Huge amounts of rock slide down and displace the water below, triggering tsunamis. Volcanic collapses on Molokai and Oahu islands in Hawaii, for example, generated tsunamis that flooded land at elevations higher than 300 metres. Another similar happened in the Canary Islands. Some volcanologists fear that the collapse of Mount Etna’s eastern flank might some day generate a huge tsunami too.
In 2011, a team of European geologists published evidence of moderately sized tsunamis hitting Santiago Island in the Cape Verde archipelago. According to the paper, the events occurred around 100,000 years ago as the Fogo volcano – 55 km away from Santiago Island –collapsed into the sea. Traces of the event are still visible with boulders strewn across a wide plateau around 200 metres above sea level.
On analysing samples of these boulders during a recent visit whose results were published in the October 2015 issue of Science Advances, scientists found that the boulders were composed of a type of rock that was otherwise found only around the edges of the plateau. They calculated that a wave powerful enough to carry the largest boulder would have been at least 170 metres tall as it reached the coastline, flooding the island to reach elevations as high as 270 metres.
To date the tsunami more precisely, the researchers measured the concentrations of helium isotopes in the boulder debris. When cosmic rays from the Sun hit minerals such as olivine in this type of rock, helium-3 is produced. By measuring the amount of helium-3 on the boulder surfaces that have been exposed since the wave hit, they could tell how long ago the event occurred. The analysis pinpointed the disaster at roughly 73,000 years ago. This corresponds to the range of the 2011 estimates which indicate that it collapsed between 65,000 years and 124,000 years ago.
These findings will help researchers to better model volcanic collapses and subsequent tsunamis. Researchers will now try to understand the behaviour of the waves that are generated by these massive landslides. Such tsunamis may not have the same long-distance range as those that originate from underwater earthquakes, such as the 2004 tsunami in southeast Asia that travelled thousands of kilometres.
More work is also required to be able to adequately monitor the chances that volcano flanks might collapse. Shape deformations are one warning sign of an imminent collapse, but there may also be geochemical indications, such as helium and radon in ground gas and groundwater that would be useful in monitoring.
Source: Presse scientifique.

Hawaii littoral

Un effondrement du flanc sud du Kilauea pourrait générer un tsunami majeur.

(Photo: C. Grandpey)