Le phytoplancton de l’éruption du Kilauea (Hawaii) // Phytoplankton of the Kilauea eruption (Hawaii)

Le 3 mai 2018, le volcan Kilauea entrait en éruption à Hawaii. Pendant plusieurs mois, jusqu’au 6 août, le volcan a vomi d’énormes quantités de lave qui ont fini leur course dans l’Océan Pacifique après avoir détruit des centaines de maisons sur leur passage.

Le contact entre la lave et l’eau de mer a provoqué une importante prolifération de phytoplancton. Un banc de 150 km de long est apparu le long de la côte sud de la Grande Ile. Les scientifiques ont recueilli des échantillons et ont découvert qu’ils contenaient des taux très élevés de nitrate, d’acide silicique, de fer et de phosphate susceptible de fertiliser le phytoplancton, ainsi que du fer, du manganèse et du cobalt.
Trois jours après la première entrée de la lave dans l’océan, des images satellites ont montré au large de la Grande Ile d’Hawaï une nappe d’eau de couleur verdâtre, riche en chlorophylle-a, le pigment qui donne leur couleur aux plantes et aux algues. Une fois que la lave a cessé de couler dans l’océan, la nappe d’eau verte s’est dissipée en une semaine.
Alors que la prolifération d’algues était à son maximum, les scientifiques ont analysé l’eau de mer afin de déterminer pourquoi le phytoplancton avait soudainement prospéré. Les résultats de leur travail ont été publiés dans la revue Science.

Les concentrations d’acide silicique et de métaux traces étaient semblables à celles rencontrées dans la lave basaltique du Kilauea. L’équipe scientifique a découvert que le nitrate était le principal moteur de la prolifération du phytoplancton, mais sa source restait un mystère. La lave elle-même ne contient presque pas d’azote pour permettre aux microbes de l’océan de se transformer en nitrate.
Selon toute probabilité, le nutriment qui a favorisé la prolifération du phytoplancton provenait des profondeurs de l’océan. Le long de l’île, le littoral est très pentu, ce qui a permis à la lave de l’éruption d’atteindre rapidement les eaux profondes qui contiennent des nitrates en abondance, contrairement aux eaux de surface.
Ce mécanisme au cours duquel la lave à haute température permet à des  panaches d’éléments nutritifs en provenance d’eaux profondes d’atteindre la surface, est peut-être plus fréquent qu’on le pense. Par extrapolation, on peut raisonnablement penser que les volcans sous-marins sont en mesure de générer des proliférations de phytoplancton brèves mais intenses.

Il est bon de noter que l’on observe régulièrement de telles remontées d’eau profonde – également appelées upwellings – sur toute la côte californienne. Les bancs de kelp et les créatures marines qui peuplent ces écosystèmes dépendent essentiellement des courants qui font remonter les nutriments fertilisants des eaux profondes vers la surface. C’est probablement ce même processus que l’on a observé à Hawaii pendant l’éruption du Kilauea, mais il est intervenu plus rapidement.

Source : Médias américains.

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On May 3rd, 2018, Kilauea erupted in Hawaii. For several months, until August 6th, the volcano emitted huge quantities of lava that ended up in the Pacific Ocean after destroying hundreds of houses in their path.
The contact between lava and sea water caused a significant proliferation of phytoplankton. A 150 km long bench appeared along the southern coast of the Big Island. Scientists collected samples and found that they contained very high levels of nitrate, silicic acid, iron and phosphate that could fertilize phytoplankton, as well as iron, manganese and cobalt.
Three days after the first lava entry into the ocean, satellite images showed a large greenish area off Hawaii Big Island, rich in chlorophyll-a, the pigment that gives the green colour to plants and algae. Once the lava stopped flowing into the ocean, the green water dissipated in a week.
While algal blooms were at their peak, scientists analyzed the seawater to determine why phytoplankton had suddenly thrived. The results of their work were published in the journal Science.
The concentrations of silicic acid and trace metals were similar to those found in Kilauea basalt lava. The scientific team discovered that nitrate was the main driver of phytoplankton proliferation, but its source remained a mystery. The lava itself contains almost no nitrogen to allow the microbes in the ocean to turn into nitrate.
In all likelihood, the nutrient that promoted phytoplankton proliferation came from the depths of the ocean. Along the island, the coastline is very steep, allowing the erupted lava to quickly reach the deep waters that contain nitrates in abundance, unlike surface water.
This mechanism, in which high-temperature lava allows nutrient plumes from deep water to reach the surface, may be more common than is thought. By extrapolation, it is reasonable to assume that submarine volcanoes are capable of generating brief but intense phytoplankton blooms.
It is worth noting that such deepwater upwellings are regularly observed throughout the California coast. The kelp beds and marine creatures that inhabit these ecosystems are essentially dependent on currents that move fertilizing nutrients from deep water to the surface. This is probably the same process that was observed in Hawaii during the eruption of Kilauea, but it intervened more quickly.
Source: US media.

