Volcans dangereux ? // Dangerous volcanoes ?

Il y a quelques jours j’entendais un géologue expliquer au cours d’une émission télévisée sur la chaîne ARTE que les volcans présentent plus d’avantages que d’inconvénients. La fertilité de leurs sols attire les populations sur leurs pentes, en particulier en Indonésie et aux Philippines, des pays qui, pourtant, compte les volcans les plus dangereux. Le géologue expliquait aussi que, tout compte fait, les volcans ne tuent pas beaucoup de personnes.

Après avoir regardé l’émission, j’ai fait une recherche sur mon blog et j’ai dressé un bilan des éruptions au cours de l’année 2018. Je me suis aperçu que les volcans n’étaient pas aussi gentils qu’ils en avaient l’air et qu’ils avaient au cours de l’année écoulée fait plus de victimes que les avions. Ces derniers ont tué 556 personnes au cours de 15 accidents en 2018, alors que les volcans ont tué au moins 787 personnes pendant la même période. Il n’y a pourtant eu que deux événements volcaniques vraiment meurtriers en 2018 : les éruptions du Fuego au Guatemala et de l’Anak Krakatau en Indonésie. 332 personnes ont péri sous les coulées pyroclastiques du Fuego et 453 ont été balayées par le tsunami qui a accompagné l’effondrement de l’Anak Krakatau.

A cela il faudrait ajouter un mort et onze blessés lors d’une éruption surprise du Mont Kusatsu-Shirane au Japon le 23 janvier 2018.

Un guide est mort asphyxié par un nuage de gaz à Hawaii au cours de l’éruption du Kilauea le 1er février 2018.

Le 16 juillet 2018 à Hawaii, une bombe volcanique a atterri sur un bateau dans lequel avaient pris place des touristes venus admirer l’arrivée de la lave dans l’océan. On a dénombré 23 blessés. A noter que le bateau se trouvait à l’intérieur de la zone de sécurité de 300 mètres par rapport au littoral mise en place par les gardes-côtes américains. Aujourd’hui, le propriétaire du bateau a des démêlés avec la justice.

L’éruption du Kilauea en 2018 n’a pas été meurtrière mais la lave a causé de sérieux dégâts puisque plus de 700 structures sont parties en fumée.

A méditer…

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 A few days ago I heard a geologist explain during a TV show on the ARTE channel that volcanoes have more advantages than disadvantages. The fertility of their soils attracts people to their slopes, especially in Indonesia and the Philippines, ajthough rhese countries have the most dangerous volcanoes. The geologiqt also explained that, all in all, volcanoes do not kill so many people.
After watching the program, I did a search on my blog and took into account the eruptions that occurred during the year 2018. I realized that the volcanoes were not as nice as they looked and they had over the past year caused more casualties than the planes. These killed 556 people in 15 accidents in 2018, while volcanoes killed at least 787 people during the same period. There were, however, only two deadly volcanic events in 2018: the eruptions of Fuego in Guatemala and Anak Krakatau in Indonesia. 332 people perished under the pyroclastic flows of Fuego and 453 were swept away by the tsunami that accompanied the collapse of Anak Krakatau.
To this should be added one dead and eleven injured during a surprise eruption of Mount Kusatsu-Shirane in Japan on January 23rd, 2018.
A guide died when he was asphyxiated by a cloud of gas in Hawaii during the eruption of Kilauea on February 1st, 2018.
On July 16th, 2018 in Hawaii, a volcanic bomb landed on a boat in which tourists who came to watch the arrival of the lava in the ocean. There were 23 wounded. It should be noted that the boat was inside the 300-meter safety zone set up by the US Coast Guard. Today, the owner of the boat is in trouble with the law.
The eruption of Kilauea in 2018 was not deadly but the lava caused serious damage as more than 700 structures went up in smoke.

Just think about it!

Les éruptions du Fuego et de l’Anak Krakatau ont été particulièrement meurtrières en 2018

Le mystérieux volcan du Moyen Age // The mysterious volcano of the Middle Ages

L’excellente chaîne de télévision ARTE a diffusé en soirée le 9 mars 2019 un excellent documentaire intitulé « Le mystérieux volcan du Moyen Age ». Construit sur le mode du thriller, le film de 53 minutes entraîne le téléspectateur au cœur d’une enquête internationale sur un volcan mystérieux, berceau de l’une des plus grandes éruptions de ces dix mille dernières années.

Pendant plus de trente ans, des scientifiques du monde entier ont cherché le coupable. En vain. Ils savaient que l’éruption s’était déroulée vers la fin du Moyen Âge, au 13ème siècle, et pensaient qu’elle avait probablement eu un impact significatif le climat de notre planète.

