Géo-ingénierie polaire : pas la bonne solution face au réchauffement climatique // Polar geoengineering : not the right solution to global warming

Tous les scientifiques s’accordent à dire que la seule solution pour stopper la fonte de la banquise et des glaciers dans le monde est de réduire, voire de stopper, nos émissions de gaz à effet de serre. À côté de cela, certaines voix s’élèvent pour proposer des mesures artificielles de « géo-ingénierie polaire » pour refroidir l’Arctique et l’Antarctique, avec notamment l’installation de gigantesques rideaux sous-marins. Dans une note publiée le 14 mars 2024, j’explique que certains scientifiques souhaiteraient installer des rideaux de 100 kilomètres de long en Antarctique pour empêcher l’eau de mer chaude d’atteindre et de faire fondre les glaciers, et plus particulièrement le glacier Thwaites :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2024/03/14/un-rideau-pour-sauver-le-glacier-thwaites-antarctique-a-curtain-to-save-the-thwaites-glacier-antarctica/

L’eau chaude de l’océan Austral mine la banquise par en dessous (Source : BAS)

Une nouvelle étude publiée dans la revue Frontiers in Science explique que ces solutions ne sont pas viables. Pire encore, elles pourraient causer des dommages irréparables à l’environnement. Les auteurs de l’étude ont analysé cinq des idées les plus médiatisées :
– Pomper de l’eau de mer et la déverser sur la glace pour l’épaissir artificiellement ou disperser des billes de verre pour la rendre plus réfléchissante ;
– Installer des rideaux géants sur le plancher océanique pour empêcher l’eau chaude de faire fondre les plate-formes glaciaires ;
– Pulvériser des particules réfléchissant le soleil dans la stratosphère, une technique appelée géo-ingénierie solaire, pour refroidir la planète ;
– Forer pour pomper l’eau sous les glaciers afin de ralentir la fonte de la calotte glaciaire ; et ajouter des nutriments comme le fer aux océans polaires pour stimuler le plancton qui est un absorbeur de carbone.
Les scientifiques ont évalué chaque proposition en termes d’efficacité, de faisabilité, de risques, de coûts et d’évolutivité. Leurs conclusions sont formelles : aucune des cinq idées n’a été validée et toutes « seraient dangereuses pour l’environnement ».
L’Arctique et l’Antarctique comptent parmi les environnements les plus hostiles de la planète, et ces idées ne prennent pas en compte ces défis. Aucune des méthodes n’a été rigoureusement testée à grande échelle, et aucune expérience concrète n’a été menée sur les rideaux sous-marins. L’étude prévient que ces rideaux pourraient perturber les habitats des animaux, notamment les phoques et les baleines. Le forage de trous pour extraire l’eau sous les glaciers pourrait contaminer un environnement vierge. La pulvérisation de particules dans la stratosphère pourrait modifier les régimes climatiques à l’échelle de la planète. Selon les auteurs de l’étude, la proposition de disperser de minuscules billes de verre à la surface de l’océan pour l’empêcher d’absorber la chaleur du soleil est l’une des plus préoccupantes. D’ailleurs, les recherches menées par l’Arctic Ice Project sur l’impact des billes de verre dans l’océan ont été interrompues début 2025 car des tests concernant les risques pour l’environnement ont révélé une menace potentielle pour la chaîne alimentaire arctique.
Le coût de ces interventions serait également énorme. La mise en place et l’entretien de chacune sont estimés à au moins 10 milliards de dollars. Les rideaux sous-marins sont parmi les plus coûteux, avec un coût estimé à 80 milliards de dollars sur dix ans pour un rideau de 80 kilomètres. De plus, aucun des projets n’a pu être déployé à une échelle et dans un délai suffisants pour répondre à l’urgence de la crise climatique.
Il convient de noter que certains scientifiques, tout en approuvant la nécessité de réduire drastiquement la pollution responsable du réchauffement climatique, ont mis en garde contre l’abandon des recherches sur la géo-ingénierie polaire. D’autres scientifiques, en revanche, affirment que l’étude offre un examen sérieux et indispensable des risques.
Plus globalement, l’étude démontre clairement que les interventions de géo-ingénierie polaire constituent une solution dangereuse pour réduire les émissions de carbone et ne constituent pas une solution réaliste, ni rentable.
Source : CNN via Yahoo News.

