Villages côtiers de l’Arctique et réchauffement climatique // Arctic coastal villages and global warming

drapeau-francaisProche de l’Arctique, l’Alaska se réchauffe environ deux fois plus vite que le reste des États-Unis, et 2016 devrait être la plus chaude année jamais enregistrée. Le gouvernement a identifié en Alaska au moins 31 localités en danger imminent de destruction. Selon les climatologues qui étudient le changement climatique, certains villages n’existeront plus d’ici 2050. Leur population rejoindra le flux de réfugiés climatiques dans le monde, que ce soit en Bolivie, en Chine, au Niger ou dans d’autres pays.
Les communautés menacées d’Alaska ont deux solutions. Elles pourraient se déplacer vers des zones plus élevées, une perspective qui, pour un petit village, coûterait jusqu’à 200 millions de dollars. Ou bien les habitants pourraient ne pas bouger et espérer trouver de l’argent pour renforcer leurs maisons et autres bâtiments et consolider leur littoral.
Le village de Shaktoolik et ses quelque 250 habitants a été construit sur une étroite bande de terre entre la rivière Tagoomenik et la Mer de Béring. Il est confronté à une menace imminente d’inondations et d’érosion provoquées par le changement climatique. Après des années de réunions qui n’ont mené à rien et des demandes de financement gouvernemental qui ne sont toujours pas satisfaites, Shaktoolik a décidé de «rester et de se défendre», du moins pour le moment.
À Shaktoolik, comme dans d’autres villages de l’Alaska, les habitants disent que l’hiver arrive plus tard qu’auparavant et se retire prématurément au printemps, un changement que les scientifiques associent au réchauffement climatique. Avec la hausse des températures de l’océan, l’amoncellement de neige et de glace qui était censé protéger le village des puissantes vagues au moment des tempêtes diminue chaque année. L’hiver dernier, pour la première fois de l’histoire du village, la mer n’a pas gelé.
Les coups de boutoir des tempêtes ont fait disparaître la terre autour du village. La bande de terre sur laquelle Shaktoolik est construit perd en moyenne 4 000 mètres carrés par an. Les inondations provoquées par l’océan et la rivière ont pris une telle ampleur que la dernière grande tempête a bien failli transformer Shaktoolik en île.
Comme l’ont découvert les habitants de Shaktoolik et d’autres villages menacés, rester et partir présentent des dangers. Le processus de délocalisation peut prendre des années, voire des décennies. En attendant de partir, les habitants doivent continuer à envoyer leurs enfants à l’école, aller chez le médecin quand ils sont malades, avoir des conduites d’eau qui fonctionnent, des réservoirs de carburant en bon état et un endroit sûr où aller se réfugier en cas de forte tempête.
Le problème, c’est que peu d’agences gouvernementales sont disposées à investir dans le maintien de villages menacés par l’érosion et les inondations, surtout lorsque ces communautés envisagent d’aller vivre ailleurs.

