À l’attention des négationnistes du réchauffement climatique

Je poste régulièrement sur mon blog des notes alertant sur le réchauffement climatique. Mes fréquentes visites dans l’Arctique et dans les Alpes depuis plusieurs décennies m’ont confirmé que le phénomène n’est pas une illusion de l’esprit. J’ai vu les glaciers reculer à une vitesse incroyable en Alaska. La fonte de la banquise arctique et antarctique s’accélère et va entraîner de graves problèmes (migrations de population, entre autres) à l’échelle de la planète. Les événements extrêmes (vagues de chaleur, sécheresse, cyclones, etc) se multiplient.. Les scientifiques tirent régulièrement la sonnette d’alarme, sans être vraiment entendus par ceux qui nous gouvernent. Les activités humaines sont pourtant le coeur du problème. Il suffit de voir l’évolution historique des concentrations de CO2 dans l’atmosphère pour le comprendre.

Évolution historique des concentrations de CO2 (Source : SCRIPPS)

Certaines personnes ne sont pas d’accord avec mes propos. Pour la plupart habitués à une vie en appartement, ces négationnistes du réchauffement climatique m’assènent des commentaires désobligeants et, la plupart du temps, infondés. Il n’est pas question que mon blog et ma page Facebook deviennent une tribune pour ces gens-là. En conséquence, leur prose sera à l’avenir systématiquement supprimée. Ils vont bien sûr protester mais leurs élucubrations me laissent indifférent. À toutes fins utiles, je leur rappelle que la diffamation publique est sanctionnée par la loi.

Été 2024 : le plus chaud jamais enregistré !

Dans une note publiée le 5 septembre 2024, j’attirais l’attention sur la vague de chaleur intense qui frappe en ce moment l’ouest des Etats Unis. Aujourd’hui, une communication de l’agence climatique européenne Copernicus va dans le même sens. On nous apprend que, bien que l’année 2024 ne soit pas terminée, les températures enregistrées à travers le globe cet été rendent « de plus en plus probable que 2024 sera l’année la plus chaude jamais enregistrée ». Dans son dernier rapport mensuel publié le 6 septembre, l’observatoire Copernicus annonce que l’été 2024 a été le plus chaud jamais mesuré sur la planète.

La température moyenne sur la période de juin à août a battu le précédent record établi en été 2023. La température moyenne mondiale de l’été boréal (juin à août) 2024 a été la plus élevée jamais enregistrée, soit 0,69°C au-dessus de la moyenne de 1991-2020 pour ces trois mois. Lors du record précédent de 2023, on se trouvait 0,66°C au-dessus de la moyenne de 1991-2020 pour la même période.

A l’échelle mensuelle, le globe a également connu les mois de juin et d’août les plus chauds. Avec une température moyenne de 16,82°C à l’échelle de la planète, le mois d’août se situe à 1,51°C au-dessus du niveau préindustriel et à 0,71°C au-dessus de la moyenne des mois d’août entre 1991 et 2020. S’ajoutant au cortège de mauvaises nouvelles, le record de la journée la plus chaude a été battu le 22 juillet.

Les climatologue nous ont déjà prévenus : les événements extrêmes liés aux températures observées cet été ne feront que s’intensifier, avec des conséquences de plus en plus dévastatrices pour les populations et la planète, à moins que nous ne prenions des mesures urgentes pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, ce qui n’est pas la tendance actuellement. Il suffit de voir où s’est tenue la dernière COP (Emirats arabes unis) et où se tiendra la prochaine (Bakou, Azerbaïdjan) pour pouvoir affirmer que la messe est dite.

L’anomalie de température moyenne mondiale en cours depuis janvier conforte la possibilité que 2024 batte à son terme un nouveau record. Il faudrait que l’anomalie moyenne pour les mois restants de cette année baisse d’au moins 0,30 °C pour que 2024 ne soit pas plus chaude que 2023. La partie est loin d’être gagnée !

