Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) : Première éruption de 2020 ! // First eruption in 2020 !

11h45 (heure métropole): On l’attendait depuis des semaines; elle est enfin arrivée! Dans son bulletin du lundi 10 février à 10h40 (heure locale), l’OVPF indiquait que depuis 10h27 une crise sismique était enregistrée sur les instruments. Cette crise sismique s’accompagnait de déformation rapide, ce qui indiquait que le magma était en train de quitter le réservoir magmatique et se propageait vers la surface. Selon l’Observatoire, une éruption était probable à brève échéance dans les prochaines minutes ou heures.

En fait, c’est l’excellent Journal de l’Ile qui nous apprenait que la première éruption de l’année 2020 avait débuté en fin de matinée (heure locale). A 12h45, le front le plus actif des coulées se trouvait sur le flanc Est du volcan à 1600 mètres d’altitude, un peu en dessous du cratère Jean que l’une des coulées était en train de longer.

Il reste encore plusieurs centaines de mètres à parcourir pour que la lave atteigne les Grandes pentes qui basculent vers le Grand-Brûlé. L’histoire montre qu’au cours. des premières heures d’une éruption comme celle-ci, située en contrebas du cratère Dolomieu, les coulées progressent rapidement en raison de la forte pente du cône sommital. Ensuite, à la base du cône, vers 1900 mètres d’altitude, elles rencontrent un long replat de près de deux kilomètres où elles perdent de leur vitesse et s’étalent. La lave atteindra-t-elle la RN 2 ? Il est encore trop tôt pour le dire.

L’accès à l’Enclos est bien sûr interdit.

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13 heures (heure métropole) : Dans un nouveau bulletin diffusé à 11h15 (heure locale), l’OVPF indique que suite à la crise sismique mentionnée précédemment, le tremor volcanique synonyme d’arrivée du magma à proximité de la surface est enregistré depuis 10h50 environ. D’après les enregistrements de l’Observatoire, la source de ce tremor est localisée sur le flanc Est du volcan. Aucune confirmation visuelle d’un début d’éruption n’a pu être faite pour l’instant sur les webcams du fait de la couverture nuageuse. Néanmoins des fumerolles ont été aperçues depuis le littoral confirmant le début d’éruption à l’intérieur de l’Enclos.

Suite à un survol effectué vers 13h30, l’OVPF précise que plusieurs fissures se sont ouvertes sur le flanc est du volcan, entre la zone sommitale et 2000 m d’altitude. Les fontaines de lave ne dépassent pas 10 mètres de hauteur.  De toute évidence, je pense que l’on ne devrait pas avoir affaire à un événement majeur. L’éruption a mis beaucoup de temps à se déclarer, avec une inflation et une sismicité hésitantes sur une longue période.

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17 heures (heure métropole) : L’éruption qui a débuté ce matin se poursuit à l’heure actuelle. Comme lors des événements précédents, l’intensité du tremor diminue progressivement depuis l’ouverture des fissures éruptives.

A noter que la crise sismique qui a accompagné l’ascension du magma vers la surface a inclus 210 secousses sous la zone sommitale du volcan.

Au cours d’une reconnaissance aérienne en début d’après midi, plusieurs fissures ont pu être localisées sur le flanc Est du cône terminal entre la partie haute du cône terminal et 2000 m d’altitude. L’ensemble de ces fissures s’étend sur une distance d’environ 1 km. Du fait de la localisation des fissures éruptives et des fortes pentes dans le secteur, la lave avait atteint la cote 1700 m à 13h15 (heure locale) et le front de coulée se situait à moins de 150 m de la rupture de terrain qui débouche sur les Grandes Pentes. Très logiquement, le front de coulée était fortement ralenti par la zone de replat qui se trouve à cet endroit.

Source : OVPF.

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11:45 (Paris time): We had been waiting for it for weeks; it is happening right now! In its bulletin of Monday February 10th, 2020 at 10:40 am (local time), OVPF indicated that since 10:27 am a seismic crisis had been recorded on the instruments. This seismic crisis was accompanied by rapid deformation, which indicated that magma was leaving the magmatic reservoir and was ascending to the surface. According to the Observatory, an eruption was likely in the next few minutes or hours.
In fact, the Journal de l’Ile told us that the first eruption in 2020 started late in the morning (local time). At 12:45 p.m., the most active front of the lava flows was on the eastern flank of the volcano at 1600 metres above sea level, a little below Jean Crater that one of the flows was skirting.
There are still several hundred metres for lava to reach the Grandes Pentes (Great Slopes) which switch to the Grand-Brûlé. History shows that in the course. from the first hours of an eruption like today’s, located below Dolomieu Crater, the lava flows progress rapidly because of the steep slope of the summit cone. Then, at the base of the cone, around 1900 metres above sea level, they reach a long flat area of ​​almost two kilometres where they lose speed and spread out. Will lava reach RN 2? It is still too early to tell.