Les autorités de Shaktoolik ont repéré un site possible de relocalisation à 17 km au sud-est, mais certains habitants craignent que leur culture, qui dépend de la pêche et de la chasse, souffre de ce déplacement. En outre, le gouvernement a refusé de financer la construction d’une route qui servirait à la fois au transport des matériaux de construction et comme voie d’évacuation. Les habitants n’ont actuellement aucun moyen fiable pour fuir rapidement en cas d’urgence.
Les grandes tempêtes sur la côte ouest de l’Alaska sont différentes de celles qui menacent Miami ou la Nouvelle-Orléans. Elles peuvent atteindre la force d’un ouragan de catégorie 1, mais leur envergure est cinq à dix fois plus importante, ce qui signifie qu’elles affectent une zone plus grande et durent plus longtemps. Certains habitants ajoutent que les tempêtes en Alaska deviennent plus fréquentes et plus intenses. Il ne fait aucun doute que la hausse de la température de l’Océan Arctique a entraîné une diminution de la glace en mer, ce qui a permis aux tempêtes et aux vagues de frapper les rivages avec plus de force et de provoquer davantage d’inondations et d’érosion. Un climatologue de l’Université de Victoria (Colombie Britannique) confirme que le déclin de la glace de mer est «indéniablement lié» au réchauffement climatique, de même que la hausse du niveau de la mer est lié à la fonte des glaciers.
Shaktoolik doit faire face à d’autres problèmes qui seront difficiles ou impossibles à résoudre sans aide extérieure. Par exemple, l’érosion menace le réservoir de carburant du village, son aéroport et son approvisionnement en eau potable. Le défi le plus urgent est la mise en sécurité des villageois en cas de catastrophe. Le plan d’urgence de Shaktoolik prévoit que les gens se rassemblent à l’intérieur de l’école, mais le bâtiment, qui se trouve le long de la route face à l’océan, est lui-même susceptible d’être inondé et n’est, de toute façon, pas assez grand pour accueillir confortablement toute la population. Certaines familles ont dit que si une violente tempête se produisait, elles fuiraient par la rivière Shaktoolik. Les bateaux attendent, avec l’approvisionnement nécessaire, mais la rivière serait presque certainement encombrée par la glace et une tentative de fuite de cette manière se terminerait probablement par une opération de sauvetage.
Pourtant, pour rester en place, le village doit trouver un moyen de prévenir la perte de vies, voire la perte de biens. Il faudrait une route d’évacuation, améliorer le réseau de distribution d’eau potable et une meilleure protection du réservoir de carburant. Il faudrait  aussi renforcer la digue et équiper la rivière de projecteurs et bouées lumineuses. Il faudrait construire un nouveau dispensaire et un abri solide pour les habitants en cas de tempête. Le prix de ces réalisations est estimé à plus de 100 millions de dollars. Même si les agences fédérales et étatiques financent le travail de première nécessité, on sera loin de la somme nécessaire. Personne ne sait d’où proviendra l’argent supplémentaire. Malgré des années de rapports gouvernementaux appelant à l’action, des épisodes sporadiques de financement et une visite dans la région du président Obama l’année dernière, les centaines de millions de dollars nécessaires pour que les villages menacés restent où ils sont ne sont jamais arrivées à destination.
L’Etat d’Alaska qui, dans le passé, a déjà fourni des fonds à un village pour qu’il puisse commencer sa relocalisation, connaît une crise financière car sa santé économique est liée aux revenus du pétrole qui connaissent une chute spectaculaire.
Il est prévu que Shaktoolik reçoive 1 million de dollars d’un organisme fédéral indépendant, mais cet argent servira en priorité à payer le renforcement de la digue et à protéger le réservoir de carburant du village. La contribution la plus importante pourrait être le montant de 400 millions de dollars prévu en 2017 dans le budget Obama pour la relocalisation des villages menacés, mais avec une nouvelle administration, le sort de cette somme d’argent est incertain.
Comme l’a déclaré un membre du conseil de village de Shaktoolik: « Le gouvernement fédéral dépense des milliards de dollars pour des guerres dans les pays étrangers, mais il nous traite toujours comme si nous étions un pays du tiers monde. »

Source : Alaska Dispatch News.

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drapeau-anglaisWith its proximity to the Arctic, Alaska is warming about twice as fast as the rest of the United States, and the state is heading for the warmest year on record. The government has identified at least 31 Alaska towns and cities at imminent risk of destruction. Some villages, climate change experts predict, will be uninhabitable by 2050, their residents joining a flow of climate refugees around the globe, in Bolivia, China, Niger and other countries.

These endangered Alaska communities face a choice. They could move to higher ground, a prospect that, for a small village, could cost as much as $200 million. Or they could stand their ground and hope to find money to fortify their buildings and shore up their coastline.

Laid out on a narrow spit of sand between the Tagoomenik River and the Bering Sea, the village of Shaktoolik and its 250 or so residents is facing an imminent threat from increased flooding and erosion, signs of a changing climate. After years of meetings that led nowhere and pleas for government financing that remained unmet, Shaktoolik has decided it will « stay and defend, » at least for the time being.

