Le Ruapehu (Nouvelle Zélande) et le Seigneur des Anneaux // Mt Ruapehu (New Zealand) and the Lord of the Rings

drapeau-francaisComme je l’ai écrit dans des notes précédentes, il semble que l’activité du Ruapehu soit en baisse. En particulier, la température du lac n’est plus aussi élevée et il ne devrait pas y avoir d’éruption dans le court terme.

Quand on lit les articles de presse sur le Ruapehu, le volcan est souvent assimilé à Mount Doom, la Montagne du Destin, dans les étendues sauvages du Mordor, la Terre du Milieu du Seigneur des Anneaux. Si vous visitez la Nouvelle-Zélande, vous vous rendrez vite compte de l’importance du film de Peter Jackson pour les Néo-Zélandais. L’environnement de Mordor – qui abrite Sauron, le Seigneur des Ténèbres – a été tourné sur et autour des pentes rocheuses du Parc National du Tongariro. Les formations volcaniques de la région et les paysages arides constituaient un emplacement idéal pour recréer les terres sauvages de Mordor.

Le Ngauruhoe a été transformé numériquement pour créer la Montagne du Destin, le centre de la quête de Frodon pour sauver la Terre du Milieu. Les sommets des volcans n’ont pas été filmés, pour répondre à la volonté du peuple maori pour qui ils sont sacrés. Orodruin – autre nom donné au Mount Doom, la Montagne du Destin – a été représenté à la fois par le Ngauruhoe et le Ruapehu. Dans les séquences les plus longues de montagne, le réalisateur a eu recours à des plans larges ou à des modèles informatiques, ou à une combinaison des deux. Peter Jackson n’a pas été autorisé à filmer le sommet du Ngauruhoe car il est sacré pour les Maoris. Pour y remédier, certaines scènes ont été réalisées sur les pentes du Ruapehu.
Pendant le tournage, un grand soin a été apporté à la protection de l’environnement très fragile. Même si les sites de tournage du film peuvent être visités indépendamment, il est recommandé, en raison de la difficulté d’accès et d’identification de certains endroits, de participer à des visites guidées. Des cartes des lieux de tournage sont disponibles et on voit souvent les Néo-Zélandais déambuler en tenant ces cartes, à la recherche des endroits où des scènes du film ont été réalisées !
Il est conseillé aux fans du Seigneur des Anneaux d’effectuer le Tongariro Alpine Crossing pour se plonger réellement dans l’univers du Mordor et dans son étrange paysage aride. Lors de mon séjour en Nouvelle zélande en 2009, j’ai effectué cette superbe randonnée, longue mais pas vraiment difficile, même si je ne suis pas l’un des fans du Seigneur des Anneaux…
Pour ceux qui l’aiment, voici la bande-annonce du film
https://youtu.be/G0k3kHtyoqc

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drapeau-anglaisAs I put it before, it seems activity at Mt Ruapehu is declining. In particular the lake temperature has cooled down and there should not be an eruption in the short term.

When you read the press articles about Mt Ruapehu, the mountain is often assimilated to Mount Doom, in the Land of Mordor. If you visit New Zealand, you will soon realise the importance of Peter Jackson’s film Lord of the Rings to the New Zealanders. The location of Mordor, home to the Dark Lord Sauron, was shot on location on and around the rocky slopes of the Tongariro National Park. The area’s volcanic rock formations and barren landscapes were ideal location for creating Mordor’s wasteland.

Mt Ngauruhoe was digitally transformed to create the fiery Mt Doom, the centre of Frodo’s quest to save Middle-Earth. The summits of the volcanoes were not filmed out of respect for the wishes of the Maori People to whom the peaks are sacred. Orodruin was represented by both Mount Ngauruhoe and Mount Ruapehu. In long shots, the mountain is either a large model or a computer model, or a combination. It was not permitted to film the summit of Ngauruhoe because the Maori hold it to be sacred. However, some scenes on the slopes of Mount Doom were filmed on the slopes of Ruapehu.