Access to the Enclos is forbidden.

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1:00 p.m. (Paris time): In a new bulletin released at 11:15 a.m. (local time), OVPF indicates that following the seismic crisis mentioned previously, the volcanic tremor synonymous with the arrival of magma near the surface has been recorded since 10:50 a.m. or so. According to Observatory records, the source of this tremor is located on the eastern flank of the volcano. No visual confirmation of an eruption could be made for the moment on the webcams because of the cloud cover. However, fumaroles were seen from the shore, confirming the start of the eruption inside the Enclos.

Following an overflight carried out around 1:30 p.m., OVPF specifies that several fissures opened on the eastern flank of the volcano, between the summit area and 2000 m a.s.l. The lava fountains do not exceed 10 metres in height. Obviously, I think we shouldn’t be dealing with a major event. The eruption took a long time to start, with hesitant inflation and seismicity over a long period.

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5:00 p.m. (Paris time): The eruption that started this morning continues right now. As in previous eruptions, the intensity of the tremor has gradually decreased since the opening of the eruptive fissures.
It should be noted that the seismic crisis which accompanied the magma ascent towards the surface included 210 tremors under the summit area of ​​the volcano.
During an overflight in the early afternoon, several fissures could be located on the eastern flank of the summit cone between the upper part of the cone and 2000 m above sea level. All of these fissures extend over a distance of about 1 km. Due to the location of the eruptive fissures and the steep slopes in the area, the lava reached 1,700 m a.s.l. at 1:15 p.m. (local time) and the lava front was less than 150 m from the slope break which leads to the Great Slopes. Very logically, the flow front was greatly slowed down by this flat area.
Source: OVPF. .

Photos: C. Grandpey

Première image de l’éruption mise en ligne par l’OVPF

Sismicité du début d’éruption (Source: OVPF)

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde.

Le HVO, Observatoire des Volcans d’Hawaii, a enregistré un séisme de M 4,2 sous le flanc sud du Kilauea dans la soirée du 2 février 2020. L’épicentre de l’événement a été localisé à environ 12 kilomètres au sud-est de la caldeira du Kilauea, près de la zone de Holei Pali, dans le Parc national des volcans d’Hawaï. L’hypocentre était à une profondeur de 7,6 km. Quelque 300 habitants de Big Island ont déclaré avoir ressenti la secousse qui n’a pas causé de dégâts.
Le séisme n’a pas non plus provoqué de changement dans l’activité du Kilauea ou du Mauna Loa qui ne sont pas en éruption en ce moment. Des répliques ne sont pas exclues.
Le flanc sud du Kilauea a été le site de 20 séismes de magnitude M 4,0 ou plus au cours des 20 dernières années. La plupart sont causés par le déplacement du flanc sud du volcan vers le sud-est au-dessus de la croûte océanique. J’ai écrit plusieurs articles sur ce phénomène, comme ceux-ci:
https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2018/09/04/le-flanc-sud-du-kilauea-kilauea-volcanos-south-flank/

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2018/03/28/les-seismes-lents-du-kilauea-hawaii-kilauea-volcanos-slow-earthquakes-hawaii/

Le HVO confirme que l’emplacement, la profondeur et les formes d’onde générées par le dernier séisme vont de pair avec le glissement du flanc sud. L’événement était probablement une réplique de du séisme de M 6.9 enregistré en 2018 en relation avec la phase de stabilisation du volcan.
Aucun tsunami n’a été détecté.
Source: USGS et journaux hawaïens.

