Un glacier artificiel pour lutter contre la sécheresse // An artificial glacier to fend off drought

L’agriculture est la principale source de revenus et de nourriture pour une grande partie de la population des villages de montagne du sud du Kirghizistan. Cependant, en raison du climat sec et du manque de terres arables, l’agriculture pose de gros problèmes. De plus,l’accès à l’eau est particulièrement difficile.

  (Source : Wikipedia)

Un article publié par l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), gérée par les Nations Unies, donne l’exemple du village de Manzura où l’eau est fournie par une source située sur la montagne, à une distance de deux kilomètres. Chaque jour, les villageois font des allers-retours jusqu’à la source afin de rapporter suffisamment d’eau pour les personnes, les animaux et les plantes.
L’eau est rare dans de nombreux villages de cette région du Kirghizistan qui reçoit très peu de pluie. En hiver, il fait froid, avec presque pas de neige, et en été, il fait très chaud, avec pratiquement pas de pluie. Les principales sources d’eau sont dans les montagne, souvent dans des endroits difficiles d’accès.
Situé majoritairement en altitude, le Kirghizistan subit de plein fouet les effets du réchauffement climatique. Les variations de températures conduisent à des régimes de précipitations peu fiables ; des pics de température plus fréquents provoquent aridité et sécheresse, en particulier dans les alpages.
Pour participer à la résilience des villages face à ces anomalies météorologiques, des experts de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture ont proposé la construction d’un glacier artificiel dans le cadre du projet « Prospérité partagée grâce à la coopération dans les régions frontalières du Kirghizistan et de l’Ouzbékistan ». .
Financé par le Fonds des Nations Unies pour la consolidation de la paix, le projet est mis en œuvre conjointement par la FAO et le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) et vise à renforcer la coopération environnementale et socio-économique transfrontalière entre l’Ouzbékistan et le Kirghizistan. Il vise également à renforcer la confiance entre les gouvernements locaux, les communautés et les organisations de la société civile. Le projet utilise des pratiques agricoles intelligentes pour préserver et maintenir les ressources naturelles communes.
Au début, beaucoup de gens n’ont pas pris au sérieux l’idée d’un glacier artificiel, mais les villageois ont soutenu cette initiative. Ils se sont mis au travail, avec le soutien technique et financier de la FAO. La construction du glacier artificiel a commencé par l’installation d’une canalisation souterraine. 55 personnes ont creusé de leurs propres mains une tranchée et posé des tuyaux depuis la source sur la montagne jusqu’au pâturage où paisse leur bétail. L’extrémité du tuyau a ensuite été relevée de 20 mètres au-dessus du sol.
Le glacier est né pendant l’hiver. L’eau qui jaillissait du tuyau a commencé à geler et à se transformer lentement en une immense tour de glace. Puis, pendant les mois d’été, la montagne de glace a fondu lentement, offrant ainsi auxvillageois un accès régulier à l’eau douce pour l’irrigation et l’usage domestique.
Durant le premier hiver, le glacier a fourni plus de 70 000 mètres cubes de glace. Le projet a intéressé les habitants d’autres villages, de sorte que de nouveaux glaciers artificiels apparaîtront probablement au cours des prochains hivers. Les autorités locales prévoient d’installer un glacier supplémentaire avec leurs propres finances et d’inclure les dépenses dans le plan budgétaire local.
Au Kirghizistan, la FAO soutient plusieurs projets visant à remédier à la pénurie d’eau et à aider les villageois à l’utiliser judicieusement. Par exemple, un système électronique de mesure du volume d’eau destiné à l’irrigation a été récemment introduit. Les technologies numériques comme celle-ci ont non seulement contribué à une distribution rationnelle de l’eau, mais ont également éliminé les conflits entre agriculteurs autour de cette ressource vitale.
Source : Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

Exemple de glacier artificiel au Kyrghyztan (Crédit photo: K. Abdykalykov)

Cette technique pour obtenir de la glace rappelle les « stupas de glace « érigés au Ladakh il y a quelques années, et décrits dans plusieurs notes sur ce blog :

Une solution contre le réchauffement climatique: Un stupa de glace // A solution against global warming : An ice stupa

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Agriculture is the main source of income and food for a large part of the local population in the mountain villages southern Kyrgyzstan. However, due to the dry climate and lack of arable land, it is difficult to grow crops there. Water is particularly challenging to access.