Special care was taken during filming to protect the sensitive ecological environment. While the locations can be visited independently, due to the difficulty in accessing and identifying some of the locations, guided tours to the film locations are recommended. Filming location maps are available and one can often see New Zealanders with the maps in their hands looking for the places where scenes of the film were shot !

Fans of The Lord of the Rings are advised to trek the Tongariro Alpine Crossing to really immerse themselves in Mordor and feel the eerie barren landscape. I performed the Crossing, although I am not one of the fans.

For those who like it, here is the trailer of the film

https://youtu.be/G0k3kHtyoqc

Voici quelques images du Ngauruhoe, du Ruapehu et du Tongariro Crossing:

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Photos: C. Grandpey

Nouvelle Zélande: Anniversaire d’éruptions // Eruption anniversaries

drapeau francaisEn Nouvelle-Zélande, 2015 marque le 20ème anniversaire de l’éruption du Ruapehu en 1995-1996. C’est aussi le 40ème anniversaire de l’éruption du Ngauruhoe en 1975 et le 70ème anniversaire d’une autre éruption du Ruapehu en 1945.
L’éruption du Ruapehu entre1995 et 1996 a émis 60 millions de mètres cubes de cendre acide qui ont recouvert la région jusqu’à 300 km du volcan, provoquant des irritations des yeux et de la gorge dans le centre de l’île du Nord, endommageant voitures et machines, contaminant les rivières et les réserves d’eau, dévastant les cultures, obligeant la fermeture de routes nationales et d’aéroports et tuant le bétail dans les pâturages couverts de cendre. Les fournisseurs d’électricité ont connu des pertes de plusieurs millions de dollars à cause de la cendre qui provoquait des courts-circuits sur les pylônes électriques, tandis que les turbines étaient gravement endommagées dans la centrale de Rangipo. Le panache de cendre atteignit jusqu’à 10km de hauteur, avec des risques évidents pour le trafic aérien. L’éruption fut semblable à celle de 1945, mais son impact social et économique fut beaucoup plus important. En 1945, il n’y avait qu’un domaine de ski et pas de remontées mécaniques sur le Ruapehu. En 1995, il y avait trois domaines skiables et 36 remontées mécaniques. Vers le milieu des années 90, on comptait jusqu’à 10.000 personnes sur les pentes du volcan certains jours pendant l’hiver.
Le Tongariro est un autre volcan actif de Nouvelle-Zélande. On l’a longtemps considéré comme un voisin paisible du Ruapehu, mais une étude récente réalisée par Brad Scott, volcanologue à GNS Science, révèle que le volcan est beaucoup plus actif qu’on le pensait. Scott a découvert dans les archives des preuves d’éruptions du Tongariro ignorées jusqu’à présent  Lorsque le Te Maari Crater a envoyé de la cendre jusqu’à sept kilomètres de hauteur le 6 août 2012, on pensait que c’était la première éruption depuis 1896, mais l’histoire du volcan révèle une éruption de ce cratère en 1928, avec d’autres événements survenus au Red Crater voisin en 1909, 1926, 1927 et 1934. En outre, le Tongariro est resté actif jusque dans les années 1970.
Les dernières éruptions du Tongariro ont incité les autorités à prendre une série de nouvelles mesures et à mettre en place des protocoles d’urgence, avec des systèmes d’alerte et une meilleure information du public. L’équipement de surveillance dans la zone a été amélioré et de nouveaux sismographes ont été installés.

Source : The New Zealand Herald.

Il ne faudrait pas oublier White Island qui a connu un épisode éruptif en août 2012 et un événement explosif le 5  de ce même mois, suivi d’une période d’émissions de cendre. On a ensuite assisté à une période d’activité phréatique début 2013, avec assèchement du lac qui est réapparu en juin 2013. DE nouvelles séquences explosives ont été observées le 20 août et le 11 octobre 2013.

