L’accélération du réchauffement de l’Arctique et ses conséquences // Arctic warming and its consequences

L’Océan Arctique ne sera probablement plus recouvert de glace en été dans une vingtaine d’années. Si les émissions de carbone ne sont pas contrôlées, les températures en automne et en hiver dans l’Arctique en 2100 seront d’environ 5,5°C supérieures à celles relevées à la fin du 20ème siècle.
Ces nouvelles prévisions de réchauffement de l’Arctique marquent la fin du mandat de deux ans de la présidence américaine du Conseil de l’Arctique. Elles figurent dans le dernier rapport publié par cet organisme. Les scientifiques tirent la sonnette d’alarment et affirment que le rythme actuel du changement climatique exige une réponse rapide pour lutter contre ses causes. Alors que le réchauffement climatique de l’Arctique est plus rapide que dans le reste du monde, le rapport montre qu’une action immédiate est nécessaire pour réduire les émissions de carbone à l’échelle de la planète. Selon un océanographe de la NOAA qui est également co-auteur du rapport Snow, Water, Ice et Permafrost in the Arctic (SWIPA), «les changements sont cumulatifs et ce que nous ferons au cours des cinq ans à venir sera essentiel pour ralentir les changements qui se produiront dans les 30 ou 40 prochaines années ».
Le nouveau rapport SWIPA montre que les tendances observées dans l’Arctique au cours des dernières années se sont accélérées. Depuis le dernier rapport SWIPA de 2011, l’Arctique a connu les plus hautes températures jamais mesurées par des instruments météorologiques. La glace de mer de l’Arctique a atteint son niveau le plus faible de tous les temps en 2012 et le manque de glace en 2016 arrive en deuxième position dans les observations satellitaires. Le Groenland, le plus grand contributeur de l’Arctique à l’élévation mondiale du niveau de la mer, a perdu deux fois plus de glace entre 2011 et 2014 qu’entre 2003 et 2008.
Le réchauffement spectaculaire et la perte de glace de l’Arctique au cours des dernières années incitent le SWIPA a prévoir que l’Océan Arctique sera dépourvu de glace d’ici la fin des années 2030, une date antérieure à celle avancée par la plupart des autres modèles pour lesquels cet événement se produira seulement d’ici 2060. Contrairement aux autres modèles, le dernier rapport SWIPA utilise une extrapolation d’observations récentes pour effectuer son estimation.
Le rapport SWIPA fait également remarquer que depuis 2011, l’amplification du réchauffement de l’Arctique affecte aussi le reste du monde. En particulier, cela provoque un ralentissement du jet stream et l’aggravation des problèmes météorologiques à des latitudes moyennes. L’élévation du niveau de la mer, dont un tiers est maintenant attribué à la fonte de la glace dans l’Arctique, provoque des inondations, de l’érosion et des dégâts matériels dans les villes du sud (voir ma note sur le Togo).
Un autre problème est lié à des contaminants découverts récemment, dont beaucoup sont des ignifugeants qui polluent l’air et l’eau de l’Arctique. Les contaminants chimiques, dont certains proviennent de pesticides et de produits industriels utilisés dans les latitudes du sud, affectent le milieu marin arctique depuis des décennies, bien qu’il y ait eu des progrès significatifs dans leur contrôle grâce à la Convention de Stockholm. Les micro plastiques récemment observés dans les eaux de l’Arctique posent eux aussi de plus en plus de problèmes (voir ma note « L’Océan Arctique, poubelle de la planète »).
Source: Alaska Dispatch News.

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The Arctic Ocean is now on the way to become ice-free in summers as soon as two decades from now, while autumn and winter temperatures in the Arctic, if carbon emissions are not controlled, will be about 5.5°C higher in 2100 than they were at the end of the 20th century.

The new forecasts of accelerated warming mark the condition of the Arctic at the end of the two-year U.S. chairmanship of the Arctic Council. They are revealed by the latest reports released by the organization. Scientists are warning the pace of climate change demands a quick response against its causes. With Arctic warming outpacing climate change in the rest of the world, the reports show why immediate action is needed to reduce global carbon emissions. According to an NOAA oceanographer who is also a co-author of the Snow, Water, Ice and Permafrost in the Arctic (SWIPA) report, “the changes are cumulative, and so what we do in the next five years is really important on slowing down the changes that will happen in the next 30 or 40 years”.