Au début des années 2010, le géomorphologue volcanique Franck Lavigne (que je salue ici) et le volcanologue Jean-Christophe Komorowski décident de reprendre les recherches. Emaillé de superbes images d’éruptions et de coulées pyroclastiques, de témoignages et d’images de synthèse, le film suit leur enquête. Les deux scientifiques finissent par découvrir le responsable de cette méga éruption. Vous découvrirez son nom en regardant le film qui est disponible en rediffusion du 2 mars au 7 mai 2019 en cliquant sur le lien ci-dessous. Vous pourrez également le revoir sur la chaîne ARTE le vendredi 22 mars à 10h20

https://www.arte.tv/fr/videos/067061-000-A/le-mysterieux-volcan-du-moyen-age/?fbclid=IwAR2D2sd7JyBpTZJZtPe4H1m08_G46ZRavMWkwIIbbSqPCte982CaPD-07qc

J’avais consacré plusieurs notes à cette recherche de la vérité sur ce blog le 16 juin et le 12 août 2012, le 2 octobre 2013 et le 26 février 2017. J’expliquais dans ce dernier article qu’une équipe scientifique internationale avait revu à la baisse l’impact de l’éruption cataclysmale du volcan au Moyen Age. Jalousie scientifique ? Certainement. On sent poindre dans le documentaire ARTE une certaine déception de Clive Oppenheimer qui aurait bien voulu être le découvreur du volcan mystère. Pas de chance, les Français étaient déjà passés par là….

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The excellent TV channel ARTE broadcast in the evening on March 9th, 2019 an excellent documentary entitled « The mysterious volcano of the Middle Ages« . Built in a thriller mode, the 53-minute film takes the viewer to the heart of an international investigation into a mysterious volcano, the cradle of one of the greatest eruptions of the last ten thousand years.
For more than thirty years, scientists around the world have been looking for the culprit. In vain. They knew that the eruption occurred in the late Middle Ages, in the 13th century, and thought that it probably had a significant impact on our planet’s climate.
In early 2010, geomorphologist Franck Lavigne (whom I greet here) and volcanologist Jean-Christophe Komorowski decided to resume the research work. With great images of eruptions and pyroclastic flows, testimonials and computer-generated images, the film follows their investigation. The two scientists eventually discovered the volcano responsible for this mega eruption. You will discover its name by watching the film – which is available in rebroadcast from March 2nd to May 7th, 2019 – by clicking on the link below. You can also watch it on the ARTE channel on Friday, March 22nd at 10:20 am
https://www.arte.tv/fr/videos/067061-000-A/le-mysterieux-volcan-du-moyen-age/?fbclid=IwAR2D2sd7JyBpTZJZtPe4H1m08_G46ZRavMWkwIIbbSqPCte982CaPD-07qc

I had devoted several posts to the search for the truth on this blog on June 16th and August 12th, 2012, October 2nd, 2013 and February 26th, 2017. I explained in this last article that an international scientific team had reviewed the impact of the cataclysmal eruption of the volcano in the Middle Ages. Was it scientific jealousy? Certainly. In the ARTE documentary, one can feel some disappointment with Clive Oppenheimer who would have liked to be the discoverer of the mystery volcano. Hard luck, the French had already been there ….

Vue de la caldeira du Rinjani, avec le lac Segara Anak et le cône actif du Barujari (Capture d’image du documentaire)

Volcans autour du monde // Volcanoes around the world

Comme d’habitude quand un dôme se forme dans le cratère, le Popocatepetl (Mexique) a été secoué par plusieurs fortes explosions les 2 et 3 mars 2019. Comme je l’ai déjà écrit, la formation d’un dôme de 200 mètres de large avait été signalée par le CENAPRED une dizaine de jours avant les explosions. Des retombées de cendres ont été signalées dans plusieurs localités. Une incandescence et une émission continue de vapeur et de gaz ont été observées pendant la nuit.. Le volcan émet actuellement des panaches de gaz et de vapeur appelés « exhalations » par le CENAPRED
Le niveau d’alerte reste à la couleur Jaune, Phase 2
Vous verrez les images des explosions du 2 mars 2019 en cliquant sur ce lien :
https://youtu.be/qBiz_yNBp70

 

L’activité de l’Anak Krakatau (Indonésie) s’est intensifiée à la fin du mois de février 2019. Le volcan a émis des panaches de cendre atteignant 500 mètres de hauteur. Plusieurs séismes d’origine volcanique ont également été enregistrés. Les visiteurs et les pêcheurs sont priés de respecter une distance de sécurité de l’île.
Source: (PVMBG).

