La Méditerranée en chaleur

Les vagues de chaleur successives qui impactent actuellement la France n’épargnent pas le littoral méditerranéen. La surface de la Grande Bleue du côté de Juan-les-Pins affichait ces derniers jours des températures entre 24 et 25 degrés Celsius, soit cinq degrés de plus que la moyenne saisonnière. Ces données sont confirmées par le programme Copernicus et c’est tout le pourtour méditerranéen qui est concerné par un réchauffement de +5°C. On a recensé sur le mois de juin 2025 6 des 10 plus importantes anomalies thermiques à la surface de la Méditerranée depuis 1982. C’est d’autant plus inquiétant que nous ne sommes qu’au début de l’été.

Les climatologues expliquent que la Méditerranée s’échauffe depuis 40 ans, à raison d’environ 0,004°C par an. On arrive ainsi à une hausse de +1,74°C en 2024 par rapport à l’ère préindustrielle. En 2024, la température médiane quotidienne avait enregistré un nouveau record historique avec 28,9°C. Suivant une trajectoire identique, la surface de l’eau à Juan-les-Pins a gagné un degré tous les deux jours depuis la mi-juin, passant de 20°C le 14 juin à 23°C dix jours plus tard. Les climatologues ajoutent que les températures particulièrement chaudes de la Méditerranée, aggravent l’épisode de fortes chaleurs qui affecte le sud-est de la France

Le réchauffement de l’eau a forcément des conséquences. Avec de telles températures de surface, la mer s’évapore davantage. À sa surface, l’air est chargé d’humidité et quand cette humidité va revenir en direction des terres on peut redouter de fortes pluies à caractère orageux. Les derniers événements extrêmes ont laissé des traces indélébiles dans les Alpes-Maritimes. Ces températures élevées ont également un effet dévastateurs sur l’écosystème marin. Les coraux et les herbiers marins en souffrent, tout comme le phytoplancton qui, ne l’oublions pas, constitue une pompe à carbone très importante. L’eau chaude a tendance à occuper le dessus des mers et océans et donc à ne plus se mélanger avec l’eau froide en dessous, ce qui crée une stratification des eaux.

Tous les voyants sont au rouge et bien malin sera celui qui apportera des solutions face à l’urgence de la situation.

Source : Météo-France,Copernicus, médias d’information.

 

Anomalies de températures sur la Méditerranée au 22 juin 2025 (Source : Copernicus)

Les oursins menacent les coraux à Hawaï // Urchins are a threat to corals in Hawaii

Beaucoup de ceux qui ont voyagé à Hawaï connaissent Hōnaunau Bay sur la côte ouest de la Grande Île. C’est une zone prisée des plongeurs et des snorkeleurs. Le problème aujourd’hui est que Hōnaunau Bay est envahie par les oursins qui menacent de détruire le récif corallien. Le nombre d’oursins explose car les espèces de poissons qui contrôlent habituellement leurs populations déclinent à cause de la surpêche. C’est un nouveau coup dur porté à ce récif déjà victime de la pollution, des vagues de chaleur océaniques et de l’élévation du niveau de la mer à cause du réchauffement climatique.
C’est ce que l’on peut lire dans une nouvelle étude publiée en mai 2025 dans la revue PLOS ONE. Les chercheurs ont recensé en moyenne 51 oursins par mètre carré, ce qui représente l’une des densités les plus élevées jamais enregistrées sur les récifs coralliens dans le monde. Les oursins sont de petits invertébrés marins qui se caractérisent par un corps épineux ; ils sont présents dans les océans du monde entier. Ils jouent un rôle utile dans la prévention de la prolifération des algues qui peuvent étouffer l’oxygène des coraux. Cependant, ils rongent également le récif et leur surabondance peut provoquer une érosion dévastatrice.

 

Source : Natural History Museum

À Hōnaunau Bay, le corail peine déjà à se reproduire et à croître en raison de la chaleur des océans et de la pollution de l’eau, ce qui le rend encore plus vulnérable à l’érosion causée par les oursins.
On mesure en général la croissance du récif par la quantité de carbonate de calcium produite par mètre carré chaque année. L’étude indique que le récif de Hōnaunau Bay croît 30 fois plus lentement qu’il y a quarante ans. Dans les années 1980, les niveaux de production étaient d’environ 15 kilogrammes par mètre carré dans certains secteurs d’Hawaï, signe d’un récif en bonne santé. Aujourd’hui, le récif de Hōnaunau Bay ne produit que 0,5 kg par mètre carré. Pour compenser l’érosion due aux oursins, il faudrait qu’au moins 26 % de la surface du récif soit recouverte de coraux vivants, et une couverture corallienne encore plus importante serait nécessaire à sa croissance.
Les auteurs de l’étude expliquent que ce qui se passe dans cette partie d’Hawaï est emblématique des pressions grandissantes auxquelles sont confrontés les récifs dans toute la région. Les conséquences du déclin des coraux sont considérables. Les récifs coralliens sont parfois surnommés les « forêts tropicales de la mer » en raison de leur importante vie océanique. Ils jouent également un rôle essentiel dans la protection des côtes contre les ondes de tempête et l’érosion. En effet, si le récif ne parvient pas à suivre l’élévation du niveau de la mer, il perd sa capacité à limiter l’énergie des vagues, ce qui accroît les risques d’érosion et d’inondation pour les communautés côtières.
Malgré les problèmes à affronter, les chercheurs soulignent que la partie n’est pas forcément perdue Des groupes locaux de Hōnaunau s’efforcent de réduire la pression de la pêche, d’améliorer la qualité de l’eau et de participer à la restauration des coraux.
Source : CNN via Yahoo News.

