La fonte des pôles continue // The melting of the poles continues

Les mauvaises nouvelles s’accumulent concernant la glace dans les régions polaires. Le Centre national de données sur la neige et la glace (NSIDC) vient d’indiquer que la banquise arctique a connu sa plus faible étendue hivernale depuis le début des relevés il y a 47 ans. On a donc une confirmation des effets du réchauffement climatique, une situation qui aura des répercussions à l’échelle planétaire.
En Arctique, la banquise (aussi appelée glace de mer) atteint son maximum en mars de chaque année, puis entame une période de fonte de six mois. Le maximum mesuré le 29 mars 2025 était de 14,33 millions de kilomètres carrés, soit environ 80 000 kilomètres carrés de moins que le pic le plus bas précédent, en 2017.
L’année de plus grande étendue pour la banquise arctique depuis le début des relevés remonte à 1979, avec 16,64 millions de kilomètres carrés.
Lorsque la banquise hivernale se porte bien, elle peut s’étendre sur plus de la moitié de la surface de la Terre vers l’équateur ; elle atteint le Japon, la Chine et le golfe du Saint-Laurent au Canada. Malheureusement, une telle situation n’est plus observée. L’étendue de la banquise diminue tout au long des quatre saisons. L’été reste la saison la plus importante pour la santé globale de la glace arctique. En effet, en été les eaux libres de glace se réchauffent plus rapidement, retiennent davantage d’énergie et rendent l’automne et l’hiver plus chauds et plus fragiles.
Les minimas hivernaux les plus significatifs de la banquise ont été enregistrés depuis 2015. Il convient de noter que début mars 2025, l’Antarctique a frôlé le record de banquise la plus réduite, avec le deuxième niveau de banquise le plus bas jamais enregistré. En février, la banquise dans son ensemble – Arctique et Antarctique réunis – a atteint un niveau historiquement bas.
Source : Médias d’information internationaux, Associated Press, NSIDC.

Photo: C. Grandpey

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Bad news is accumulating about ice in the polar regions. The National Snow and Ice Data Center (NSIDC) has just informed the public that Arctic sea ice had its weakest winter buildup since record-keeping began 47 years ago, a confirmation of global warming that will have repercussions globally.

The Arctic reaches its maximum sea ice in March each year and then starts a six-month melt season. The peak measurement taken on March 29th, 2025 was 14.33 million square kilometers, about 80,000 square kilometers smaller than the lowest previous peak in 2017.

Arctic sea ice’s biggest year since record-keeping began was 1979, at 16.64 million square kilometers.

When winter sea ice is doing well it can extend more than halfway down the Earth toward the equator, reach Japan, China and Canada’s Gulf of St. Lawrence. This no longer occurs. Sea ice extent is shrinking all four seasons, but the most important season for the overall health of the Arctic ice is the summer. This is because ice-free waters warm up quicker, hold more energy and make fall and winter warmer and weaker.

The five lowest amounts for winter peak Arctic sea ice have been since 2015. It should be noted that in early March 2025, Antarctica came close to breaking a record for record low sea ice and ended up with the second-lowest sea lice evel on record. In February, global sea ice – the combination of Arctic and Antarctic – hit a record low.

Source : International news media, Associated Press, NSIDC.

Cartographie plus précise de la banquise // More accurate mapping of the sea ice

Un nouvel outil puissant, à base d’intelligence artificielle, est capable de prévoir les changements intervenus dans la banquise arctique jusqu’à un an à l’avance. Cela permettra aux entreprises de planifier des voies de navigation plus sures tout en protégeant l’un des endroits les plus fragiles de la planète.
Une équipe scientifique de l’Institut national des sciences et technologies d’Ulsan a créé un modèle d’IA qui indique la quantité de glace qui recouvrira des zones spécifiques de l’océan Arctique avec une précision remarquable : moins de 6 % d’erreur sur une année entière. C’est deux fois mieux que les anciennes méthodes de prévision.
Le secret réside dans un système informatique intelligent baptisé UNET qui s’appuie sur les modèles de glace passés et les données météorologiques, notamment la température de l’air, la température de l’eau, la lumière du soleil et le vent. Le principe est le même que pour une prévision météorologique, mais concerne de la glace au lieu de la pluie. En étudiant ces modèles au fil du temps, l’IA est capable de repérer des tendances que les chercheurs humains ont pu négliger.
La glace arctique devient de plus en plus difficile à prévoir avec la hausse des températures. Lors des principales fontes de cette glace en 2007 et 2012, la nouvelle IA a affiché la même précision avec seulement 7 % d’erreur, alors que les outils précédents ont connu un niveau d’erreur supérieur à 17 % pendant ces périodes critiques. Cela signifie que les navires peuvent désormais naviguer avec plus de sécurité, même dans des conditions imprévisibles.
L’équipe scientifique a fait une découverte intéressante : le soleil et le vent ont des effets significatifs sur les zones de glace les plus minces. Cette étude devrait résoudre les limites des modèles traditionnels basés sur la physique en explorant l’interaction complexe de divers facteurs environnementaux qui ont un impact sur les changements de la glace de mer arctique. En conséquence, ces résultats rendront la navigation dans l’Arctique plus sûre et plus intelligente tout en fournissant aux dirigeants de meilleures données pour protéger cette région sensible. Les entreprises peuvent désormais prévoir des itinéraires sans glace des mois à l’avance, réduisant ainsi la consommation de carburant et aidant les navires à éviter les zones dangereuses. Cela signifie que moins de navires seront bloqués, moins de carburant sera brûlé et on aura une meilleure protection de la faune arctique.