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Situé dans le centre du Mexique, le champ volcanique Michoacán – Guanajuato couvre une zone de 250 kilomètres sur 200 kilomètres dans les États du Michoacán et de Guanajuato, d’où son nom. On y observe 1400 anciennes bouches éruptives, principalement des cônes de scories. Les volcans bouclie datent pour la plupart du Pléistocène. La dernière éruption connue dans cette région est celle du Paricutin entre le 20 février 1943 et le 25 février 1943. L’éruption avait un VEI 4 et a été bien documentée. Elle est décrite dans un chapitre de mon livre Killer Volcanoes.
Un essaim sismique affecte actuellement la région de Michoacan-Guanajuato. On ne sait pas si les secousses sont d’origine volcanique ou tectonique. Le centre de la crise sismique est situé près de la ville d’Uruapan (315 000 habitants), la deuxième plus grande ville de l’État du Michoacan. L’agglomération se trouve à l’extrémité ouest des hauteurs de Purépecha, juste à l’est de la région de Tierra Caliente.
Selon le CENAPRED, plus de 1 800 séismes ont été enregistrés depuis le 5 janvier 2020. Les deux événements les plus significatifs avaient des magnitudes de M4,1 les 23 et 30 janvier. Malgré le nombre de séismes, aucun dégât n’a été signalé.
Les séismes ont été localisés à une profondeur d’environ 40 km, ce qui correspond à peu près à l’épaisseur de la croûte terrestre dans la région. Dans le passé, plusieurs essaims semblables d’origine purement tectonique ont été enregistrés dans la région; le plus récent a eu lieu en 2006.
Le Michoacan est une région sismiquement active, et on a enregistré plusoeurs événements majeurs le long de la côte. Au cours des 10 dernières années, 10 secousses de magnitude supérieure à M 5,0 ont été signalées. En février et mars 1997, un essaim sismiquea été détecté près du volcan Tancitaro, dans la partie sud du complexe tectonique du Michoacan.
Les autorités conseillent à la population de prendre en compte les informations fournies par le CENAPRED et la Protection Civile.
Source: CENAPRED, The Watchers.

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La situation est stable sur le Taal (Philippines). Les panaches de vapeur montent jusqu’à 800 m au-dessus du Main Crater. Les émissions de SO2 sont faibles (231 tonnes par jour début février). Selon le DROMIC, il y a 23 915 personnes dans 152 centres d’évacuation, et 224 188 autres personnes séjournent dans d’autres endroits. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 0 à 5). Le PHIVOLCS recommande de ne pas entrer sur Volcano Island et le lac Taal, ni dans les villes à l’ouest de l’île dans un rayon de 7 km.
Source: PHIVOLCS.

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Le 31 janvier 2020, une éruption phréatique sur le Rincón de la Vieja (Costa Rica) a projeté des matériaux sur le flanc N et a généré un panache qui s’est élevé à 2 km au-dessus du cratère. Des lahars ont emprunté les lits des rivières sur le flanc N et ont atteint des zones habitées 7 à 10 km en aval, environ 40 minutes après l’éruption.
Source: OVSICORA.

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L’activité reste intense sur le Fuego (Guatemala), avec en moyenne 5 à 10 explosions stromboliennes chaque heure. Elles génèrent des panaches de cendre qui s’élèvent  à 4500-4700 mètres d’altitude, avec des retombées de cendre sur les zones sous le vent. Les explosions projettent également des matériaux incandescents jusqu’à 100-300 mètres au-dessus du cratère. Comme précédemment, des coulées de lave avancent dans la ravine Seca.

Source : INSIVUMEH.

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Dans un bulletin publié le 3 février 2020, l’INGV a indiqué que la lave a débordé à nouveau de la partie nord de la terrasse cratèrique du Stromboli (Sicile) Cependant, le débordement s’est limité à la zone sommitale. Le front de coulée de lave se désintégrait rapidement et des blocs roulaient sur la Sciara del Fuoco.
L’amplitude du tremor n’a pas montré de variations significatives pendant ce débordement de lave qui se produit périodiquement depuis quelque temps.
Source: INGV.

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L’Agence météorologique japonaise (JMA) indique que le volcan Kuchinoerabujima dans la préfecture de Kagoshima est entré en éruption en début de matinée le 3 février 2020, avec des nuages de cendre qui sont montés jusqu’à 7000 mètres d’altitude. De plus, des coulées pyroclastiques ont parcouru environ 900 m le long du flanc sud-ouest du cratère.
Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 5)
L’île de Kuchinoerabu est située à 130 km au sud-sud-ouest de Kagoshima. Elle couvre une superficie de 36 km2 et abrite une centaine de personnes.
Source: JMA.