 

À Hōnaunau Bay, Two Step est l’un des meilleurs sites pour le snorkeling. Avec un peu de chance, on peut nager en compagnie des tortues ou des raies manta (Photo : C. Grandpey)

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Many of those who have travelled to Hawaii know Hōnaunau Bay, an area popular with snorkelers and divers. The problem today is that Hōnaunau Bay is teeming with urchins that threaten to push the coral reef past the point of recovery..Sea urchin numbers here are exploding as the fish species that typically keep their populations in check decline due to overfishing, It is another blow to a reef already suffering damage from pollution as well as global warming-driven ocean heat waves and sea level rise.

This is the conclusion of a new study published in May 2025 in the journal PLOS ONE. The researchers found on average 51 urchins per square meter, which is among the highest recorded densities on coral reefs anywhere in the world. Sea urchins are small marine invertebrates, characterized by their spiny bodies and found in oceans around the world. They play a useful role in preventing algae overgrowth, which can choke off oxygen to coral. However, they also eat the reef and too many of them can cause damaging erosion.

In Hōnaunau Bay, the coral is already struggling to reproduce and grow due to ocean heat and water pollution, leaving it even more vulnerable to the erosion inflicted by sea urchins.

Reef growth is typically measured by the amount of calcium carbonate it produces per square meter each year. The study says that the reef in Hōnaunau Bay is growing 30 times more slowly than it did four decades ago. In the 1980s, production levels were around 15 kilograms per square meter in parts of Hawaii, signaling a healthy reef. Today, the reef in Hōnaunau Bay produces just 0.5 kg per square meter. To offset erosion from urchins, at least 26% of the reef surface must be covered by living corals – and even more coral cover is necessary for it to grow.

The authors of the study explain that what is happening in this part of Hawaii is emblematic of the mounting pressures facing reefs throughout the region. The implications of coral decline are far-reaching. Coral reefs are sometimes dubbed the “rainforests of the sea” because they support so much ocean life. They also play a vital role protecting coastlines from storm surges and erosion. Indeed, if the reef can’t keep up with sea-level rise, it loses its ability to limit incoming wave energy. That increases erosion and flooding risk of coastal communities.

Despite the challenges, researchers emphasize that the reef’s future is not sealed. Local groups in Hōnaunau are working to reduce fishing pressure, improve water quality and support coral restoration.

Source : CNN via Yahoo News.

Les Alpes en souffrance

Une canicule historique est en train d’impacter la France dès ce week-end. Météo-France précise qu’elle ne prendra fin qu’en milieu de semaine prochaine après une dégradation orageuse. 90% du territoire sera touché par des températures très élevées, excepté les côtes de la Manche et la pointe bretonne qui resteront en marge. Les Alpes ne seront donc pas épargnées. L’isotherme 0°C devrait osciller entre 4400 m et 5100m d’altitude, autrement dit au niveau du sommet du Mont Blanc. Il est facile d’imaginer ce que subissent les glaciers sur les pentes du massif. Au final, à l’échelle nationale, le lundi 30 juin pourrait devenir la 2ème journée de juin la plus chaude enregistrée derrière le 27 juin 2019 qui était déjà sous l’influence de l’accélération du réchauffement climatique.

Avec la hausse des températures, les stations de sports d’hiver de basse et moyenne altitude ont bien du mal à survivre en achetant des enneigeurs coûteux et gourmands en énergie.

Fermeture de la station de l’Alpe du Grand-Serre. 

La station de ski iséroise de l’Alpe du Grand-Serre (commune de La Morte) vient de compléter la liste de celles qui ont mis la clé sous le paillasson. Elle est définitivement fermée. C’est ce qu’annonçait, dans un communiqué commun, la communauté de communes de La Matheysine et Sata Group, le 24 juin 2025. Un an après une première annonce de fermeture de la station, qui s’était soldée par un sursis sur l’hiver 2024-2025, les remontées mécaniques semblent être définitivement condamnées. La Sata (qui gère notamment l’Alpe d’Huez et les 2 Alpes) et la communauté de communes de la Matheysine n’ont pas trouvé d’accord sur le plan de relance de la station. A moins d’un miracle, le ski alpin est définitivement terminé à l’Alpe du Grand-Serre.