An article released by the Food and Agriculture Organization of the United Nations (FAO) gives the example of Manzura where the nearest water source is a mountain spring located two kilometres away. Every day, the villagers walk back and forth to the spring in order to bring back enough water for the people, animals and plants on their farm.

Water is scarce in many villages of this region which receives very little rain. In the winter, it is cold with almost no snow, and in summer, it is very hot with virtually no rain. The main water sources are mountain springs, but they are often in hard-to-reach places.

As a high-altitude country, Kyrgyzstan has been experiencing the effects of climate change acutely. Variations in temperatures are leading to unreliable precipitation patterns and more frequent peaks in temperature are causing aridity and drought, especially in mountain pastures.

To increase the communities’ resilience to these weather anomalies, experts from the Food and Agriculture Organization of the United Nations proposed the construction of an artificial glacier in the region as part of the “Shared prosperity through cooperation in border regions of Kyrgyzstan and Uzbekistan” project.

Funded by the United Nations Peacebuilding Fund, the project is implemented jointly by FAO and the United Nations Population Fund (UNFPA) and is aimed at enhancing cross-border environmental and socio-economic cooperation between Uzbekistan and Kyrgyzstan. It also works to build confidence and trust between local governments, communities and civil society organisations. The project uses сlimate-smart agricultural practices to preserve and sustain common natural resources.

At the beginning, many took the idea of an artificial glacier as a joke, but the residents of the village supported the initiative. The villagers undertook the construction themselves, with FAO providing technical and financial support. Constructing the artificial glacier began with installing an underground pipeline. 55 people manually dug a trench and laid pipes from the mountain spring to the pasture, where their livestock graze. The end of the pipe was then raised 20 meters above the ground.

In the winter, the glacier was born. The water from the pipe began to freeze and slowly turn into a huge ice tower. Then in the summer months, the mountain of ice slowly melts, providing residents with regular access to fresh water for irrigation and for domestic use.

During the first winter, the glacier provided more than 70 thousand cubic metres of ice. The project interested residents of other villages, sothat more artificial glaciers are likely to be built in the coming winters. Local authorities plan to install one more glacier from their own funding sources and include the expenses into the local budget plan.

In Kyrgyzstan, FAO is supporting several projects to address water scarcity and help villagers use it judiciously. For example, an electronic system for measuring the volume of irrigation water has been recently introduced. Digital technologies like this one have not only helped in the rational distribution of water but also eliminated conflicts among farmers over this vital resource.

Source : Food and Agriculture Organization of the United Nations (FAO).

This technique to obtain ice reeminds me of the « ice stupas » that were built in Ladakh a few years ago (see article above).

Un rideau pour sauver le glacier Thwaites (Antarctique) ? // A curtain to save the Thwaites Glacier (Antarctica) ?

Le Thwaites est un immense glacier situé sur la côte ouest de l’Antarctique, auquel j’ai déjà consacré plusieurs notes sur ce blog. Son front mesure 120 kilomètres.

 

Les scientifiques lancent constamment des messages d’alerte car le Thwaites fond très rapidement. Il a perdu plus de 1 000 milliards de tonnes de glace depuis l’an 2000. Les scientifiques souhaitent l’équiper de rideaux de 100 kilomètres de long afin de ralentir sa fonte. Le projet est évalué à 50 milliards de dollars. Si le Thwaites disparaissait entièrement, le niveau de la mer dans le monde augmenterait d’environ 3 mètres.