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L’accès à White Island (Nouvelle Zélande) ne sera pas autorisé aux touristes avant longtemps. Les autorités vont désormais réfléchir à deux fois après la catastrophe du 9 décembre et ses 21 morts. De plus, les scientifiques du GNS indiquent que l’activité reste élevée sur le volcan, même si aucune nouvelle extrusion de lave ne s’est produite. Le GNS pense que de nouvelles éruptions explosives restent très improbables. Le niveau d’alerte volcanique reste à 2 (le même niveau qu’en décembre 2019 quand l’explosion s’est produite) et la couleur de l’alerte aérienne est maintenue au Jaune.
Les dernières observations sur le terrain confirment qu’aucune nouvelle extrusion de lave n’a eu lieu et que les émissions de gaz sont inférieures à ce qu’elles étaient il y a deux semaines, mais elles restent élevées. Hormis des émissions mineures de cendre les 23 et 26 décembre 2019, aucune activité explosive n’a été observée depuis l’éruption du 9 décembre 2019. Cependant, même si les émissions de gaz ont diminué, elles restent à des niveaux élevés. Les températures associées aux extrusions de lave restent élevées elles aussi (supérieures à 550 – 570°C).
Les données satellitaires montrent une instabilité de la paroi occidentale du cratère et de la zone où s’est produit le glissement de terrain de 1914.
GNS Science conclut son rapport en indiquant que, bien que très peu probable, une éruption explosive sur la zone des bouches actives reste possible et pourrait se produire sans signe annonciateur.

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L’Observatoire Volcanologique du Piton de la Fournaise (OVPF) recherche un technicien / assistant ingénieur d’exploitation d’instrument pour le réseau de surveillance volcanologique et sismologique de Mayotte

Il s’agit d’un CDD de 12 mois à partir du 15 mars 2020, pour un travail à temps complet

L’OVPF explique que le technicien ou assistant ingénieur a pour mission de participer à l’installation, au développement, à la maintenance des réseaux de surveillance à Mayotte, à Glorieuse et aux Comores en mettant en oeuvre des stations autonomes dont les données sont transmises en temps réel. Il est rattaché à l’équipe technique et sous la responsabilité de la direction technique de l’OVPF.

Toutes les conditions du contrat – attention, c’est un CDD, pas un CDI – avec les qualifications requises, le salaire, etc. se trouvent à cette adresse :

http://www.ipgp.fr/fr/technicien-assistant-ingenieur-dexploitation-dinstrument-reseau-de-surveillance-volcanologique?fbclid=IwAR13y87zYWRPpGZPPKHoDwjx6ASO6uYw4kgBkI30o9w9oPHxZ2eaaKRnGKA

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Here is some news about volcanic activity around the world:

The Hawaiian Volcano Observatory (HVO) recorded an M 4.2 earthquake beneath Kilauea Volcano’s south flank in the evening of February 2nd, 2020. The epicentre of the event was located about 12 kilometres southeast of Kilauea caldera near the Holei Pali area in Hawaii Volcanoes National Park. The hypocentre was at a depth of 7.6 km. About 300 Big Island residents reported having felt the earthquake which did not cause any damage

The earthquake did not cause any change in the activity of Kilauea or Mauna Loa which are not erupting at the moment. Aftershocks are not excluded.

Kilauea’s south flank has been the site of 20 earthquakes with magnitudes M 4.0 or greater during the past 20 years. Most are caused by abrupt motion of the volcano’s south flank, which moves to the southeast over the oceanic crust. I have written several posts about this phenomenon, like these ones:

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2018/09/04/le-flanc-sud-du-kilauea-kilauea-volcanos-south-flank/

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2018/03/28/les-seismes-lents-du-kilauea-hawaii-kilauea-volcanos-slow-earthquakes-hawaii/

HVO confirms that the location, depth, and waveforms recorded as part of the last earthquake are consistent with slip along this south flank fault. The earthquake was likely an aftershock of the 2018 M 6.9 event as the volcano continues to settle.

No tsunami was detected..

Source: USGS and Hawaiian newspapers.

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Located in central Mexico, the Michoacán–Guanajuato volcanic field covers an area of 200 kilometres by 250 kilometres in the states of Michoacán and Guanajuato. It contains 1400 inactive eruptive vents, mostly cinder cones. The shield volcanoes are mostly Pleistocene in age. The last known eruption in this region took place at Paricutin volcano between February 20th, 1943 and February 25th, 1943. The eruption had a VEI 4 and has been well documented. It is described in a chapter of my book Killer Volcanoes.

An earthquake swarm is currently affecting the Michoacan-Guanajuato region. It is not known whether the events are volcanic or tectonic in origin. The centre of the seismic crisis is near the town of Uruapan (population 315 000), the second-largest town in the state of Michoacan. The town is located at the western edge of the Purépecha highlands, just to the east of the Tierra Caliente region.