In Shaktoolik, as in other villages around Alaska, residents say winter is arriving later than before and rushing prematurely into spring, a shift scientists tie to climate change. With rising ocean temperatures, the offshore ice and slush that normally buffer the village from storm surges and powerful ocean waves are decreasing. Last winter, for the first time elders here can remember, there was no offshore ice at all.

The battering delivered by the storms has eaten away at the land around the village. According to one estimate, the strip of land on which Shaktoolik is built is losing an average of 4,000 square metres a year. Flooding from the ocean and the swollen river waters has become so severe that the last big storm came close to turning Shaktoolik into an island.

As Shaktoolik and other threatened villages have discovered, both staying and moving have their perils. The process of relocation can take years or even decades. In the meantime, residents still need to send their children to school, go to the doctor when they are sick, have functioning water lines and fuel tanks and a safe place to go when a severe storm comes.

But few government agencies are willing to invest in maintaining villages that are menaced by erosion and flooding, especially when the communities are planning to go elsewhere.

Shaktoolik’s leaders have identified a potential relocation site 17 km away to the southeast. But some residents say they fear that their culture, dependent on fishing and hunting, will suffer if they move. Besides, the government turned down applications for money to build a road that would serve both as a way to get building materials to their new home and as an evacuation route. Residents currently have no reliable way to escape quickly in an emergency.

Big storms on Alaska’s west coast are different from those that threaten Miami or New Orleans. They can carry the force of a Category 1 hurricane, but their diameter is five to 10 times greater, meaning that they affect a larger area and last longer. Some residents here say that the storms are becoming more frequent and more intense. There is no question that higher ocean temperatures have resulted in less offshore ice, allowing storm surges and waves to hit with greater force and bringing more flooding and erosion. A climate scientist at the University of Victoria (BC) confirms that the loss of sea ice « undeniably linked » to a warming climate, as is the rising level of the sea as a result of melting glaciers.

Shaktoolik faces other threats that will be difficult or impossible to ward off without assistance. For instance, erosion is threatening the village’s fuel tanks, its airport and its drinking water supply. But the most urgent challenge is keeping village residents safe in the event of a disaster. Shaktoolik’s current emergency plan calls for people to gather inside the school. But the school building, which sits on the ocean side of the road, is itself likely to be flooded and is not large enough to comfortably accommodate everyone. Some families have said that in a severe storm they would flee up the Shaktoolik River. They keep their boats stocked with supplies. But the river would almost certainly be ice-filled and treacherous, and any attempt to escape would likely end in a search and rescue operation.

Yet if it is to stay put, the village must find a way to prevent loss of life, if not the loss of property. It would need an evacuation road; improvements to the water system and the fuel tank farm; increased fortification of the berm; floodlights and lighted buoys for the river; a new health clinic; a fortified shelter for residents in a storm. The estimated price tag for these improvements is well over $100 million. And while state and federal agencies will finance some routine work, it will not even be close to what is needed. No one knows where the additional money will come from. Despite years of government reports calling for action, sporadic bursts of financing and a visit to the region by President Barack Obama last year, the hundreds of millions of dollars it would take for Alaska’s threatened villages to stay where they are – or to move elsewhere – have not materialized.

 The state of Alaska – which in the past provided some funds to a community to begin its relocation – is in a fiscal crisis, its economic health tied to oil revenues.

Shaktoolik is scheduled to receive $1 million from an independent federal agency. But the money will not go far: some will help pay for a new design to fortify the berm while the rest is intended to help protect the village’s fuel tank storage. Perhaps the largest potential contribution is the $400 million allocated for relocating threatened villages in the Obama administration’s proposed 2017 budget. But with a new administration, the fate of that allocation is at best uncertain.

A member of the Shaktoolik village council, said: “The federal government spends billions on wars in foreign countries, but they still treat us like we’re a Third World country. »

Source: Alaska Dispatch News.

