Le volcan et les manchots // The volcano and the penguins

Selon une nouvelle étude réalisée par le British Antarctic Survey et publiée dans Nature Communications, l’une des plus grandes colonies de manchots papous sur l’Ile Ardley, près de la Péninsule Antarctique, a été décimée à plusieurs reprises par des éruptions volcaniques au cours des 7000 dernières années. Les chercheurs ont étudié le guano déposé autrefois par les manchots et ont constaté que la colonie avait plusieurs fois frôlé l’extinction à cause des retombées de cendre d’un volcan sur l’Ile de la Déception située à environ 120 km au sud-ouest d’Ardley.
L’Ile Ardley héberge actuellement une colonie d’environ 5000 couples de manchots papous. Grâce à l’analyse chimique du guano extrait des carottes de sédiments provenant d’un lac de l’île, les chercheurs ont découvert l’histoire de la colonie. Les conditions climatiques sur l’Ile Ardley ont généralement été favorables aux manchots au cours des 7000 dernières années et l’équipe scientifique s’attendait à ce que la colonie affiche des fluctuations mineures suite au changement climatique et aux variations de la glace de mer qui l’accompagnent. Au final, ils ont constaté que le volcan sur l’Ile de la Déception a eu un impact beaucoup plus important que prévu.
Lorsque les chercheurs ont commencé à examiner les carottes de sédiments, ils ont été frappés par la forte odeur du guano dans certaines strates et ils ont pu voir parfaitement les couches de cendre volcanique en provenance de l’Ile de la Déception. En procédant à l’analyse chimique des sédiments, ils ont pu estimer le nombre de manchots sur l’Ile Ardley tout au long de la période et voir dans quelle mesure les oiseaux ont été affectés par les éruptions. Au moins trois fois au cours des 7000 dernières années, la population de manchots a été d’un ordre de grandeur semblable à aujourd’hui, mais elle a presque totalement disparu après chacune des trois grandes éruptions volcaniques. Il a fallu, en moyenne, entre 400 et 800 ans pour que la colonie se reconstitue durablement.
L’étude révèle l’impact sévère que les éruptions volcaniques peuvent avoir sur les manchots et à quel point il est difficile pour une colonie de se reconstituer complètement. Une éruption peut enfouir les poussins sous de la cendre ; alors que les adultes peuvent nager, les poussins sont trop jeunes pour survivre dans les eaux très froides. Les sites de nidification peuvent également être recouverts par la cendre et rester inhabités pendant plusieurs siècles.
Les techniques mises en pratique dans cette étude permettront aux scientifiques de modéliser les changements intervenus dans le passé dans la taille des colonies et prévoir comment d’autres colonies de manchots pourraient être affectées ailleurs, comme les manchots à jugulaire sur l’île de Zavodovski, menacés par les éruptions du volcan Mt Curry en 2016.
Jusqu’à présent, les changements intervenus dans les populations de manchots de la Péninsule Antarctique avaient été attribués à la variabilité climatique et aux fluctuations de la glace de mer, mais l’impact potentiellement dévastateur sur le long terme de l’activité volcanique n’avait jamais été pris en compte.
Source: British Antarctic Survey.

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According to a new study by the British Antarctic Survey published in Nature Communications, one of the largest colonies of gentoo penguins on Ardley Island, near the Antarctic Peninsula, was decimated by volcanic eruptions several times during the last 7,000 years. The researchers studied ancient penguin guano and found the colony came close to extinction several times due to ash fall from Deception Island volcano, situated roughly 120km to the southwest of Ardley.

Ardley Island is currently home to a population of around 5,000 pairs of gentoo penguins. Using new chemical analyses of penguin guano extracted in sediment cores from a lake on the island, the researchers could discover the history of the penguin colony. Climate conditions around Ardley Island have been generally favourable for penguins over the last 7,000 years and the team had expected the local population to show minor fluctuations in response to changes in climate or sea ice. The surprising result was that the nearby Deception Island volcano had a far greater impact than originally anticipated.

When the researchers first examined the sediment cores, they were struck by the intense smell of the guano in some layers and they could also clearly see the volcanic ash layers from nearby Deception Island. By measuring the sediment chemistry, they were able to estimate the population numbers throughout the period and see how penguins were affected by the eruptions. On at least three occasions during the past 7,000 years, the penguin population was similar in magnitude to today, but was almost completely wiped out locally after each of three large volcanic eruptions. It took, on average, between 400 and 800 years for it to re-establish itself sustainably.

