Le rôle des petits glaciers dans les écosystèmes // The part played by small glaciers in the ecosystems

Selon une étude de l’Université de Fairbanks, les petits glaciers qui s’accrochent aux hautes pentes des montagnes en Alaska et ailleurs dans le monde semblent jouer un rôle important au niveau des aquifères et des systèmes fluviaux loin de la mer.
L’étude porte sur les glacier Jarvis et Gulkana, dans l’est de l’Alaska, et les torrents qui s’en échappent. Le glacier Jarvis donne naissance au ruisseau du même nom qui s’écoule ensuite dans la Tanana River, qui alimente à son tour le fleuve Yukon.

Comparé aux grands glaciers côtiers spectaculaires qui attirent les navires de croisière, le glacier Jarvis est minuscule et, comme les autres glaciers, il fond et recule. La couverture glaciaire dans le bassin versant de la Tanana River a diminué de 12% entre 1950 et 2010. Le glacier Jarvis a reculé d’environ 1,7 km entre 1949 et 2015, et ces dernières années il s’est considérablement aminci. Le glacier Gulkana Glacier a lui aussi perdu de son épaisseur.
L’accélération de la fonte des deux glaciers représente 15% à 28% du débit annuel du torrent Jarvis. Cependant, seulement environ la moitié de cette eau atteint le confluent de ce torrent avec un autre cours d’eau. L’autre moitié s’infiltre dans le sol et alimente la nappe phréatique avant de rejoindre les rivières plus en aval comme la Tanana River et, finalement, le fleuve Yukon.
Dans sa conclusion, l’étude fait remarquer que les glaciers de montagne dans les hautes latitudes représentent une source souvent oubliée de contribution aux rivières subarctiques et à la recharge des nappes phréatiques. La découverte que la fonte de glacier contribue à recharger les nappes phréatiques de la région a des implications pour d’autres régions du globe où l’on rencontre des montagnes arides avec des glaciers de haute altitude.
En raison du réchauffement climatique, la quantité d’eau produite par le glacier Jarvis est temporaire. Au bout du compte, le glacier et ses eaux de fonte vont disparaître, tout comme les autres glaciers de montagne dont certains sont si petits qu’ils n’ont même pas de noms. De tels petits glaciers ont été sous-estimés quant à leur rôle dans l’écosystème. Ainsi, en Alaska, leur impact sur le saumon est intéressant. Les eaux de source, lorsqu’elles sortent dans les lits des rivières, s’écoulent librement, même en hiver, alors que la surface des rivières gèle rapidement. Ces eaux souterraines donnent naissance à des zones plus chaudes dans les rivières, et les saumons les fréquentent au moment de la fraie. L’écosystème connaîtra donc de grands changements lorsque les glaciers ne pourront plus alimenter les nappes phréatiques.
Les auteurs de l’étude indiquent que cette nouvelle situation pourrait malgré tout avoir des effets bénéfiques pour les personnes. La réduction de l’eau souterraine d’origine glaciaire pourrait permettre aux cours d’eau de geler plus rapidement et donc de faciliter les déplacements.
Source: Alaska Dispatch News.

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According to a University of Alaska Fairbanks-led study, the small and sometimes patchy glaciers that cling to high mountain slopes in Alaska and elsewhere in the world appear to be big players in groundwater and river systems far from the sea.

The study focused on Jarvis Glacier in the eastern Alaska Range, the nearby Gulkana Glacier and the points downstream from them. Jarvis Glacier feeds into Jarvis Creek which then flows into the Tanana River, which feeds the Yukon River.

Compared to the big coastal glaciers that draw cruise ship sightseers, Jarvis Glacier is tiny. And like other glaciers, it is shrinking. Glacial coverage in the Tanana River watershed decreased by 12 percent from 1950 to 2010. Jarvis Glacier receded about 1.7 km from 1949 to 2015, and in recent years has thinned dramatically. Gulkana Glacier is also thinning.

