« Une suite qui dérange » : Le Limousin boude le film d’Al Gore

Comme je l’indiquais précédemment, le dernier film d’Al Gore « Une suite qui dérange : le temps de l’action » – An Inconvenient Sequel : Truth to Power – est sorti en France sur les écrans le 27 septembre.

J’ai assisté à la séance de 17h35 ce même jour à Limoges et j’avais pratiquement tous les sièges à ma disposition puisque nous étions seulement 7 spectateurs dans la salle de cinéma. Ce n’est guère une surprise car je me rends compte depuis longtemps que mes concitoyens n’ont pas pris conscience de l’ampleur du danger environnemental qui nous guette. De plus, le titre et l’affiche du film d’Al Gore ne sont guère accrocheurs et ne saurait rivaliser avec d’autres réalisations à l’affiche au même moment.

S’agissant du documentaire proprement dit, il n’y a pas de révélations fracassantes. Il est présenté en version américaine doublée en français, avec des traductions globalement de bon aloi. Al Gore met en évidence les conséquences du changement climatiques, que ce soit la fonte des glaciers du Groenland ou les inondations qui ont frappé de nombreux pays, y compris les Etats-Unis. L’ancien vice-président est omniprésent dans le film, peut-être un peu trop. On le voit parcourir le monde pour motiver des ambassadeurs de la cause qu’il défend. Une part importante du film est consacrée à la COP 21 de Paris et les tractations qui ont eu lieu dans les coulisses, en particulier pour convaincre l’Inde de signer la déclaration finale. C’est sur cette note optimiste que s’achève le documentaire.

On connaît la suite : sitôt la COP 21 terminée, l’Inde a augmenté sa production de charbon. Donald Trump a qualifié le changement climatique de « canular » et décidé de retirer son pays de l’Accord de Paris. Les concentrations de CO2 continuent d’augmenter dans l’atmosphère ; les températures continuent de croître ; les glaciers reculent et s’amenuisent : l’objectif de hausse maximale de 2°C d’ici 2100 prévu à Paris semble dès à présent mission impossible. A part cela, tout va bien…

En voyant dans le film les qualités diplomatiques d’hommes comme Al Gore ou John Kerry dont l’envergure est tout à fait présidentielle, je me suis posé la question : Pourquoi diable les Américains ont-ils choisi Donald Trump ?

Voici un lien vers la bande-annonce du film :

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19569566&cfilm=252419.html

Un nouvel iceberg s’est détaché de l’Antarctique // A new iceberg broke off Antarctica

Les médias ne se sont guère attardés sur l’événement, mais un impressionnant iceberg s’est détaché du Glacier de l’Ile du Pin (Pine Island Glacier) en Antarctique le samedi 23 septembre 2017.
Le National Ice Center aux États-Unis a estimé la superficie de l’iceberg à 184 kilomètres carrés, soit environ trois fois la taille de Manhattan. Il se trouve maintenant dans la Mer d’Amundsen et continuera sa course dans Pine Island Bay. L’iceberg montre des signes de fracturation, ce qui signifie que des morceaux de glace plus petits vont probablement se détacher de la masse principale. Le National Ice Center pense que l’iceberg ne devrait pas poser de problèmes aux navires dans la région.
Selon le Goddard Space Flight Center de la NASA, le vêlage de cet iceberg fait partie d’un processus naturel, mais la fréquence du phénomène est inquiétante. Des forces telles que le vent, les marées, les courants et les collisions avec d’autres icebergs peuvent faire apparaître des fractures dans la glace. Par ailleurs, l’eau plus chaude qui se déplace sous les glaciers fait que la glace s’amincit, ce qui accélère probablement la fracturation. Le fait que les vêlages soient de plus en plus fréquents n’est pas de bon augure car rien n’indique que la tendance soit en passe de s’inverser. Cela signifie que l’on va assister à d’autres pertes de glace en Antarctique et donc une probable augmentation du niveau de la mer.
Le Pine Island Glacier fait partie de l’Antarctique de l’Ouest qui perd déjà 45 milliards de tonnes de glace chaque année, phénomène qui contribue à l’élévation du niveau des océans. Le glacier est connu pour être celui qui avance le plus vite en Antarctique.