Cette technologie est prête à l’emploi ; elle offre aux scientifiques et aux compagnies de transport maritime une image plus claire de ce qui se passe dans cette partie du globe. Cela signifie des voyages plus sûrs, une meilleure planification et des choix plus intelligents pour protéger l’avenir de l’Arctique.
Source : Yahoo Actualités.

Photo: C. Grandpey

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A powerful new artificial intelligence tool can predict changes in Arctic sea ice up to a year ahead of time, helping companies plan safer shipping routes while protecting one of Earth’s most fragile places.

A scientific team at the Ulsan National Institute of Science and Technology has created an AI model that tells us how much ice will cover specific areas of the Arctic Ocean with remarkable accuracy (less than 6% error across an entire year). That’s twice as precise as older prediction methods.

The secret lies with a smart computer system called UNET that learns from past ice patterns and weather data, including air temperature, water temperature, sunlight, and wind. It is like a weather forecast but for ice coverage instead of rain. By studying these patterns over time, the AI can spot trends that human researchers might miss.

Arctic ice is getting harder to predict as temperatures rise. During major ice melts in 2007 and 2012, the new AI stayed steady with just 7% error. Previous tools struggled with errors over 17% during these critical periods. This means ships can now navigate more confidently, even during unpredictable conditions.

The team discovered something interesting: Sunshine and wind have outsize effects on thinner ice areas. This study is said to solve the limitations of traditional physics-based models by exploring the complex interplay of various environmental factors that impact changes in Arctic sea ice. As a result, these findings will make Arctic shipping safer and smarter while giving leaders better data to protect this sensitive region. Companies can now map out ice-free routes months ahead, reducing fuel waste and helping ships avoid dangerous areas. This means fewer ships getting stuck, less fuel burned, and better protection for Arctic wildlife.

This technology is ready to use, giving scientists and shipping companies a clearer picture of what’s happening at the top of our planet. This means safer travel, better planning, and more intelligent choices for protecting the Arctic’s future.

Source : Yahoo News.

L’Arctique sur France 5…

France 5 a diffusé le 10 mars au soir un double documentaire qui montre parfaitement l’impact du RÉCHAUFFEMENT climatique (on ne parle pas de changement ou de dérèglement dans l’Arctique!) sur l’Alaska et l’Arctique en général.

Diego Buñuel (qui parle remarquablement anglais) s’est rendu en Alaska pour assister à la migration des saumons qui font le bonheur des grizzlis et leur permettent de stocker suffisamment de graisse pour affronter l’hiver. Comme lors de la mythique Ruée vers l’Or, ce phénomène attire aussi des milliers de pêcheurs qui rêvent de faire fortune en quelques semaines. Le réchauffement climatique impacte fortement les saumons et beaucoup de gens dans la région se posent des questions sur l’avenir de cette pêche.

https://www.france.tv/france-5/thalassa-aventures-extremes/6963088-il-etait-une-fois-l-alaska.html

Photo: C. Grandpey

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Dans un deuxième documentaire, Diego Buñuel se rend au Canada pour découvrir l’océan Arctique, l’un des plus importants pour l’humanité du point de vue climatique. Au nord du cercle polaire, les températures se sont réchauffées ces dernières années beaucoup plus rapidement que partout ailleurs dans le monde. Les conséquences de cette hausse des températures de l’Arctique sont planétaires : élévation du niveau des mers, cyclones dévastateurs, mégafeux de forêts. En compagnie de l’exploratrice Nathalie Lasselin et de la communauté Inuit d’Arctic Bay, Diego Buñuel plonge sous la banquise à la découverte d’un monde fascinant, extrême et encore largement méconnu. Les intervenants lacent un sacré message d’alerte. Reste à savoir s’il sera entendu.

https://www.france.tv/france-5/thalassa-aventures-extremes/6684710-arctique-l-ocean-blanc.html?fbclid=IwY2xjawI8ucRleHRuA2FlbQIxMQABHfWaR1N0h54p0e4KEC7eWp8grb6Df3bARObX1hNU_eBubbnPDblSVGN7Bg_aem_POlSz7yz2dAXzZLxMMNKDg#about-section