According to CENAPRED, more than 1 800 earthquakes have been recorded since January 5th, 2020. The two largest events had magnitudes of M4.1, on January 23rd and 30th. Despite the number of earthquakes, there are no reports of damage.

The seismic events have been located at a depth of about 40 km, which roughly corresponds to the thickness of the crust in the area. In the past, several similar swarms of purely tectonic origin were recorded in the area ; the most recent one occurred in 2006.

Michoacan is a seismically active region, with several major earthquakes along the coast. Over the past 10 years, 10 seismic events with magnitudes greater than M 5.0 have been reported. In February and March 1997, an earthquake swarm was detected near the Tancitaro volcano, in the southern part of the Michoacan tectonic triangle complex.

Authorities advise residents to follow the information provided by CENAPRED and the Civil Protection.

Source: CENAPRED, The Watchers.

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The situation is stable on Taal Volcano (Philippines). Steam plumes are rising as high as 800 m above the Main Crater. SO2 emissions are low (231 tonnes per day in early February). According to DROMIC, there are 23,915 people in 152 evacuation centres, and an additional 224,188 people are staying at other locations. The alert level remains at 3 (on a scale of 0-5). PHIVOLCS recommends no entry onto Volcano Island and Taal Lake, nor into towns W of the island within a 7-km radius.

Source: PHIVOLCS.

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On January 31st, 2020, a phreatic eruption at Rincón de la Vieja Costa Rica) ejected material onto the N flanks and generated a plume that rose 2 km above the crater rim. Lahars descended rivers on the N flank and reached populated areas 7-10 km downriver around 40 minutes after the eruption.

Source: OVSICORA.

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Activity is still intense at Fuego Volcano (Guatemala), with 5 to 10 strombolian explosions per hour. They generate ash plumes that may be as high as 4 500- 4 700 metres a.s.l., with ashfall in downwind areas. The explosions also eject incandescent material up to 100 to 300 metres above the crater. Like previously, lava flows are still observed in the Seca drainage.

Source : INSIVUMEH.

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In a bulletin released on February 3rd, 2020, INGV indicated that lava was again overflowing the northern portion of Stromboli‘s crater terrace. However, the overflow was limited to the summit area. The lava flow front was disintegrating on the steep slope and sending rock material rolling down the Sciara del Fuoco.

The volcanic tremor amplitude is not showing significant variations associated with the lava overflow which has happened from time to time during the past weeks.

Source : INGV.

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The Japan Meteorological Agency (JMA) indicates that Kuchinoerabujima volcano in Kagoshima Prefecture erupted in the early morning of February 3rd, 2020, generating ash clouds up to 7 000 metres above sea level. Moreover, pyroclastic flows travelled about 900 m along the southwest flank of the crater.

The Alert Level remains at 3 (on a scale of 5)

Kuchinoerabu Island is located 130 km south-southwest of Kagoshima. It covers an area of 36 km2 and is home to about 100 people.

Source: JMA.

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Access to White Island will not be allowed to tourists before long. Authorities will think twice after the December 9th disaster and the 21 deaths. What is more, GNS Scientists indicate that the volcano remains in an elevated state of unrest, although no further extrusion of lava has occurred. GNS thinks that further explosive eruptions remain very unlikely. The volcano alert level remains at 2 (the same level when the December explosion happened) and the aviation colour code is kept at Yellow.

The latest on the field observations confirm no further extrusions of lava has occurred and gas fluxes are lower than two weeks ago but remain elevated. Apart from minor ash emissions on December 23rd and 26th, 2019, no explosive eruptive activity has been detected or observed since the December 9th, 2019 eruption.

However, even though the gas output has decreased, it still remains at high levels. The temperatures associated with the lava extrusions remain very hot (greater than 550 – 570°C).

Satellite data shows continued land movement of the west wall of the Main Crater and the 1914 landslide scarp.

GNS Science warns that although very unlikely, an explosive eruption from the active vent area remains possible and could occur with no precursory activity.