The glaciers’ accelerated melt accounts for 15 percent to 28 percent the annual flow in Jarvis Creek. However, only about half of the streamflow comes out of the mouth end of the creek. About half filters down into an aquifer, flowing through the soil and then into lowland rivers like the Tanana and, ultimately, the Yukon.

The study concludes by saying that high-latitude mountain glaciers represent an overlooked source to subarctic river discharge and aquifer recharge. The discovery that glacial melt is recharging the area’s aquifer has implications for other arid mountain regions with high-altitude glaciers.

Due to global warming and glacier melting, the big flow of water from Jarvis Glacier is temporary. Ultimately, Jarvis Glacier and the meltwater it produces will disappear, as will similar mountain glaciers, some of them so small that they don’t even have names. Such small mountain glaciers have been under-appreciated, and so has their role in the ecosystem. In Alaska, their impact on salmon is interesting. Groundwater, when it springs up into the beds of the rivers, is free-flowing, even in winter, when the rivers’ surfaces are frozen fast. The groundwater seeps are warm spots in the rivers, and salmon use them to spawn. So there will be big changes in the ecosystem when glaciers are no longer able to contribute to the aquifers.

On the other hand, the author of the study indicated there might be some beneficial effects to people. Reductions in glacial-fed groundwater might leave the rivers more solidly frozen and safer for travel.

Source : Alaska Dispatch News.

Exemples de petits glaciers en Alaska (Photo: C. Grandpey)

 

 

La Terre il y a 56 millions d’années, aujourd’hui et demain // The Earth 56 million years ago, today and tomorrow

Dans une étude récente publiée dans la revue Nature, des scientifiques ont examiné le réchauffement climatique qui s’est produit pendant le PETM (Maximum thermique du passage Paléocène-Éocène) et ont tiré des conclusions sur le réchauffement climatique qui affecte actuellement notre planète.
Le climat de la Terre a connu un réchauffement rapide pendant le PETM, il y a 56 millions d’années. Dans leur dernière études, les chercheurs ont identifié la cause de cette période de réchauffement climatique et ils ont établi un lien avec le changement climatique que nous connaissons actuellement.
Juste avant le PETM, la Terre ne ressemblait pas à ce qu’elle est aujourd’hui. Les régions polaires étaient dépourvues de glace ; il y avait des forêts tempérées ou même subtropicales le long des côtes de l’Antarctique et le Canada arctique ressemblait aux marécages des Everglades de la Floride d’aujourd’hui. La température des océans était de 10°C supérieure à ce qu’elle est aujourd’hui et les zones climatiques chaudes s’étaient toutes déplacées vers les pôles.
Au début du PETM, la planète s’est réchauffée d’au moins 5°C en quelques milliers d’années. La vie dans les profondeurs des océans a souffert de façon disproportionnée. De nombreuses espèces ont disparu et certaines zones des océans ont devenues anoxiques. Il a fallu environ 150 000 ans pour que le climat de la Terre retrouve un certain équilibre.
Une augmentation de 5°C sur quelques milliers d’années est extrêmement rapide à l’échelle géologique, mais n’est rien comparé à la vitesse actuelle du réchauffement climatique. Si nous continuons à brûler des combustibles fossiles au même rythme, les scénarios les plus pessimistes indiquent que nous pourrions atteindre 5°C d’ici la fin du siècle !
Le PETM peut nous éclairer sur l’avenir de notre planète. On pense depuis longtemps que la période chaude du PETM a été provoquée par l’augmentation des concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère. En effet, nous savons qu’il y a eu une énorme libération de carbone dans l’atmosphère et dans les océans à cette époque, grâce à l’analyse de sédiments datant de 56 millions d’années. Pourtant, l’origine de ce carbone a toujours été l’objet de désaccords. La dernière étude a identifié l’empreinte chimique de ce carbone. Il semble provenir des émissions produites par une activité volcanique intense et prolongée. L’étude montre également que le niveau atmosphérique de CO2 a plus que doublé en moins de 25 000 ans. Cela s’explique par le fait que le Groenland et l’Amérique du Nord s’éloignaient de l’Europe en créant l’Océan Atlantique Nord, avec une activité volcanique le long de ce qui est aujourd’hui la dorsale médio-atlantique. D’énormes quantités de carbone ont probablement été libérées dans l’atmosphère par l’activité volcanique pendant le PETM, en volumes beaucoup plus importants que toutes les réserves de combustibles fossiles actuellement accessibles. Toutefois la vitesse d’émission était probablement au moins 20 fois plus lente qu’aujourd’hui.

