Réchauffement climatique: Les Antilles ont peur

Selon le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC), de nombreuses mégapoles et petites îles devraient être frappées d’ici 2050 au moins une fois par an par un événement extrême qui ne se produisait jusqu’alors que tous les 100 ans. Selon les scientifiques, il n’y a qu’une solution pour éviter la catastrophe à venir : réduire les émissions de gaz à effet de serre, en particulier de CO2.

Certains des impacts dévastateurs du changement climatique sont déjà « irréversibles », a noté le groupe d’experts climat de l’ONU. Les modifications de l’océan ne s’arrêteront pas soudainement en baissant les émissions, mais leur rythme devrait être ralenti. Cela permettrait de gagner du temps pour, par exemple, se préparer à la montée des eaux et aux événements météo extrêmes qui lui sont liés (vagues de submersion, tempêtes): en construisant des digues autour des grandes mégapoles côtières comme New York ou en anticipant le déplacement inéluctable de certaines populations, notamment celles de petits Etats insulaires qui pourraient devenir inhabitables d’ici la fin du siècle.

Le niveau des océans s’accroît aujourd’hui 2,5 fois plus vite qu’au 20ème siècle où il avait pris 15 cm, et cette hausse va encore s’accélérer. Selon le rapport du GIEC, on pourrait réduire de 100 à 1.000 fois les risques d’inondations sur les côtes du monde entier en construisant des protections. Cela suppose d’investir « des dizaines à des centaines de milliards de dollars par an ». Comme je l’indiquais à l’issue de ma visite à la Martinique au mois d’août, l’île a déjà mis en place des enrochements sur certaines côtes pour faire face aux assauts de la mer. Le tout est maintenant de savoir si ces protections continueront à résister à la hausse du niveau de l’océan. Selon le rapport, plus d’un milliard de personnes vivront d’ici le milieu du 21ème siècle dans des zones côtières peu élevées particulièrement vulnérables. Même dans un monde à +2°C, de nombreuses mégapoles et petites îles devraient être frappées d’ici 2050 au moins une fois par an par un événement extrême qui ne se produisait jusqu’alors que tous les cent ans.

Le monde s’est engagé en 2015 dans l’Accord de Paris à limiter le réchauffement à +2°C, voire +1,5°C par rapport à l’ère pré-industrielle, en réduisant les émissions de gaz à effet de serre liées aux activités humaines. Les océans, qui couvrent plus de 70% de la surface du globe, ont absorbé environ un quart de ces émissions et 90% de la chaleur supplémentaire générée par le CO2 produit par l’Homme. Les conséquences sont déjà palpables avec la hausse de la température de la mer, l’acidification et la perte d’oxygène des océans. Le GIEC prévoit que les océans aspireront 2 à 4 fois plus chaleur d’ici 2100, dans un scénario optimiste. A cause de cette chaleur emmagasinée, nous ne pouvons plus revenir en arrière, quoi que nous fassions avec nos émissions ; le changement climatique est irréversible. Cela entraînera aussi des effets en cascade sur les écosystèmes dont dépend l’Homme, des récifs coralliens aux régions de montagne.

Avec ce rapport, c’est la quatrième fois que les scientifiques tirent la sonnette d’alarme sur les impacts du dérèglement climatique et pointent des pistes vers les façons d’y remédier ou au moins les limiter. Jusqu’à présent, les dirigeants mondiaux n’ont pas été à la hauteur des engagements nécessaires. Comme le fait remarquer un membre du WWF, « avec ces faibles promesses des Etats, nous avons probablement plus de chance de faire sauter la banque au casino de Monte-Carlo que de limiter le réchauffement à +1,5°C. » Les engagements internationaux actuels, s’ils étaient respectés, conduiraient à un monde à +3°C.

Source : France Antilles.

Enrochements à la Martinique (Photo: C. Grandpey)

Un aigle pour observer les glaciers

L’initiative est sympathique, même si je pense qu’elle n’apporte pas grand-chose d’un point de vue scientifique. Des fauconniers alpins ont eu l’idée d’utiliser un aigle pour survoler le massif et donner des indications sur la fonte des glaciers. Ils veulent ainsi alerter le public sur l’impact du réchauffement climatique dans les Alpes.