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All scientists agree to say that the only solutionto stop sea ice and glacirt melting around the world is to reduce or even better, stop our emissions of greenhouse gas emissions. Hoxever, some voices are heard suggesting artificial measures, known as “polar geoengineering,” to cool the Arctic and Antarctic, including giant underwater sea curtains. In a post published on 14 March 2024, I explained that some scientists would like to install 100-kilometer-long underwater curtains in the Antarctic to prevent warm seawater from reaching and melting glaciers, and more particularly the Thwaites Glacier :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2024/03/14/un-rideau-pour-sauver-le-glacier-thwaites-antarctique-a-curtain-to-save-the-thwaites-glacier-antarctica/

A new study published in the journal Frontiers in Science explains that these solutions are not viable. Worse, they may cause irreparable harm.

The authors of the study analyzed five of the most well-publicized ideas:

  • Pumping seawater onto ice to artificially thicken it or scattering glass beads to make sea ice more reflective;
  • anchoring giant curtains to the seabed to prevent warm water from melting ice shelves;
  • spraying sun-reflecting particles into the stratosphere, a technique called solar geoengineering, to cool the planet;
  • drilling down to pump water from beneath glaciers to slow ice sheet flow; and
  • adding nutrients like iron to polar oceans to stimulate carbon-sucking plankton.

The scientists assessed each proposal for its effectiveness, feasibility, risks, costs, governance issues and scalability. The conclosions of the study are formal : none of the five ideas “pass scrutiny” and all “would be environmentally dangerous.”

The Arctic and Antarctic are among the planet’s harshest environments, and these ideas do not consider these challenges. None of the methods has been robustly tested at scale, with no real-world experiments at all for sea curtains.

The study warns that sea curtains could disrupt the habitats of marine animals including seals and whales; drilling holes to remove water from beneath glaciers could contaminate a pristine environment; and spraying particles into the stratosphere could change global climate patterns. The authors of the study warn that the proposal to scatter tiny glass beads onto the surface of the ocean to stop it absorbing the sun’s heat was one of the more concerning. Research run by the Arctic Ice Project looking at the impact of glass beads in the ocean was wound down earlier in 2025 after ecotoxicological tests “revealed potential risks to the Arctic food chain.”

The price tag on these interventions would also be enormous with each estimated to cost at least $10 billion to set up and maintain. Sea curtains are among the most expensive, projected to cost $80 billion over a decade for an 80-kilometer curtain. Moreover, none of the projects could be deployed on sufficient scale and quickly enough to meet the urgency of the climate crisis concluded.

It should be noted that some scientists, while endorsing the need to drastically reduce planet-heating pollution, warned against cutting off research into polar geoengineering. On the other hand,, other scientists say the study offers a thorough and much needed review of the risks.

Fundamentally, the study shows clearly that polar geoengineering interventions are a dangerous distraction from reducing carbon emissions and do not pose a realistic or cost-effective solution.

Source : CNN via Yahoo News.

La fonte de la Norvège // Norway is melting

Comme je l’ai déjà écrit sur ce blog, les glaciers de Suède et de Norvège fondent à un rythme de plus en plus rapide, en raison du réchauffement climatique. En 2024, année officiellement enregistrée par le programme Copernicus comme la plus chaude de l’histoire de l’Europe, les glaciers de ces pays nordiques ont connu une fonte moyenne d’environ 1,8 mètre, ce qui est largement supérieur aux moyennes historiques.

 

Source : NASA

Cette perte spectaculaire de glace suscite de vives inquiétudes parmi les scientifiques et les écologistes. Les glaciologues préviennent que si cette tendance se poursuit, nombre de ces glaciers pourraient disparaître complètement au cours des prochaines décennies. Cela constituerait rapidement un problème, car les glaciers sont extrêmement importants pour l’énergie, l’agriculture et l’approvisionnement en eau.
En 2024, de fortes chutes de neige ont permis aux glaciers norvégiens de se reconstituer légèrement, au moins en apparence, mais cela n’a fait que créer un faux sentiment de sécurité, car avec les vagues de chaleur successives, les glaciers ont perdu plus de glace qu’ils en ont gagné.
Source : EuroNews.

Une nouvelle étude révèle que l’été 2024 a été une saison de fonte record au Svalbard. Anciennement connu sous le nom de Spitzberg, l’archipel norvégien se situe à la convergence de l’océan Arctique et de l’océan Atlantique. Au nord de l’Europe continentale, il se situe à mi-chemin entre la côte nord de la Norvège et le pôle Nord.