La flèche rouge indique Shaktoolik, petit port soumis aux fureurs de la Mer de Béring:

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Source: Google Maps

La glace de mer a de plus en plus de mal à former une masse compacte jusqu’à la côte:

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(Photo: C. Grandpey)

Le caribou américain en voie de disparition // The American caribou has become an endangered species

drapeau-francaisQuand on voyage sur les routes du Canada et de l’Alaska, il n’est pas rare de rencontrer des caribous sur son chemin. Le caribou est même l’un des emblèmes du Canada. Or, d’après un comité d’experts scientifiques, sa population a atteint des niveaux “historiquement bas”, notamment dans l’est de l’Arctique. Depuis le 5 décembre 2016, l’animal est classé en “voie de disparition”, de même que le papillon monarque.

Pour les scientifiques, la cause de la diminution du nombre de caribous est double : les animaux sont très sensibles aux perturbations humaines (exploitation forestière et minière, par exemple), des facteurs de stress qui semblent interagir de manière complexe avec le réchauffement climatique, plus prononcé en Arctique.

Un phénomène identique est observé en Alaska où la population de caribous dans la partie centrale de l’Arctique alaskien a chuté de 69% ; elle est passée de 70 000 têtes en 2010 à 50 000 en 2013 et 22 000 en 2016.

La partie occidentale de l’Arctique alaskien est affectée elle aussi. Le troupeau de caribous est passé de 490 000 animaux en 2003 à 201 000 aujourd’hui.

Les scientifiques font remarquer qu’il y a toujours eu des fluctuations dans l’ampleur des troupeaux de caribous et qu’il n’est pas impossible que la perte d’animaux ne soit que passagère. Malgré tout, le réchauffement climatique observé depuis plusieurs années en Alaska est un obstacle majeur à la reproduction du caribou. Les biologistes ont recommandé de  modifier les règles de chasse, avec moins de colliers accordés et il est demandé aux chasseurs d’éviter le prélèvement de femelles.

Source : Presse canadienne et alaskienne.

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drapeau-anglaisWhen traveling along the roads of Canada and Alaska, it is not uncommon to encounter caribou on one’s way. Caribou are even one of Canada’s emblems. However, according to a committee of scientific experts, its population has reached « historically low » levels, particularly in the eastern Arctic. Since December 5th, 2016, the animal is classified as « disappearing », as is the monarch butterfly.
For scientists, the cause of the decline in caribou numbers is two-fold: animals are very sensitive to human disturbances (forestry and mining, for example), stress factors that seem to interact in complex ways with global warming, more pronounced in the Arctic.
An identical phenomenon is observed in Alaska where the caribou population in Central Arctic has dropped by 69%; It has dropped from 70,000 head in 2010 to 50,000 in 2013 and 22,000 in 2016.
Western Arctic is affected as well. The caribou herd dropped from 490,000 animals in 2003 to 201,000 today.
Scientists point out that there have always been fluctuations in the size of caribou herds and the loss of animals may be temporary. Despite this, the global warming observed for several years in Alaska is a major obstacle to the reproduction of the caribou. Biologists have recommended a change in hunting rules with fewer bags and hunters are being asked to avoid harvesting females.
Source: Canadian and Alaskan Press.

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Caribous dans la toundra de l’Alaska (Photo: C. Grandpey)

Réchauffement climatique : Quelques chiffres intéressants // Climate change : A few interesting figures