The study reveals the severe impact volcanic eruptions can have on penguins, and just how difficult it can be for a colony to fully recover. An eruption can bury penguin chicks in toxic ash, and while the adults can swim away, the chicks may be too young to survive in the freezing waters. The nesting sites can also be buried, and may remain uninhabitable for hundreds of years.

The techniques developed in this study will help scientists to reconstruct past changes in colony size and potentially predict how other penguin populations may be affected elsewhere, like the chinstrap penguins on Zavodovski Island, which were disturbed by eruptions from the Mt Curry volcano in 2016.

Changes in penguin populations on the Antarctic Peninsula have been linked to climate variability and sea-ice changes, but the potentially devastating long-term impact of volcanic activity has not previously been considered.

Source: British Antarctic Survey.

Source: British Antarctic Survey

Manchot papou (Crédit photo: Wikipedia)

Manchot à jugulaire (Crédit photo: Wikipedia)

En Inde, les glaciers sont désormais des personnes légales // In India, glaciers are now legal persons

La Haute Cour d’Uttarakhand a déclaré vendredi 31 mars 2017 que l’air, les glaciers, les forêts, les sources, les rivières et autres lieux naturels étaient des personnes à part entière d’un point de vue légal et que les blesser ou leur causer du mal entraînerait des poursuites. Sont particulièrement concernés par la décision de la Haute Cour les glaciers de l’Himalaya parmi lesquels figurent le Gangotri et le Yamunotri. Le village de Gangotri est un des lieux de pèlerinage les plus visités en Inde. Il se trouve au pied d’un glacier du même nom, long d’une trentaine de kilomètres, dont les eaux de fonte donnent naissance à l’un des bras du Gange supérieur. Le glacier Yamunotri  donne naissance à la Yamuna, l’un des fleuves les plus sacrés de l’Inde.

L’annonce de la Haute Cour intervient une semaine après qu’elle ait déclaré que le Gange et la Yamuna étaient des « personnes légales ». Elle a expliqué le concept en déclarant qu’une « personne juridique », comme toute autre personne physique, dispose de droits, d’obligations et de responsabilités et est soumise à la loi. Il s’agit en réalité d’une personne artificielle ayant le statut de personne morale. En d’autres termes, elle agit comme une personne physique, mais grâce à une personne désignée. Les droits de ces entités sont équivalents aux droits des êtres humains et le préjudice susceptible de leur être causé doit être considéré comme un préjudice causé aux êtres humains.

Aux yeux des juges de la Haute Cour, les générations antérieures ayant remis la « Mère Terre dans sa gloire immaculée », il existe une obligation morale de remettre la même Terre à la prochaine génération.

Source : Live Law.in.

Les glaciers Gangotri et le Yamonutri connaissent le même sort que leurs homologues de la chaîne himalayenne : ils reculent de manière spectaculaire sous l’effet du réchauffement climatique. Une étude effectuée par une équipe de glaciologues et publiée en 2015 estimait que les glaciers de la région Kush-Himalaya dominée par l’Everest pourraient perdre 70 à 99% de leur volume d’ici l’année 2100, avec des conséquences catastrophiques pour l’agriculture et l’élevage et l’alimentation hydroélectrique.

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The Uttarakhand High Court declared on Friday March 31st 2017 air, glaciers, forests, springs, rivers and other natural places as legal/juristic persons and that injuring them or causing them any harm would result in prosecution. Particularly concerned by the High Court decision are the glaciers of the Himalayas, among which are the Gangotri and the Yamunotri. The village of Gangotri is one of the most visited places by pilgrims in India. It is located at the foot of a glacier of the same name, about thirty kilometres long, whose meltwaters give birth to one of the arms of the upper Ganges. The Yamunotri glacier gives birth toYamuna, one of the most sacred rivers in India.
The High Court’s decision came a week after it declared that the Ganges and the Yamuna were « legal/juristic persons ». It explained the concept by stating that a « legal:juristic person », like any other natural person, is conferred with rights, obligations and responsibilities and is dealt with in accordance to the law.

In the eyes of the High Court judges, past generations having handed over « Mother Earth in its pristine glory », we are morally bound to hand over the same Mother Earth to the next generation.

Source: Live Law.in.

Gangotri and the Yamonutri glaciers have the same fate as the other glaciers of the Himalayas: they retreat dramatically as a result of global warming. A study carried out by a team of glaciologists and published in 2015 estimated that glaciers in the Kush-Himalayan region dominated by Mount Everest could lose 70 to 99% of their volume by the year 2100, with disastrous consequences for the agriculture and livestock and hydroelectric power.

Front du glacier Gangotri, source du Gange supérieur (Crédit photo: Wikipedia)

 

Des mesures pour protéger l’Océan Arctique ? // Measures to protect the Arctic Ocean ?