 

La fonte des glaciers au Svalbard aura inévitablement des conséquences importantes sur l’environnement local et mondial. Elle peut entraîner une élévation du niveau de la mer et des changements dans les courants océaniques.
Le Svalbard a connu des températures exceptionnellement élevées durant l’été 2024. Les chercheurs ont constaté que la température de surface des mers de Barents et de Norvège était de 3,5 à 5 °C supérieure aux valeurs de référence de 1991-2020. L’été 2024 au Svalbard a permis d’avoir une idée de la fonte des glaciers arctiques dans un avenir plus chaud. L’analyse montre que la fonte des glaciers au Svalbard pendant l’été 2024 a entraîné la fonte d’environ 61,7 gigatonnes de glace, soit 1% de la masse de glace totale du Svalbard. Cette perte a contribué à une élévation du niveau de la mer d’environ 0,16 mm. Si l’on prend également en compte la fonte des zones avoisinantes, ce chiffre grimpe à 0,27 mm. De plus, l’injection d’eau douce et le ruissellement des eaux de fonte vers l’océan ont des répercussions considérables sur la circulation océanique.
Le Svalbard abrite 6 % de la superficie des glaciers de la planète, hors Groenland et Antarctique. Si tous les glaciers du Svalbard fondaient, les scientifiques prévoient une élévation du niveau de la mer de 1,7 cm.

 

Source : ESA

Une grande partie de la fonte au Svalbard s’est produite sur une période de six semaines. Durant cette période, les conditions atmosphériques ont été plus chaudes que d’habitude et la région a subi une vague de chaleur marine. Certains modèles climatiques montrent que ces événements pourraient devenir plus fréquents d’ici la fin du 21ème siècle. Cela signifie que l’été 2024 pourrait représenter la situation normale en 2100, et la perte de masse des glaciers observée en 2024 laisse entrevoir une future fonte des glaciers au Svalbard et probablement dans d’autres régions de l’Arctique.

Selon l’Organisation météorologique mondiale (OMM), cinq des six dernières années ont connu le recul le plus important des glaciers jamais enregistré par l’humanité. La période 2022-2024 a enregistré la plus forte perte de masse glaciaire sur trois ans de l’histoire récente. L’OMM précise qu’environ 70 % de l’eau douce de la planète provient des glaciers et de la neige, et qu’elle alimente l’agriculture, l’industrie, la production d’énergie et l’approvisionnement en eau potable. Présents sur tous les continents, les 275 000 glaciers de la planète s’étendent sur environ 700 000 kilomètres carrés et contiennent environ 170 000 kilomètres cubes de glace.
Au-delà de leur rôle dans le cycle de l’eau, les glaciers sont des capsules temporelles de l’histoire de notre planète. Leur glace contient des témoignages inestimables des climats passés, des changements au sein de l’environnement et même de l’activité humaine.
Source : Cosmos Magazine.

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As I put it before, glaciers in Sweden and Norway have been melting at an increasingly rapid pace, because of the ongoing global warming. In 2024, which was officially recorded by the EU’s Copernicus as the warmest year in Europe’s history, the glaciers in these Nordic countries experienced an average melt of approximately 1.8 metres, which exceeds historical averages.

This dramatic loss of glacial ice is raising serious concerns among scientists and environmentalists. Glaciologists warn that if this trend continues, many of these glaciers could vanish entirely within the coming decades. This would rapidly be a problem as glaciers are incredibly important for energy, agriculture and water supply.

In 2024, heavy snowfall has helped the glaciers recover slightly, but this has just created a false sense of security because with the repeating heatwaves glaciers are losing ice more than they are gaining.

Source : EuroNews.

New research shows the summer of 2024 was a “record-breaking” melt season in Svalbard. Previously known as Spitzbergen, the Norwegian archipelago lies at the convergence of the Arctic Ocean with the Atlantic Ocean. North of mainland Europe, it lies about midway between the northern coast of Norway and the North Pole.

The loss of glacial ice in Svalbard will inevitably have significant impacts on the local and global environment possibly leading to rising sea levels and impacting the ocean currents.

Svalbard experienced extraordinarily high temperatures in the summer 2024. The researchers found that the sea surface temperatures in the Barents and Norwegian Seas were 3.5 to 5°C above the 1991–2020 baseline. The summer of 2024 on Svalbard has provided a window into Arctic glacier meltdown in a warmer future.

