Les Islandais vont-ils faire le pont ? // Will Icelanders build a bridge ?

Alors que l’on craignait que l’éruption dans la Geldingadalur prenne fin, un ingénieur islandais a suggéré un moyen de mettre la route côtière – Suðurstrandarvegur – à l’abri de l’éruption. Avec d’autres ingénieurs, il a soumis, dans la cadre de la protection civile, un projet de pont sur Suðurstrandarvegur (voir schéma ci-dessous).

Le projet serait simple et facile à mettre en œuvre. La construction de ce pont permettrait à la lave de s’écouler au-dessus de la route et de prendre la direction de la mer. De plus, des rampes de guidage le long de la route côtière canaliseraient la lave vers le pont pour qu’elle passe au-dessus de la route.

Le projet présenterait de nombreux avantages. A supposer que l’éruption dure plusieurs années, Suðurstrandarvegur pourrait rester ouverte. Les conduites d’eau, l’électricité et les câbles à fibres optiques, que l’on craignait voir disparaître, seraient épargnés par la lave. Par ailleurs, les ingénieurs précisent qu’il est peu probable que la pression exercée par la lave emporte le pont.

Source : Reykjavik Grapevine.

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While it was feared the eruption in Geldingadalur might come to an end, an Icelandic engineer suggested a way to save the costal road – Suðurstrandarvegur – from the eruption. Together with other engineers, he submitted a proposal on the basis of civil protection, for a bridge to be built over Suðurstrandarvegur (see below).

The plan would be simple and easy to implement. With the construction of this bridge, the structure would allow for a passage of flowing lava over the road and towards the sea. Additionally, there would be guidance ramps alongside the coastal road channeling the lava towards the bridge and over the road.

There would be many benefits with the plan. Even if the eruption is lasted for years, Suðurstrandarvegur could stay open. It would also provide a safe area for water pipes, electricity, and the fiber optic cables that have been of concern. Moreover, the engineers explain that it is unlikely that the lava would take the bridge with it.

Source : Reykjavik Grapevine.

Le schéma proposé comporte – du bas vers le haut – une structure en béton et en acier sur laquelle repose la lave plus ancienne (en jaune) et, au dessus, l’épaisseur possible de nouvelle lave (en rouge) [Source : Visir]

Islande : l’éruption met les archéologues au travail // Iceland : the eruption puts archaeologists at work

Alors que l’éruption de Fagradalsfjall se poursuit et que la lave continue de s’échapper du cratère actif, les autorités islandaises s’inquiètent de l’avenir de la route côtière, de la bourgade de Grindavik et de la centrale électrique voisine.

De leur côté, les archéologues de Minjastofnun, l’Agence qui gère le patrimoine culturel islandais, tentent en ce moment de cartographier et de répertorier les vestiges de monuments partiellement enfouis sous terre à proximité du site de l’éruption. Alors que le champ de lave recouvre une partie sans cesse plus grande de la région, des monuments datant de la période de colonisation de l’Islande risquent d’être perdus et de disparaître à jamais sous les coulées

Les descendants de fermiers sur les terres d’Ísólfsskáli, à l’est de Grindavík, craignent de perdre d’anciens artefacts. On estime à près de 240 le nombre de monuments qui n’ont pas encore disparu sous la lave et qui ont pu être cartographiés.

Lorsque la sismicité a commencé à secouer la péninsule de Reykjanes en février 2021, les archéologues de Minjastofnun ont immédiatement commencé à explorer la zone affectée par les séismes. Personne ne savait si et où la lave sortirait. C’est pourquoi les archéologues ont répertorié des vestiges dans la région et ont collecté des données, au cas où une éruption se produirait. Heureusement, les vestiges de quelques monuments partiellement enfouis sous terre ont déjà été cartographiés et enregistrés par l’Agence du patrimoine culturel islandais. On pense que certains vestiges remontent à la période de colonisation du pays, mais les plus anciens ont probablement disparu en mer, car il y a eu de nombreux glissements de terrain dans la région.

Après l’exploration la plus urgente de la zone menacée par l’éruption, les archéologues s’intéresseront à la péninsule de Reykjanes dans son ensemble. Ils espèrent que les restes d’une hutte, située sur les terres d’Ísólfsskáli, seront épargnés par la lave, mais ils sont plus inquiets pour le secteur de Grindavík où se trouve Þórkötlustaðahverfi, une zone protégée avec des monuments et des restes de peuplement.

Les archéologues expliquent que l’inventaire des artefacts est la forme de protection la plus simple, mais le travail est une course contre la montre et contre la lave.

Source : Reykjavik Grapevine.