drapeau-francaisAlors que la température globale de la planète continue d’augmenter et de battre des records, la glace de mer dans l’Arctique et l’Antarctique a atteint des niveaux record pour cette période de l’année. Comme je l’ai indiqué précédemment, certains jours de novembre, la température de l’Arctique se situait à 20 degrés Celsius au-dessus de la moyenne pour cette période de l’année.
A côté de cela, les mesures fournies par le satellite du National Snow and Ice Data Center (NSIDC) montrent que le 4 décembre, la surface couverte par la glace de mer aux pôles était de 3 834 millions de kilomètres carrés inférieure à la moyenne de 1981-2010. Cela représente environ la taille de l’Inde, ou bien deux fois la superficie de l’Alaska.
Les dernières mesures vont donc à l’encontre de l’opinion exprimée par certains climato-sceptiques qui affirmaient que l’expansion de la glace de mer antarctique contredisait les preuves du changement climatique.
Au cours de la COP 21 de Paris en 2015, près de 200 gouvernements ont décidé de réduire leurs émissions de carbone afin de maintenir l’augmentation de la température mondiale au maximum à 2 degrés Celsius au-dessus de la température moyenne avant la révolution industrielle. Il n’est pas certain que les États-Unis se conforment à cet accord car le président Donald Trump a déclaré qu’il ne le respecterait pas. M. Trump a toutefois fait quelque peu machine arrière en novembre lorsqu’il a indiqué au New York Times qu’il ferait preuve «d’ouverture d’esprit» en matière de changement climatique.
M. Trump et Ivanka Trump se sont réunis avec Al Gore le 5 décembre à la Trump Tower pour aborder la question du changement climatique. Gore a qualifié son entretien de «très productif» et de «recherche sincère de terrains d’entente». [NDLR : On appréciera le langage diplomatique qui, une fois traduit, signifie que les discussions n’ont abouti à aucun accord]
Ces réunions se sont déroulées alors que la glace de mer en Antarctique couvre 11,2 millions de kilomètres carrés, sa plus faible surface pour un début décembre, et qui bat le record de 1982. De même, la glace de mer dans l’Arctique, bien qu’en expansion pour l’hiver, a atteint 10,25 millions de kilomètres carrés cette saison, battant ainsi le record de 2006.
Les scientifiques craignent que ces développements aient un effet domino. Avec la fonte de la glace de mer, les glaciers risquent d’accélérer leur vêlage dans les eaux environnantes, ce qui ne manquera pas d’avoir un effet sur l’élévation du niveau de la mer.
Source: CBS News.

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drapeau-anglaisAs global temperatures continue to rise and break records, sea ice in the Arctic and Antarctica are being measured at record lows for this time of year. As I put it before, temperatures in the Arctic, for instance, were 20 degrees Celsius above average on some days of November.

Beyond that, the National Snow and Ice Data Center (NSIDC) satellite measurements show that on December 4th, the extent of polar sea ice was 3 834 million square kilometres below the 1981-2010 average. That amounts to about the size of India, or for another point of reference, two Alaskas.

The latest measurements appear to reverse a trend of expanding Antarctic sea ice, which some skeptics cited to contradict evidence of climate change.

With last year’s Paris climate agreement, nearly 200 governments agreed to curb carbon emissions with the goal of keeping the world’s temperature increase to no more than 2 degrees Celsius above the global average temperature before the Industrial Revolution. It remains unclear whether the U.S. commitment to that deal will be honored by President-elect Donald Trump, who has previously stated he might want to pull out of the Paris agreement. Mr. Trump backtracked somewhat in November, telling the New York Times that he has an “open mind” when it comes to climate change.

Mr. Trump and Ivanka Trump held meetings with Al Gore Monday at Trump Tower to discuss the issue of climate change. Gore characterized his talk with the president-elect as “very productive” and “a sincere search for areas of common ground.”

Those meetings came as Antarctica’s sea ice measured 11.2 million square kilometres — its smallest for early December, effectively beating 1982’s record. Similarly, sea ice in the Arctic, though expanding for the winter, hit a record low of 10.25 million square kilometres this season, below 2006’s record.

Scientists worry that these developments could have a domino effect. As sea ice melts, glaciers could collapse more quickly into their surrounding waters, potentially increasing the rate of sea level rise rapidly.

Source: CBS News.

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Photo: C. Grandpey

Un nouvel iceberg géant bientôt en Antarctique // A new giant iceberg soon in Antarctica