 

Crédit photo: NASA

Si le niveau de la mer augmentait de seulement 60 centimètres dans le monde,  les conséquences pour les villes côtières seraient terribles. New York, Miami et la Nouvelle-Orléans connaîtraient des inondations dévastatrices. Dans le monde entier, 97 millions de personnes seraient confrontées à une montée rapide des eaux mettant en danger leurs maisons et leurs moyens de subsistance.

La ville de Miami est déjà confrontée à la montée des eaux de l’océan (Photo : C. Grandpey)

À l’heure actuelle, la banquise de l’Antarctique constitue un rempart qui empêche les eaux chaudes de l’océan Austral d’atteindre les glaciers. Si le Thwaites venait à fondre dans sa totalité, cela déclencherait une cascade de fonte glaciaire avec une hausse supplémentaire de trois mètres du niveau de la mer. En effet, les glaciers côtiers de l’Antarctique sont interconnectés. Si la fonte de l’un s’accélère, celle des autres fera de même.

Image montrant les glaciers de l’ouest Antarctique (Source ; BAS)

La fonte du Thwaites contribue déjà à 4 % de l’élévation du niveau de la mer dans le monde.Certains scientifiques – qui jouent parfois aux apprentis-sorciers – tentent de trouver des solutions innovantes susceptibles de ralentir la fonte des glaciers. La dernière stratégie réside dans l’installation de gigantesques rideaux sous-marins de 100 kilomètres de long pour empêcher l’eau de mer chaude d’atteindre et de faire fondre les glaciers. En effet, l’un des principaux facteurs responsables de la fonte des glaciers en Antarctique est la pénétration d’eau de mer chaude, aidée par les courants, sous la banquise, ce qui provoque sa fonte rapide. À mesure que les océans se réchauffent avec le réchauffement climatique, les courants érodent de plus en plus le Thwaites, menaçant de le faire fondre, ce qui serait une catastrophe.

L’eau chaude de l’océan Austral mine la banquise par en dessous (Source : BAS)

En théorie, ces rideaux bloqueraient l’arrivée des courants chauds vers le Thwaites. Cela donnerait à sa banquise le temps de se régénérer et donc de mieux protéger les glaciers en amont. L’idée du rideau s’appuie sur une solution similaire qui a été suggérée en 2018 et qui consistait à bloquer l’eau chaude à l’aide d’un mur. Les rideaux semblent une meilleure option. En effet, ils sont tout aussi efficaces qu’un mur pour bloquer les courants chauds, mais beaucoup plus faciles à retirer si nécessaire.

Diagramme montrant comment un rideau ancré au fond marin pourrait empêcher les courants d’eau chaude et profonde d’atteindre les glaciers (Source :.Arctic Centre / Université de Laponie)

Des chercheurs de l’Université de Cambridge ont déjà effectué les premiers tests sur un prototype, et ils pourraient passer à l’étape suivante dès l’été 2025. Ils testent actuellement une version d’un mètre de long à l’intérieur de réservoirs. Une fois qu’ils auront prouvé sa faisabilité du projet, ils procéderont à son test dans la rivière Cam, soit en installant un rideau au fond de la rivière, soit en le tirant derrière un bateau. L’idée est de développer progressivement les prototypes jusqu’à ce qu’ils prouvent que la technologie est suffisamment fiable pour être installée en Antarctique. Si tout se passe bien, les chercheurs pourraient tester un ensemble de prototypes de rideaux de 10 mètres de long dans un fjord norvégien d’ici environ deux ans. Un problème majeur sera d’obtenir le financement nécessaire pour mener à bien ce projet extrêmement coûteux..
Source  : Business Insider via Yahoo Actualités.