Le volcanisme du PETM a eu lieu en grande partie sous l’eau et à un rythme lent. L’équivalent moderne serait sûrement les «fumeurs noirs» que l’on rencontre dans les profondeurs de l’Atlantique.
Le carbone libéré par ces bouches au fond de l’océan est remonté à la surface et a déclenché un cycle qui a fini par affecter les océans proprement dits. Tout d’abord, la chaleur extrême du PETM a conduit à une altération plus rapide des roches et du sol, ce qui signifie que plus de nutriments comme le phosphore se sont propagés dans la mer, ce qui a stimulé la croissance du plancton. Lorsque le plancton est mort, il descend vers les fonds marins et stocke progressivement ce même carbone dans des sédiments profonds.
Alors que cette chaîne d’événements a provoqué l’élimination du carbone de l’atmosphère ancienne, elle a également entraîné une perte d’oxygène dans certaines parties des océans, comme cela se produit de nos jours dans les «zones mortes» du Golfe du Mexique où un excès de nutriments se répand dans l’eau chaude de l’océan.
La dernière étude a révélé que le PETM a été causé par des émissions massives de carbone provenant de l’intérieur de la Terre. Cette situation présente beaucoup de points commun avec celle que nous connaissons aujourd’hui, avec une élévation du niveau de CO2 dans notre atmosphère et nos océans par la combustion des combustibles fossiles qui ont été enterrés pendant des millions d’années. Le PETM nous donne une image de plus en plus claire de ce que sera la Terre si nous continuons à émettre des gaz à effet de serre. Il se pourrait que notre planète connaisse une situation qu’elle n’a jamais traversée en 56 millions d’années.
Source: The Guardian / Nature.

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In a recent study published in Nature, scientists examined the global warming that occurred during the PETM 56 million years ago and drew conclusions about the global warming that currently affects our planet.

Earth’s climate experienced rapid warming during the Palaeocene-Eocene Thermal Maximum (PETM), 56 million years ago. In their latest research, scientists have identified the cause of this well-known warm period. Its links to present day climate change are clear.

Just prior to the PETM, Earth looked very different than it does today. The polar regions were devoid of ice sheets, with temperate or even subtropical forests along the coastlines of Antarctica, and Arctic Canada resembling the swamplands of modern Florida. The deep oceans were about 10°C warmer than today, and warm climate zones were all shifted polewards.

Next, the planet warmed by at least a further 5°C over a few thousand years at the onset of the PETM. Life in the deep sea suffered disproportionately; many species went extinct and parts of the deep ocean became anoxic. It took about 150,000 years for Earth’s climate to naturally recover and regain some sort of equilibrium.

An increase of 5°C over a few thousand years is breakneck speed in geological terms, but is still nothing compared to our current rate of warming. In fact, if we keep burning fossil fuels at our current rate, the worst-case scenarios suggest we could hit 5°C by the end of the century.

