Réchauffement climatique et avalanches meurtrières en Suisse // Global warming and deadly avalanches in Switzerland

Plusieurs études ont montré que le réchauffement climatique accroît les risques d’avalanche. On observe de plus en plus de longues périodes sèches, froides et sans précipitations alternant avec des chutes de neige brèves mais abondantes. Les périodes sèches favorisent la formation de couches fragiles à la surface du manteau neigeux. Ces couches fragiles sont ensuite recouvertes par une nouvelle neige. Les conditions sont alors réunies pour un déclenchement d’avalanches de plaques. Les études montrent que 90% des accidents mortels sont causés par ce type se situation nivale. Très souvent, c’est le skieur qui déclenche l’avalanche qui va l’ensevelir.
De plus, avec la hausse en altitude de la limite pluie/neige, on observe une augmentation de la densité des couches supérieures du manteau neigeux par humidification. Cela signifie que les contraintes exercées sur les couches fragiles en dessous sont plus fortes et peuvent provoquer leur rupture.

Ces nouvelles conditions du manteau neigeux liées au réchauffement climatique expliquent en grande partie le bilan très lourd des avalanches en Suisse pendant l’hiver 2020-2021. 27 skieurs avaient perdu la vie le 31 mars 2021, date des dernières statistiques. C’est 50% de plus que la moyenne pendant cette la période hivernale. 296 personnes ont été surprises par des avalanches, soit une hausse de 67%. La moyenne était de 177 au cours des 20 dernières années.

Parmi toutes les avalanches, 215 ont été déclenchées par des skieurs ou des randonneurs, contre 113 au cours des 20 dernières années.  Au cours de cette même période, 18 skieurs avaient péri dans des avalanches. Au cours du seul hiver 2020-2021, 11 randonneurs a ski et 6 pratiquants du hors piste ont perdu la vie. L’accident le plus meurtrier a eu lieu dans la région de Verbier où 7 personnes – dont une championne olympique française de snowboard – ont été emportées à jamais par des avalanches.

Source : WSL Institut pour l’étude de la neige et des avalanches SLF.

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Several studies have shown that global warming increases the risk of avalanches. Long dry, cold and precipitation-free periods are increasingly observed, alternating with brief but heavy snowfalls. Dry periods favour the formation of fragile layers on the surface of the snowpack. These fragile layers are then covered with new snow. The conditions are then ripe for the triggering of plate avalanches. Studies show that 90% of fatal accidents are caused by this type of snow situation. Very often, the skier triggers the avalanche who will bury him.

In addition, with the increase in altitude of the rain / snow limit, one can observe an increase in the density of the upper layers of the snowpack by humidification. This means that the stresses exerted on the fragile layers below are greater and can cause them to break.

These new snowpack conditions linked to global warming largely explain the very heavy toll of avalanches in Switzerland during the winter of 2020-2021. 27 skiers had been killed on March 31st, 2021, the date of the latest statistics. This is 50% more than the average during this winter period. 296 people were surprised by avalanches, an increase of 67%. The average was 177 over the past 20 years.

Of all the avalanches, 215 were triggered by skiers or hikers, up from 113 in the past 20 years. During this same period, 18 skiers were killed in avalanches. During the winter of 2020-2021 alone, 11 ski tourers and 6 free-riders lost their lives. The deadliest accident took place in the Verbier region where 7 people – including a French Olympic snowboard champion – were swept away by avalanches forever.

Source: WSL Institute for Snow and Avalanche Research.

Photo: C. Grandpey

Solidarité caraïbe

Un article paru sur le site Martinique la 1ère montre que toute la Caraïbe se sent concernée par ce qui se passe à St Vincent-et-les-Grenadines avec l’éruption de La Soufrière. Toutes les îles sont prêtes à aider leur voisine en difficulté.

Il est vrai que la plupart des composantes de l’arc antillais sont sous la menace d’une éruption. On l’a vu avec celle de la Montagne Pelée et ses quelque 28 000 victimes en 1902, ou celle de Soufriere Hills à Montserrat en 1995. Plusieurs autres édifices volcaniques sur terre ou au fond de l’océan peuvent se réveiller à tout moment.

A l’occasion de l’éruption en cours sur la Soufrière de St Vincent, il est prévu d’accueillir à  la Barbade, à Sainte-Lucie et à Antigua 20 000 personnes réfugiées, sur  110 000 habitants de St Vincent. La  Martinique ne fait pas partie des hébergeurs potentiels, même si l’île dispose d’infrastructures performantes pour affronter une crise majeure.