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drapeau anglaisIn New Zealand, 2015 marks the 20th anniversary of the 1995-96 eruption of Mt Ruapehu. It also marks the 40th anniversary of the 1975 Ngauruhoe eruption and the 70th anniversary of the 1945 Ruapehu eruption.

The 1995-96 eruption of Mt Ruapahu  ejected a total of 60 million cubic metres of acidic ash, blanketing districts up to 300km from the mountain, irritating eyes and throats, damaging car paintwork and machinery, contaminating rivers and water supplies, ruining crops, closing state highways, forcing airports to shut and killing livestock which ate ash-covered pastures. Electricity suppliers were hit with multimillion-dollar losses as ash shorted out power pylons and severely damaged turbines in the Rangipo power station. At times the ash plume reached as high at 10km, which represented a significant aviation hazard. The eruptions were similar in size to those in 1945, but their social and economic impacts were much greater. In 1945 there was just one ski area and no ski lifts on Ruapehu. By 1995, there were three ski areas and 36 ski lifts. By the mid-90s there were up to 10,000 people on the mountain on some days during winter.

Mt Tongariro is another active volcano of New Zealand. It was long considered a peaceful neighbour to Mount Ruapehu, but a recent study by Brad Scott, a GNS Science volcanologist, reveals the volcano is much more active than was previously thought. Scott has found evidence of eruptions at Mt Tongariro that weren’t previously on the records.

When ash shot from the Te Maari Crater 7km into the sky on August 6th 2012 , it was thought at the time to have been the first blow there since 1896, but there are records indicating an eruption at the crater in 1928, with other events at Red Crater in 1909, 1926, 1927 and 1934. Further, there was volcanic unrest at the mountain right up until the 1970s.

Mt Tongariro’s recent eruptions have led to a range of new protocols and emergency policies, including warning systems and more public information. The monitoring equipment in the area has been upgraded and more seismographs have been installed.

Source : The New Zealand Herald.

One should not forget White Island with an eruptive episode which started in August 2012 with an explosive eruption on August 5th, then a period of ash emissions. This was followed by phreatic activity in early 2013 which removed the lake. By June 2013 the lake was re-established. A further explosive eruption followed on August 20th and again on October 11th 2013.

Mount Ruapehu (Photo: C. Grandpey)

Mount Ngauruhoe (Photo: C. Grandpey)

Red Crater (Tongariro) [Photo: C. Grandpey]

White Island (Photo: C. Grandpey)

Histoire de vapeur volcanique // About volcanic steam

drapeau francaisLa haute colonne de vapeur qui s’élevait au-dessus du Mont Tongariro le 28 juillet a fait craindre à certaines personnes l’imminence d’une éruption. Brad Scott, scientifique en poste à GeoNet, a  rassuré tout le monde et expliqué le phénomène.
Le 28 juillet, on pouvait voir la vapeur d’eau à des kilomètres de distance ; le panache blanc se détachait contre un ciel parfaitement bleu. Le phénomène était uniquement lié à la météo. En effet, le cratère Te Maari émet de la vapeur depuis août 2012au moment de l’éruption du Tongariro. Toutefois, la vapeur est généralement peu visible à cause des nuages ​​ou du vent. C’est maintenant l’hiver en Nouvelle-Zélande et le 28 juillet a été une journée calme, sans le moindre vent. Comme le temps est plutôt froid, la vapeur est visible à cause de la condensation. Il s’agit d’un effet atmosphérique et il n’y a aucun risque d’éruption.
Cette émission abondante de vapeur d’eau peut être vue sur de nombreux volcans. Je me souviens l’avoir observée à Vulcano (Iles Eoliennes, Sicile) il y a quelques années. A cette époque – c’était un mois d’avril – je mesurais la température des gaz dans les bouches actives et j’utilisais également un hygromètre. Il était facile de constater à quel point les panaches de vapeur et de gaz variaient en fonction de la température et de l’humidité de l’air ambiant. Certains matins, on avait l’impression que le volcan devenait plus actif, mais il n’en était rien. Les panaches de vapeur se diluaient rapidement lorsque la température se réchauffait et l’air devenait plus sec.
Des observations similaires peuvent être faites dans le cratère du Vésuve. Le plus souvent, on ne voit rien pendant les journées d’été, quand l’air est chaud et sec. Lorsque les conditions météo se détériorent, on aperçoit quelques émissions de vapeur le long des parois du cratère. Il n’y a pas de danger d’une éruption imminente. Le volcan montre juste qu’il ne dort que d’un œil.