La naissance du nouvel iceberg intervient deux mois après qu’un autre morceau de glace de 5,700 kilomètres carrés se soit détaché de l’Antarctique au mois de juillet. De la taille du département français de la Lozère, l’iceberg était l’un des plus grands jamais enregistrés. En 2014, un iceberg de 660 kilomètres carrés avait également rompu ses liens avec l’Antarctique.
Source: USA Today

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The media did not talk a lot about the event, but a massive iceberg broke off Antarctica’s Pine Glacier on Saturday September 23rd 2017.

The U.S. National Ice Center measured the iceberg at 184 square kilometress, about three times the size of Manhattan. It is now in the Amundsen Sea but will eventually drift into Pine Island Bay. The iceberg shows signs of fracturing, meaning smaller pieces of ice may break off. The Ice Center said it is not expected to cause any shipping hazards.

According to NASA’s Goddard Space Flight Center, the break is part of a natural process, but the frequency of the breaks is concerning. Forces such as wind, tides, currents and even collisions with other icebergs can create rifts in the ice. Warm water moving underneath the glaciers causes the ice to thin and perhaps accelerates the rifts. The fact that the calving events have got more frequent is not a good sign, and there is no indication that the trend is reversing. The continuation means further ice losses to Antarctica and possible rising sea levels as a result.

The glacier is a part of West Antarctica that already loses 45 billion tons of ice annually, contributing to sea level rises.  Pine Island Glacier is known to be the fastest-melting glacier in Antarctica. The break comes two months after a 5,700 square-kilometre piece of ice detached from Antarctica in July. At nearly the size of Delaware, the iceberg was one of the largest ever recorded. In 2014, a 660-square-kilometre iceberg also calved from Antarctica.

Source : USA Today

 Localisation du glacier de Pine Island (Source : NOAA)

 

 

Le réchauffement climatique fait s’effondrer les flancs des montagnes // Mountain slopes collapse because of global warming

Dans une note mise en ligne le 11 septembre, j’indiquais que sous l’effet du réchauffement climatique dans les Alpes, la langue terminale du glacier suisse de Trift, dans le Valais s’était effondrée, sans faire de victimes ni de dégâts.

En juin 2016, tout un pan de montagne de 1 200 mètres de hauteur s’est effondré dans le Parc National de Glacier Bay en Alaska, répandant des matériaux sur environ 20 kilomètres carrés sur le Glacier Lamplugh, et en générant un signal sismique aussi puissant qu’un séisme de magnitude M 5,2.
En 2015, la paroi d’une autre montagne du Parc s’est effondrée elle aussi, avec quelque 220 millions de tonnes de roches qui sont allées d’écraser sur un autre glacier et dans le fjord en dessous. Ce fut le plus grand glissement de terrain non volcanique jamais observé en Amérique du Nord. Il a déclenché un tsunami avec une vague de 180 mètres de hauteur qui a dépouillé de leurs feuilles tous les arbres des montagnes autour. Les scientifiques disent que ces glissements de terrain majeurs doivent être pris au sérieux car ils pourraient devenir une menace pour les navires de croisière et les kayaks qui fréquentent parfois ces fjords.
Une étude des avalanches de roches dans la partie occidentale du Parc National de Glacier Bay a révélé que la probabilité de glissements de roches couvrant environ 5 kilomètres carrés a doublé au cours des cinq dernières années. Au fur et à mesure que le climat s’est réchauffé, les caractéristiques des avalanches de roches dans la région ont changé. Elles sont de plus grande  ampleur et parcourent de plus longues distances. L’étude a examiné les 24 avalanches de roches qui se sont produites de 1984 à 2016 dans la partie ouest du Parc National de Glacier Bay en utilisant des images satellitaires pour la cohérence des mesures au cours des 30 années écoulées.
Selon l’étude, la cause de ces avalanches de roches est le dégel de la glace qui remplit les fissures, les crevasses et les fractures des roches des montagnes. C’est ce qu’on appelle le «permafrost de roche». Ce permafrost aide à maintenir les pentes escarpées dans leur état, de sorte que la fonte, ou seulement l’amollissement, de cette glace déstabilise la roche.
La perte d’épaisseur des glaciers est probablement un autre facteur de déstabilisation. En effet, les glaciers moins épais soutiennent moins bien les pentes des montagnes.
L’étude met en parallèle la taille croissante des avalanches de roches à Glacier Bay et la tendance au réchauffement climatique sur le long terme. Les grandes avalanches ont commencé environ deux ans après que la température maximale annuelle de la zone se soit élevée au-dessus du point de congélation.
La tendance ne se limite pas aux limites du Parc National de Glacier Bay. On observe de tels événements dans toute la région montagneuse du sud-est de l’Alaska et les régions voisines du Canada. Ils sont suivis de près par un système sismique créé par des scientifiques  du Lamont-Doherty Earth Observatory.de l’Université de Columbie Britannique.
Au Groenland en juin 2017, quatre personnes ont été tuées par un tsunami qui a été déclenché par une avalanche de roches dans un fjord. L’événement a généré un signal sismique semblable à celui d’un tremblement de terre de magnitude M 4.1, et une vague de plus de 90 mètres de hauteur a frappé un village de pêcheurs.
Source: Alaska Dispatch News.