The new SWIPA report shows that major Arctic trends documented in past years have accelerated. Since the last SWIPA report in 2011, the Arctic has heated up to its highest temperatures ever measured by weather instruments. Arctic sea ice hit a record-low extent in 2012 and last year tied for the second-lowest level in the satellite record. Greenland, the Arctic’s biggest contributor to global sea-level rise, in 2011 to 2014, lost ice at twice the rate observed from 2003 to 2008.

Dramatic warming and Arctic ice losses in recent years are behind the SWIPA projections for an ice-free Arctic Ocean by the late 2030s, an earlier date than is suggested by most models.

Predictions about when that milestone will arrive vary widely, from the 2060s to just a few years from now, whereas the new SWIPA report uses extrapolation of recent observations to come up with an estimate.

The SWIPA report also indicates that since 2011 amplified Arctic warming has affected the rest of the world. There is new information about far-north warming causing the jet stream to slow, meander and exacerbate mid-latitude weather problems. Rising sea levels, of which a third is now attributed to melt of Arctic land ice, is already causing flooding, erosion and property damage in southern cities.

Another challenge is posed by newly discovered contaminants, many related to flame retardants, in Arctic air and water. Chemical contaminants, many of them from pesticides and industrial products used in faraway southern latitudes have plagued the far-north marine environment for decades, although there has been significant progress in controlling those contaminants thanks to the Stockholm Convention. Microplastics, newly documented in Arctic waters, are posing growing problems (see my previous note about the Arctic Ocean being a garbage dump).

Source: Alaska Dispatch News.

Photo: C. Grandpey

 

Les côtes du Togo sous la menace de l’océan // The coasts of Togo under the threat of the ocean

Suite au réchauffement climatique et l’élévation du niveau des océans, plusieurs régions littorales dans le monde sont menacées de disparaître à court terme. C’est le cas des côtes du Togo en Afrique qui reculent en moyenne d’un mètre chaque année.

Cofinancé par la Banque mondiale, la France et l’Etat togolais, un programme de 96 milliards de francs CFA, longtemps réclamé par les nombreuses victimes de l’érosion côtière, vient d’être adopté. Le plan d’action a pour but d’arrêter définitivement l’avancée de la mer qui menace le littoral togolais.

C’est à la suite d’un cri d’alarme lancé par les populations vivant sur le littoral, plus précisément dans le village d’Agbavi à une vingtaine de kilomètres de Lomé, la capitale, que ce plan d’action a été mis en place. Estimé à 96 milliards de Fcfa, il met à contribution la Banque Mondiale (BM) et la France. Il se situe dans le cadre d’un programme lancé par la BM en 2015. Il vise principalement à endiguer le niveau de la mer dans les pays côtiers africains qui subissent de plein fouet les effets du réchauffement climatique. Le plan d’action a pour objectif d’aider ces pays à une gestion durable de leur façade maritime.

Lors du sommet de la COP21 à Paris, le Président du Togo avait sollicité l’aide de la communauté internationale pour arrêter l’avancée de la mer dans son pays. Une enveloppe de 5 milliards de francs CFA avait été débloquée mais la somme n’était pas suffisante pour contenir les assauts de l’océan. Aujourd’hui, les villages installés sur le littoral togolais sont toujours menacés de disparition d’ici une quinzaine d’années, à cause de l’érosion. Selon des experts cités par le portail d’informations africanews.fr « si rien n’est fait pour stopper le réchauffement des océans, de nombreux villages bâtis le long de la côte togolaise vont disparaître d’ici 2030 ».

Source : La Tribune.