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drapeau anglaisThe tall plume of white steam towering above Mount Tongariro on July 28th made some people worry that an eruption might be brewing. GeoNet Brad Scott reassured everybody and explained the phenomenon.

The steam could be seen for kilometres against a backdrop of a clear blue sky and was a solely weather-related phenomenon. Indeed, the Te Maari crater has been emitting steam since August 2012 when Tongariro erupted, but the steam is not usually so visible because of the clouds or wind. However, it is now winter in New Zealand and July 28th was a calm day with no wind at all. As the weather is rather cold, the steam can be seen because of condensation. It’s an atmospheric effect and there is no danger of an eruption.

This excess of steam can be seen on many volcanoes. I can remember observing it at Vulcano (Aeolian Islands, Sicily) some years ago. By that time – it was in April – I was measuring the temperature of gases in the vents and I was also using a hygrometer. It was easy to notice how the steam and gas plumes would vary according to the temperature and humidity of the ambient air. Some mornings, one got the impression that the volcano was getting more active, but it was not. The steam plumes dissipated when the temperature got warmer and the air got drier.

Similar observations can be made in the crater of Vesuvius. Usually, you won’t see anything during the summer days when the air is hot and dry. When conditions get worse, you may see some slight plumes of steam escaping from the crate walls. There is no danger on an oncoming eruption. The volcano is just showing it is just asleep.

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Vue de la colonne de vapeur émise par le cratère Te maari le 28 juillet.

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Champ fumerollien à Vulcano  (Photo:  C.  Grandpey)

L’électronique fait son entrée sur le Tongariro Alpine Crossing (Nouvelle Zélande) // Electronics enters the Tongariro Alpine Crossing (New Zealand) !

drapeau francaisL’électronique fait partie de notre vie quotidienne, jusque sur les sentiers des zones volcaniques ! C’est ainsi que de nouveaux panneaux électroniques ont été installés sur le Tongariro Alpine Crossing (TAC) afin de mettre les visiteurs à l’abri des risques volcaniques. Si une information en provenance de GeoNet, de GNS Science ou du nouveau Système de Détection d’Eruption du Tongariro (TEDS) prévient que le volcan devient plus actif ou est entré en éruption, on peut faire passer immédiatement les feux de signalisation du vert à l’orange ou au rouge, ce qui indique l’imminence d’un danger ou la fermeture du sentier. Des feux tricolores (rouge, orange et vert) ont été placés sur les parkings de Mangatepopo et Ketetahi à l’entrée du Tongariro Crossing. Le Vert signifie que le risque volcanique est normal (pas nul toutefois), tandis que l’Orange indique que le risque est élevé. Rouge signifie que le risque est maximum, que la piste est fermée et que les gens doivent faire demi-tour et quitter la zone.
Ces signaux électroniques sont alimentés par des petits panneaux solaires et des batteries. De plus, des informations sur les couleurs en cours sont affichées sur la page web : http://www.doc.govt.nz/volcanicrisk

