Des nouvelles rassurantes d’Hawaii // Good news from Hawaii

drapeau francaisFinalement, l’ouragan Iselle n’a pas causé les dégâts redoutés sur la Grande Ile d’Hawaii. En approchant des côtes, l’ouragan est devenu une tempête tropicale avec des rafales de vent atteignant tout de même 80 km/h. Des arbres se sont couchés sur la chaussée et sur des lignes électriques, entraînant des pannes de courant localisées. Il a beaucoup plu de sorte que certaines routes inondées restent fermées à la circulation. Toutefois, on ne recense pas de dégâts majeurs. La population avait pris les devants en condamnant les ouvertures des maisons, tandis que plusieurs hôtels de la côte étaient évacués.

Comme je l’écrivais précédemment, le mois d’août est souvent celui des ouragans et tempêtes tropicales à Hawaii. A peine Iselle évacuée, Julio va s’approcher des côtes hawaiiennes ce dimanche, sans toutefois les atteindre. Sa trajectoire le conduit vers le nord de l’archipel. Les touristes actuellement en vacances à Hawaii doivent donc s’attendre à de nouvelles pluies abondantes.

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drapeau anglaisFinally, Hurricane Iselle did not cause the damage feared on Hawaii Big Island. As it neared the coast, the hurricane became a tropical storm with wind gusts still reaching 80 km / h. Trees fell down on some roads and on power lines, causing local power outages. It rained a lot so some flooded roads remain closed to the traffic. However,  no major damage was reported. The population had taken early measures in condemning the openings of the houses, while many coastal hotels were evacuated.
As I put it before, the month of August is often the period of hurricanes and tropical storms in Hawaii. Hardly Iselle evacuated, Julio will approach the Hawaiian coast on Sunday, but should not reach it. Its path is supposed to go north of the archipelago. As a consequence, tourists currently vacationing in Hawaii must expect more heavy rains.

Hawaii en alerte ouragan // Hurricane warning at Hawaii

drapeau francaisLes Hawaïens le savent: Août est le mois du mauvais temps, des tempêtes et des ouragans. C’est encore vrai cette année, avec deux tempêtes sur ​​le point de frapper l’archipel et surtout la Grande Ile. En conséquence, les autorités ont décidé de fermer les écoles et structures officielles telles que les parcs nationaux. Certains d’entre eux comme le Parc National de l’Haleakala (Maui) ou le Parc National des Volcans d’Hawaï ont prévu de fermer complètement ou partiellement à partir de mercredi, jour où les ouragans Iselle et Julio vont s’approcher des îles.
Sur la Grande Ile, le Parc National des Volcans d’Hawaï restera ouvert, mais les responsables du parc ont fermé toutes les zones hors des sentiers battus ainsi que certaines routes. La Grande Ile a été placée en alerte ouragan mercredi en fin de matinée.
Les zones suivantes sont fermées à partir de 18 heures mercredi: La Chain of the Craters Road, depuis le parking de Devastation Trail jusqu’à la côte; toutes les zones hors des sentiers battus, y compris le Mauna Loa; la Mauna Loa Road; toutes les zones et les sentiers côtiers; les campings de Kulanaokuaiki et Napau, ainsi que les terrains de Namakanipaio.
Sur Maui, le sommet de l’Haleakala et la zone de Kipahulu fermeront à 15 heures jeudi, en prévision de vents violents et de fortes pluies. Le parc ne sera pas ouvert pour le lever du soleil vendredi matin, et les responsables du parc décideront de rouvrir le parc vendredi si la sécurité le permet. Les responsables du parc ont indiqué aux randonneurs qu’ils devront quitter le parc avant 15 heures jeudi après-midi. En prévision de l’ouragan Julio, aucun permis de camping ne sera délivré pour le week-end.

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drapeau anglaisHawaiians know it : August is the month of bad weather, storms and hurricanes. This is still true this year as two storms are about to hit the archipelago and above all Hawaii Big Island. As a consequence, authorities have decided to close schools and official structures such as national parks. Some of them like Haleakala National Park (Maui) or Hawaii Volcanoes National Park have planned to shut down completely, or partially, starting Wednesday as Hurricanes Iselle and Julio approached the Islands.

On the Big Island, Hawaii Volcanoes National Park will remain open, but park officials are closing all backcountry areas and some roads. The Big Island was placed under a hurricane warning late Wednesday morning.

The following areas will be closed as of 6 p.m. Wednesday: Chain of Craters Road, from Devastation Trail parking lot to the coast; all backcountry areas, including Mauna Loa; Mauna Loa Road ; all coastal areas and trails; Kulanaokuaiki campsite, Napau campsite; and Namakanipaio campgrounds.

