Le Ruapehu (Nouvelle Zélande) et le Seigneur des Anneaux // Mt Ruapehu (New Zealand) and the Lord of the Rings

drapeau-francaisComme je l’ai écrit dans des notes précédentes, il semble que l’activité du Ruapehu soit en baisse. En particulier, la température du lac n’est plus aussi élevée et il ne devrait pas y avoir d’éruption dans le court terme.

Quand on lit les articles de presse sur le Ruapehu, le volcan est souvent assimilé à Mount Doom, la Montagne du Destin, dans les étendues sauvages du Mordor, la Terre du Milieu du Seigneur des Anneaux. Si vous visitez la Nouvelle-Zélande, vous vous rendrez vite compte de l’importance du film de Peter Jackson pour les Néo-Zélandais. L’environnement de Mordor – qui abrite Sauron, le Seigneur des Ténèbres – a été tourné sur et autour des pentes rocheuses du Parc National du Tongariro. Les formations volcaniques de la région et les paysages arides constituaient un emplacement idéal pour recréer les terres sauvages de Mordor.

Le Ngauruhoe a été transformé numériquement pour créer la Montagne du Destin, le centre de la quête de Frodon pour sauver la Terre du Milieu. Les sommets des volcans n’ont pas été filmés, pour répondre à la volonté du peuple maori pour qui ils sont sacrés. Orodruin – autre nom donné au Mount Doom, la Montagne du Destin – a été représenté à la fois par le Ngauruhoe et le Ruapehu. Dans les séquences les plus longues de montagne, le réalisateur a eu recours à des plans larges ou à des modèles informatiques, ou à une combinaison des deux. Peter Jackson n’a pas été autorisé à filmer le sommet du Ngauruhoe car il est sacré pour les Maoris. Pour y remédier, certaines scènes ont été réalisées sur les pentes du Ruapehu.
Pendant le tournage, un grand soin a été apporté à la protection de l’environnement très fragile. Même si les sites de tournage du film peuvent être visités indépendamment, il est recommandé, en raison de la difficulté d’accès et d’identification de certains endroits, de participer à des visites guidées. Des cartes des lieux de tournage sont disponibles et on voit souvent les Néo-Zélandais déambuler en tenant ces cartes, à la recherche des endroits où des scènes du film ont été réalisées !
Il est conseillé aux fans du Seigneur des Anneaux d’effectuer le Tongariro Alpine Crossing pour se plonger réellement dans l’univers du Mordor et dans son étrange paysage aride. Lors de mon séjour en Nouvelle zélande en 2009, j’ai effectué cette superbe randonnée, longue mais pas vraiment difficile, même si je ne suis pas l’un des fans du Seigneur des Anneaux…
Pour ceux qui l’aiment, voici la bande-annonce du film
https://youtu.be/G0k3kHtyoqc

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drapeau-anglaisAs I put it before, it seems activity at Mt Ruapehu is declining. In particular the lake temperature has cooled down and there should not be an eruption in the short term.

When you read the press articles about Mt Ruapehu, the mountain is often assimilated to Mount Doom, in the Land of Mordor. If you visit New Zealand, you will soon realise the importance of Peter Jackson’s film Lord of the Rings to the New Zealanders. The location of Mordor, home to the Dark Lord Sauron, was shot on location on and around the rocky slopes of the Tongariro National Park. The area’s volcanic rock formations and barren landscapes were ideal location for creating Mordor’s wasteland.

Mt Ngauruhoe was digitally transformed to create the fiery Mt Doom, the centre of Frodo’s quest to save Middle-Earth. The summits of the volcanoes were not filmed out of respect for the wishes of the Maori People to whom the peaks are sacred. Orodruin was represented by both Mount Ngauruhoe and Mount Ruapehu. In long shots, the mountain is either a large model or a computer model, or a combination. It was not permitted to film the summit of Ngauruhoe because the Maori hold it to be sacred. However, some scenes on the slopes of Mount Doom were filmed on the slopes of Ruapehu.

Special care was taken during filming to protect the sensitive ecological environment. While the locations can be visited independently, due to the difficulty in accessing and identifying some of the locations, guided tours to the film locations are recommended. Filming location maps are available and one can often see New Zealanders with the maps in their hands looking for the places where scenes of the film were shot !

Fans of The Lord of the Rings are advised to trek the Tongariro Alpine Crossing to really immerse themselves in Mordor and feel the eerie barren landscape. I performed the Crossing, although I am not one of the fans.