Image  rhermique du débordement de lave sur le Stromboli le 3 février 2020 (Source : INGV)

Vue du cratère de White Island (Crédit photo: GNS Science)

Vulcano (Iles Eoliennes / Sicile): L’éruption de 1888

Il y a quelque temps, mon ami sicilien Santo Scalia a mis en ligne sur Facebook un excellent article qui décrit la dernière éruption à Vulcano (Iles Eoliennes / Sicile) en 1888.

http://ilvulcanico.it/lultima-eruzione-di-vulcano-131-anni-fa/?fbclid=IwAR1v9HbC87XadkkSmdKc5SwiLqPnyVLRBLXgMRaH9ryitg1ZrXC10waJD

Comme le fait remarquer très justement Santo, le Vulcano n’est pas le volcan italien le plus populaire. Aux yeux des touristes, il est devancé par le Vésuve, l’Etna, le Stromboli, voire les Champs Phlégréens. La Fossa di Vulcano est pourtant un site volcanique très intéressant sur lequel j’ai effectué des recherches dans les années 1990. Les résultats de mon travail ont fait l’objet d’un mémoire que l’on peut se procurer auprès de L’Association Volcanologique Européenne (L.A.V.E.).

Il y a 131 ans, dans la nuit du 2 au 3 août 1888, le Vulcano s’est réveillé, avec des grondements accompagnés de séismes, tandis qu’un épais panache de gaz et de cendre traversé par des éclairs s’élevait au-dessus du cratère, avec des retombées de matériaux sur toute l’île.  

On trouve une très intéressante description de l’éruption dans un ouvrage intitulé L’eruzione di Vulcano del 1888-1890 nelle Isole Eolie, publié par Guglielmo Manitta en 2018.

On y apprend que les anciens Grecs appelaient l’île Ἰερά – sacrée – car c’était pour eux le siège de l’atelier du dieu Héphaïstos, le Vulcain des Romains. Les éruptions du volcan sont connues depuis l’Antiquité. Thucydide (au 5ème siècle av. J.-C.), Aristote, Théophraste, Callias en font état dans leurs écrits.

Pline explique que peu de temps avant son époque, au milieu des îles Éoliennes, une nouvelle île était née et que la troisième année de la 163ème Olympiade – c’est-à-dire en 126 avand J.C. – une autre était apparue.
On ne sait que peu de choses sur les siècles du premier millénaire. Au 7ème siècle, l’abbé irlandais San Adamnàn écrivit un ouvrage intitulé De Locis Sanctis (Les Lieux Saints) dans lequel, citant le témoignage de l’évêque français Arculf, il parlait d’une activité éruptive du volcan.
Vers 943, des voyageurs arabes ont  mentionné l’île de Vulcano. Par exemple, Al-Masûdî, originaire de Bagdad, a écrit une œuvre intitulée Murûg ad-dahab dans laquelle il mentionne le «Gabal al burkân (Mont de Vulcano) qui jette le feu, en même temps que [d’autres] matériaux et de grands corps. […] L’île nommée «al-Burkân» est l’atîmah (le cratère) qui projette des «corps enflammés ressemblant à des hommes sans tête» (sic!).

Un historien originaire de Sciacca nous apprend que Thermessa (ou Therasia), autre nom sous lequel était connue l’île de Vulcano dans le passé, connaissait de l’activité volcanique en 1444. Il explique aussi que l’île de Vulcanello – qui s’est formée au deuxième siècle avant notre ère et qui était à l’origine séparée de Vulcano par une étroite bande de mer navigable – était déjà raccordée à sa voisine au 15ème siècle.
Au moins huit autres épisodes éruptifs se sont produits aux seizième, dix-septième et dix-huitième siècles. Au dix-neuvième siècle, certaines phases d’activité fumerolienne plus intenses ont été observées. Elles ont abouti à l’éruption qui a duré d’août 1888 à mars 1890.

Les autorités romaines ont envoyé Orazio Silvestri (professeur de géologie et de minéralogie à l’Université de Catane) et Giuseppe Mercalli (alors professeur de vulcanologie et de sismologie à l’Université de Naples) étudier cette éruption. En collaboration avec Giulio Grablovitz (directeur de l’observatoire de Casamicciola à Ischia) et de Clerici, chef des ingénieurs civils de Messine, ils ont rédigé un ouvrage intitulé Le eruzioni dell’Isola di Vulcano, incominciate il 3 agosto 1888 e terminate il 22 marzo 1890.

Au cours de cette dernière éruption, l’activité du cratère – baptisé la Fossa – a consisté en de puissantes émissions de cendres, de scories et de bombes à quelques heures d’intervalle. Elle était si caractéristique que l’on a donné le nom d’ « éruption vulcanienne » à des manifestations d’activité éruptive similaire sur d’autres volcans de la planète.