Avec le changement et le réchauffement climatiques et la fonte de la glace de mer, de plus en plus d’eaux s’ouvrent à la navigation dans l’Arctique, d’où la nécessité de protéger l’environnement dans cette partie du monde.
Deux idées ont été émises pour protéger l’Océan Arctique : l’interdiction du fioul lourd et un moratoire sur la pêche commerciale dans les eaux internationales. Elles ont été adoptées par les gouvernements, les autochtones et les écologistes, mais leur mise en oeuvre est lente et bien en retard par rapport aux paroles officielles.
L’interdiction de l’utilisation du fioul lourd dans l’Arctique est préconisée par les écologistes qui veulent l’ajouter au nouveau Code Polaire, un ensemble de règles environnementales et de sécurité contraignantes mises en vigueur au début de l’année par l’Organisation Maritime Internationale (OMI ), organisme qui définit les règles de navigation internationales pour 172 états membres, dont les États-Unis, la Russie, le Canada et les États scandinaves. Bien que le Code Polaire interdise l’utilisation du fioul lourd dans les eaux antarctiques, l’interdiction ne s’appliquait pas encore à l’Arctique, situation que les groupes environnementaux et autochtones essaie de changer.
Le fioul lourd, bien qu’il soit moins coûteux à fabriquer et à l’achat que d’autres combustibles, est considéré comme particulièrement dangereux dans l’Arctique car il est extrêmement visqueux et particulièrement lent à se dégrader dans un environnement froid. Lors de sa combustion, le fioul lourd produit également plus de polluants que d’autres combustibles. Le carbone noir est particulièrement préoccupant car il assombrit les surfaces de glace et de neige, ce qui entraîne une fonte et un réchauffement plus rapides.
La Russie, le pays avec le littoral arctique le plus étendu et la majorité des navires dans les eaux de l’Arctique, traîne les pieds à l’idée d’une interdiction. Les navires russes utilisent le fioul lourd à la fois comme carburant et comme cargaison. Un document du gouvernement russe envoyé à l’OMI l’automne dernier a contesté l’affirmation selon laquelle le fuel lourd produirait suffisamment de carbone noir pour accélérer la fonte des glaces et le changement climatique de l’Arctique. Selon le document russe, les émissions noires de carbone ne représentent qu’un faible pourcentage des émissions des navires dans l’Arctique. Les États-Unis et six autres pays – le Canada, la Finlande, la Norvège, l’Allemagne, les Pays-Bas et l’Islande – ont soumis une demande conjointe à l’OMI pour trouver les moyens de mieux contrôler le fioul lourd et ses effets dans l’Arctique, mais on est encore loin d’une proposition spécifique qui viserait à interdire ce carburant.

Dans le même temps, un projet émanant de 10 gouvernements et visant à interdire la pêche commerciale dans les eaux internationales de l’Océan Arctique n’a pas encore abouti à un accord contraignant. La dernière négociation a eu lieu le mois dernier à Reykjavik. C’était la cinquième réunion de négociations visant à mettre en place un plan contraignant pour interdire la pêche commerciale dans la zone de 1,1 million de kilomètres carrés d’eaux internationales connue sous le nom de Doughnut Hole – « Trou de Beigne » – de l’Arctique. Participaient à cette réunion les « Arctic Five », autrement dit les pays dont le territoire borde les eaux internationales de l’Océan Arctique central : les États-Unis, le Canada, la Norvège, la Russie et le Danemark avec le Groenland. L’Islande, le Japon, la Corée, la Chine et l’Union européenne, qui ont également des intérêts dans l’Arctique, participent également aux négociations. Toutes les délégations ont réaffirmé leur désir d’interdire la pêche non réglementée en haute mer dans l’Océan Arctique central, ainsi qu’un engagement à promouvoir la conservation et l’utilisation durable des ressources marines vivantes et à protéger les écosystèmes marins. Il existe malgré tout des désaccords sur la définition des eaux internationales dans cette région où plusieurs nations font de nouvelles revendications territoriales.
La pêche commerciale n’a pas encore débuté dans la grande zone internationale de l’Océan Arctique central. La région était jusqu’à présent couverte de glace toute l’année. La crainte est que, avec la migration des poissons vers le nord dans les eaux maintenant dépourvues de glace, les flottes de pêche suivent cette migration et viennent installer leurs filets avant même que les responsables aient pu contrôler l’écosystème de la région.
Source: Alaska Dispatch News.

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With climate change, global warming and the melting of sea ice, more and more open waters will be open to shipping in the Arctic, hence the need to protect the environment in that part of the world.