Photo: C. Grandpey

Les grizzlis et le réchauffement climatique // Grizzly bears and global warming

On sait depuis pas mal de temps que les ours polaires souffrent des effets du réchauffement climatique car la glace de mer se rétrécit, ce qui rend plus difficile l’accès des animaux à leur territoire de chasse et donc à leur nourriture. C’est maintenant au tour des ours bruns de subir les conséquences du changement climatique.
Des photos déchirantes prises par un photographe canadien montrent l’impact dévastateur du changement climatique sur la faune et la flore terrestre. Il y a quelques semaines, il a photographié une famille de grizzlis – la mère et ses deux oursons – près des berges de Knight Inlet au Canada. Les images ont immédiatement suscité émotion et inquiétude lorsque les gens ont remarqué à quel point les animaux étaient émaciés. La cause est un hiver sans saumons.

Il faut toutefois être prudent. Comme pour les ours polaires, une seule photo ne signifie pas forcément que toute l’espèce est en danger. Les images de grizzlis prises en Alaska et qui m’ont été communiquées ne sont pas alarmantes. Situation malgré tout à surveiller.
La population de grizzlis a du mal à trouver sa nourriture habituelle car les saumons se font rares dans les cours d’eau canadien. Un rapport préliminaire diffusé en 2019 par Fisheries and Oceans Canada – organisme qui gère la pêche au Canada – confirme que les perspectives concernant le saumon du Pacifique ont diminué par rapport à l’année dernière. De nombreux scientifiques affirment que le changement climatique est responsable de cette situation.
Fisheries and Oceans Canada a également fait remarquer que «les conditions environnementales ont été plus chaudes que la moyenne et ont affecté toutes les phases de retour du saumon du Pacifique en 2019. En fait, durant la saison estivale de cette année, la hausse des températures a provoqué une vague de chaleur qui a tué de nombreux saumons dans la région.
Beaucoup prétendent également que l’élevage des saumons en filets ouverts est une autre cause de la chute de leur nombre. La méthode est critiquée pour sa propagation de maladies et sa pollution. En décembre 2018, le gouvernement de Colombie-Britannique a présenté un plan visant à éliminer progressivement l’élevage en filets ouverts d’ici 2023.
Alors que la population de saumons continue à diminuer, les ours sont souvent obligés de partir à la recherche de nouvelles zones où ils sont susceptibles de trouver de la nourriture. On les voit maintenant dans des secteurs qu’ils ne fréquentaient pas auparavant.
De plus, à l’approche de l’entrée en hibernation, les ours femelles risquent de dormir moins bien que d’habitude pendant cinq à sept mois et apparaître au printemps avec des oursons moins nombreux et plus chétifs, ce qui va inévitablement nuire à leur survie et à la population de grizzlis.
Source: Journaux canadiens.

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It is well known that polar bears are suffering from the effects of global warming because the sea ice is shrinking, making it more difficult for the animals to reach their food. Now, it’s up to the brown bears to undergo the consequences of climate change.

Heartbreaking images captured by a Canadian photographer show the devastating impact of climate change on the Earth’s wildlife. A few weeks ago, he photographed a grizzly bear family a mother and her two cubs near the shores of Canada’s Knight Inlet. The images immediately sparked concern when people noticed how emaciated the animals were. The cause was a winter without salmon.

However, one needs to be cautious. As for polar bears, a single photo does not necessarily mean that the whole species is in danger. The images of grizzlies taken in Alaska that were sent to me are not alarming. However, the situation needs to be monitored.

The grizzly bear population has been struggling to find a food source, as salmon is at an all-time low. A preliminary report by Fisheries and Oceans Canada for 2019 confirms that the outlook for Pacific salmon has decreased from last year. Many experts are pointing to climate change as a factor.

Fisheries and Oceans Canada also noted that “environmental conditions have been warmer than average, affecting all life stages of Pacific salmon returning in 2019. In fact during the summer 2019, the rising temperatures caused a heatwave in neighbouring Alaska that killed large numbers of salmon in the area.