Parmi tous ces records, on note toutefois des disparités, en particulier en Europe où on a enregistré des températures au-dessus de la moyenne dans le sud et l’est du continent, mais inférieures à la moyenne dans les parties nord-ouest de l’Irlande et du Royaume-Uni, en Islande, sur la côte ouest du Portugal et dans le sud de la Norvège.

Dans le reste du monde, des disparités ont également été observées entre des pays et régions comme l’est de l’Antarctique, le Mexique ou le au Canada d’une part où les températures ont dépassé la moyenne, et l’extrême est de la Russie, l’Alaska et l’est des États-Unis où elles sont restées en dessous de la normale.

Copernicus nous rappelle que depuis le 19ème siècle la température moyenne de la Terre s’est réchauffée de 1,1°C. Les scientifiques ont établi avec certitude que cette hausse est due aux activités humaines, consommatrices d’énergies fossiles. Ce réchauffement, inédit par sa rapidité, menace l’avenir de nos sociétés et la biodiversité.

Source : presse nationale et internationale.

On nous a dit que les vagues de chaleur actuelles étaient accentuées par la présence du phénomène de réchauffement El Niño dans le Pacifique oriental. El Niño est en perte de vitesse et en passe d’être remplacé par la Niña. Pas sûr que cela change grand chose si l’on se réfère à l’évolution des températures au cours des dernières décennies. Elle n’ont jamais cessé de croître.

L’Ouest américain transpire à grosses gouttes // American West sweating profusely

Vous voulez savoir pourquoi 2024 est en passe d’être l’année la plus chaude de l’histoire alors que les températures sont relativement raisonnables en France ? Allez donc visiter l’Ouest des États Unis et vous comprendrez! Cette semaine encore, les températures sont caniculaires dans la région. Qui plus est, une vague de chaleur intense est prévue, avec à la clé des températures qui pourraient être les plus élevées de l’été.
Des alertes canicule sont en vigueur dans certaines régions du sud de la Californie, de l’Arizona et du Nevada, où habitent des dizaines de millions de personnes. Cette chaleur extrême devrait connaître son apogée à partir du 4 septembre et durer jusqu’au week-end.
La ville de Los Angeles pourrait voir le thermomètre approcher 37,7 °C (100 °F), avec des endroits à l’intérieur des terres où la température pourrait atteindre près de 43,3 °C (110 °F) ou plus, selon le National Weather Service (NWS). La baisse des températures pendant la nuit n’apporteront que peu de soulagement.
Les villes situées dans le désert comme Palm Springs devraient connaître plusieurs jours de températures supérieures à 43,3 °C, tandis que les températures maximales dans le Parc national de la Vallée de la Mort, qui connaît son été le plus chaud jamais enregistré, devraient grimper jusqu’à 47,7 °C le 6 septembre.
Même San Francisco, qui connaît normalement une température raisonnable, devrait afficher au moins 7 °C au-dessus de la moyenne.
La vague de chaleur va aggraver une situation déjà inquiétante dans l’Ouest américain. Les Californiens viennent de connaître leur mois de juillet le plus chaud de tous les temps ; la température moyenne de l’État pour ce mois est de 27,6 °C. De nombreuses villes ont connu plusieurs jours de températures supérieures à 38 °C, et plusieurs d’entre elles ont battu des records de température lors d’une vague de chaleur remarquable en juillet.
Les habitants des autres États, en particulier dans le sud-ouest des États-Unis, n’ont pas été mieux lotis. Las Vegas, dans le Nevada, a également connu le mois de juillet le plus chaud de son histoire et a battu son record de température quotidienne lorsque la ville a atteint 48,8 °C (120 °F). Pendant ce temps, à Phoenix, en Arizona, la ville a enregistré son 100ème jour consécutif de températures supérieures à 37,7 °C (100 °F) le 1er septembre. Cela dépasse une série établie dans les années 1990.
Des incendies de forêt réduisent actuellement en cendres de vastes étendues de Californie et la vague de chaleur de septembre pourrait aggraver encore la situation. L’Oregon a connu plus d’incendies cette année que toute autre année. Des dizaines d’incendies de forêt continuent de brûler de l’État de Washington à l’Idaho en passant par l’Arizona, tandis que la Californie est aux prises avec le quatrième plus grand incendie de forêt de son histoire.
Source : Médias d’information américains.