Two ideas for protecting the rapidly changing Arctic Ocean – a ban on heavy fuel oil and a moratorium on commercial fishing in international waters – have been embraced by governments, indigenous groups and environmentalists. But international action on those initiatives is slow, lagging far behind official words of support.

The proposed ban on heavy fuel oil use in the Arctic is being advocated by environmentalists who want it added to the new Polar Code, a set of binding environmental and safety rules put into effect at the start of the year by the International Maritime Organization (IMO), a body that sets international shipping rules for 172 member states, including the United States, Russia, Canada and the Scandinavian states. Though the Polar Code bans the use of heavy fuel oil in Antarctic waters, it includes no such ban for the Arctic, a situation that a coalition of environmental and indigenous groups is trying to change.

Heavy fuel oil, while cheaper to manufacture and buy than other fuels, is considered especially pernicious in Arctic conditions because it is extremely viscous and especially slow to degrade in a cold environment compared to other fuels. Heavy fuel oil, when burned, also produces more pollutants than do other fuels. Of particular concern is black carbon because it darkens ice and snow surfaces, leading to faster melt and warming.

Russia, the country with the world’s most Arctic coastline and the most ships sailing Arctic waters, is resisting the idea of a ban. Russian ships use the oil as fuel and deliver it as cargo. A Russian government document sent to the IMO last fall disputed the claim that heavy fuel oil produces enough black carbon to accelerate ice melting and Arctic climate change. Black carbon emissions made up on only a tiny percentage of vessel emissions in the Arctic, the Russian document said. The United States and six other nations have submitted a joint request to the IMO to investigate ways to better control heavy fuel oil and its effects in the Arctic, though the request falls far short of a specific proposal to ban the fuel. The six nations joining the United States are Canada, Finland, Norway, Germany, the Netherlands and Iceland.

Meanwhile, a 10-government plan to prevent commercial fishing in international waters of the Arctic Ocean has yet to produce a binding agreement. The most recent negotiation was held last month in Reykjavik, Iceland. It was the fifth in a session of negotiating meetings aimed at a binding plan to prevent commercial fishing in the 1.1 million-square-mile area of international waters known as the Arctic « doughnut hole. » Participating in the sessions are the so-called « Arctic Five, » nations that have territory bordering international waters of the central Arctic Ocean : the United States, Canada, Norway, Russia and Denmark, which includes Greenland. Iceland, Japan, Korea, China and the European Union, who also have interests in the Arctic, are taking part in the negotiations as well. All delegations reaffirmed their commitment to prevent unregulated high seas fishing in the central Arctic Ocean as well as a commitment to promote the conservation and sustainable use of living marine resources and to safeguard healthy marine ecosystems in the central Arctic Ocean. Still, there are sticking points. They include disagreements over the definition of international waters in a region where several nations are making new territorial claims.

In the larger international zone of the Central Arctic Ocean, commercial fishing has yet to take place. The area has been dependably covered by year-round ice — until recently. The concern is that as fish migrate north into newly open waters, fishing fleets will follow, and harvests may start before fishery managers know enough about the region’s ecosystem to provide responsible oversight.

Source : Alaska Dispatch News.

Photo: C. Grandpey

 

 

Retour de la vie sur un volcan des Aléoutiennes // Life is back on a volcano of the Aleutians

Dans une note rédigée le 10 août 2008, j’indiquais que le volcan Kasatochi, au beau milieu des Iles Aléoutiennes, entre Dutch Harbor et Adak, était entré en éruption le 7 août de cette même année, avec un panache de cendre de plus de 10 km de hauteur. Deux biologistes du Fish and Wildlife Service qui se trouvaient sur l’île au moment de l’événement avaient dû être évacués. L’éruption s’est produite très rapidement et sans prévenir.