Il est important de signaler que ces feux n’ont rien à voir avec la météo. La piste n’est jamais ouverte ou fermée en raison des conditions météorologiques ou de la neige. Les gens doivent se tenir informés des prévisions météorologiques et du risque d’avalanches avant de partir en randonnée. Ils doivent décider eux-mêmes s’ils peuvent emprunter la piste quand les conditions sont difficiles ou incertaines.
Des systèmes lumineux semblables ont été installés sur certains volcans actifs ailleurs dans le monde où un grand nombre de visiteurs ou d’habitants sont exposés à des risques importants. Le volcan Aso au Japon est un bon exemple. Des milliers de touristes accèdent en téléphérique à la lèvre du cratère actif chaque jour. Les feux tricolores installés à la station inférieure du téléphérique et sur le bord du cratère indiquent aux visiteurs la quantité de dioxyde de soufre présente dans l’air.

Source : Presse néo-zélandaise.

 

drapeau anglaisElectronics is everywhere today, even along footpaths in volcanic areas! New electronic signs have been installed on the Tongariro Alpine Crossing (TAC)in order to help reduce people’s exposure to volcanic hazards along the track. If information is received from GeoNet, GNS Science or the new Tongariro Eruption Detection System (TEDS) indicating the volcano is becoming more active or has erupted, the lights can immediately be changed from green to orange or red,  indicating increasing danger or track closure. They have been located in the Mangatepopo and Ketetahi car parks at the entrances to the Crossing. Green means the volcanic risk is normal (not zero), and orange indicates the risk is elevated. Red means the risk is high, the track is closed and people should turn around and leave the area.

The electronic lights are powered by small solar panels and batteries, and information on the lights status is posted on the webpage www.doc.govt.nz/volcanicrisk.

An important note is these lights have nothing to do with the weather. The track is never opened or closed due to weather or snow conditions. People are aware of the weather and can get weather and avalanche forecasts. Therefore they must decide by themselves if they can walk the track if alpine conditions are too harsh or uncertain.

Similar light sign systems are in place on a few active volcanoes elsewhere in the world where large numbers of visitors or residents are at significant risk. One notable example is Aso volcano in Japan where thousands of tourists travel in a gondola to the rim of the active vent each day. The lights in the gondola base station and on the crater rim advise people of the amount of sulphur dioxide gas in the air.

Source : New Zealand press.

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Le Tongariro Alpine Crossing: Une randonnée longue mais pas très technique…

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…avec de superbes paysages, comme les Emerald Lakes.

(Photos:  C.  Grandpey)

White Island & Tongariro (Nouvelle Zélande)

drapeau francaisLes derniers bulletins émis par GNS Science les 5 et 6 août 2013 concernaient White Island et le Tongariro.

Dans le bulletin du 5 août, on peut lire que l’activité est en baisse dans le cratère de White Island où le niveau d’alerte volcanique est maintenu à 1 alors que le niveau d’alerte aérienne a été abaissé à la couleur Verte.

Les émissions de vapeur et de gaz ainsi que les projections de boue ont disparu des images fournies par les webcams. Le tremor a retrouvé un niveau proche de la normale.

Il est toutefois rappelé aux visiteurs de l’île que des événements explosifs peuvent se produire sans prévenir.

Cette dernière mise en garde était parfaitement justifiée car le 20 août à 10h23 (heure locale) , une éruption a secoué l’île pendant une dizaine de minutes. La colonne éruptive d’une hauteur d’environ 4 km était visible depuis la côte de la Bay of Plenty. Vous pourrez voir des photos en cliquant sur ce lien:

http://info.geonet.org.nz/display/volc/2013/08/20/White+Island+Eruption

L’activité semble avoir retrouvé un niveau normal. L’éruption s’est produite dans la zone du cratère où l’on avait observe de petites éruptions de boue au cours des dernières semaines. De nouvelles projections de boue et de roches ont eu lieu, accompagnées de panaches de vapeur auxquels se mêlait un peu de cendre. Il s’agit de toute évidence d’une éruption phréatique avec libération brutale d’une poche de gaz et de vapeur.