Dans la Vallée de la Mort (Photo: C. Grandpey)

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Want to know why 2024 is about to be the hottest year in history while temperatures are reasonable in France ? Just go and visit the American West ! Searing temperatures are prevailing in the region once again this week. A brutal heatwave is also predicted that could bring some of the highest temperatures of the summer.

Excessive heat warnings are in effect across parts of southern California, Arizona and Nevada, affecting tens of millions of people. The harsh weather is predicted to peak beginning on September 4th and lasting into the weekend.

The city of Los Angeles could see temperatures approaching 100F (37.7C), with locations further inland hitting nearly 110F (43.3C) or higher, according to the National Weather Service (NWS). Warm overnight low temperatures will bring little relief from the heat.

Desert cities such as Palm Springs are expected to see multiple days of temperatures over 43.3°C, while highs in Death Valley national park, which is experiencing its hottest summer on record, are expected to soar up to 118F (47.7C) on September 6th.

Even normally temperate San Francisco is predicted to be at least 7 degrees Celsius above average.

The heatwave will add to the pain of what has already been a devastating summer across the US West. Californians have just experienced their hottest July of all time, with the state’s average temperature for the month recorded at 81.7F (27.6C). Many cities have endured multiple days of temperatures greater than 100F (about 38C), and several cities broke temperature records during a remarkable July heatwave.

There has been little relief for residents in other states, particularly across the US south-west. Las Vegas, Nevada, also saw its hottest ever July, and broke an all-time daily temperature record when the city hit 120F (48.8C). Meanwhile in Phoenix, Arizona, the city marked its 100th consecutive day of temperatures over 100F (37.7°C) on September 1st, surpassing a streak set in the 1990s.

Wildfires are currently burning large swths of California and the September heatwave could make things even worse. Oregon has seen more fire this year than any other. Dozens of wildfires continue to burn from Washington to Idaho to Arizona, while California has been battling its fourth largest wildfire in history.

Source : US news media.

Il fait toujours trop chaud dans l’Arctique, dans les Alpes et ailleurs dans le monde // Still too hot in the Arctic, in the Alps and elsewhere in the world

Le Svalbard, archipel norvégien dans l’Océan Arctique, a subi une sévère vague de chaleur au cours de l’été 2024. Les données du Norwegian Centre for Data Service montrent que quatre stations météorologiques du Svalbard ont enregistré des températures estivales moyennes record, avec des anomalies allant jusqu’à 3,0 °C au-dessus de la normale. L’aéroport du Svalbard a enregistré une température estivale moyenne de 8,5 °C, établissant un nouveau record pour la troisième année consécutive. Le mois d’août 2024 a été particulièrement extrême, avec une température moyenne sans précédent de 11,0 °C, illustrant l’intensité de la vague de chaleur.
L’été 2024 a également été inhabituellement humide à Longyearbyen avec près de 50 mm de précipitations, soit plus de deux fois plus que d’habitude. De telles températures élevées entraînent une fonte beaucoup plus forte des glaciers, ce qui pourrait progressivement conduire à leur disparition dans les prochaines années. Les dernières images satellites de la NASA montrent que le Svalbard fond cinq fois plus vite que la normale. De tels changements poseront inévitablement des problèmes à la faune arctique.

Cette image, acquise le 28 août 2024, montre les effets de la canicule au Svalbard. On peut voir de vastes zones de glaciers autour de Longyearbyen sans couverture neigeuse. L’absence de neige accélère la fonte rapide de la glace, ce qui entraîne le déversement de grandes quantités de sédiments dans les zones côtières de l’île.
Source : Copernicus, The Barents Observer.