drapeau-francaisLa fracturation complète de l’immense plate-forme glaciaire Larsen C en Antarctique va se produire dans un proche avenir et le phénomène donnera naissance à un iceberg de la taille du Delaware qui ira se promener dans l’Océan Austral.
La NASA vient de publier une nouvelle image prise par des chercheurs au cours d’un survol de la plate-forme le 10 novembre 2016. On peut voir que la fracturation complète de cette plateforme est imminente. Pendant la mission de la NASA (connue sous le nom d’Opération IceBridge) la fracture mesurait environ 110 km de long, plus de 90 mètres de large et environ 500 mètres de profondeur. En août 2016, une équipe chercheurs britanniques qui observait la plateforme Larsen C a constaté que la fracture avait augmenté de 22 km entre mars et août 2016. C’était la propagation la plus rapide jamais observée.
Lorsque le vêlage – autrement dit la naissance de l’iceberg – se produira, probablement au cours de la prochaine décennie, ce sera le plus important vêlage en Antarctique depuis 2000, le troisième plus grand événement jamais enregistré et le plus important concernant cette plate-forme glaciaire. Larsen C se trouve à côté d’une plus petite plate-forme glaciaire qui s’est désintégrée en 2002 après avoir ouvert une fracture semblable à celle observée actuellement dans Larsen C.
Les icebergs issus des plateformes glaciaires ne font pas monter directement le niveau de la mer. En effet, leur glace repose déjà dans l’océan comme le fait un glaçon dans un verre. Cependant, comme ils font obstacle aux glaciers qui se trouvent derrière eux, quand les plateformes cèdent, ces glaciers peuvent commencer à avancer et accélérer leur progression dans la mer. C’est ce phénomène qui ajoute de l’eau et augmente donc le niveau de la mer.
Selon les glaciologues, une fois que la fracture aura entaillé Larsen C dans sa totalité et aura libéré l’iceberg, une surface de glace encore plus grande, de la taille de l’Ecosse, se trouvera déstabilisée et risquera de fondre à son tour.

La plate-forme glaciaire Larsen C est la plus septentrionale de celles qui existent encore sur la Péninsule Antarctique. Cette partie du continent se réchauffe rapidement depuis plusieurs années en raison de l’augmentation parallèle de la température de l’air et de celle de la mer. La plate-forme glaciaire Larsen B, à proximité de Larsen C, a fait la une des journaux en 2002 quand elle s’est désintégrée au cours d’un processus de vêlage provoqué, là aussi, par l’ouverture d’une fracture. Cet événement apparaît dans les premières scènes de Le Jour d’Après (2004), film-catastrophe sur le changement climatique.

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drapeau-anglaisThe breakup of the massive Larsen C Ice Shelf in Antarctica is getting closer and will eventually produce an iceberg the size of Delaware prowling the Southern Ocean.

NASA has just released a new image taken by researchers flying above the Larsen C I Ice Shelf in Antarctica on November 10th 2016.  One can see that the breakup of the Shelf is getting closer. During NASA’s field campaign known as Operation IceBridge the crack was measured to be about 110 km long, more than 90 metres wide and about 500 metres deep.

When this iceberg calving event happens, likely within the next decade, it will be the largest calving event in Antarctica since 2000, the third biggest such event ever recorded and the largest from this particular ice shelf. Larsen C lies next to a smaller ice shelf that disintegrated in 2002 after developing a crack similar to the one now growing in Larsen C.

Ice shelves breaking off into icebergs don’t directly increase sea levels, since their ice is already resting in the ocean like an ice cube in a glass. However, because they act like doorstops to the land-based ice behind them, when the shelves give way, the glaciers can begin moving into the sea. This adds new water to the ocean and therefore increases sea levels.

According to glaciologists, once the rift in Larsen C extends all the way across the shelf and breaks off the section of ice, a larger area of ice that is about the size of Scotland will destabilize and be at greater risk for melting. In August, a British research team monitoring the Larsen C Ice Shelf found that the rift had expanded by 22 km between March and August 2016. This was the fastest rate of expansion the researchers had observed.

The Larsen C Ice Shelf is the most northerly of the remaining major Antarctic Peninsula ice shelves. This part of Antarctica has been warming rapidly in recent years due to a combination of increasing air and sea temperatures. The nearby Larsen B Ice Shelf made worldwide headlines in 2002 when it broke up after a similar process of rift-induced iceberg calving. The Larsen B event was featured in the opening scenes of the sci-fi climate change-related disaster film, The Day AfterTomorrow (2004)..

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Cette carte de l’Antarctique montre la fonte de la partie inférieure des plateformes glaciaires. La teinte bleue symbolise la perte de glace de plus de 5 mètres d’épaisseur par an. La flèche indique la plateforme glaciaire Larsen C. (Source: NASA / JPL-Caltech / UC Irvine / Columbia University).