On Maui, the summit and Kipahulu districts of Haleakala National Park will close at 3 p.m. Thursday in anticipation of heavy winds and rains. The park will not open for sunrise viewing on Friday morning, and park managers will decide to re-open the park on Friday if it is safe to do so. Park officials notified backcountry hikers that they will need to leave the park by 3 p.m. on Thursday afternoon. In anticipation of Hurricane Julio, no camping permits will be issued through the weekend.

Tempête tropicale et brouillard volcanique à Hawaii // Tropical storm and vog at Hawaii

drapeau francaisUne étude récente effectuée par des chercheurs de l’Université d’Hawaii (UH) à Manoa a révélé que les gaz et les particules volcaniques du Kilauea avaient exercé une influence sur la tempête tropicale Flossie, en affectant considérablement la formation des orages et de la foudre.
En juillet 2013, quand Flossie s’est approchée de l’archipel hawaiien, les satellites ont contrôlé en permanence les éclairs, les précipitations, la couverture nuageuse, la température et les vents. En outre, deux scientifiques de l’UH ont scrupuleusement mis à jour leur modèle du vog, un outil de prévision exploité depuis 2010 et qui fournit des indications sur l’emplacement du panache de vog, les concentrations de dioxyde de soufre (SO2) et d’aérosols sulfatés au niveau des localités de l’île d’Hawaï. («Vog» est le nom local donné au brouillard volcanique produit par les émissions gazeuses du Kilauea).
Les chercheurs ont constaté que, avant le passage de Flossie sur Hawaii Big Island, le réseau d’observation n’avait pas détecté d’éclairs à l’intérieur de la tempête. Toutefois, une heure plus tard, de violents éclairs sont apparus à proximité de l’île d’Hawaii tandis que Flossie s’en approchait. En outre, alors que les émissions volcaniques se trouvaient enveloppées dans cet environnement humide, les aérosols sulfatés ont favorisé la formation d’un plus grand nombre de gouttelettes plus petites que la normale à l’intérieur des nuages, ce qui a favorisé la séparation des charges dans la région supérieure des nuages et l’apparition des éclairs.
Les aérosols sulfatés ont déjà été identifiés comme étant le composant principal de noyaux de condensation des nuages ​​(NCN), un ingrédient nécessaire à la formation des gouttes de pluie. Les scientifiques hawaiiens font remarquer que « c’est la première fois que l’interaction entre le dégazage important d’un volcan actif et un cyclone tropical est détectée dans une modélisation du brouillard volcanique (vog) sur les îles hawaïennes. Cela offre une occasion unique d’analyser le comportement des émissions volcaniques solides entraînées dans un système de tempête tropicale. »
Les observations visuelles et la modélisation du brouillard volcanique démontrent qu’il existait une interaction intime entre Flossie et le panache de vog du Kilauea lors du passage de la tempête tropicale au-dessus de la Grande Ile. Les observations du changement de dynamique de Flossie au moment où la tempête a rencontré le vog du Kilauea serviront à apprécier l’impact des ouragans d’air pollué quand ils s’approchent de la côte continentale des États-Unis.

Vous pourrez lire l’intégralité de l’article et voir la modélisation des gaz et particules du Kilauea au moment du passage de Flossie à cette adresse :

http://westhawaiitoday.com/community-bulletin/research-reveals-kilauea-volcano-exerted-influence-tropical-storm

Source: West Hawaii Today

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drapeau anglaisA recent study from scientists at the University of Hawaii (UH) at Manoa revealed that gasses and particles from Kilauea volcano exerted an influence on Tropical Storm Flossie, affecting the formation of thunderstorms and lightning in the sizeable storm.

In July 2013, as Flossie approached the Hawaiian Islands, satellites steadily monitored lightning, rainfall, cloud cover, temperature and winds. In addition, two UH scientists carefully maintained their vog model – a forecasting tool that has been operated since 2010 to provide guidance on the location of the vog plume and the concentrations of sulphur dioxide (SO2) and sulphate aerosol for Hawaiian Island communities. “Vog” is the local name given to volcanic smog caused by the gas emissions of Kilauea volcano.

The researchers found that prior to Flossie’s passage over Hawaii Big Island, the observation network detected no lightning in the storm. However, one hour later, vigorous lightning flashed in the vicinity of the Island of Hawaii as Flossie approached. Further, as volcanic emissions were wrapped into this moist environment, sulphate aerosols promoted the formation of a greater number of smaller than normal cloud droplets, which favoured charge separation in the upper cloud region and the occurrence of lightning.