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As the Fagradalsfjall eruption continues and lava keeps flowing from the active crater, Icelandic authorities worry about the future of the coastal road, Grindavik and the nearby power station.

Archaeologists from Minjastofnun, the Cultural Heritage Agency of Iceland, are now trying to map and register buried relics and monuments close to the eruption site. With the lava field covering a large part of the region, monuments from the settlement period might be lost

Descendants of farmers on the land of Ísólfsskáli, east of Grindavík, fear losing ancient artifacts to the lava flow. It has been estimated that nearly 240 monuments, not yet submerged in lava, have already been mapped.

When seismicity began to shake the Reykjanes peninsula in February 2021, Minjastofnun archaeologists immediately started to visit the area affected by the earthquake. It was not known where the magma would come up so, so they went to register relics in the area and collected data, in case an eruption should occur

Luckily, a few hidden relics are already mapped and registered by the Cultural Heritage Agency of Iceland. It is believed that some relics might be from the settlement period, but the oldest ones have probably gone to sea, as there have been many landslides in the area.

After the most urgent exploration of the area threatened by the eruption, the whole Reykjanes peninsula will be explored next. Archaeologists hope that that the monuments of a hut, located on the land of Ísólfsskáli, could possibly escape being buried under the lava. However, they are more worried about Grindavík where there is Þórkötlustaðahverfi, a protected area with settlement monuments and relics.

The archeologists explain that registration of artifacts is the simplest form of protection, but the work is a race against both time and lava.

Source: Reykjavik Grapevine.

 

Vue du site archéologique de Þórkötlustaðahverfi (Source : Minjastofnun)

GIEC : de bien tristes prévisions // IPCC : very sad predictions

Il est intéressant de constater que depuis que le climato-sceptique Donald Trump a quitté la Maison Blanche, de plus en plus d’articles sont publiés dans la presse américaine pour mettre en garde contre les effets du réchauffement climatique. Ces publications sont d’autant plus justifiées qu’une canicule et une sécheresse sans pareilles affectent actuellement tout l’ouest des Etats-Unis et du Canada.

Des extraits d’un projet de rapport du GIEC – Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (en anglais : Intergovernmental Panel on Climate Change, IPCC) – qui doit être publié en février 2022 viennent de fuiter dans les médias et dressent un tableau très alarmant de l’avenir de la Terre. En particulier, le rapport explique que des millions de personnes dans le monde seront confrontées à un avenir de famine, de sécheresse et de maladie. On peut lire que « le changement climatique va fondamentalement remodeler la vie sur Terre au cours des prochaines décennies, même si les êtres humains peuvent maîtriser les émissions de gaz à effet de serre ». Cela me rappelle les propos de Jean-Louis Etienne qui m’expliquait que même si on arrêtait par magie les émissions de CO2, il faudrait au moins un siècle pour que l’atmosphère se purifie.

Le rapport du GIEC met en garde contre une série de seuils au-delà desquels le rétablissement du climat deviendra impossible : « La vie sur Terre saura se remettre d’un changement climatique drastique en donnant naissance à de nouvelles espèces et en créant de nouveaux écosystèmes… mais l’Homme n’est pas capable de cela. Le pire est à venir : il affectera la vie de nos enfants et petits-enfants bien plus que la nôtre.»

Le rapport mentionne d’autres impacts climatiques dévastateurs parmi lesquels l’extinction de certaines espèces, des maladies plus répandues, une chaleur invivable, la disparition d’écosystèmes, des villes menacées par la montée des mers…

Selon la NASA, depuis la révolution industrielle des années 1800, la Terre a connu un réchauffement de 1,1°C. Le rapport du GIEC met en garde contre « des conséquences de plus en plus graves, séculaires et, dans certains cas, irréversibles ». Il insiste sur le fait que les millions de personnes qui vivent le long des côtes presque partout dans le monde risquent d’être frappées par un ensemble de catastrophes climatiques : sécheresse, vagues de chaleur, cyclones, incendies de forêt et inondations.

Le rapport du GIEC n’est pas vraiment une surprise car il confirme ce que l’on a pu lire dans la littérature scientifique ces derniers mois. Le message est clair : des vagues de chaleur, des incendies, des inondations et des sécheresses de plus en plus graves se profilent à l’horizon, avec des conséquences désastreuses pour de nombreux pays. La situation actuelle dans l’ouest de l’Amérique ne fait que confirmer les prévisions du GIEC.

Source : USA Today.

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It is interesting to see that since climato-skeptic Donald Trump left the White House, more and more articles have been released in the American press to warn against the effects of climate change. These press releases are all the more frequent as a very severe heat wave and drought are currently affecting the whole western part of the United States and Canada.