For those who like it, here is the trailer of the film

https://youtu.be/G0k3kHtyoqc

Voici quelques images du Ngauruhoe, du Ruapehu et du Tongariro Crossing:

Lord 01

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Photos: C. Grandpey

Ruapehu (Nouvelle Zélande / New Zealand)

drapeau-francaisSelon GeoNet, le Ruapehu reste bien actif. La température du lac de cratère, qui atteignait 46°C le mois dernier (le 11 mai), est redescendue à 32°C. Cette température a généralement varié entre 15°C et 40°C depuis que le lac a fait sa réapparition entre 1999 et 2000, après avoir disparu suite aux épisodes éruptifs de 1995-1996.
On continue d’enregistrer des épisodes de tremor volcanique faibles à modérés.
Les récentes visites sur le volcan ont confirmé que les émissions de CO2, H2S et SO2 restent élevées et se situent au-dessus de leur niveau normal, même si on observe une certaine baisse de ces émissions.
Le niveau d’alerte volcanique reste à 2. La couleur de l’alerte aérienne est également maintenue au Jaune.
La dernière éruption du Ruapehu remonte au 25 septembre 2007, avec une activité sismique de sept minutes, deux lahars et des projections de blocs dont un a gravement blessé un enseignant d’école primaire qui se trouvait dans le Dome Shelter près du cratère.

Voir ma note du 28 janvier 2016 pour la description de cet événement: https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2016/01/28/detresse-sur-le-ruapehu-nouvelle-zelande-surviving-ruapehu-new-zealand/

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drapeau-anglaisAccording to GeoNet, Mount Ruapehu remains quite active. The temperature of the crater lake, which was measured last month (on May 11th) at 46°C, has now decreased to 32°C. The lake temperature typically ranges between 15°C and 40°C, something which has been a common feature since it reformed between 1999 and 2000, having been removed by the 1995-1996 eruptions.

Moderate to low levels of volcanic tremor continue.

Recent visits to the volcano have confirmed that the output of volcanic gas – CO2, H2S and SO2 – remains elevated above background levels but is declining.

The volcanic alert level remains at 2. The aviation colour code is also unchanged, at Yellow.

The last time Mount Ruapehu erupted was on September 25th, 2007, causing a seven-minute-long earthquake, two lahars and flying rocks – one which severely injured a primary school teacher when it landed on Dome Shelter near the crater. See my note of 28 January 2016 for a description of this event: https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2016/01/28/detresse-sur-le-ruapehu-nouvelle-zelande-surviving-ruapehu-new-zealand/)

Ruapehu lac

Photo: C. Grandpey

 

Activité bradysismique en Nouvelle Zélande // Bradyseismic activity in New Zealand

drapeau-francaisEntre 2004 et 2011, la ville de Matata et ses 642 habitants – dans la partie orientale de la Baie de l’Abondance (Bay of Plenty), à environ 200 km au SE de Auckland – a été secouée par plusieurs milliers de petits séismes. Jusqu’à présent, les scientifiques pensaient que la cause de ces événements, d’une magnitude entre M 2 et M 4 pour la plupart, et à des profondeurs comprises entre 2 et 8 km, étaient due à des mouvements tectoniques typiques de la région. En plus de cette sismicité, le sol s’est soulevé en moyenne de 5 millimètres par an dans les années 1950 et le rythme de soulèvement a plus que doublé pour atteindre environ 12 millimètres par an à partir du milieu des années 2000. Le phénomène s’est calmé par la suite.
Les dernières recherches ont révélé la vraie raison pour laquelle une zone de 400 kilomètres carrés autour de Matata s’est soulevée à partie de 1950. Au cours de cette période, il y a probablement eu une ascension magmatique, ce qui a fait se soulever le sol autour Matata d’environ un centimètre chaque année. Au cours de cette ascension, le magma a fait se déformer ou se fracturer la roche encaissante, ce qui a provoqué de petits séismes.
A l’aide d’un modèle basé sur des données GPS et d’interférométrie radar (InSAR), ainsi que des décennies d’archives géologiques, les scientifiques sont arrivés à la conclusion qu’une poche magmatique se trouve à une dizaine de kilomètres sous la surface, et son volume a augmenté d’environ 9 millions de mètres cubes depuis 1950. Cependant, la présence de ce magma ne signifie pas une éruption est imminente.
La ville de Tauranga, avec plus de 100 000 habitants, se trouve à une cinquantaine de kilomètres au NO de la zone de soulèvement. La population de la région est déjà sous la menace de risques volcaniques, en particulier les retombées de cendre que ne manqueraient pas d’occasionner des éruptions des volcans de Taupo. On ne sait pas si la chambre magmatique nouvellement découverte induira un risque supplémentaire. On n’a observé aucune augmentation de l’activité volcanique dans la région septentrionale de Taupo.
Ce n’est pas la première fois que le magma pousse la croûte ailleurs que sous un volcan actif. Des exemples ont été recensés dans les Andes centrales. On peut également citer l’Italie où des événements bradysismiques sont observés dans la région de Pouzzoles depuis de nombreuses années.
Source: Presse néo-zélandaise..