Je suis personnellement extrêmement sceptique devant ce projet de rideaux en Antarctique. Tout d’abord, je ne suis pas certain que la somme colossale exigée par sa réalisation sera attribuée aux scientifiques britanniques. Par ailleurs, le gigantisme du projet tient davantage du fantasme d’un Professeur Nimbus que de scientifiques raisonnables. Il est fort à parier que les rideaux prévus dans le projet ne pèseront pas lourd devant la force des courants marins. Vouloir freiner la chaleur qu’ils transportent semble une douce illusion. De toute façon, comme je l’ai écrit à maintes reprises, ce n’est pas aux conséquences du réchauffement climatique qu’il faut s’attaquer mais à ses causes. Priorité doit être donnée à la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre, CO2 et NH4 en particulier. Malheureusement, la Courbe de Keeling et celle de la température mondiale qui lui est parallèle ne montrent pas le moindre fléchissement. Si des mesures ne sont pas prises de toute urgence, nos enfants et petits-enfants seront confrontés à de très graves problèmes.

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Thwaites is a massive glacier on Antarctica’s western coast. Its front is 120 kilometers wide. Scientists are worried because Thwites is melting very fast. It has lost over 1,000 billion tons of ice since 2000. Scientists want to build 100-kilometer-long curtains around the glacier to slow its catastrophic melting. The cost of the project is estimated at $50 billion.

If the Thwaites collapsed entirely, global sea levels would ultimately rise by about 3 meters.

Sixty centimeters of sea level rise may not sound like a lot. But if sea levels rose by 60 centimeters worldwide, the effects on coastal communities would be catastrophic. Cities like New York, Miami, and New Orleans would experience devastating flooding. Across the globe, 97 million people would be in the path of rapidly encroaching waters, putting their homes, communities, and livelihoods at risk.

Right now, the Antarctic ice shelf prevents the warming waters of the Southern Ocean from reaching the glaciers on land. If the Thwaites collapsed, it would trigger a cascade of melting that could raise sea levels another 3 meters. Indeed, the coastal glaciers in Antarctica are interconnected

Already, the melting Thwaites contributes to 4% of global sea level rise. Geoengineers are trying to find innovating technologies that could slow glacial melting. The latest strategy lies with underwater curtains. They would like to install gigantic 100-kilometer-long underwater curtains to prevent warm seawater from reaching and melting glaciers. Indeed, one of the main drivers of glacial melting is the flow of warm, salty sea water deep within the ocean. These warm currents lap against the sides of the Thwaites, melting away the thick ice that keeps the shelf’s edge from collapsing. As oceans warm due to global warming, these intruding currents will increasingly erode the Thwaites, driving it closer to total collapse.

In theory, these curtains would block the flow of warm currents to the Thwaites to halt its melting and give its ice shelf time to re-thicken. The curtain idea is based on a similar solution that was suggested in 2018, which would block warm water using a massive wall.. Curtains are supposed to be a much safer option. They are just as effective as a wall at blocking warm currents, but much easier to remove if necessary.

Researchers at the University of Cambridge are already in the very early stages of developing and testing a prototype, and they could progress to the next stage as early as summer 2025. Right now, they are testing a one-meter-long version of this technology inside tanks. Once they have proven its functionality, they willl move on to testing it in the River Cam, either by installing it at the bottom of the river or by pulling it behind a boat. The idea is to gradually scale up the prototypes until evidence suggests the technology is stable enough to install in the Antarctic. If all goes well, they could be testing a set of 10-meter-long curtain prototypes in a Norwegian fjord in about two years. A major problem will be to get the necessary funds to complete the project.

Source : Business Insider via Yahoo News.