Excerpts of an IPCC draft report due to be published in February 2022 has just leaked in the media and draw a very alarming picture of the Earth’s future. In particular, the report informs us that millions of people worldwide will be confronted with a disastrous future of hunger, drought and disease. On can read that “climate change will fundamentally reshape life on Earth in the coming decades, even if humans can tame planet-warming greenhouse gas emissions.” This reminds me of Jean-Louis Etienne’s words who explained me that even if we suddenly stopped CO2 emissions with a magic wand, it would take the atmosphere at least one century to clean up.

The IPCC report warns of a series of thresholds beyond which recovery from climate breakdown may become impossible: “Life on Earth can recover from a drastic climate shift by evolving into new species and creating new ecosystems… but humans cannot. The worst is yet to come, affecting our children’s and grandchildren’s lives much more than our own.”

The report names other devastating climate impacts among which species extinction, more widespread disease, unlivable heat, ecosystem collapse, cities menaced by rising seas.

According to NASA, since the Industrial Revolution of the 1800s, the Earth has so far warmed by 1.1°C. The IPCC report warns of “progressively serious, centuries’ long and, in some cases, irreversible consequences.” It insists that that the millions of people who live along coastlines almost everywhere around the world could be battered by multiple climate calamities at once: drought, heatwaves, cyclones, wildfires and flooding.

The IPCC report does not really come as a surprise as it confirms the scientific literature of recent months. But the stark message is that increasingly severe heatwaves, fires, floods and droughts are coming our way with dire impacts for many countries. The current situation iin western America is a confirmation of the Panel’s predictions.

Source: USA Today.

Courbe de Keeling (Source : Scripps Institution). Rien n’est fait par nos gouvernants pour infléchir les concentrations de CO2 dans l’atmosphère. Les COP (Conferences of the Parties) ne servent visiblement à pas grand chose !

Réchauffement climatique : nouvelle alerte de la NASA et de la NOAA // Global warming : NASA and NOAA send a new alert

Selon une nouvelle étude publiée en juin 2021 dans la revue Geophysical Research Letters par des chercheurs de la NASA et de la NOAA, la quantité de chaleur piégée par la Terre a quasiment doublé depuis 2005. Ce nouvel apport de chaleur contribue au réchauffement des océans, de l’air et des terres.

À l’aide de données satellitaires, les chercheurs ont mesuré le déséquilibre énergétique de la planète (DET), autrement dit la différence entre la quantité d’énergie que la planète absorbe du soleil et celle qui est renvoyée dans l’espace. S’il y a un déséquilibre positif, la Terre absorbe plus de chaleur qu’elle n’en perd. En 2005, il y avait un déséquilibre positif d’environ un demi-watt par mètre carré d’énergie solaire, alors qu’en 2019, le déséquilibre positif était d’un watt par mètre carré.

Les chercheurs expliquent que cette augmentation d’énergie équivaut à l’utilisation, par l’ensemble des habitants de la planète, de 20 bouilloires électriques en même temps. L’équipe scientifique doit poursuivre ses recherches pour déterminer les facteurs à l’origine de cette augmentation, mais on sait déjà qu’une augmentation des émissions de gaz à effet de serre, la diminution de la couverture nuageuse et de la banquise font partie des causes probables, ainsi que les variations cycliques du climat. Une chose est sûre, les humains en sont en grande partie responsables de cette situation très inquiétante.

Source : NASA.

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According to a new study published in June 2021 in the journal Geophysical Research Letters by NASA and NOAA researchers, the amount of heat trapped by the Earth has roughly doubled since 2005. This is contributing to warming oceans, air, and land.

Using satellite data, the researchers measured the planet’s energy imbalance, which is the difference between how much energy the planet absorbs from the sun and how much is radiated back into space. If there is a positive imbalance, the Earth is absorbing more heat than it is losing. In 2005, there was a positive imbalance of about half a watt per square metre of energy from the sun, whereas in 2019, the positive imbalance was one watt per square metre.

The researchers explain that this energy increase is equivalent to everyone on Earth using 20 electric tea kettles at the same time. The scientific team needs to conduct more research to determine the factors behind the increase, but there is evidence that a rise in greenhouse gas emissions and decrease in cloud cover and sea ice could be part of it, as well as cyclical variations in the climate. One thing is certain, humans are largely responsible for this worrying situation.

Source: NASA.

 

Inventaire de l’accumulation d’énergie sur Terre en ZJ (1 ZJ =1021J) pour les composantes du système climatique terrestre de 1960 à 20. Le flux net à TOA (top of atmosphere) du programme NASA CERES est affiché en rouge. (Source : Karina von Schuckmann et al / global-climat).