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In a note released on September 11th, I indicated that because of global warming in the Alps, the front of the Trift Glacier, in the Swiss province of Valais, had collapsed without killing anybody, nor causing major damage.

In June 2016, a 1,200 metre mountain slope in Glacier Bay National Park collapsed in Alaska, spreading rock over about 20 square kilometres over the Lamplugh Glacier and creating a seismic signal as powerful as a magnitude-5.2 earthquake.

The year before, the face of another park mountain peeled off and sent about 220 million tons of rock and debris crashing onto another glacier and into the fjord below. The biggest non-volcanic North American landslide on record, it triggered a local tsunami that rose to 180 metres and stripped alders off high hillsides. Scientists say these massive rock slides should be taken seriously as they may become a threat to cruise ships and kayakers that sometimes head into wilderness bays.

A study of rock avalanches in the western part of Glacier Bay National Park found that the likelihood of large slides covering about 5 square kilometres has at least doubled in the last five years. As the climate has warmed, characteristics of the region’s rock avalanches have changed. They are bigger, and travelling farther. The study examined the 24 rock avalanches that happened from 1984 to 2016 in western Glacier Bay National Park, and used satellite imagery for consistency in measurements over the three decades.

The likely reason of the rock avalanches, says the study, is thaw of the ice that fills the mountains’ rock cracks, crevices and fractures, referred to as « rock-permafrost. » The rock-permafrost helps hold steep slopes intact, so thaw or even softening of that ice destabilizes the rock.

Glacial thinning is likely a secondary factor. Thinned glaciers are less effective at propping up mountain faces.

The study correlates the increasing size of Glacier Bay rock avalanches to a long-term warming trend. The large avalanches began about two years after the area’s annual maximum temperature shifted above freezing.

The trend extends beyond park boundaries. The whole mountainous region of Southeast Alaska and neighbouring parts of Canada has emerged as a hot spot for such events – now closely tracked by a seismic system created by scientists at Columbia University’s Lamont-Doherty Earth Observatory.

In Greenland in June 2017, four people were killed by a tsunami that was triggered when a rockslide dropped from a mountain slope into a fjord. There, the rockslide creating a seismic signal similar to that of a magnitude-4.1 earthquake, and a wave rising more than 90 metres struck a fishing village.

Source: Alaska Dispatch News.

Vue de l’avalanche de roches dans le Parc national de Glacier Bay le 28 juin 2016, avec la masse de matériaux qui est venue s’échouer à la surface du Lamplugh Glacier.

La photo a été prise par Paul Swanstrom, propriétaire de l’agence Mountain Flying Service, que je salue ici. C’est un pilote hors pair avec lequel j’ai effectué plusieurs survols de la région.

Un défi sportif pour montrer les effets du réchauffement climatique // A sporting challenge to show the effects of global warming

A plusieurs reprises sur ce blog, j’ai indiqué que les passages du nord-est et du nord-ouest allaient bientôt pouvoir être empruntés à des fins commerciales, avec tous les risques environnementaux que comporte une telle navigation.

En attendant les gros navires, c’est le frêle esquif d’Yvan Bourgnon* – un catamaran de sport – qui s’est glissé entre les icebergs du Passage du Nord-Ouest, ce qui a permis au navigateur franco-suisse de réaliser un authentique exploit. En effet, il a effectué ce voyage périlleux en solitaire, sans habitacle et sans assistance !

La performance sportive avait également pour but de sensibiliser le grand public aux effets du réchauffement climatique.