What can the PETM tells us about the future? It has long been suspected that the warm period was triggered by increasing greenhouse gas concentrations in the atmosphere. We know there was a huge release of “new” carbon into the atmosphere and oceans at the time, thanks to analysis of 56million-year-old sediments. Yet where this carbon came from has always been disputed. The latest study identified the distinctive chemical fingerprint of this carbon; it pointed not to methane, but to emissions from intense and prolonged volcanic activity. The research also show that atmospheric CO2 levels more than doubled in less than 25,000 years. This makes sense: at the same time, Greenland and North America were drifting away from Europe, creating the North Atlantic Ocean and a string of volcanic activity along what is now the Mid-Atlantic Ridge. Huge quantities of carbon must have been released into the atmosphere by volcanic activity during the PETM, which is an order of magnitude higher than all currently-accessible fossil fuel reserves taken together. But the rate of emissions would have been at least 20 times slower than today. Given how much CO2 was released, the resulting global warming was about what we would predict based on calculations of current climate sensitivity.

PETM volcanism largely took place under water and at a slower pace, perhaps the best modern equivalent would be the “black smokers” still found today in the deep North Atlantic.

The carbon released by these vents would bubble up to the surface and kick off a cycle that would eventually affect the oceans themselves. First, extreme PETM warmth led to faster weathering of rocks and soil, which meant more nutrients like phosphorus were being washed into the sea. This in turn stimulated plankton growth. When the plankton died they drifted down to the seafloor and gradually stored that same carbon in deep marine sediments.

While this chain of events aided the removal of carbon from the ancient atmosphere it also led to oxygen starvation in some parts of the deep sea, analogous to the “dead zones” that form today in areas like the Gulf of Mexico where an excess of nutrients is washed into warm water.

The latest study found the PETM was caused by massive carbon emissions from Earth’s interior. It thus has many parallels to today, where we are ratcheting up CO2 levels in our atmosphere and oceans by burning fossil fuels that have been buried for millions of years. The PETM is giving us an increasingly clearer picture of what Earth will be like if we carry on, and take our planet to places it has not been in at least 56 million years.

Source: The Guardian / Nature.

Evolution du climat sur 65 millions d’années

Réchauffement climatique : Des vérités qui dérangent // Global warming : Inconvenient truths

En 2006, Al Gore, l’ancien vice-président des Etats-Unis, a sorti sur les écrans « Une vérité qui dérange », un film alertant sur les dangers du réchauffement climatique. Malgré les vives critiques des climatosceptiques, le documentaire a connu un grand succès auprès du public. Il a permis également à Al Gore de recevoir le prix Nobel de la Paix en 2007.

Le 27 septembre prochain, un nouveau film, « Une suite qui dérange : Le temps de l’action »,  sortira sur les écrans en France. Il est la suite logique du précédent mais a rencontré un succès mitigé aux Etats-Unis (voir ma note du 9 août 2017). Le film est une déclaration de guerre ouverte à l’administration Trump, mais aussi un rappel de ses mises en garde de 2006. La justesse de certaines prédictions est saisissante. En cliquant sur ce lien, vous aurez accès à la bande-annonce :

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19569566&cfilm=252419.html

En 2006, les climatosceptiques étaient encore nombreux, et le sujet faisait débat. Mais pour Al Gore, la vérité relevait de l’évidence. Non seulement le réchauffement climatique était bien réel, mais l’homme en était responsable. Pour donner du poids à ses propos, il citait une étude à grande échelle qui analysait les conclusions de 928 publications scientifiques sur le réchauffement climatique. La conclusion de l’étude était que l’Homme est responsable du réchauffement climatique. Depuis, les rapports du Groupe International d’Experts sur l’Evolution du Climat (GIEC) ont levé les derniers doutes. Le réchauffement climatique est non seulement bien réel, mais de plus en plus alarmant. Et les activités humaines en sont les premières responsables.

Dans son premier documentaire, Al Gore expliquait déjà que l’année 2005 avait été la plus chaude depuis la fin du 19ème siècle, et prédisait une série de nouveaux records pour les années à venir qui lui ont donné raison puisque 2016 a été la plus chaude jamais enregistrée. En se basant sur la moyenne des températures entre 1880 et 1899 – symboles de l’ère préindustrielle – 2016 a été en moyenne 1,1°C plus chaude, notamment à cause de l’accroissement des émissions de CO2 et de méthane dans l’atmosphère au cours des dernières décennies.