Pendant l’éruption (qui a duré 19 mois et autant de jours), on a observé deux phases séparées par quelques semaines de calme absolu: une première phase, caractérisée par une activité plus intense, a duré environ trois jours, du 3 au 5 août.1888; la seconde, à partir du 18 du même mois, s’est terminée le 22 mars 1890 et a présenté une activité plus modérée, avec de brèves périodes de calme.
À la fin de l’éruption, Émile Chaix (alors professeur de géographie générale et de géographie physique à Genève) a photographié l’intérieur du cratère qui était toujours en train de fumer.
Aujourd’hui, Vulcano ne présente plus qu’une activité fumerollienne – avec de très belles concrétions de soufre – plus intense le long de certaines fractures qui parcourent la lèvre sud-ouest du cratère. Dans les années 1990, quand j’ai effectué mon travail d’observation, leur température oscillait entre 300e et 400°C.

Au moment de la dernière éruption, l’île était peu habitée. Une colonie de détenus était également présente ; ces hommes purgeaient leurs peines en extrayant du soufre et de l’alun. L’entrée de ces mines est encore visible, mais il est dangereux de s’y aventurer.
Ces activités ont été fortement compromises suite à l’éruption de la fin du 19ème siècle. De gros blocs ont atteint la zone de plaine autour du port où des maisons et des installations d’extraction ont été endommagées.

Photo prise par Orazio Silvestri et montrant l’éruption le 20 août 1888 (Source :Libreria Trippini Sergio)

Bombe « en croûte de pain » projetée par la dernière éruption

Vue du cratère de la Fossa aujourd’hui

Fumerolles sur la lèvre du cratère

 Concrétion de soufre dans le cratère

 Entrée d’une galerie d’extraction de l’alun

                                                                  Vulcanello

(Photos: C. Grandpey)

 

Volcan Taal (Philippines) : Prévision éruptive…ou pilotage à vue ?

Au cours de ma conférence « Volcans et risques volcaniques », j’explique que, malgré les outils technologiques ultra modernes (systèmes GPS, observations satellitaires, etc) dont disposent les scientifiques, la prévision volcanique reste très aléatoire, pour ne pas dire inexistante, surtout sur les volcans gris, les plus explosifs, donc les plus dangereux. Les terres étant très fertiles, des centaines de milliers de personnes vivent sur leurs pentes ou à proximité.

Lorsqu’un événement majeur se produit, les autorités mettent en général d’emblée en place le principe de précaution. On a tiré les leçons des éruptions meurtrières du passé et on n’attend plus de savoir si le volcan va se mettre vraiment en colère pour évacuer les populations menacées. La dernière éruption du Taal aux Philippines vient confirmer cette stratégie. Il suffit d’observer le déroulement des événements pour s’en rendre compte. Examinons les bulletins d’information émis par le PHIVOLCS (Philippine Institute of Volcanology and Seismomogy) pendant les jours qui ont précédé le réveil du volcan.

Dans un bulletin émis le 8 janvier 2020 à 8 heures du matin, le PHIVOLCS indiquait que le réseau sismique du Taal avait enregistré 29 séismes d’origine volcanique au cours des dernières 24 heures. Les dernières mesures effectuée début janvier révélaient une légère baisse de la température du lac dans le Main Crater (cratère principal), de 31.6°C à 31.5°C. On observait aussi une baisse du niveau de l’eau de 0.34 mètre, contre 0.27 mètre précédemment. L’acidité de l’eau avait augmenté et était passée d’un pH de 2.81 à un pH de 2.75. Le réseau GPS montrait aussi une inflation du volcan, mais sans changement significatif par rapport aux mesures précédentes sur le long terme. Au vu de ces paramètres, le PHIVOLCS avait mis en place le niveau d’alerte à 1, sur une échelle de 5. Cela signifiait qu’ « une éruption dangereuse n’était pas imminente. »

Le bulletin émis le 9 janvier à 8 heures était en grande partie identique à celui de la veille.

Même son de cloche le 10 janvier au matin où le PHIVOLCS signalait toutefois deux séismes susceptibles d’avoir été ressentis par la population.

Bis repetita les 11 et 12 janvier à 8 heures. Les bulletins émis par le PHIVOLCS étaient en tout point identique à ceux des jours précédents. Le niveau d’alerte volcanique était maintenu à 1.