L’aigle s’appelle s’appelle Victor, c’est un pygargue à queue blanche, spécialiste du vol apprivoisé, qui a été entraîné pendant cinq ans par ses fauconniers. Avec ses deux mètres d’envergure, il atteint des vitesses allant de 30 à 90km/h. Comme indiqué dans le reportage, Victor vole au gré de son humeur et des vents. Il ne peut donc fournir que des images éphémères des lieux qu’il survole. Les vidéos fournies par la caméra fixée sur son dos n’ont donc pas la précision de celles fournies par un drone ou par celles réalisées pendant un survol du massif alpin.

Il n’empêche que les vues de la montagne sont très belles et je ne peux que saluer cette initiative dont le but est avant tout de sensibiliser le public à la catastrophe glaciaire que connaissent actuellement les Alpes. Comme moi, Jacques-Olivier Travers, fauconnier Eagle Wings Foundation, a vu le glacier des Bossons reculer sur le flanc du Mont Blanc. …

Vous trouverez le reportage sur le site de la radio France Info à cette adresse :

https://www.francetvinfo.fr/monde/environnement/biodiversite/climat-un-aigle-pour-alerter-sur-le-rechauffement-climatique_3656409.html

Le front du glacier des Bossons en septembre 2019 (Photo: C. Grandpey)

Le Groenland, une caverne d’Ali Baba! // Greenland, an Ali Baba’s Cave !

Tout le monde s’est moqué du Président Trump lorsqu’il a laissé entendre que les États-Unis pourraient être intéressés par l’achat du Groenland. Comme je l’ai déjà écrit, ce n’était pas la première fois qu’un président américain émettait une telle idée. En y réfléchissant, la suggestion de Trump n’était pas aussi stupide qu’elle en a l’air. Alors que la hausse des températures fait reculer la banquise, l’Arctique est en train d’acquérir une nouvelle importance géopolitique et économique et les États-Unis ne sont pas les seuls à vouloir se partager le gâteau. La Russie, la Chine et d’autres pays s’intéressent aux ressources potentielles de la région
Le Groenland est parfois décrit comme une Caverne d’Ali Baba, avec une profusion de pétrole, de gaz naturel et de minéraux rares qui ne demande qu’à être exploitée au fur et à mesure que la glace disparaît. Au moment où la fonte de la glace ouvre des voies de navigation et révèle des richesses incroyables, la région est considérée comme un nouvel atout géopolitique et économique. Un Groenland indépendant pourrait, par exemple, offrir des bases à la Russie et / ou à la Chine. Si l’île devenait un territoire semi-autonome du Danemark, cela aurait des conséquences géostratégiques majeures, en particulier si le passage du Nord-Ouest devenait une voie de transit pour la navigation, comme c’est le cas dans l’Arctique russe.
En avril, le président russe Vladimir Poutine a présenté un ambitieux programme visant à réaffirmer la présence de son pays dans l’Arctique ; il prévoit notamment la construction de ports et d’autres infrastructures et le développement de la flotte de brise-glace. La Russie veut s’implanter dans la région qui détient jusqu’à un quart du pétrole et du gaz naturel non encore exploités sur la planète.
La Chine est intéressée par le Groenland pour ses ressources en minéraux rares et parce que l’île pourrait être une base portuaire permettant des expéditions à travers l’Arctique vers l’est des Etats Unis. L’an dernier, la Chine a déjà encouragé le développement d’une « Route de la soie polaire » dans le cadre de l’Initiative de Beijing pour la construction de voies ferrées, de ports et autres infrastructures dans des dizaines de pays.
Alors que le réchauffement climatique fait reculer la glace et le froid vers le nord un peu plus chaque année, les scientifiques soulignent que la course vers l’Arctique sera un marathon long et difficile, et surtout pas une course de vitesse. La fonte de la calotte glaciaire du Groenland va générer de nombreux obstacles à l’exploitation des ressources pétrolières et gazières en mer, car les plates-formes de forage et les navires seront en permanence sous la menace des icebergs.
En revanche, si l’exploitation minière au Groenland coûtait cher jusqu’à présent à cause de l’environnement, les coûts de développement ont diminué avec la fonte de la glace, ce qui rend l’île beaucoup plus attrayante pour les acheteurs potentiels,
Source: Médias américains.