La raison, c’est que la Martinique ne fait plus tout à fait partie de la Caraïbe, ce qui n’était pas le cas il n’y a pas si longtemps. L’article explique que l’île est certes un membre associé de la Caricom, mais elle n’y occupe plus une position centrale. Les relations avec les îles voisines de la Caraïbe sont irrégulières et épisodiques. Désormais, la Martinique est davantage tournée vers la France et l’Europe.

En revanche, les relations personnelles, comme les échanges sportifs et culturels restent bien présents. Si besoin est, la Martinique saura se mobiliser pour aider Saint Vincent à se sortir de ce mauvais pas. De plus, en fonction des vents, la Martinique n’est pas à l’abri de l’arrivée de cendres volcaniques ou d’un tsunami provoqué par de violents séismes. La distance entre la Martinique et Saint-Vincent n’est que de 177 kilomètres.

L’auteur de l’article explique que la solidarité des Martiniquais sera d’autant plus facile qu’il existe des relations anciennes très fortes avec Saint-Vincent. L’île a été l’un des refuges de des nèg mawon martiniquais lorsque l’esclavage a été interdit dans les possessions de la Grande-Bretagne, quinze ans avant celles de la France.

Auparavant, Saint-Vincent a été une plaque tournante de la rébellion des captifs africains échappés des bateaux négriers ou des plantations, alliés aux natifs de l’île, les Kalinagos – improprement appelés Caraïbes par les colons français. Ces opprimés n’ont pas cessé de guerroyer contre les colons et leurs milices. Des captifs évadés se sont établis dans l’île, s’y sont mariés et ont donné naissance à un peuple nouveau, les Garifunas, déportés plus tard en Amérique centrale par les Anglais.

Les souvenirs de cette époque montrent que les relations entre Martinique et Saint-Vincent ont de solides racines. La solidarité géographique et culturelle de Martinique vers Saint-Vincent ne sera pas donc un vain mot.

St Vincent sous la cendre de La Soufrière (Source : UWI)

La Soufrière de St Vincent : la crainte de revoir l’éruption de 1902 // St Vincent’s La Soufriere : The fear of another 1902 eruption

Les volcanologues de l’UWI pensent qu’en plus des retombées de cendres, il y a maintenant le risque pour les localités de la zone ROUGE d’être détruites par des coulées pyroclastiques. Selon les scientifiques, «nous sommes rentrés dans la période d’éruption de 1902».

Les instruments montrent que l’activité éruptive de La Soufrière ne faiblit pas; il peut y avoir une pause, puis une autre période d’activité semblable à celle qui est observée actuellement. En ce moment, le schéma d’activité est le même que pendant l’éruption de 1902. Cela signifie que les éruptions causeront davantage de dégâts et de destructions, mais cela signifie également que le sud de l’île sera l’endroit le plus sûr.

Les événements explosifs se produisent avec une périodicité d’environ 1h30 – 2 heures. Les images satellites montrent également que ces explosions produisent du SO2 qui peut entraîner la formation de vog ou brouillard volcanique, une brume qui se compose de l’aérosol de gaz, de minuscules particules et des gouttelettes acides. Les émissions de SO2 à La Soufrière sont déjà les plus importantes des Caraïbes orientales depuis l’utilisation des satellites en 1979. Elles sont plus importantes que tous les événements explosifs mesurés lors de l’éruption de Soufrière Hills à Montserrat en 1995.

Source : Médias d’information locaux.

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UWI volcanologists think that in addition to the ashfall, there is now the risk for the communities in the RED Zone to be destroyed by pyroclastic flows. In their opinion, “we have re-entered the 1902 eruption period”.

The instruments show that activity at La Soufriere is not waning; there might be a break and then another period of the current activity. The ongoing activity pattern is similar to the 1902 eruption, it means that the eruptions will cause more damage and destruction, but it also means that the south of the island will be the safest place where to stay.

The explosive events occur with a periodicity of 1.5-2 hours. Satellite images also show that these explosions are still producing SO2 which may be the cause of vog or volcanic smog, a visible haze including the gas aerosol, tiny particles and acidic droplets. SO2 emissions at La Soufrière are already the largest in the Eastern Caribbean in the ‘satellite era’ (since 1979). They have been more significant than any of the explosive events measured during the eruption of Soufriere Hills volcano (Montserrat) which started in 1995..

Source: Local news media.

Source : UWI

Les algues accélèrent la fonte du Groenland // Algae are accelerating Greenland melting

Les mauvaises nouvelles en provenance du Groenland s’accumulent. On savait déjà que la calotte glaciaire fondait à une vitesse incroyable. On apprend aujourd’hui que cette même calotte glaciaire s’assombrit à cause des algues qui prolifèrent à sa surface. Au cours de la dernière décennie, les scientifiques ont découvert que ces algues contribuent fortement à agrandir la «zone sombre», autrement dit une bande de glace plus sombre qui a été détectée depuis l’espace sur la côte sud-ouest du Groenland.