Changement de décor dans le bulletin du 12 janvier à 14h30 ! Le PHIVOLCS signalait des émissions de vapeur dans le Main Crater, probablement générés par une activité phréatique. Rien de vraiment significatif dans l’activité sismique et la déformation du volcan. L’Institut signalait une augmentation régulière de la teneur en CO2 de l’eau du lac de cratère depuis février 2019. Par précaution, le niveau d’alerte volcanique passait de 1 à 2 (probable intrusion magmatique pouvant conduire à une éruption).  Il était demandé à la population de ne pas s’approcher du Main Crater.

Ce même jour à 16 heures, le PHIVOLCS faisait passer le niveau d’alerte de 2 à 3 car l’activité éruptive s’intensifiait avec un panache de 1 km de hauteur et une hausse de la sismicité. L’Institut expliquait qu’il se produisait probablement une intrusion magmatique et conseillait l’évacuation des barangays (unités administratives) d’Agoncillo et Laurel dans la province de Batangas à cause du risque de coulées pyroclastiques et de tsunami.

Une heure trente plus tard, à 17h30, le niveau d’alerte passait de 3 à 4 (dangereuse éruption imminente). L’éruption s’était intensifiée depuis le précédent bulletin, avec un panache de 10 à 15 km de hauteur et des retombées de cendre vers le nord du volcan. Le PHIVOLCS notait la présence de tremor et une hausse de l’activité sismique. Des fissures s’étaient ouvertes et d’autres s’étaient agrandies. Le PHIVOLCS s’attendait à une éruption majeure « dans les prochaines heures ou les prochains jours.» En conséquence, l’Institut conseillait fortement l’évacuation totale de Volcano Island et de la population dans un rayon de 14 km du Main Crater.

L’activité éruptive s’est poursuivie les jours suivants, sans que l’on assiste toutefois à l’éruption cataclysmale annoncée par le PHIVOLCS. Le niveau d’alerte était maintenu à 4 sur 5.

Le 25 janvier 2020, sismicité, déformation de l’édifice volcanique et émissions de SO2 poursuivant leur décrue, le PHIVOLCS a décidé de ramener le niveau d’alerte à 3, sans exclure une baisse à 2 les jours suivant si la baisse d’activité se confirme. Les personnes évacuées ont été en grande partie autorisées à rentrer chez elle. Les écoles primaires et secondaires de la province de Batangas restent toutefois fermées car elles hébergent les habitants de Agoncillo et Laurel, localités qui n’ont pas été jugées suffisamment sures par l’Institut.

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Les événements que je viens de mentionner montrent que la sismicité est restée intense pendant plusieurs jours avant de décliner progressivement. La cendre a envahi Volcano Island qui, selon les autorités, est en passe de devenir un no man’s land où toute implantation de population devrait être officiellement interdite, mais on sait d’avance qu’une telle mesure sera difficile à mettre en place.

Une évacuation à grande échelle a été décrétée sur une zone d’un rayon de 14 km par rapport au Main Crater. La carte à risque du Taal montre qu’environ 460 000 personnes habitent dans cette zone. Le 21 janvier, 148 987 personnes séjournaient dans 493 centres d’évacuation, en sachant que des milliers d’autres s’étaient réfugiées chez des parents et amis ailleurs dans le pays. La population et l’armée empêchaient les habitants évacués de revenir chez eux.

Ces événements confirment que la gestion de l’éruption s’est faite au jour le jour, au vu des paramètres du moment, surtout en fonction de l’intensité du panache éruptif et des retombées de cendre. L’éruption majeure envisagée par le PHIVOLCS n’a jamais eu lieu. Le principe de précaution a toutefois permis de mettre des dizaines de milliers de personnes à l’abri d’une possible éruption de grande ampleur. Les autorités philippines avaient sûrement en tête l’éruption du Pinatubo en 1991. L’événement avait alors tué quelque 800 personnes, un bilan relativement modéré au vu de la puissance de l’éruption.

Etant donné notre incapacité à réellement prévoir l’évolution d’une éruption sur un volcan explosif de la Ceinture de Feu du Pacifique, l’adoption du principe de précaution est à mes yeux une sage décision. Les autorités philippines ont par ailleurs eu la bonne idée de décréter une évacuation à grande échelle dès le début de l’activité éruptive. En 2010, j’avais critiqué l’évacuation pas à pas décidée par les autorités indonésiennes lors de l’éruption du Mérapi et ses quelque 340 morts. Dans le cas du Taal, aucune victime n’est à déplorer à ce jour. Il est vrai que le volcan a eu la bonne idée de ne pas envoyer de coulées pyroclastiques, ce qui est une différence majeure avec l’éruption du Merapi.

Source: Disaster Risk Reduction Management Council