The analysis shows that the summer glacial melt in Svalbard in 2024 resulted in around 61.7 gigatons of ice melting. This is 1% of Svalbard total ice mass. This loss contributed to approximately 0.16mm of water to global sea level rise although, when considering the melting of nearby areas too, this figure jumps to 0.27mm. Even more important, injecting freshwater, meltwater runoff from land to the ocean has far-reaching implications for ocean circulation .

Svalbard is home to 6% of the world’s glacier area outside of Greenland and Antarctica. If the all the glaciers on Svalbard were to melt, scientists predict this would account for a 1.7cm sea level rise.

Much of the melting in Svalbard occurred within a 6-week period. Across this time, the atmospheric conditions were warmer than usual, and the area was experiencing a marine heatwave. Some climate models suggest that these levels may become more common by the end of the 21st century. This suggests that the summer of 2024 may represent the normal situation in 2100, and the observed mass loss of glaciers in 2024 provides a view into future glacier meltdown in Svalbard and probably other parts of the Arctic.

According to the World Meteorological Organisation (WMO), 5 of the past 6 years have seen the most glacier retreat in human record, with 2022–2024 claiming the largest 3-year loss of glacier mass in recent history.The WMO specifies that around 70% of the planet’s freshwater comes from glaciers and snow, supporting agriculture, industry, energy production, and drinking water supplies. Found on every continent, the world’s more than 275,000 glaciers span roughly 700,000 square kilometres and contain an estimated 170,000 cubic kilometres of ice.

Beyond their role in the water cycle, glaciers are time capsules of our planet’s history. Their ice contains invaluable records of past climates, environmental changes, and even human activity.

Source : Cosmos Magazine.

Réchauffement climatique : Et si on parlait des torchères ?

On le sait depuis longtemps, les énergies fossiles, le pétrole en tête, sont la cause principale du réchauffement climatique et de ses conséquences (fonte des glaciers, événements extrêmes, etc).

Quand on survole de nuit le Texas ou les Émirats Arabes Unis, les torchères rappellent que nous sommes au-dessus des grands producteurs de pétrole. Ces torchères illuminent presque tous les sites d’extraction.

À son petit niveau, la flamme olympique est une torchère car elle brûle du gaz naturel. Lors des Jeux de Paris en 2024, la France a eu la bonne idée de remplacer la flamme par une vasque 100% électrique et donc moins polluante, à condition que l’électricité soit produite de manière propre par des sources alternatives.

Le torchage (flaring en anglais) est l’action de brûler intentionnellement dans des torchères le gaz naturel, sans valorisation de son énergie. Cette pratique concerne principalement le gaz dissous dans le pétrole et séparé lors de l’extraction de celui-ci, pour lequel il n’existe pas de débouchés commerciaux. La Banque Mondiale nous apprend que sur les sites pétroliers et gaziers le torchage a augmenté de plus de 8 % en deux ans. Aujourd’hui, il est possible de détecter cette activité par satellite.

Document France Info

En 2024, le gaz torché dans le monde représentait un volume de 151 milliards de mètres cubes. Il s’agit de gaz brûlé en pure perte, sans être ni valorisé, ni utilisé. Dans un rapport dédié au sujet paru le 18 juillet 2025, la Banque Mondiale précise que c’est « une pratique qui a atteint son niveau record sur les sites pétroliers pour éliminer les rejets liés à l’exploitation du pétrole, au détriment de l’environnement et de l’accès à l’énergie. » Le volume de gaz ainsi détruit équivaut à la consommation annuelle de toute l’Afrique (150 milliards de mètres cubes). C’est un niveau record, jamais atteint depuis plus de vingt ans. En conséquence, ce sont près de 400 millions de tonnes de gaz à effet de serre qui ont été rejetées dans l’atmosphère et qui contribuent au réchauffement climatique. C’est plus que les émissions d’un pays comme la France.

Parmi ces émissions polluantes figurent 46 millions de tonnes de méthane, un gaz dont le pouvoir de réchauffement est bien supérieur au CO2. Les associations environnementalistes comme Oilfield Witness indiquent que la situation est catastrophique au Texas. À côté d’une torche allumée, une autre semble éteinte. Pourtant, la réalité est toute autre. La torchère n’est pas allumée mais du méthane s’en échappe. Or, on sait que le méthane est un gaz à effet de serre environ 80 fois plus puissant que le dioxyde de carbone. C’est un accélérateur du réchauffement climatique.