Il aura fallu à Yvan Bourgnon deux mois et six jours pour boucler son défi Bimedia. Parti le 13 juillet dernier de Nome en Alaska, Yvan a rejoint Nuuk, capitale du Groenland, point final de son extraordinaire périple de 7500 km. Le passage du Nord-Ouest relie l’Océan Atlantique à l’Océan Pacifique, en passant par les îles arctiques du grand Nord Canadien (voir la carte ci-dessous).  .

Le Passage du Nord-Ouest est une voie maritime sur laquelle seuls les brise-glaces et quelques autres navires expérimentaux ont osé s’aventurer, et qu’Yvan Bourgnon vient de l’ouvrir pour la première fois de l’histoire à un petit voilier d’à peine 6.30m de long sur 4m de large !

Le parcours est jalonné de sites mythiques qui ont pour noms Détroit de Béring, Barrow, Mer de Beaufort, Golfe d’Amundsen ou encore Baie de Baffin. Ils sont souvent associés à des éléments climatiques hostiles, sans oublier l’omniprésence des ours polaires qui, à cause du réchauffement climatique, sont de plus en plus agressifs car sous-alimentés.

Il est bon de rappeler que ce passage maritime nord reliant l’Océan Atlantique à l’Océan Pacifique en passant par les îles arctiques du grand Nord Canadien n’était pas navigable il y a encore quelques années. Sous l’effet du réchauffement des eaux et de la fonte partielle de la banquise entre le pôle et le continent, le passage du Nord-Ouest est devenu une route océanique possible, quelques semaines par an. Pour Yvan Bourgnon, qui a fait l’expérience concrète de ce changement, le Défi Bimedia ambitionne aussi de porter un témoignage essentiel sur les conséquences du réchauffement climatique et sur la présence de nombreux déchets océaniques rencontrés sur la route.

*Yvan Bourgnon est un skipper franco-suisse. Il est le frère cadet de Laurent Bourgnon, avec qui il a remporté la Transat en double Jacques-Vabre en 1997. Ce n’est pas un débutant ; entre octobre 2013 et juin 2015, il a  déjà effectué un tour du monde sur un catamaran non habitable de 6,30 m, sans GPS, en faisant le point à l’aide d’un sextant et de cartes papier.

Source: Le Défi Bimedia.
http://ledefibimedia.com/

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Several times on this blog, I indicated that the northeast and north-west passages would soon become shipping lanes for commercial purposes, with all the environmental risks involved in such navigation.
Ahead of the big ships, Yvan Bourgnon * ‘s fragile skiff – a sports catamaran – slipped between the icebergs of the Northwest Passage, enabling the Franco-Swiss navigator to make an authentic feat. Indeed, he performed this perilous journey alone, without a cockpit and without assistance!
This performance was also aimed at raising public awareness of the effects of global warming.
It took Yvan Bourgnon two months and six days to complete his Bimedia challenge. After a start from Nome (Alaska) on July 13th, Yvan reached Nuuk, the capital of Greenland, the final point of his extraordinary journey of 7500 km. The Northwest Passage connects the Atlantic Ocean to the Pacific Ocean, through the Arctic Islands of the Canadian Great North (see map below). .
The Northwest Passage is a seaway on which only the icebreakers and a few other experimental vessels have dared venture, and Yvan Bourgnon has just opened it, for the first time in history, to a small sailing boat barely 6.30m long by 4m wide!
The route is dotted with mythical sites such as Bering Strait, Barrow, Beaufort Sea, Amundsen Gulf or Baffin Bay. They are often associated with hostile climatic elements, not to mention the omnipresence of polar bears which, because of global warming, are increasingly aggressive because they are undernourished.
It is worth recalling that this northern maritime passage linking the Atlantic Ocean to the Pacific Ocean through the Arctic islands of Canada’s Great North was not navigable a few years ago. As a result of the warming of the waters and the partial melting of the ice between the pole and the mainland, the Northwest Passage has become a possible shipping route a few weeks a year. For Yvan Bourgnon, who has actually experienced this change, the Bimedia Challenge also aims to give an essential testimony on the consequences of global warming and on the presence of a lot of ocean waste encountered on the road.

* Yvan Bourgnon is a Franco-Swiss skipper. He is the younger brother of Laurent Bourgnon, with whom he won the Transat en Double Jacques-Vabre in 1997. He is not a beginner; between October 2013 and June 2015, he already sailed around the world on a 6.30 m non-habitable catamaran, without a GPS, using a sextant and paper maps.

Source: Le Défi Bimedia.
http://ledefibimedia.com/

Source: Défi Bimedia