Sulphate aerosols have previously been identified as a principal component of cloud condensation nuclei (CCN), a necessary ingredient for forming raindrops. The scientists say “this is the first interaction between an active, vigorously degassing volcano and a tropical cyclone captured by a vog model run over the Hawaiian Islands, providing a unique opportunity to analyze the influence of robust volcanic emissions entrained into a tropical storm system.”

Taken together, the observations and the vog model highlight an intimate interaction between Tropical Storm Flossie and Kilauea’s vog plume during the passage of the storm. The observations of Flossie’s changing dynamics as it encountered Kilauea’s vog have implications for the impact on hurricanes of polluted air as they approach the US mainland coast.

You can read the whole article and see the model of Kilauea’s gas and particles entrained in tropical storm Flossie at this address:

http://westhawaiitoday.com/community-bulletin/research-reveals-kilauea-volcano-exerted-influence-tropical-storm

Source: West Hawaii Today.

Kilauea-degazage

Les gaz du Kilauea contribuent à former le « vog », brouillard volcanique qui peut perturber la vie sur la Grande Ile.

(Photo:  C.  Grandpey)

Trous sibériens et réchauffement climatique

Voici deux informations intéressantes et qui demandent à être confrontées. D’un côté, certains font remarquer – alors que nous sommes seulement à la fin du mois de juillet !- que l’été 2014 aux Etats-Unis est l’un des plus froids de l’histoire, avec une moyenne des températures qui a du mal à atteindre 90 degrés Fahrenheit (32 degrés Celsius). Semblable fraîcheur avait été enregistrée en 1992, peu de temps après l’éruption du Pinatubo aux Philippines. En remontant dans le temps, un seul été dans les années 1880 peut rivaliser avec les températures de 1992 et 2014. Bien sûr, les négationnistes du réchauffement climatique vont s’empresser d’ajouter que l’hiver 2013-2014 dans le nord-est des Etats-Unis a été l’un des plus rigoureux de l’histoire, en oubliant de mentionner qu’en Alaska les températures n’ont jamais été aussi élevées !

En face de ces propos, on apprend qu’un second trou géant vient d’être découvert dans le sol sibérien, à une cinquantaine de kilomètres du premier, découvert à la mi-juillet 2014. Il est légèrement plus petit que le précédent qui avait une trentaine de mètres de diamètre et 50 à 70 mètres de profondeur.

Les scientifiques russes pensent que la cause de l’ouverture de ces deux orifices à la surface du sol sibérien est le réchauffement climatique qui accélère de manière alarmante la fonte du permafrost, ce qui a pour effet de relâcher brutalement du gaz,  à la manière de l’ouverture d’un bouchon de champagne.

Ces découvertes appellent une double remarque :

1) Ces trous sont des indicateurs visibles du réchauffement climatique, car ils se trouvent au niveau du permafrost (ou pergélisol), une zone constamment gelée qui rétrécit comme peau de chagrin à l’heure actuelle. J’ai eu l’occasion d’attirer à plusieurs reprises l’attention sur ce phénomène à propos de l’Alaska où certaines forêts s’écroulent (elles ont été baptisées « drunken forests », les forêts ivres) car les racines ne sont plus retenues par le sol gelé. Les routes subissent elles aussi de plein fouet les effets de la fonte du permafrost ; il suffit de traverser l’Alaska ou le Yukon pour s’en apercevoir.

2) Le gaz libéré dans l’atmosphère lors de la formation de ces trous est du méthane (CH4). Au même titre que le dioxyde de carbone (CO2), le CH4 est un gaz à effet de serre. Toutefois, son potentiel de réchauffement global est 21 fois supérieur au CO2. Selon les scientifiques russes, « on entre dans un cercle vicieux: de plus en plus de méthane est dégagé dans l’atmosphère, ce qui augmente les températures, donc le pergélisol se réduit et de nouvelles poches de méthane éclatent. » J’avais attiré l’attention sur ce phénomène gazeux dans une note publiée le 20 mai 2014.

Une étude publiée en 2012 avait déjà montré que les rejets de carbone issus du permafrost seront plus rapides que ceux prévus par les modèles présentés à l’époque. Selon les dernières estimations, les quelque 18,8 millions de km2 de sols gelés dans le Grand Nord retiennent environ 1.700 milliards de tonnes de carbone organique, soit deux fois la quantité présente dans l’atmosphère aujourd’hui.

Trou-siberie

Crédit photo: Service de presse du gouverneur YaNAO / Marya Zulinova

Drunken-forest

« Forêt ivre » en Alaska  (Photo:  C.  Grandpey)