Many also claim open-net fish farming is another component, as the method is criticized for spreading diseases and polluting the water. In December 2018, the government of British Columbia put forward a plan to transition out of open-net farming by 2023.

As the salmon population continues to decrease, bears are often forced to relocate to new areas in search of food. One can now see them in areas we rarely ever see bears.

Moreover, as hibernation time approaches, female bears who enter the five- to seven-month sleep leaner than usual may emerge in the spring with fewer and smaller cubs, ultimately impacting their survival and the grizzly bear population.

Source: Canadian newspapers.

Pour en savoir plus sur les ours….

Photo: C. Grandpey

L’éco-anxiété, une autre conséquence du réchauffement climatique

J’ai lu ces jours-ci sur le site lexpress.fr un article très intéressant qui aborde « l’éco-anxiété », une conséquence très récente du réchauffement climatique au sein de la population. Pour de plus en plus de personnes, les questions environnementales sont devenues une réelle source de souffrance psychique. Certaines présentent des angoisses, ou des réveils nocturnes fréquents, accompagnés d’une panique autour du réchauffement climatique. Beaucoup se posent la question : quel monde va-t-on laisser à nos enfants ?

Le mal est trop récent pour que l’on puisse avancer des chiffres fiables, mais selon les psychiatres ces maux sont de plus en plus fréquents, en particulier depuis environ un an. En octobre 2018, un sondage de l’IFOP indiquait que 85 % des Français étaient inquiets du réchauffement climatique, une proportion en hausse de 8 points par rapport à l’année 2015. Ce taux grimpait même à 93 % chez les 18-24 ans. Si cette préoccupation générale de la population ne relève pas forcément de l’éco-anxiété, pour certaines personnes les questions environnementales sont devenues une réelle source de souffrance.

En tant que tel, l’éco-anxiété n’est pas reconnue officiellement comme une maladie par le monde de la psychiatrie. L’American Psychological Society y a toutefois fait référence en 2017, évoquant une « peur chronique d’un environnement condamné. » Selon cette Société, il ne s’agirait pas forcément d’une maladie mentale, mais d’une forme de sensibilité à l’état du monde. Cette pathologie regroupe les personnes qui se sentent inquiètes, stressées, tristes et même en colère quand elles constatent les différentes dégradations faites à la planète en raison des activités humaines.

Plutôt que d’éco-anxiété, certains psychiatres préfèrent parler de « solastalgie », un terme développé en 2007 par un philosophe australien de l’environnement. Il est la contraction de « solace » [« réconfort », en anglais] et algie [douleur]. Le chercheur a mis au point ce concept après avoir observé la détresse de populations confrontées à la destruction de leur environnement. La « solastalgie » représente un éventail d’émotions plus large que l’anxiété. Ainsi, certaines personnes qui se sentent « solastalgiques » peuvent connaître des troubles éco-anxieux, mais ce n’est pas nécessairement le cas.

Il est bon de noter que la notion de culpabilité est aussi souvent associée à la constitution de l’anxiété. Dans ce cas, les personnes se rendent personnellement responsable du réchauffement climatique. Ce sentiment est assez lourd à encaisser psychiquement car il met en cause l’existence même.

D’une manière générale, l’avenir est rarement envisagé sous ses meilleurs auspices. Certaines personnes sont persuadées que l’effondrement de la civilisation est inévitable. Elles expliquent qu’il y aura des millions de réfugiés climatiques. Parmi les scénarios envisagés figure celui d’une bataille pour l’accès aux ressources, voire une guerre civile. On aborde ici le concept de « collapsologie », un néologisme désignant l’étude de l’effondrement (‘collapse’ en anglais) de la civilisation industrielle, et ce qui pourrait lui succéder.

Effondrement ou pas, l’éco-anxiété deviendra probablement de plus en plus fréquente dans les années à venir. Nous ne vivons que les prémices du réchauffement climatique, donc cela va potentiellement devenir un problème de santé publique. Dans les années 1950, il existait la peur d’une guerre atomique. Ces attitudes font partie de la nature humaine qui doit faire face à une anxiété existentielle.

Source : L’Express.