La scène la plus critiquée du film Une vérité qui dérange montrait que l’association de la montée des eaux et de la force des tempêtes tropicales inonderait le Mémorial du 11 Septembre sur l’île de Manhattan, à New York. Dans son premier documentaire, Al Gore prédisait que l’inondation de Manhattan serait provoquée par la fonte des glaces, notamment du Groenland, et la hausse du niveau des océans. New York a effectivement été inondée, comme il l’avait prévu, mais à cause de facteurs différents, en l’occurrence l’ouragan Sandy en 2012.

Dans son documentaire de 2006, Al Gore alerte également la population sur l’inéluctable multiplication des catastrophes naturelles liées au réchauffement climatique. Il prend pour exemple la multiplication des tornades aux États-Unis, des typhons dans le Pacifique et l’ouragan Katrina, en 2005. Sur ce point précis, il se confirme que le réchauffement climatique provoque, si ce n’est plus d’ouragans, au moins des ouragans plus violents, à l’image d’Irma et Jose en septembre 2017. Des études démontrent que, plus le réchauffement climatique sera important, plus les cyclones seront puissants.

S’agissant de la hausse du niveau des océans, Al Gore redoutait que la fonte des glaciers puisse entraîner une hausse des océans de près de 6 mètres, surtout à cause de la fonte du Groenland. Selon les derniers rapports publiés par la NOAA, le niveau des océans continue d’augmenter, avec une hausse d’environ 3,3 millimètres par an, un phénomène qui « risque de s’accélérer dans les prochaines décennies ». D’après le cinquième rapport du GIEC, publié en 2013, les océans se sont élevés de 19 cm depuis la fin du 19ème siècle. Selon le pire scénario, le niveau des océans pourrait s’élever d’un mètre d’ici 2100 et de 6,63 mètres d’ici 2500. Et selon une étude parue en juin 2017, le niveau des océans est monté en 2014 à une vitesse supérieure de 50% à celle de 1993. La fonte de la calotte glaciaire du Groenland serait à l’origine de 25% de cette hausse, contre 5% il y a 20 ans.

Dans son film Une vérité qui dérange, Al Gore affirmait que d’ici 10 ans, les neiges du Kilimandjaro auraient disparu. S’il s’est montré trop pessimiste sur la date, il ne s’est pas trompé sur le diagnostic. Force est de constater que la plus haute montagne d’Afrique est toujours enneigée en 2017, mais plus pour longtemps. Selon les dernières prévisions, ses glaciers devraient totalement disparaître d’ici 2030. Le Kilimandjaro n’est pas le seul sommet touché par le réchauffement climatique. Partout dans le monde, les glaciers reculent, voire disparaissent. Comme je l’ai indiqué dans une note précédente, selon une étude publiée en septembre 2017 par le laboratoire de Glaciologie et Géophysique de l’Environnement (LGGE), les glaciers des Alpes françaises fondent trois fois plus vite depuis 2003, avec une perte totale de 25% de leur superficie en 12 ans.

Source : L’Express.

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In 2006, Al Gore, the former vice president of the United States, released An Inconvenient Truth, a film alerting the dangers of global warming. Despite the strong criticism of the climate change skeptics, the documentary was very popular with the public. It also allowed Al Gore to receive the Nobel Peace Prize in 2007.
On September 27th, a new film, the sequel to An Inconvenient Truth – « An Inconvenient Sequel » – will be released in France, after having met with mixed success in the United States (see my note of August 9th, 2017). The film is an open declaration of war to the Trump administration, but also a reminder of his 2006 warnings. The accuracy of certain predictions is striking.