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As a result of global warming and rising sea levels, several coastal regions around the world are threatened to disappear in the short term. This is the case of the coast of Togo in Africa which retreats on average by one metre each year.
Co-funded by the World Bank, France and the Togolese State, a program of 96 billion CFA francs, long claimed by the many victims of coastal erosion, has just been adopted. The plan aims to stop definitively the advance of the sea that threatens the Togolese coastline.
It was following a cry of alarm by the populations living on the coast, more precisely in the village of Agbavi, about twenty kilometers from Lome, the capital, that this action plan was put in place. in place. Estimated at 96 billion FCFA, it involves the World Bank (WB) and France. It is part of a program launched by the World Bank in 2015. Its main objective is to stem the sea level in coastal African countries that are suffering from the effects of global warming. The aim of the plan is to help these countries to manage their seafront sustainably.
At the COP21 Summit in Paris, the President of Togo sought the help of the international community to stop the advance of the sea in his country. An envelope of 5 billion CFA francs had been unblocked but the sum was not enough to contain the onslaught of the ocean. Today, several villages along the Togolese coastline are still threatened with extinction in about 15 years, due to erosion. According to experts quoted by the information portal africanews.fr « if nothing is done to stop the warming of the oceans, many villages built along the Togolese coast will disappear by 2030 ».
Source: La Tribune.

Source: Google Maps.

 

Les températures à la surface de la mer en 2016 // Sea surface temperatures in 2016

Au cours des derniers mois, on a beaucoup parlé d’El Niño et de son influence sur le climat de la planète. Une scientifique d’EUMETSAT – organisation européenne pour l’exploitation des satellites météorologiques – décrit à travers une animation les variations de température à la surface de la mer pendant l’année 2016. L’animation combine des données satellitaires fournies par le réseau géostationnaire de satellites et par les satellites en orbite polaire, ce qui couvre l’Europe, l’Amérique et le Japon.
L’animation montre l’évolution au cours de chaque mois de l’année, mettant en évidence des événements météorologiques spécifiques, les courants et les changements de températures dans différentes zones de la Terre, en particulier l’oscillation australe (ENSO) entre El Niño et La Niña.

https://youtu.be/thhFs8WYBrE

Comme je l’ai écrit précédemment, El Niño est un cycle naturel qui affecte les températures, les vents et la couverture nuageuse ​​de l’Océan Pacifique et qui influence le climat de la planète. Il se compose d’une bande d’eau chaude qui s’étend dans le Pacifique équatorial central et oriental. De son côté, La Niña est la phase froide qui fait suite à El Niño et génère des températures plus basses.
L’animation montre les changements de température et la façon dont l’énergie est répartie autour de notre globe, ce qui affecte le climat, les écosystèmes et toute notre vie quotidienne.
Source : EUMETSAT.

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There has been a lot of talk in recent months about El Niño and its influence on the world’s climate. A scientist at EUMETSAT – a European Organisation that processes weather satellite data – describes through an animation a year of sea surface temperature in 2016. The animation combines satellite data from both the geostationary ring of satellites and polar orbiting data including Europe, America, and Japan.

The animation goes through each month of the year, highlighting specific weather events, currents and changes in temperatures in different zones of the Earth focussing especially on El Niño–Southern Oscillation (ENSO) and La Niña.

https://youtu.be/thhFs8WYBrE

As I put it previously, El Niño is a natural cycle in Pacific Ocean temperatures, winds, and cloud that influences climate all around the planet. It consists of a band of warm water developing in the central and east-central equatorial Pacific. On the other hand, La Niña is the cool phase that follows El Niño, bringing colder temperatures.

The animation shows the changes in temperature and how energy is distributed and spreads around our globe, affecting the climate, ecosystem and all our daily lives.

Source : EUMETSAT.

Source: EUMETSAT

Des capteurs sismiques pour prévoir les explosions de pingos // Seismic sensors to predict the explosions of pingos