Source: Office du Tourisme

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La station de Val d’Allos en grande difficulté elle aussi…

Après la station de ski iséroise de l’Alpe du Grand-Serre, c’est au tour de celle de Val d’Allos-Le Seignus dans les Alpes du Sud de devoir mettre la clé sous la porte. Le 28 juin 2025, les habitants d’Allos ont voté pour l’arrêt du ski alpin dans leur station.

Trois choix leur étaient proposés aux membres des 5 000 foyers fiscaux de ce village des Alpes-de-Haute-Provence : 1) maintenir le ski alpin au Val d’Allos-Le Seignus, à 1 500 mètres d’altitude, ce qui supposerait une hausse d’impôts de 30 à 35 % ; 2) ne conserver le ski que sur une partie du Seignus et accepter une augmentation d’impôts de 10 à 15 % ; 3) arrêter le ski face au manque de neige et au déficit chronique qui en découle.

C’est cette dernière option qui a séduit la majorité (50,1 %) des 1 342 habitants ayant pris part au vote, soit une participation d’environ 30 %. 36,4 % ont opté pour le maintien total du ski alpin dans la station et 12,6 % à s’être à s’être prononcés en faveur d’un maintien du ski sur une partie seulement du domaine

C’est au maire de prendre la décision finale, mais la démocratie voudrait qu’il suive les résultats du vote. Une réunion du conseil municipal doit avoir lieu le 30 juin pour analyser ces résultats

À noter que la station de la Foux d’Allos, également située dans la commune mais plus haute en altitude et reliée à celle de Pra Loup au sein de l’« espace Lumière », n’est elle pas concernée pas une éventuelle fermeture.

Source: Office du Tourisme

Il faut se faire une raison : l’époque du siècle dernier où les touristes affluaient de tout le sud de la France au Val d’Allos est révolue. Selon le maire, « le déficit structurel est à hauteur de 700 000 € » pour l’année, incluant l’été 2024 et l’hiver 2024-2025. »

Avec le réchauffement climatique, les différences de hauteur de neige varient beaucoup « entre la haute altitude, qui ne voit la hauteur de neige baisser que très faiblement, et la basse altitude où la pluie remplace la neige qui fond rapidement quand elle tombe. On sait que dans l’optique d’une hausse des températures de + 4 °C à la fin du siècle, les secteurs des Alpes du Sud situés à 1 800 mètres d’altitude n’auront plus que 52 journées avec un enneigement nécessaire au ski,, contre 132 jours sur la période 1976-2005. Et même à haute altitude, les durées d’enneigement vont se réduire, passant de 170 jours à 121.

Comme je l’ai indiqué dans des notes précédentes, la seule solution pour que les stations de basse et moyenne altitude aient un avenir est de diversifier leurs activités. Il leur faut anticiper une transition sur les dix prochaines années.

Source : presse régionale.

Réunion pour gérer la sécurité sur l’Etna (Sicile)

Suite à l’épisode éruptif du 2 juin 2025 sur l’Etna et les événements qui ont provoqué un moment de panique, heureusement sans conséquence, parmi les touristes présents, une réunion a été convoquée par le préfet de Catane en accord avec la Protection Civile pour examiner les modalités d’utilisation de la zone sommitale de l’Etna et définir, avec précision, les mesures de prévention et de gestion des situations d’urgence liées à l’activité éruptive du volcan.

Le directeur de la Protection Civile a expliqué comment le 2 juin, malgré l’alerte émise à 5h30 du matin par ses services suite à une communication de l’INGV, plusieurs personnes se trouvaient dans des zones soumises à des restrictions d’accès et dans une situation de grave danger. Cela confirme la nécessité de renforcer le système de contrôle des voies d’accès aux zones les plus exposées. La Protection Civile évalue également la mise en place d’un système d’alerte avec sirènes comme celui déjà installé à Stromboli. Des bénévoles de la Protection civile sont prêts à travailler aux côtés de la police afin de surveiller les accès au volcan.

De son côté, le directeur de la section de l’INGV concernant l’Etna a confirmé que le volcan dispose du premier système d’alerte automatique au monde pour annoncer les événements paroxystiques. Il a expliqué que le volcan a changé au cours des dernières décennies tant au niveau de ses éruption que de sa structure morphologique. Deux profils sont analysés : d’une part, les zones sommitales, pour lesquelles le système d’alerte automatique a réduit les délais de communication des niveaux d’alerte ; d’autre part, la zone de danger permanent, où des événements imprévisibles peuvent survenir et dont l’accès doit toujours être interdit.
En conclusion, le préfet a demandé le mise en place d’une plateforme itinérante pour identifier les points où installer des portes d’accès au volcan, et l’activation d’une plateforme technique pour planifier un système de rotation semestrielle dans le contrôle des voies d’accès.

La réunion destinée à la mise en place de ces mesures sera organisée par la Protection Civile dès le mardi 2 juillet 2025.

Source : presse sicilienne.

Photo: C. Grandpey