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drapeau-anglaisBetween 2004 and 2011, the town of Matata and its 642 residents – in the eastern Bay of Plenty, about 200 km SE of Auckland – had mysteriously been the centre of several thousand earthquakes. Until now, scientists suspected that the cause of the quakes, most of them between M 2 and M 4, and at depths of between 2 km and 8 km, were due to typical tectonic movements underground. Aside from this seismicity, the ground had risen by 5 millimetres per year in the 1950s and that rate more than doubled to about 12 millimetres a year starting in the mid-2000s. It has since dropped back to the lower rate.

The new findings have revealed the reason why a 400-square-kilometre area of land around the town has been uplifted since 1950. Over this period, molten or semi-molten rock was being pushed up from below, causing land around Matata to rise by about a centimetre each year. As the magma moved in the sub-surface, it caused the surrounding rock to deform and break, resulting in small earthquakes.

Using a model based on modern GPS and satellite radar data, along with decades of survey records, scientists have concluded a magma body lies about 10 km below the surface, and since 1950 its volume had grown by 9 million cubic metres. However, the presence of the magma does not mean an eruption could be imminent.

The city of Tauranga, with more than 100,000 residents, lies about 50 kilometres NW of the uplift. People in the area are already at risk from volcanic hazards, especially ashfall from the Taupo volcanoes. It’s unclear whether the newly discovered magma chamber will pose an extra risk. There has been no increase in volcanic activity in the northern Taupo region.

The study is not the first to suggest that magma is pushing into Earth’s crust somewhere other than under an active volcano. Examples have also been found in the central Andes and in Italy where bradyseismic events in the area around Pozzuoli have been recorded for many years.

Source: New  Zealand newspapers.

Matata copie

Source: Google maps.

Rangitoto (Nouvelle Zélande)

Hier 3juin 2016, la chaîne de télévision France 3 proposait, dans le cadre de son émission Faut pas rêver, un voyage en Nouvelle Zélande. Une rediffusion est accessible à cette adresse. :

http://pluzz.francetv.fr/videos/faut_pas_rever_,140575748.html

Au cours du reportage (entre 34’47’’ et  43’30’’), Philippe Gougler survole les environs d’Auckland en hydravion. C’est l’occasion d’avoir la confirmation que la ville est construite sur un champ volcanique potentiellement actif. On peut voir dans la vidéo plusieurs édifices parmi lesquels Rangitoto que j’ai mentionné à plusieurs reprises dans des notes entre 2012 et 2016.

L’île dresse son cône symétrique de 260 mètres de hauteur au-dessus du golfe d’Hauraki. Elle est beaucoup plus grande que les autres volcans que l’on peut observer sur le site d’Auckland et représente entre le tiers et la moitié de tout le magma émis par les volcans de la région.
Au cours des dernières années, plusieurs études ont expliqué que Rangitoto n’était peut-être pas un très vieux volcan et que de nouvelles éruptions ne devraient pas être exclues.

En 2013, une étude a révélé que, contrairement à ce que l’on pensait depuis de nombreuses années, Rangitoto s’était formé il y a 700 ans et avait connu seulement deux éruptions. Le volcan aurait connu une activité intermittente jusqu’à il y a 500 ans.
En 2014, un important forage a pénétré sur plusieurs dizaines de mètres à l’intérieur du volcan pour récupérer des carottes et établir une image plus précise de son histoire éruptive.
En 2016, après un autre forage à 150 mètres de profondeur pendant l’été 2015, une équipe de l’Université d’Auckland a conclu que le volcan est entré en éruption il y a environ 6000 ans et est probablement constitué de plusieurs cônes. Cela signifie qu’il est resté actif par intermittence sur une période beaucoup plus longue ; il a donc grandi au fil du temps et ne s’est pas formé d’un seul coup.
Il est important de savoir 1) si les éruptions futures peuvent se produire uniquement au niveau du Rangitoto et 2) si un nouveau volcan apparaît, il est important de savoir qu’il est susceptible de rester actif pendant une très longue période, des centaines ou des milliers d’années. Cela signifie que la population devrait s’adapter à cette nouvelle activité volcanique continue, comme c’est le cas à Hawaii ou en Islande. Comme le reconnaissait le pilote de l’hydravion, si un volcan devait naître au cœur du centre des affaires d’Auckland, ce serait une catastrophe.

Rangitoto

Crédit photo: Wikipedia.