Crèmes solaires dans les glaciers arctiques // Sunscreens in Arctic glaciers

Dans une note rédigée le 4 juillet 2018, jour de la Fête Nationale aux États-Unis, j’expliquais que le gouverneur de l’État d’Hawaii avait signé une loi interdisant la vente d’écrans solaires contenant deux produits chimiques susceptibles de nuire aux récifs coralliens. Cette décision faisait d’Hawaii le premier État américain à interdire l’oxybenzone et l’octinoxate. La loi devait prendre effet en 2021. Le Gouverneur a également déclaré que l’Etat devrait poursuivre ses efforts pour protéger les coraux, en luttant en particulier contre les espèces invasives, la pollution due aux eaux de ruissellement, et le changement climatique.
Les écrans solaires contenant de l’oxybenzone et de l’octinoxate ne seraient tolérés que pour les personnes en possession d’une ordonnance médicale. Les autres devraient acheter des écrans solaires sans ces produits chimiques ou venir à Hawaii avec leur propre crème solaire. Les scientifiques ont découvert que les deux substances peuvent être toxiques pour les récifs coralliens qui constituent une partie vitale de l’écosystème océanique et attirent les touristes.
Lorsque l’idée de l’interdiction a été émise, la Hawaii Medical Association s’est inquiétée de l’impact sur la santé publique de l’interdiction de certains types de crème solaire. Cela irait à l’encontre de plusieurs décennies de politique publique mettant en garde sur le cancer de la peau et les risques d’une exposition prolongée au soleil.

En janvier 2024, plusieurs articles parus dans la presse américaine informent le public que des scientifiques ont récemment découvert des contaminants préoccupants sur les glaciers arctiques. Dans une étude publiée dans la revue Science of the Total Environment, des chercheurs expliquent avoir trouvé des « traces » de crème solaire dans des échantillons prélevés sur cinq glaciers de la péninsule arctique de Brøggerhalvøya. Comme il n’y a pas de soleil dans l’Arctique pendant l’hiver, la présence de produits chimiques contenus dans les crèmes protectrices, notamment la benzophénone-3, a nécessité des recherches plus approfondies. Les résultats des analyses montrent que la présence de tels contaminants dans les zones reculées de l’Arctique peut être attribuée au transport atmosphérique sur de longues distances. Les masses d’air contaminées en provenance d’Eurasie atteignent plus facilement l’Arctique vers la fin de l’hiver.
De nombreux types de crème solaire contiennent des composants qui nuisent à notre écosystème. Parmi eux, la benzophénone-3, également connue sous le nom d’oxybenzone, a accéléré le déclin des récifs coralliens, déjà mis à rude épreuve en raison de la hausse des températures. Selon la NOAA, les récifs coralliens sont considérés comme les « forêts tropicales de la mer », car 25 % des poissons dépendent de structures vivantes pour leur survie. De la même façon, des milliards d’êtres humains dépendent de la mer pour se nourrir.
Alors que les scientifiques essayent de comprendre comment l’air a transporté les produits chimiques jusqu’au pôle Nord, la dernière étude est un nouvel exemple de l’interconnexion à la fois belle et fragile de nos écosystèmes.
Pour éviter la diffusion de crèmes solaires nocives pour l’environnement, il est recommandé d’utiliser des crèmes solaires écologiques qui ne contiennent pas de produits chimiques toxiques. Certains décideurs politiques ont compris le message et pris des mesures pour résoudre ce problème. Après Hawaii, l’Union Européenne a restreint la vente d’écrans solaires contenant de la benzophénone-3.
Source : Médias d’information internationaux.

Photo: C. Grandpey

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In a post written on July 4th, 2018, Independence Day in the United States, I explained that the Governor of the State of Hawaii had signed legislation that would ban the sale of sunscreens containing two chemicals thought to harm coral reefs. The move made Hawaii the first U.S. state to enact a ban on oxybenzone and octinoxate. The legislation was expected to take effect in 2021.

The Governor said the State would need to continue other efforts to protect coral, including fighting invasive species, pollution from land runoff and climate change.

Sunscreen containing oxybenzone and octinoxate would only be available to those with a prescription from a physician. Others would have to buy sunscreens without these chemicals or bring their own sunscreen with them to Hawaii. Scientists had found that the two substances can be toxic to coral reefs, which are a vital part of the ocean ecosystem and a popular draw for tourists.