By clicking on this link, you will see the trailer of the film:

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19569566&cfilm=252419.html

In 2006, there were still many climate-skeptics, and the subject was debated. But for Al Gore, the truth was obvious. Not only was global warming real, but Man was responsible for it. To give weight to his remarks, he cited a large-scale study that analyzed the findings of 928 scientific publications on global warming. The conclusion of the study was that Man was responsible for global warming. Since then, the reports of the International Panel of Experts on Climate Change (IPCC) have lifted the last doubts. Global warming is not only real, but increasingly alarming. And human activities are the primary responsibility.
In his first documentary, Al Gore already explained that 2005 was the hottest year since the end of the 19th century, and predicted a series of new records for years to come. The following years proved him right since 2016 was the hottest ever recorded. Based on average temperatures between 1880 and 1899 – pre-industrial era symbols – 2016 averaged 1.1°C warmer, in particular because of the increase in CO2 and methane emissions in the atmosphere over the past decades.
The most criticized scene of the movie An Inconvenient Truth showed that the combination of rising water and the power of tropical storms would flood the September 11th memorial on Manhattan Island, New York. In his first documentary, Al Gore predicted mostly that the Manhattan flood would be caused by the melting of the ice, especially Greenland, and rising sea levels. New York was in fact flooded, as Al Gore had anticipated, but due to different factors, especially Hurricane Sandy in 2012.

In his 2006 documentary, Al Gore also alerted the population on the inevitable multiplication of the natural catastrophes linked to global warming. Examples include the increase in tornadoes in the United States, typhoons in the Pacific and Hurricane Katrina in 2005. On this specific point, it is confirmed that global warming causes, if not more hurricanes, at least more severe hurricanes, such as Irma and Jose in September 2017. Studies show that the more intense global warming will be, the more powerful the cyclones will be.
With regard to rising sea levels, Al Gore feared that the melting of glaciers could cause the oceans to rise by nearly 6 metres, mainly because of the melting of Greenland. According to the latest NOAA reports, ocean levels continue to rise, with a surge of about 3.3 millimetres per year, a phenomenon which « is likely to accelerate in the coming decades ». According to the fifth IPCC report published in 2013, the oceans have risen 19 cm since the end of the 19th century. According to the worst-case scenario, the ocean level could rise by 1 metre by 2100 and 6.63 metres by 2500. And according to a study published in June 2017, the ocean level rose in 2014 to a speed higher by 50% than in 1993. The melting of the Greenland ice sheet would account for 25% of this increase, as against 5% 20 years ago.
In his film An Inconvenient Truth, Al Gore stated that within 10 years, the snows of Kilimanjaro would have disappeared. If he was too pessimistic about the date, he was not mistaken about the diagnosis. It is clear that there is still snow on the highest mountain of Africa in 2017. But not for long. According to the latest forecasts, its glaciers should totally disappear by 2030. Kilimanjaro is not the only summit affected by global warming. Throughout the world, glaciers are receding or even disappearing. As indicated in a previous note, according to a study published in September 2017 by the Glaciology and Geophysics Laboratory of the Environment (LGGE), the glaciers of the French Alps have been melting three times faster since 2003, losing 25% of their area in 12 years.
Source: L’Express.

Vue de la courbe de Keeling entre septembre 2015 et septembre 2017. Aucun progrès en vue : les seuils mini et maxi sont à la hausse et la concentration de CO2 dans l’atmosphère reste supérieure à 400 ppm!. (Source: NOAA)

Pendant ce temps, la banquise et les glaciers continuent de fondre. (Photos: C. Grandpey)

Glaciers des Alpes : La fonte s’accélère // Glacier melting is accelerating in the Alps

Après le site de France 3 Occitanie à propos des glaciers des Pyrénées, c’est au tour du site de France 3 Auverge-Rhône-Alpes d’attirer l’attention sur la situation glaciaire inquiétante dans les Alpes. Selon le Laboratoire de Glaciologie et Géophysique de l’Environnement (LGGE) de Grenoble, les glaciers des Alpes françaises, malmenés par le réchauffement climatique,  fondent trois fois plus vite depuis 2003, avec une perte moyenne totale de 25% de leur superficie en 12 ans,

L’étude souligne notamment que la perte de surface entre 2003 – date de la dernière actualisation effectuée – et 2015 s’établit en moyenne à 2% par an sur les Alpes françaises, contre 0,7% sur la précédente période chiffrée (1986-2003). Le chiffre est donc presque multiplié par 3. L’augmentation du retrait est très nette, notamment dans les parties basses des glaciers. D’une manière générale, on peut relier ce rétrécissement à leur altitude moyenne dans les massifs.