Un premier capteur sismique a été installé près du village de Sabetta, sur la Péninsule de Yamal, qui abrite le port le plus moderne de Russie. D’autres capteurs sont prévus à proximité des gisements de gaz de Bovanenkovskoye et Kharasavay.
L’objectif est de détecter l’activité sismique qui pourrait précéder la formation soudaine de nouveaux cratères susceptibles d’endommager les infrastructures industrielles dont la stabilité est déjà menacée par la fonte du permafrost. On pense que les cratères se forment lorsque le méthane, libéré en raison du réchauffement climatique dans cette région de l’Arctique, explose à l’intérieur des pingos. Un pingo est un monticule de glace recouverte de terre dans les régions arctique et subarctique; il peut atteindre jusqu’à 70 mètres de hauteur et 600 mètres de diamètre.
Les scientifiques indiquent que plusieurs milliers de pingos pourraient «exploser» et former de nouveaux cratères géants dans cette région. Au moins dix sont connus pour avoir explosé en Sibérie ces dernières années. Le plus grand cratère, de 35 mètres de profondeur et de 40 mètres de diamètre, se trouve à proximité du gisement gazier de Bovanenkovskoye. Un seul capteur est capable d’analyser en permanence les processus sismiques à 200 km à la ronde.

Le port de Sabetta est en cours de construction sur l’estuaire de l’Ob dans le cadre d’un projet de 27 milliards de dollars de la compagnie Yamal LNG. Il permettra d’exporter 16,5 millions de tonnes de gaz naturel liquéfié en provenance du gisement de Yuzhno-Tambeyskoye.

Les futurs capteurs enregistreront les mouvements du sol et transféreront les informations au Centre d’expédition interrégional de l’Arctique et au Département de géophysique de l’Académie des Sciences de Russie pour un traitement et une interprétation supplémentaires. Un puits de 4 mètres de profondeur a été foré dans le pergélisol pour y installer le capteur sismique et un enregistreur capable de fonctionner en parfaite autonomie a été posé à la surface du sol. Il est prévu d’installer deux autres capteurs sur la péninsule au niveau des gisements gaziers de Bovanenkovskoye et à Kharasavay. L’agence Tass a indiqué qu’un réseau de capteurs sera installé dans le district autonome de  Iamalo-Nénètsie pour prévoir l’apparition de nouveaux cratères. Les scientifiques utilisent également la surveillance satellitaire pour prévoir les éruptions des pingos  en Arctique.

Plus d’images à cette adresse:
http://siberiantimes.com/other/others/news/first-seismic-sensor-installed-togiving-early-warning-on-new-exploding-pingos/

Source: The Siberian Times.

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The first seismic sensor has been put in the ground in close to the village of Sabetta in Yamalo-Nenets, home to Russia’s most modern port. Others are planned close to the Bovanenkovskoye and Kharasavay gas deposits.

The aim is to give warnings over seismic activity that could lead to the sudden formation of new craters, which could potentially damage key industrial infrastructure. The craters are believed to form when underground methane gas, released due to the warming climate in this Arctic region, erupts inside pingos, A pingo is a mound of earth-covered ice found in the Arctic and subarctic regions; it can reach up to 70 metres in height and up to 600 metres in diameter.

Scientists say several thousand pingos, many filled with gas, could ‘explode’ forming giant craters in this region. At least ten are known to have exploded in Siberia in recent years. The largest crater, 35 metres deep and 40 metres in diameter, is close to Bovanenkovskoye deposit. One sensor can analyse seismic processes non-stop in 200 km distance around it.

Sabetta port is being built as part of a $27 billion project by Yamal LNG on the Ob River estuary to export 16.5 million tons of liquefied gas from the Yuzhno-Tambeyskoye field. There are fears that the melting of the permafrost might affect the stability of the industrial infrastructures in the area.

Sensors will register oscillation of the ground and will transfer information about it to the Arctic Interregional Expedition Centre and United Geophysical Service of Russian Academy of Sciences for further processing and interpretation. A 4 metre-deep well was drilled in the permafrost. A sensor was installed in the permafrost and an event recorder, equipped with everything necessary for autonomous work, was left on the surface. There are plans to install two more sensors on the peninsula at Bovanenkovskoye deposit and at Kharasavay. TASS earlier reported that a network of sensors would be installed across the Yamalo-Nenets autonomous region to forecast appearance of new craters. Scientists are also using space monitoring to predict eruptions of Arctic pingos.

More pictures at this address :

http://siberiantimes.com/other/others/news/first-seismic-sensor-installed-to-give-early-warning-on-new-exploding-pingos/

Source: The Siberian Times.

Exemple de cratère façonné par les explosions de méthane en Sibérie (Crédit photo: The Siberian Times)