Après l’éruption, l’Ile Kasatochi semblait morte. Les scientifiques qui l’ont visitée un an plus tard ont gratté pendant une heure avant de trouver les premiers signes de végétation. Quelques insectes avaient survécu à l’éruption au fond de fractures dans la roche, mais Kasatochi était un endroit parfaitement silencieux, envahi par une odeur de soufre.
L’île était boueuse et inhospitalière, mais les scientifiques ont pensé que ce serait une excellente occasion de surveiller le retour de la vie. Après la fin de l’éruption, les biologistes sont revenus chaque été pour observer et prendre note des changements. Aujourd’hui, ils constatent que le retour de la vie sur l’île progresse rapidement et certains oiseaux de mer sont même aussi nombreux qu’avant l’éruption.
Parmi les oiseaux qui vivent sur Kasatochi, il y a les stariques, des oiseaux gros comme le poing qui sont également extrêmement nombreux sur d’autres îles aléoutiennes. Avant l’éruption, les fractures dans les rochers de Kasatochi abritaient environ 250 000 stariques cristatelles et stariques minuscules. Au cours de l’éruption d’août 2008, 20 pour cent des œufs et des poussins ont été détruits. La plupart des adultes ont survécu. La cendre chaude a envahi toutes les fractures où les oiseaux pondaient leurs œufs. Un biologiste qui est retourné sur l’île un an après l’éruption a estimé que la nidification était nulle.
Des jours, des semaines et des années se sont écoulés. Les tempêtes qui frappent régulièrement les Aléoutiennes ont peu à peu lessivé la roche et envoyé la cendre dans l’océan. Des colonnes de basalte se sont effondrées, laissant apparaître de nouvelles fractures. Au cours des neuf années qui ont suivi la destruction de  leur habitat, les stariques sont revenus petit à petit. Un an après l’éruption, il n’y avait pas d’oiseaux sur l’île. Deux ans plus tard, il y en avait des dizaines, suivis par des centaines d’autres en 2010 et des milliers en 2011. En 2012, ils étaient des dizaines de milliers. Les biologistes ont compris pourquoi les oiseaux étaient de retour. Beaucoup savent que Kasatochi est un bon endroit pour nicher car il se trouve à proximité de l’Atka Pass où ils se nourrissent. Par contre, d’autres oiseaux, comme le bruant lapon, ne sont pas revenus sur l’île. Kasatochi semble encore stérile par rapport aux autres aléoutiennes, à l’exception de Bogoslof qui vient de connaître une éruption.
Le retour des stariques est l’une des premières étapes vers le retour de la végétation à  Kasatochi. Leur colonie continuera de grandir, et les algues verdiront à nouveaux les rochers, aidées en cela par les excréments des oiseaux … jusqu’à ce qu’une nouvelle éruption recouvre l’île de cendre et entraîne un nouveau départ de la vie!
Source: Alaska Dispatch News.

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In a note released on August 10th 2008, I indicated that Kasatochi Volcano in the Aleutians, between Dutch Harbor and Adak, had erupted explosively on August 7th, sending an ash plume more than 10 km into the air and forcing two biologists from the U.S. Fish and Wildlife Service to evacuate the island. The eruption occurred very quickly and with very little warning.

Following the eruption, Kasatochi seemed dead. Scientists visiting the island one year later searched for one hour before finding the first sprigs of vegetation. A few insects survived the eruption deep within rock folds, but Kasatochi was a quiet place that stunk of sulphur.

The island was muddy and inhospitable, but scientists thought it could be a great opportunity to monitor the return of life. Since the end of the eruption, biologists have tried to return each summer to document changes. They say the island’s resurrection is progressing to the point where certain seabirds are perhaps as abundant as they were before the eruption.

One species of birds that used to live on Kasatochi are auklets, hand-size seabirds that are also extremely numerous on some Aleutian islands. Before the eruption, Kasatochi’s rock crevices were home to about 250,000 crested and least auklets. During the August 2008 eruption, 20 percent of eggs and chicks in the rocks were destroyed. Most of the adults survived. Hot ash blanketed all the cracks where the birds lay eggs. A biologist who returned to the island one year after the eruption estimated nesting success as zero.

Days, weeks and years passed. Aleutian storms gradually washed the ash into the ocean, revealing the rocky structure beneath. Columns of basalt tumbled. The cracks reappeared. And, nine years after their habitat was destroyed, so have the auklets. One year after the eruption, there was no bird to be seen. Two years after, there were tens of birds, followed by hundreds of birds in 2010 and thousands in 2011. The year after that there were tens of thousands. The return of the birds was understood by the biologists. Lots of birds know Kasatochi is a good place. It’s close to Atka Pass where they forage. Other birds, like land-dwelling Lapland longspurs, have not returned to the island. Kasatochi still looks barren compared with any other Aleutian Island except the erupting Bogoslof.

The return of the auklets is one of the first stages of Kasatochi resembling a mature island covered with abundant vegetation. The auklet colony will keep growing, and it will green up with the algae starting up on the rocks from the birds’ feces….until another eruption covers the island with ash and forces a new life to start over again!

Source: Alaska Dispatch News.

Vue du Kasatochi le 22 août 2008, quelques jours après l’éruption.

(Crédit photo : AVO)

Les stariques sont très répandus dans les Aléoutiennes.

(Crédit photo: Wikipedia)