NDLR : Les nombreux articles que j’écris à propos de la fonte des glaciers sous les coups de boutoir du réchauffement climatique n’ont pas pour but de déclencher un mouvement de panique parmi les personnes qui consultent mon blog. Je désire simplement alerter la population et mettre en garde contre un danger dont les conséquences sont difficiles à apprécier. Ayant vécu près de deux tiers de siècle, je n’aurai probablement pas – ou très peu – à subir les catastrophes climatiques à venir, car catastrophes il y aura. Celle que je redoute le plus concerne le manque d’eau qui déclenchera forcément des migrations de populations et probablement des guerres. On va me rétorquer que nous aurons toujours des solutions pour produire de l’eau potable, par exemple en dessalant l’eau de mer. Oui, mais à quel prix et avec quelle énergie ? Toutes les nations ne pourront pas s’offrir ce luxe…

Avec la fonte des glaciers et de la calotte polaire va inévitablement se poser le problème de la hausse du niveau des océans, avec des conséquences faciles à imaginer pour les populations littorales (Photo: C. Grandpey)

Volcan de boue de Piparo (Trinité & Tobago): Crainte d’une nouvelle éruption // Piparo mud volcano (Trinidad & Tobago): Fear of another eruption

On peut lire sur le site Web The Watchers que les autorités et les scientifiques craignent une nouvelle éruption du volcan de boue de Piparo (Trinité-et-Tobago). Selon eux, l’éruption de 1997 pourrait se reproduire cette année. Elle avait entraîné l’évacuation permanente de plus de trente maisons. Aucun décès n’avait été signalé, mais les dégâts matériels avaient été considérables. Au total, 33 maisons et plusieurs voitures avaient été ensevelies sous la boue devenue dure comme du béton.
Comme je l’ai écrit dans une note précédente, il a été fait état d’explosions et de fractures par des habitants après l’explosion du 21 septembre 2019. Plusieurs jours après cet événement, les fissures dans le sol semblent s’agrandir. En outre, la zone a subi un affaissement de l’ordre d’un mètre depuis le 22 septembre.
Les scientifiques craignent une éruption semblable à celle qui a eu lieu il y a 22 ans. Selon certaines informations, il y avait eu à l’époque une pause de l’activité, suivie d’une impressionnante éruption de boue avec des gerbes atteignant 61 mètres de hauteur.
Au vu des résultats des tests effectués par les scientifiques, il s’avère que le véritable danger, ce ne sont pas les gaz, mais les coulées de boue qui pourraient tuer des personnes. Les géologues ont déclaré qu’il est difficile de prévoir avec précision le déclenchement d’une éruption du volcan de boue. .

Il est demandé aux autorités de continuer d’émettre des alertes d’évacuation pour tous les habitants dans un rayon de 500 mètres jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de risque. Si des personnes refusent de quitter les lieux, une évacuation obligatoire devra être mise en place ; des moyens de transport et des abris doivent être mis à la disposition des personnes évacuées. Le département  de la Sécurité Nationale doit également veiller à ce que les biens des personnes évacuées soient mis en sécurité pendant leur absence.
La zone du volcan de boue a été fermée au public jusqu’à nouvel ordre.
Source: The Watchers.

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We can read on the website The Watchers that authorities ansd scientists fear a new eruption of the Piparo mud volcano in Trinidad and Tobago. They said the 1997 eruption might occur again. The 1997 eruption resulted in the permanent displacement of at least 31 households. No fatalities were reported, but the damage to properties was devastating. A total of 33 houses and several cars were buried under the mud that hardened into concrete.

As I put it in a previous post, loud explosions and cracks were reported by residents near the area on September 21st 2019, and several days after the event, the cracks in the ground appear to be widening. Besides, the area has now undergone subsidence in the order of 1 metre since September 22nd.

Scientists express fear over the possibilities of another devastating eruption like the one that took place 22 years ago. Reports said after rumblings, there was a lull in activity, followed by a massive mud eruption up to 61 metres high.

After experts conducted tests, it was revealed that the real danger is not the gases, but the mudflow which could be fatal to humans. Experts said the development of an impending underground disaster might not be accurately monitored.

Authorities are prompted to continue issuing evacuation alerts for all residents within a 500-metre radius until there are no more risks. If people refuse to move, then a mandatory evacuation must be implemented and transportation and shelter provided for the evacuees. The Ministry of National Security must also ensure that people’s properties are well secured and safe in their absence.

The area of the mud volcano has been closed to the public until further notice.

Source : The Watchers.

Photo du site de l’éruption prise par un drone (Source: The American Association of Petroleum Geologists)