Le Laboratoire indique que les glaciers du massif du Mont-Blanc sont ceux qui résistent le mieux à cette érosion. Ils enregistrent un retrait de superficie d’environ 1% par an sur la période 2003-2015, contre 2,25% par an pour les glaciers moins élevés des massifs des Écrins. Le massif le plus touché est celui de la Vanoise, avec 2,6% de perte de surface par an en moyenne, principalement parce que peu de sommets y dépassent les 3.800 mètres d’altitude. La perte plus modérée constatée dans le massif du Mont-Blanc s’expliquerait par le fait d’une altitude moyenne plus élevée des glaciers de ce massif.
La partie du rapport du LGGE concernant les glaciers du Mont Blanc a de quoi surprendre. Quand on se trouve face à la Mer de Glace ou devant le Glacier des Bossons, quand on survole les glaciers du massif en avion, on se rend compte à quel point ces glaciers ont reculé ! Ce recul ultrarapide est confirmé par les années qui figurent le long de l’escalier d’accès à la Mer de Glace où il va probablement falloir ajouter des marches pour atteindre la grotte en 2018.

La fonte des glaciers ne peut être niée. Elle est devant nos yeux. Je l’ai encore observée il y a quelques jours dans la partie méridionale du massif alpin où les canons à neige sont installés de plus en plus haut sur les pentes des montagnes. Pour beaucoup de stations, l’or blanc ne sera bientôt plus qu’un souvenir.

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After France 3 Occitanie‘s website about the glaciers of the Pyrenees, France 3 Auverge-Rhône-Alpes draws attention to the worrying glacial situation in the Alps. According to the Laboratory of Glaciology and Geophysics of the Environment (LGGE) in Grenoble, the glaciers of the French Alps, deeply affected by global warming, have been melting three times faster since 2003, with a total average loss of 25% of their area in 12 years,
The study underlines in particular that the loss of area between 2003 – the date of the last update – and 2015 is on average 2% per year on the French Alps, against 0.7% during the previous period (1986- 2003). The number is thus almost multiplied by 3. The increase in shrinkage is obvious, especially in the lower parts of the glaciers. In general, this shrinkage can be linked to their average altitude in the massifs.
The Laboratory indicates that the glaciers of the Mont-Blanc are more resistant to this erosion. They recorded an area shrinkage of about 1% per year over the period 2003-2015, compared with 2.25% per year for the lower glaciers of the Ecrins. The most affected massif is that of the Vanoise, with 2.6% loss of ice surface per year on average, mainly because few summits exceed 3,800 meters above sea level. The more moderate loss found in the Mont Blanc could be explained by the fact that the glaciers have a higher average altitude.
The part of the LGGE report concerning the Mont Blanc glaciers is surprising. When you are facing the Mer de Glace or in front of the Glacier des Bossons, or when you fly over the glaciers of the massif by plane, you realize how fast these glaciers have retreated! This rapid decline is confirmed by the years posted along the access staircase to the Mer de Glace, where it will probably be necessary to add steps to reach the ice cave in 2018.
Glacier melting can not be denied. It is before our eyes. I observed it a few days ago in the southern part of the alpine massif where the snow cannons are installed higher and higher on the slopes of the mountains. For many resorts, the white gold will soon be a memory.

Même s’ils semblent mieux résister, les glaciers du massif du Mont Blanc sont fortement affectés par le réchauffement climatique (Photos: C. Grandpey)