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La situation n’est pas meilleure dans les Alpes. L’arc alpin fait partie des régions les plus menacées par le réchauffement climatique. Au cours des deux dernières décennies, les glaciers ont perdu environ un tiers de leur volume de glace et reculé en moyenne de 30 mètres par an, tout en s’amincissant de 1 à 1,5 mètre par an sur toute leur surface. La populaire Mer de Glace est l’une des principales victimes de la hausse des températures.

L’été 2024 à Chamonix a été le deuxième plus chaud jamais enregistré depuis le début des mesures en 1934. Les trois derniers étés ont été les plus chauds.

Source : Copernicus, Météo France.

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Cette constatation au Svalbard et dans les Alpes n’est guère surprenante car une grande partie de l’hémisphère nord est frappée par des vagues de chaleur particulièrement fortes, de l’Europe à l’Asie. Au Japon, le mois d’août a été le plus chaud jamais enregistré dans le pays.
De leur côté, les autorités chinoises indiquent qu’en août, la température moyenne de l’air a été la plus élevée depuis le début des relevés à Shanghai, dans six provinces de l’est et du sud du pays, ainsi que dans la région du Xinjiang dans le nord-ouest. Cinq autres provinces ont connu le deuxième plus chaud mois d’août de leur histoire, et sept autres le troisième plus chaud.

En juillet, la température moyenne en Chine avait déjà connu son niveau le plus élevé avec 23,21°C, contre 23,17°C en 2017.

Les scientifiques ajoutent que la Chine a connu un été marqué par des événements climatiques extrêmes et des températures localement inhabituelles, des types de phénomènes exacerbés par le réchauffement climatique. Le pays a un peu ce qu’il mérite quand on sait que c’est le plus important émetteur mondial, en valeur absolue, de gaz à effet de serre.

Source : Presse internationale.

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Svalbard, a Norwegian archipelago in the Arctic Ocean, has been severely affected by a prolonged heat wave during the summer of 2024. Data from the Norwegian Centre for Data Service show that four observation stations in Svalbard recorded record-high average summer temperatures, with anomalies up to 3.0°C above normal. Svalbard Airport recorded an average summer temperature of 8.5°C, setting a new record for the third year in a row. August 2024 was particularly extreme, with an unprecedented average temperature of 11.0°C, illustrating the severity of the heatwave.
The summer of 2024 was also unusually wet in Longyearbyen with almost 50 mm of rainfall, more than twice as much as usual. Such high temperatures lead to the much stronger melting of glaciers which gradually could lead to their disappearance in the future. For example, the recent NASA satellite images show that Svalbard has been melting five times faster than normal. Such changes could become a serious challenge for the arctic wildlife.

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The situation is not better in the Alps. The Alpine Arc is among the regions most threatened by global warming. Over the past two decades, the glaciers have lost about a third of their ice volume, receding by an average of 30 metres per year and thinning by 1 to 1.5 metres annually across their entire surface. The popular Mer de Glace is one of the victims of the rising temperatures.

The summer 2024 in Chamonix was the second hottest ever recorded since the beginning of measurements in 1934. The past three summers have been the hottest in the town.

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The finding in Svalbard and the Alps is hardly surprising, as much of the northern hemisphere is experiencing intense heatwaves, from Europe to Asia.

In Japan, August was the hottest on record.
For their part, Chinese authorities report that the average air temperature in August was the highest since records began in Shanghai, six provinces in the east and south of the country, and the Xinjiang region in the northwest. Five other provinces had their second-warmest Augusts on record, and seven others had their third-warmest.
In July, the average temperature in China had already reached its highest level at 23.21°C, compared to 23.17°C in 2017.
The scientists add that China has experienced a summer marked by extreme weather events and locally unusual temperatures, the types of phenomena exacerbated by global warming. The country gets a bit of what it deserves as it is the world’s largest emitter, in absolute value, of greenhouse gases.
Source: International press.