Pour les industries pétrolières, le torchage est la solution de facilité. En effet, plutôt que d’être brûlé, ce gaz pourrait être valorisé. Selon la Banque mondiale, il pourrait constituer une ressource pour la sécurité énergétique et l’accès à l’énergie. « Il est extrêmement frustrant de constater le gaspillage de cette ressource naturelle, alors que plus d’un milliard de personnes n’ont toujours pas accès à une énergie fiable et que de nombreux pays cherchent de nouvelles sources d’énergie pour répondre à une demande croissante. »

Comme le souligne le rapport de la Banque Mondiale, les pays engagés dans l’initiative mondiale pour l’élimination du torchage de routine d’ici à 2030 obtiennent de bien meilleurs résultats que les autres. Dans ces pays, l’intensité du torchage a baissé de 12 % depuis 2012, contre une hausse de 25 % dans les autres.

Source : Banque Mondiale, France Info.

Le cratère d’impact de Bosumtwi (Ghana) // The Bosumtwi impact crater (Ghana)

Quand on parle des cratères, on pense surtout à ceux des volcans, actifs de préférence, mais il ne faudrait pas oublier les cratères d’impact laissés par les météorites. La surface de la Lune est criblée de tels cratères, mais il en existe quelque 190 à la surface de la Terre. À une trentaine de kilomètres de mon domicile se trouve le site de l’astroblème de Rochechouart-Chassenon, un ensemble de marques laissées près des villages de Rochechouart et Chassenon (Haute-Vienne et Charente) par l’impact d’un astéroïde tombé il y a 206,9 ± 0,3 millions d’années.

Les cratères d’impact se forment lorsqu’un astéroïde ou une comète percute la Terre à très grande vitesse. Cela laisse une cavité circulaire à la surface de notre planète. La surface de la Lune est criblée de cratères d’impact, tout comme des planètes comme Mercure, Mars et Vénus. Sur Terre, de tels impacts ont influencé l’évolution de la vie et ont même fourni de précieuses ressources minérales et énergétiques. Cependant, très peu de cratères d’impact terrestres sont visibles aujourd’hui en raison de divers processus qui les cachent ou les effacent. Comme à Rochechouart, la plupart des cratères d’impact connus sur Terre sont enfouis sous des sédiments ou ont été profondément érodés. Ils ne conservent donc plus leur forme initiale comme à Meteor Crater dans l’Arizona..

Meteor Crater (Photo : C. Grandpey)

Au Ghana, le cratère d’impact de Bosumtwi est différent. Il est bien conservé. Son bassin quasi circulaire, rempli par un lac, est entouré d’un rebord proéminent qui s’élève au-dessus de la surface du lac et d’un plateau circulaire extérieur.

 

Vue du lac Bosumtwi (Crédit photo : Wikipedia)

Une étude de 2019 a conclu que les activités illégales des mineurs menacent la pérennité du cratère. Des chercheurs sur le terrain ont découvert que les caractéristiques du cratère d’impact de Bosumtwi peuvent être considérées comme un type particulier de cratère d’impact appelé ‘cratère-rempart’. Ce type de cratère est fréquent sur les planètes Mars et Vénus et se trouve aussi sur les corps recouverts de glace du système solaire externe. Pour de futures études, le cratère d’impact de Bosumtwi pourrait permettre de comprendre la formation de ces cratères sur Mars et Vénus.
Au Ghana, le cratère d’impact de Bosumtwi se trouve dans la ceinture aurifère Ashanti, riche en minéraux. Il abrite le seul lac intérieur naturel du pays. C’est l’un des 190 sites de cratères d’impact reconnus dans le monde, et l’un des 20 qui existent sur le continent africain. Son lac est l’un des six lacs météoritiques au monde, reconnus pour leur valeur scientifique exceptionnelle.

Âgé de près de 1,07 million d’années, le cratère d’impact de Bosumtwi offre d’excellentes opportunités pour étudier les processus d’impact, l’histoire du climat et l’évolution planétaire. Au-delà de son importance scientifique, le cratère revêt une importance culturelle pour le peuple Ashanti du Ghana. Le lac en son centre est un site sacré et un repère spirituel. Le paysage créé par le cratère favorise également l’écotourisme et les moyens de subsistance locaux; il contribue ainsi au développement économique du Ghana.
En 2025, des scientifiques ont découvert, grâce à des travaux de terrain et à l’analyse de données satellitaires, que l’exploitation minière artisanale illégale, principalement l’orpaillage, est répandue dans la région et menace le cratère. L’utilisation de produits chimiques toxiques comme le mercure et le cyanure, ainsi que des pratiques telles que le dragage des rivières, causent de graves dommages environnementaux. Les activités des mineurs se sont intensifiées au cours des dix dernières années. Si rien n’est fait, elles pourraient causer des dégâts irréversibles au cratère et affecter profondément sa valeur scientifique, culturelle et économique. La perte de cette merveille géologique représenterait non seulement une tragédie nationale pour le Ghana, mais aussi un coup dur pour le patrimoine scientifique mondial.