—————————————————-

Everybody laughed at President Trump when he suggested the United States might be interested in buying Greenland. As I put it before, this was not the first time a US president had emitted such an idea. Thinking about it, Trump’s suggestion was not as stupid as it seems. As warmer temperatures cause the ice to retreat, the Arctic region is taking on new geopolitical and economic importance, and not just the United States hopes to stake a claim; Russia, China and other nations are eyeing the Arctic’s potential resources.

Greenland is sometimes described as an Aladdin’s Cave of oil, natural gas and rare earth minerals just waiting to be tapped as the ice recedes. As melting ice opens shipping lanes and reveals incredible riches, the region is seen as a new geopolitical and economic asset. An independent Greenland could, for example, offer basing rights to either Russia or China or both. Should the island become a semi-autonomous territory of Denmark, it would have major geostrategic implications, especially if the Northwest Passage becomes a transit route for shipping, which is what is happening in the Russian Arctic.

In April, Russian President Vladimir Putin put forward an ambitious program to reaffirm his country’s presence in the Arctic, including efforts to build ports and other infrastructure and expand its icebreaker fleet. Russia wants to stake its claim in the region that is believed to hold up to one-fourth of the Earth’s undiscovered oil and gas.

China sees Greenland as a possible source of rare earths and other minerals and a port for shipping through the Arctic to the eastern U.S. It called last year for joint development of a « Polar Silk Road » as part of Beijing’s Belt and Road Initiative to build railways, ports and other facilities in dozens of countries.

But while global warming pushes the cold and ice farther north each year, experts caution that the race to the Arctic is an incredibly challenging marathon, not a sprint. The melting of the Greenland ice sheet creates uncertainty and danger for offshore oil and gas developers, threatening rigs and ships with all the icebergs they have to navigate around.

On the other hand, while mining in Greenland has been expensive due to the environment, development costs have fallen as the ice has melted, making it more attractive to potential buyers,

Source: US news media.

Les ressources énergétiques et minières du Groenland en 2014 (Source : La documentation française)

Les glaciers à Aixe sur Vienne (Haute Vienne) le 17 octobre !

Je présenterai le jeudi 17 octobre 2019 – dans le cadre de la LPO Limousin – une conférence intitulée « Glaciers en péril – Les effets du changement climatique » à 20 heures au Pôle Nature Limousin, ZA du Moulin Cheyroux à Aixe sur Vienne (Haute Vienne).

Tempêtes, glissements de terrain et autres catastrophes naturelles se multiplient. Elles sont la conséquence du changement climatique. Lors de mes voyages à travers le monde pour étudier les phénomènes volcaniques, j’ai eu l’occasion de parcourir des terres nordiques – en particulier l’Islande, le Canada et l’Alaska – et de me rendre compte de l’impact du réchauffement climatique sur les glaciers. Plus près de nous, dans les Alpes, les glaciers sont en passe de devenir une espèce en voie de disparition.
Aucun continent ne semble épargné, pas plus l’Afrique et les neiges du Kilimandjaro que l’Asie avec la chaîne himalayenne. Une prise de conscience est urgente, faute de quoi notre société sera confrontée à de graves problèmes.

Cette conférence a pour but de sensibiliser la population à une catastrophe annoncée. Elle s’accompagne d’un diaporama en fondu-enchaîné sonorisé intitulé « Glaciers d’Alaska, un monde en péril » illustrant la situation glaciaire dans cet Etat.

A l’issue de la séance, le public pourra se procurer mon dernier livre « Glaciers en Péril » avec, à l’intérieur, un CD de 160 images.

Photos: C. Grandpey