When the idea of the ban was put forward, the Hawaii Medical Association raised concerns over the public health impact of banning certain types of sun lotion on the islands. The ban would go against several decades of public policy and public health concerns about skin cancer and sun exposures.

In January 2024, several articles released in the American press inform the public that scientists recently discovered surprising and concerning contaminants on Arctic glaciers. In a study published in the journal Science of the Total Environment, researchers explain that they found “traces” of sunscreen in the snow after collecting samples from five glaciers across the Brøggerhalvøya peninsula. Because the sun does not shine in the Arctic during the winter, the presence of the chemicals from the protective creams, including Benzophenone-3, required further digging. The results of the analyses show that the presence of emerging contaminants in remote areas can be attributed to the role of long-range atmospheric transport. Contaminated air masses from Eurasia reach the Arctic more easily near the end of winter.

Many types of sunscreen contain ingredients that harm our ecosystem. Among them, Benzophenone-3, also known as oxybenzone, has accelerated the decline of coral reefs, which were already under stress because of rising global temperatures. According to NOAA, coral reefs have been described as the “rainforests of the sea,” as 25% of ocean fish rely on the living structures for survival. At the same time, billions of humans depend on the sea for food.

While scientists are still investigating exactly how the air carried the chemicals to the North Pole, the latest study is another example of the beautiful yet fragile interconnectedness of our ecosystem.

In order to avoid the dissemination of sunsreens that are noxious to the environment, people had better use eco-friendly sunscreens that don’t contain toxic chemicals, and some policymakers have been taking action on the issue. Following Hawaii, the European Union has restricted the sale of sunblockers containing Benzophenone-3.

Source : International news media.

Photos: C. Grandpey

Fonte du Glacier du Rhône et réchauffement du Lac Léman // Melting of the Rhône Glacier and warming of Lake Geneva

J’ai alerté à plusieurs reprises sur la fonte du Glacier du Rhône qui recule à vue d’oeil, à tel point que la grotte qui a été creusée dans la glace est en passe de ne plus exister. En 2020, sa visite à 2029 mètres d’altitude donnait envie de pleurer tellement la fonte était spectaculaire. En juillet 2023, il se disait que la grotte du glacier du Rhône vivait peut-être sa dernière saison, après 150 ans d’exploitation. La presse helvétique nous apprend aujourd’hui que la grotte s’est visiblement effondrée. On ne sait pas si la construction d’une nouvelle grotte de glace pour la prochaine saison estivale 2024 sera encore possible. La Fondation suisse pour la protection et l’aménagement du paysage critique le projet de création, sans permis, d’une nouvelle grotte sur le glacier, ainsi que l’utilisation de bâches destinées à retarder la fonte de la glace. En effet, ces dernières causent une pollution aux microplastiques.

 

S’agissant du Glacier du Rhône, au train où vont les choses, on peut se demander si dans quelques décennies – peut-être même avant – la source du Rhône existera encore. J’ai vu le Glacier du Rhône reculer au fil des ans. Dans les années 1980, sont front dominait encore la route du col de la Furka.

 

Le Glacier du Rhône en 1981….

Aujourd’hui, on ne voit plus le glacier depuis la route. Il faut emprunter un long sentier pour atteindre son front qui se termine en pente douce dans un petit lac d’où s’échappe le Rhône à son extrémité.

…..et en 2020 !

….avec le front en pente douce

Naissance du Rhône (Photos: C. Grandpey)

En une année, la langue du glacier où se trouvait la grotte a perdu 10 mètres d’épaisseur. Selon les modèles réalisés par l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich, il devrait avoir disparu d’ici la fin du siècle.

Après sa naissance dans le canton suisse du Valais, le Rhône fait un brin de toilette dans le Lac Léman avant d’arriver en France et de poursuivre sa course vers la Mer Méditerranée.