Le niveau d’alerte volcanique a été élevé à 2 et la couleur de l’alerte aérienne est passée du Vert au Rouge avant de redescendre à l’Orange.

 

Le réseau sismique GeoNet a détecté une très faible sismicité sous le Tongariro. Les événements n’ont été enregistrés que par quelques unes des stations sismiques et ils étaient trop faibles pour pouvoir être localisés avec précision. Ils correspondent probablement aux signes d’activité classiques observés sur la plupart des volcans actifs. Ces petits séismes sont toutefois dignes d’intérêt sur le Tongariro car la sismicité était restée quasi inexistante depuis le mois de novembre 2012 et il se peut que ces événements indiquent des changements à l’intérieur de l’édifice volcanique.

Les émissions de CO2 et de SO2 se sont maintenues à des niveaux très bas depuis le début de l’année et correspondent environ à la moitié de la quantité produite après l’explosion de novembre 2012.

Le niveau d’alerte volcanique reste à 1 et la couleur de l’alerte aérienne est maintenue au Vert.

Le cratère Te Māri ne s’est pas manifesté depuis le 21 novembre 2012 mais une éruption peut se produire sans prévenir. Il est donc conseillé aux randonneurs d’être vigilants.

 

drapeau anglaisThe last bulletins released by GNS Science on August 5th and 6th concerned White Island and Tongariro, respectively.

In the 5 August update, one can read that activity in WhiteIsland’s main crater has now declined. The Volcano Alert Level remains at 1 but the Aviation Colour Code has been lowered to Green.

The bursts of steam, gas and mud are no longer visible through the volcano cameras. The volcanic tremor has decreased to near-background levels.

However, explosive eruptions may occur with no warning to any visitors to the island.

The warning was fully justified ! A small eruption occurred at White Island at 10:23 on August 20th (local time) and continued for about 10 minutes. The eruption column was visible from the Bay of Plenty coast with a plume rising to about 4 km above sea level. You can see photos by clicking on this link:

http://info.geonet.org.nz/display/volc/2013/08/20/White+Island+Eruption

The activity at White Island has now returned to that before this morning’s eruption.

The eruption originated in the active crater area that had been experiencing very small mud eruptions in recent weeks. The eruption threw mud and rocks a short distance from the source, and produced large volumes of white steam. A small proportion of volcanic ash was carried with the steam. It was quite probably a phreatic eruption with the sudden release of a pocket of steam and gas.

The Volcanic Alert Level has been raised to 2 and the Aviation Colour Code from Green to Red, then lowered to Orange.

 

The GeoNet seismic network has detected a few very small earthquakes beneath Mt.Tongariro. These events have been recorded only on a few seismic stations and are too small to be precisely located. They could simply be part of the background unrest typical of most active volcanoes. The earthquakes are of interest at this time because there have been so few at Tongariro since November 2012 and potentially could signal changes occurring inside the volcano.

The amounts of CO2 and SO2 have remained at low levels since the start of this year and are about half the amount produced after the November 2012 explosion.

The Volcanic Alert Level is kept at 1 and the Aviation Colour Code at Green.

Te Māri has had no eruptive activity since an explosion on 21 November 2012 although an eruption could still occur with little or no warning.

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C’est actuellement le crépuscule à White Island. La webcam de GNS Science montre que la situation semble redevenue normale.

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Le Red Crater, dans le massif du Tongariro  (Photo:  C. Grandpey)

Volcans de Nouvelle Zélande

drapeau francaisIl semble que la situation soit redevenue normale sur les 3 principaux volcans actifs de Nouvelle Zélande.

Le cratère de White Island est à nouveau occupé par un lac d’environ 150 mètres de longueur. Le dôme de lave qui était apparu en novembre 2012 est toujours présent. Les températures mesurées sur le dôme (170°C) et autour (49°C) confirment que le volcan est toujours actif.