 

L’activité éruptive se poursuit à Manam (Papouasie-Nouvelle-Guinée), avec des panaches de cendre jusqu’à 3 km au dessus du niveau de la mer.
La couleur de l’alerte aérienne reste Rouge.
L’activité éruptive avait été particulièrement intense en janvier, avec des panaches de cendre s’élevant à plus de 15 km d’altitude. Les tours de télécommunication, les réserves d’eau et d’autres infrastructures ont été détruites et les habitants proches du volcan ont dû être évacués.

 

L’activité éruptive est stable sur le Sabancaya (Pérou) avec une vingtaine d’explosions par jour et des panaches de cendre s’élevant jusqu’à 2 700 mètres au-dessus du cratère.
INGEMMET, IGP.

 

L’éruption se poursuit au Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) et ne semble pas prête de s’arrêter. Le tremort est assez stable et a gardé un niveau modéré au cours des derniers jours. Un cône se forme sur le site de l’éruption avec une bouche active au sommet. La lave a commencé à s’écouler dans des tunnels à la base du cône. En aval, la branche nord de la coulée est la seule à être active.

Dernière minute : Une nouvelle fissure s’est ouverte en amont du site éruptif, sur le flanc nord-ouest du Piton Madoré. Elle a été observée par un touriste lors d’un survol en hélicoptère. L’OVPF pense que ce nouveau point d’émission de lave s’est probablement ouvert le 5 mars entre 09h00 et 19h00. Un petit cône est en cours de formation et une nouvelle coulée a commencé à progresser au nord du site éruptif principal.

L’OVPF précise ce matin qu’au moins 6 points d’émission sont visibles aux alentours du Piton Madoré. Les conditions météo ne permettent pas actuellement de faire une reconnaissance aérienne.

Source: OVPF.

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As usual when a dome builds up within the crater, Popocatepetl (Mexico) was shaken by several strong explosions on March 2nd and 3rd, 2019. As I put it before, the growing 200-metre-wide dome had been reported by CENAPRED about ten days before the explosions. Ashfall has been reported in several communities. Incandescence and continuous emission of water vapour and volcanic gases were observed during the night. The volcano is currently emitting gas and vapour plumes calles “exhalations” by CENAPRED

The Alert Level remains at Yellow, Phase Two.

En cliquant sur ce lien, vous verrez des images des explosions du 2 mars 2019.

https://youtu.be/qBiz_yNBp70

 

There has been an increase in the activity of Anak Krakatau (Indonesia) at the end of February 2019. The volcano emitted ash plumes up to 500 metres high. Several volcanic earthquakes have also been recorded. Visitors and fishermen are asked to stay a safe distance from the island.

Source: (PVMBG).

 

Eruptive activity continues at Manam (Papua New Guinea), with ash plumes up to 3 km above sea level.

The aviation colour code remains Red.

Eruptive activity had been particularly intense in January, with ash plumes rising an altitude of more than 15 km. Telecommunication towers, water sources and other infrastructure were destroyed and local residents close to the volcano had to be evacuated.

 

Eruptive activity is stable at Sabancaya (Peru) with 20 explosions or so per day and ash plumes that rise up to 2,700 metres above the crater.

INGEMMET, IGP.

 

The eruption continues at Piton de la Fournaise (Reunion Island) and does not seem ready to stop. The tremor is quite stable and has kept a moderate level during the past days. A cone is building up on the site of the eruption with an open vent at the summit. Lava has started to flow in tunnels at the base of the cone. The northern branch of the flow is the only one to be active.

Last minute: A new fissure has opened upskope of the eruptive site, on the north-west flank of Piton Madoré. It was observed by a tourist during a helicopter flight. OVPF believes that this new lava emission point probably opened on March 5th between 09:00 and 19:00. A small cone is being built and a new flow has begun to progress north of the main eruptive site.

OVPF indicates this morning that at least six emission points can be seen in the Piton Madoré area. Poor weather conditions do not currently allow to fly over the eruptive site.

Source: OVPF.

Vue du tremor éruptif (Source : OVPF)

La webcam du Piton Cascades montre que l’éruption reste soutenue à la source

 

La source magmatique de l’Agung et du Batur (Bali / Indonésie) // The magma source of Agung and Batur volcanoes (Bali / Indonesia)

Grâce aux informations fournies par les satellites de la mission Copernicus Sentinel-1 sur les déformations du sol, les scientifiques ont désormais une meilleure idée de la localisation de la chambre magmatique à l’origine de l’éruption du Mont Agung sur l’île de Bali en novembre 2017. Le volcan a émis des panaches de cendre qui ont entraîné la fermeture de plusieurs aéroports et bloqué des milliers de touristes. Les autorités ont évacué quelque 100,000 personnes, mais aucune éruption majeure n’a eu lieu. Un événement précédent, en 1963, avait toutefois coûté la vie à près de 2 000 personnes; ce fut l’une des éruptions les plus meurtrières du 20ème siècle. L’Agung est resté actif depuis 2017 et il connaît périodiquement des épisodes éruptifs mineurs.