Photo: C. Grandpey

Ces deux documentaires ont fait remonter en moi des souvenirs de l’Arctique où je me suis rendu plusieurs fois et que j’ai largement évoqué sur ce blog. À mon petit niveau, je lance, moi aussi, des messages d’alerte, comme lors de ma dernière conférence à Royan. Je pense avoir convaincu quelque milliers de personnes en France, mais je suis conscient que c’est une goutte d’eau dans un océan de j’menfoutisme…

Photo: C. Grandpey

Réchauffement climatique : la banquise à son niveau le plus bas // Global warming : sea ice at its lowest

Ce n’est pas surprenant, mais c’est sacrément inquiétant. On vient d’apprendre par l’intermédiaire du réseau européen Copernicus que l’étendue cumulée de la banquise arctique et antarctique a atteint un nouveau minimum historique en février 2025. Cette constatation va de pair avec des températures historiquement chaudes. En ette, la période allant de décembre 2024 à février2025 a été la deuxième plus chaude jamais enregistrée dans le monde, quasiment au même niveau que le record établi en 2024. On a observé au cours du dernier hiver des remontées d’air chaud tropical qui ont fait grimper les températures au pôle Nord à un niveau parfois supérieur au point de congélation. Le phénomène s’était déjà produit au cours de l’hiver précédent.

Selon Copernicus, « février 2025 s’inscrit dans la lignée des températures record ou quasi record observées au cours des deux dernières années » sous l’effet du réchauffement climatique. L’une des conséquences d’un monde plus chaud est la fonte de la glace de mer – ou banquise – qui se trouve réduite à un minimum historique. Il est bon de rappeler que la fonte de la banquise (ou glace de mer) ne contribue pas à la hausse de niveau des océans. Comme un glaçon dans un verre c’est de l’eau qui a gelé. .

La banquise fond naturellement l’été (avec une inversion des saisons en fonction des hémisphères) et se reforme l’hiver, mais avec des proportions désormais déclinantes.

La banquise de l’Antarctique est actuellement 26% moins étendue que sa moyenne saisonnière au cœur de l’été austral. Le minimum annuel pourrait avoir été atteint à la fin février, et il s’agirait du deuxième minimum le plus bas enregistré par les satellites.

De manière plus globale, la Terre entame une troisième année d’affilée avec des températures historiquement élevées, après le record établi par 2024 qui a battu celui de 2023. Les climatologues s’attendaient à ce que les températures mondiales exceptionnellement hautes depuis deux ans s’atténuent après la fin du cycle du phénomène El Niño et la mise en place du système de refroidissement La Niña, mais j’aimerais faire remarquer ici que les températures de la planète avaient continué à augmenter au cous du précédent épisode La Niña.

Même si février 2025 est le troisième mois de février le plus chaud des annales, il reste toutefois hors normes, plus chaud de 1,5°C par rapport au niveau préindustriel.

Source : médias français.

Vue de la banquise arctique (Photo: C. Grandpey)

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The piece of news does not come as a surprise, but it is much worrying. We have just learned through the European Copernicus network that the cumulative extent of the Arctic and Antarctic sea ice reached a new historical minimum in February 2025. This observation goes hand in hand with historically warm temperatures. In fact, the period from December 2024 to February 2025 was the second warmest on record in the world, almost on par with the record set in 2024. During the last winter, warm tropical air upwellings were observed that caused temperatures at the North Pole to rise to a level sometimes above freezing. The phenomenon had already occurred during the previous winter.

According to Copernicus, « February 2025 is in line with the record or near-record temperatures observed over the last two years » as a result of global warming. One of the consequences of a warmer world is the melting of sea ice which is reduced to a historical minimum. It is worth remembering that the melting of sea ice does not contribute to the rise in ocean levels. Like an ice cube in a glass, it is water that has frozen. .
The sea ice melts naturally in the summer (with an inversion of the seasons depending on the hemispheres) and reforms in the winter, but with now declining proportions.
The Antarctic sea ice is currently 26% less extensive than its seasonal average in the heart of the austral summer. The annual minimum may have been reached at the end of February, and this would be the second lowest minimum recorded by satellites.

More broadly, the Earth is entering a third straight year with historically high temperatures, after the record set by 2024 which beat that of 2023. Climatologists had expected that the exceptionally high global temperatures of the last two years would ease after the end of the El Niño cycle and the establishment of the La Niña cooling system, but I would like to point out here that the planet’s temperatures had continued to rise during the previous La Niña episode.
Even if February 2025 was the third warmest February on record, it was still exceptional, as it was 1.5°C warmer than pre-industrial levels.
Source: French media.