 

Image satellite (Sentinel-2) du Lac Léman

A l’image des océans, la température du Lac Léman, d’une superficie de 580,1 km2, ne cesse d’augmenter. Cette surface étant moins importante que celle des océans, la température s’élève plus vite. La première réserve d’eau douce d’Europe occidentale se réchauffe quatre à cinq fois plus vite que les océans. C’est l’alerte que vient de lancer la Commission internationale pour la protection des eaux du Léman (CIPEL) dans son dernier rapport publié le 12 février 2024.

La température moyenne annuelle des eaux de surface du Léman atteignait 13,6°C en 2022, ce qui constitue un record depuis 1990. Cette élévation de la température de l’eau est due à la multiplication des hivers doux qui empêchent les eaux de surface de se mélanger avec celles du fond.

La CIPEL prévient que la tendance n’est pas près de s’arrêter. En effet, les Alpes se réchauffent deux fois plus vite que le reste de la planète. Si la hausse atteint 4°C, ce qui est prévu dans le pire des scénarios, il n’y aura pas d’adaptation possible. Le réchauffement des eaux du Léman aura des conséquences majeures pour les écosystèmes, avec une faune qui manquera de nourriture. Des espèces de poissons, comme la féra, n’arriveront plus à se reproduire ; des bactéries prolifèreront, rendant le traitement de l’eau du lac plus coûteux pour le million de Français et de Suisses qui la boivent.

Source : France Info.

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I have warned on several occasions about the melting of the Rhône Glacier which is retreating, to the point that the cave which was dug in the ice is on the verge of no longer existing. In 2020, a visit to 2029 meters above sea level made you want to cry because the melting was so dramatic. In July 2023, it was said that the Rhône glacier cave was perhaps experiencing its last season, after 150 years of exploitation. The Swiss press tells us today that the old cave has visibly collapsed. It is not known whether the construction of a new ice cave for the next summer season 2024 will still be possible. The Swiss Foundation for Landscape Protection and Planning criticizes the plan to create, without a permit, a new cave on the glacier, as well as the use of tarpaulins intended to considerably delay the melting of the ice. In fact, they cause microplastic pollution.

Regarding the Rhône Glacier, at the rate things are going, we can wonder if in a few decades – perhaps even sooner – the source of the Rhône River will still exist. I have seen the Rhône Glacier retreat over the years. In the 1980s, its front still dominated the Furka Pass road.
Today, you have to take a long footpath to reach the front of the glacier which ends gently in a small lake from which the Rhône River escapes at its end.
In one year, the tongue of the glacier where the cave was located lost 10 meters in thickness. According to models produced by the Swiss Federal Institute of Technology in Zurich, it will probably have disappeared by the end of the century.
After its birth in the Swiss canton of Valais, the Rhône takes a quick bath in Lake Geneva before arriving in France and continuing its course towards the Mediterranean Sea.

Like the oceans, the temperature of Lake Geneva, with an area of 580.1 km2, continues to increase. A this surface area is smaller than that of the oceans, the temperature rises more quickly. Western Europe’s largest freshwater reserve is warming four to five times faster than the oceans. This is the alert that the International Commission for the Protection of the Waters of Lake Geneva (CIPEL) has just issued in its latest report published on February 12th, 2024.
The average annual temperature of Lake Geneva’s surface waters reached 13.6°C in 2022, which is a record since 1990. This rise in water temperature is due to the increase in mild winters which prevent surface waters from mix with those at the bottom.
CIPEL warns that the trend is not about to stop. In fact, the Alps are warming twice as fast as the rest of the planet. If the rise reaches 4°C, which is expected in the worst-case scenario, there will be no adaptation possible. The warming of the waters of Lake Geneva will have major consequences for ecosystems, with fauna that will lack food : species of fish, such as the féra, will no longer be able to reproduce; bacteria will proliferate, making water treatment more expensive for the million French and Swiss who drink lake water.
Source: France Info.