Les scientifiques expliquent que la prolifération des algues est une conséquence du réchauffement climatique et appartient à un cercle vicieux qui entraîne la fonte de plus en plus rapide de la glace. En effet, les algues réduisent l’albédo, le pouvoir réfléchissant de la glace. La glace plus foncée renvoie moins la chaleur du soleil, ; au final, elle fond plus rapidement que son homologue parfaitement blanche.

Les biologistes expliquent qu’il existe différentes espèces d’algues sur la neige et la glace. Celles que l’on rencontre sur la glace tirent sur le violet. Celles sur la neige peuvent être vertes, jaunes ou rouges. C’est ce qui s’est passé en Italie en 2020 lorsque la neige a viré au rouge.

Toutefois, ce sont les algues de glace, celles qui poussent lorsque la glace fond, qui sont les plus préoccupantes. Ces algues génèrent un pigment violet foncé lorsqu’elles prolifèrent. Les algues de glace se développent parce que la glace fond plus rapidement et plus longtemps. La glace du Groenland fondait autrefois pendant une période estivale d’environ 50 jours, alors que cette période atteint maintenant jusqu’à 75 jours par an. Une étude de 2019 a montré que la calotte glaciaire du Groenland fond sept fois plus vite qu’elle ne le faisait en 1992. Avec l’augmentation des activités humaines qui entraîne une hausse des températures à l’échelle de la planète, on entre dans un cercle vicieux : la glace fond davantage, il y a plus d’algues et il y a plus de pigment. Comme il y a plus de pigment, la glace s’assombrit et fond encore plus vite. Ces algues sont donc une conséquence du changement climatique, pas une cause.

Outre les algues, d’autres facteurs contribuent à la fonte de la calotte glaciaire du Groenland. Ils comprennent la poussière minérale qui s’échappe lorsque la calotte glaciaire fond. Il y a aussi la suie générée par la production industrielle et par les incendies de forêt qui dérive vers le Groenland où elle se dépose.

La fonte de la glace au Groenland est le principal facteur de l’élévation du niveau de la mer. Les scientifiques ont averti en 2020 que la situation avait atteint un «point de non-retour» car la glace disparaît plus rapidement qu’elle se reconstitue avec les chutes de neige chaque année. Les scientifiques estiment que la fonte du Groenland pourrait entraîner une élévation du niveau de la mer entre 45 centimètres et 1,50 mètres au cours des deux prochains siècles.

Source: Business Insider.

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More bad news is arriving from Greenland whose ice sheet is melting at an incredible pace. We learn today that this ice sheet is darkening due to algae growing on its surface. Over the past decade, scientists have discovered that these algae are a major contributor to the « dark zone, » a strip of darker ice on the south-western coastline of Greenland which can be seen from space.

Scientists explain that the algae increase is a consequence of climate change, and part of a vicious cycle that will lead to the ice melting away faster and faster. Indeed, the algae reduces the albeido, in other words the reflecting power of the ice. Darker ice reflects less heat from the sun, which means that it melts faster than whiter patches.

Biologists explain that there are different species of algae in the snow and the ice. The ones in the ice are purple-ish. The ones in the snow can be green, yellow, or red. This is what happened in Italy in 2020 when the snow turned red.

It is the ice algae, which grow were the ice is melting, which are causing the most concern.

These algae produce the dark purple pigment when they bloom. Ice algae are proliferating because the ice is melting more quickly, and for longer. Ice in Greenland used to melt over a summer period of around 50 days, whereas now it is up to 75 days a year. A 2019 study showed that the Greenland ice sheet is melting seven times faster than it did in 1992. With human activities increasing global temperatures, there is more melting, there are more algae, there is more pigment. If there is more pigment, the ice gets darker and it melts more. These algae are a consequence of the change in climate, not a cause.

Beside the algae, other factors contribute to the melting of the Greenland ice sheet. They include mineral dust that is released as the ice sheet melts and soot from industrial production and wildfires that drift towards Greenland then settles.

Greenland ice melting is the biggest contributor to rising sea levels. Scientists warned in 2020 that it the situation has reached the « point of no return » as the ice is vanishing faster than annual snowfalls can replenish it. Scientists predict that Greenland melting could lead to a global sea level rise of between 45 centimetres and 1,50 metres over the next two centuries.

Source : Business Insider.

Prolifération d’algues brunes au Groenland

(Source : Jim McQuaid / Université de Leeds)