Dans le même temps, la situation est normale sur le Ruapehu où la saison de ski est sur le point de commencer (nous sommes dans l’hémisphère sud !) et sur le Tongariro où le Tongariro Crossing est désormais ouvert dans son intégralité. Les échantillons de gaz et d’eau prélevés dans le cratère du Ruapehu présentent des valeurs habituelles.

Source: New Zealand Herald.

 

drapeau anglaisThe situation seems to have gone back to normal on New Zealand’s three main active volcanoes.

Much of the crater is again drowned by a lake more than 150 metres long at White Island.

The lava dome, which appeared last November is still visible. High maximum temperatures – 170°C within volcanic fumaroles and 49°C around them – confirm the volcano is still quite active.

Meanwhile, activity at Mount Ruapehu, where the ski season is about to open, and at Tongariro, where the popular Tongariro Alpine Crossing recently fully reopened, has returned to normal levels. Water and gas samples taken from Mt Ruapehu’s crater lake have again been producing routine results.

Source: New Zealand Herald.

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(Photo:  C.  Grandpey)

Volcans néo-zélandais / New Zealand volcanoes

drapeau francais.jpgLe dernier rapport de GNS Science indique qu’un dôme de lave très inhabituel s’est formé à l’intérieur du cratère de White Island dont le niveau d’alerte a été élevé de 1 à 2. Brad Scott, volcanologue de GNS Science, affirme qu’il n’a jamais vu un tel dôme depuis 30 ans qu’il visite le volcan. A cause des panaches de gaz, il est difficile de bien voir ce dôme qui a probablement un diamètre de 20 ou 30 mètres (voir photo ci-dessous), avec des aiguilles à sa surface. On pense que le dôme est le résultat de l’éruption observée le 5 août 2012. Au vu des dernières photos, je remarque que le cratère de White Island a beaucoup changé depuis la visite que j’ai effectuée en février 2009.

Les scientifiques confirment que le Ruapehu demeure actif et que le risque d’une éruption ne saurait être écarté. Les analyses révèlent des températures supérieures à la normale sous le lac de cratère dont la température se maintient à 20-25°C. Il se peut qu’il existe une zone de blocage des gaz à quelques centaines de mètres sous le lac, ce qui peut entraîner une hausse de pression et au final une explosion, avec un effet de cocotte-minute. Les petits séismes enregistrés à 3 – 5 km sous le lac fin octobre et début novembre ont disparu.

Les gaz continuent à s’échapper du Tongariro mais aucune nouvelle activité éruptive n’a été observée depuis l’explosion du 21 novembre. Il ne faudrait toutefois pas écarter le risque d’une nouvelle éruption dans les prochains mois.

drapeau anglais.jpgGNS Science’s last report indicates that a rare « lava dome » has formed in the crater of White Island volcano, as scientists raised the volcanic alert level from 1 to 2.GNS Science volcanologist Brad Scott said he had « never seen anything like it » in his 30 years visiting the island. Because of the gas plumes, the dome is difficult to see but it is probably 20-30 metres across (see photo here below) and has spines sticking up. It is thought the lava dome was a result of an ash eruption recorded on August 5th. Judging from the latest photos, the crater has much changed since my visit in February 2009.

Scientists also confirmed Ruapehu remains at a heightened level of unrest and that an eruption is « more likely than normal ». Analysis is still showing higher than normal temperatures beneath the crater lake whose temperature is stable at 20-25°C. This may reflect a partially sealed zone a few hundred metres beneath the lake which might be causing a pressure build up behind it and lead to a pressure-cooker explosion. Small earthquakes 3 to 5 kilometres beneath the crater lake in late October and early November have now stopped.

Despite continued gas discharge, that has been very noticeable over the last few days, Tongariro has not erupted since the explosion on November 21st. However, the risk of further eruptions remains over the next few months.

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Le dôme de lave de White Island (Crédit photo: GNS Science)