 

Carte montrant le cratère d’impact de Bosumtwi et les sites d’exploitation minière (Crédit photo :David Baratoux via the Conversation)

Des mesures doivent donc être prises très rapidement. Cela suppose une meilleure surveillance satellite (suivi de l’exploitation minière illégale, de la déforestation et des changements environnementaux) grâce à l’imagerie optique (Sentinel-2, Landsat, PlanetScope). Ces outils permettent de détecter la déforestation, d’identifier les puits de mines et le ruissellement des sédiments, et d’analyser les changements au fil du temps. Une application plus stricte des interdictions d’exploitation minière contribuera à préserver le cratère d’impact de Bosumtwi pour les futures générations de scientifiques, et pour les communautés locales qui dépendent de ses ressources.
Source : The Conversation.

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When we talk about craters, we mostly think of those of volcanoes, preferably active ones, but we should not forget the impact craters left by meteorites. The surface of the Moon is riddled with such craters, but there are some 190 on the surface of the Earth. About thirty kilometers from my home is the site of the Rochechouart-Chassenon astrobleme, a group of marks left near the villages of Rochechouart and Chassenon (Haute-Vienne and Charente) by the impact of an asteroid that fell 206.9 ± 0.3 million years ago.

Impact craters are formed when an asteroid or comet strikes the Earth at a very high velocity. This leaves an excavated circular hole on the Earth’s surface. The moon is covered with them, as are planets like Mercury, Mars and Venus. On Earth, impacts have influenced the evolution of life and even provided valuable mineral and energy resources. However, very few of the impact craters on Earth are visible because of various processes that obscure or erase them. Like at Rochechouart, most of the recognized impact craters on Earth are buried under sediments or have been deeply eroded. That means they no longer preserve their initial forms like at Meteor Crater (Arizona).

In Ghana, the Bosumtwi impact crater is different. It is well preserved. Its well-defined, near-circular basin, filled by a lake, is surrounded by a prominent crater rim that rises above the surface of the lake and an outer circular plateau.

A 2019 study concluded that the activities of illegal miners are a threat to the sustainability of the crater. On-the-field researchers also discovered that the features of the Bosumtwi impact crater can be considered as a terrestrial representation for a special type of impact crater known as rampart craters. These are common on the planets Mars and Venus and are found on icy bodies of the outer solar system. For future studies, the Bosumtwi impact crater can be used to help understand how rampart craters form on Mars and Venus. S

The Bosumtwi impact crater is in Ghana’s mineral-rich Ashanti gold belt. It is the location of the only natural inland lake in Ghana. It is one of only 190 confirmed impact crater sites worldwide, one of only 20 on the African continent. Its lake is one of six meteoritic lakes in the world, recognized for their outstanding scientific value.

At almost 1.07 million years old, the crater offers great opportunities for studying impact processes, climate history and planetary evolution. Beyond its scientific importance, the crater holds cultural significance for the Ashanti people of Ghana. The lake at its centre serves as a sacred site and spiritual landmark. The crater’s breathtaking landscape also supports eco-tourism and local livelihoods, contributing to Ghana’s economic development.

In 2025, scientists have discovered through field work and satellite data analysis that illegal artisanal mining, mostly gold mining, is prevalent in the area and threatening the crater. The use of toxic chemicals such as mercury and cyanide, and practices such as river dredging, cause severe environmental harm. The miners’ activities have become more prevalent over the course of less than 10 years. If unchecked, it could lead to irreversible damage to the crater and deeply affect the crater’s scientific, cultural and economic value. The loss of this rare geological wonder would represent not just a national tragedy for Ghana, but a blow to global scientific heritage.

Immediate action is required. This includes enhanced satellite monitoring (tracking illegal mining, deforestation and environmental changes) using optical imagery (such as Sentinel-2, Landsat, PlanetScope). These tools can detect forest loss, identify mining pits and sediment runoff, and analyse changes over time. Stricter enforcement of mining bans will help preserve the Bosumtwi impact crater for future generations of scientists and local communities who depend on its resources.

Source : The Conversation.