Bali abrite deux stratovolcans actifs, l’ Agung et le Batur, mais on sait relativement peu de choses sur leurs systèmes d’alimentation magmatique. On avait toutefois remarqué en 1963 que l’éruption de l’Agung avait été suivie d’une petite éruption du Batur qui se trouve à 16 km de distance.

Un article publié récemment dans Nature Communications décrit comment une équipe de scientifiques de l’Université de Bristol (Angleterre) a utilisé les données radar de la mission Copernicus Sentinel-1 pour surveiller les déformations du sol autour de l’Agung. Sentinel-1 est une constellation de deux satellites pouvant fournir des informations interférométriques tous les six jours, ce qui est important pour surveiller les variations rapides de déformation du sol. Ces données peuvent jouer un rôle important en matière de prévision d’éruptions dans la région. Les chercheurs ont utilisé l’interférométrie radar à synthèse d’ouverture (InSAR), avec laquelle deux images radar ou plus sur la même zone sont associées pour détecter d’infimes variations de déformation de la surface du sol. Comme je l’ai expliqué dans des notes précédentes, les moindres modifications au sol entraînent des différences dans le signal radar et font naître des interférences de couleur arc-en-ciel dans l’image combinée, ce qui donne naissance à des interférogrammes (voir l’image ci-dessous). Ces interférogrammes révèlent comment la terre se soulève ou s’affaisse et indiquent donc si du magma juvénile se déplace sous le volcan.

Dans leur étude, les membres de l’équipe de l’Université de Bristol ont détecté une inflation d’environ 8 à 10 cm du flanc nord de l’Agung au cours de la période de forte activité sismique qui a précédé la dernière éruption. Ils ont également remarqué que l’activité sismique et le signal de déformation du sol se trouvaient à cinq kilomètres du sommet du volcan, ce qui signifie que le magma se déplaçait probablement aussi bien latéralement que verticalement. L’étude fournit la première preuve géophysique que les volcans Agung et Batur pourraient avoir un système d’alimentation connecté. Cela pourrait expliquer l’apparition d’éruptions simultanées, comme ce fut le cas en 1963.

Source: Université de Bristol.

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Thanks to information on ground deformation provided by the Copernicus Sentinel-1 mission, scientists now have a better idea of the magma chamber that caused the eruption of Mount Agung on the island of Bali in November 2017. The volcano emitted ash plumes which caused airport closures and stranded thousands of visitors. Authorities evacuated about 100,000 people to safety, but no majotr eruption occurred. A previous event in 1963, however, claimed almost 2000 lives and was one of the deadliest volcanic eruptions of the 20th century. Agung has remained active, slowly erupting on and off since 2017.

Bali is home to two active stratovolcanoes, Agung and Batur, but relatively little is known of their underlying magma plumbing systems. A clue came from the fact that Agung’s 1963 eruption was followed by a small eruption at its neighbouring volcano, Batur, which stands 16 km away.

A paper published recently in Nature Communications describes how a team of scientists, led by the University of Bristol (England), used radar data from the Copernicus Sentinel-1 mission to monitor the ground deformation around Agung. Sentinel-1 is a two-satellite constellation that can provide interferometric information every six days, which is important for monitoring rapid changes of ground deformation. Their findings may have important implications for forecasting future eruptions in the region. They used the remote sensing technique of interferometric synthetic aperture radar, or InSAR, where two or more radar images over the same area are combined to detect slight surface changes. As I already explained in previous posts, tiny changes on the ground cause differences in the radar signal and lead to rainbow-coloured interference patterns in the combined image, creating interferograms (see image below). These interferograms can show how land is uplifting or subsiding, and indicate whether fresh magma is moving beneath the volcano.

In their study, the University of Bristol team detected an uplift of about 8–10 cm on Agung’s northern flank during the period of intense earthquake activity prior to the eruption. They also noticed that both the seismic activity and the ground deformation signal were five kilometres away from the summit, which means that magma was probably moving sideways as well as vertically upwards. The study provides the first geophysical evidence that Agung and Batur volcanoes may have a connected plumbing system. This could explain the occurrence of simultaneous eruptions such as in 1963.

Source: University of Bristol.

L’image InSAR du satellite Sentinel-1 montre un soulèvement du sol sur le flanc du Mont Agung entre août et novembre 2017, avant l’éruption du volcan le 27 novembre.