Incendies de végétation et glace arctique // Wildfires and Arctic ice

D’énormes incendies de forêt ont ravagé la Californie et la Sibérie au cours des dernières années. Les scientifiques expliquent qu’ils peuvent avoir un impact plus vaste qu’on ne le pensait auparavant. En effet, ces vastes incendies envoient des particules de suie si haut dans l’atmosphère qu’elles sont transportées jusqu’en Arctique où elles intensifient les conséquences du réchauffement climatique.
Les températures au-dessus de l’Arctique augmentent deux fois plus vite qu’ailleurs dans le monde. La calotte glaciaire arctique agit comme un immense pare-soleil pour la Terre car elle renvoie une grande quantité de lumière solaire vers l’espace. À mesure que cet albédo disparaît, la lumière du soleil réchauffe la Terre, contribuant à l’augmentation des températures. Les modèles scientifiques prédisent déjà que d’ici le milieu du siècle l’Arctique sera complètement libre de glace en été.
Selon une étude publiée en novembre 2021 dans la revue Atmospheric Chemistry and Physics, les modèles climatiques actuels sous-estiment d’un facteur trois l’impact sur l’Arctique du carbone noir généré par les incendies de forêt.
L’impact des feux de forêt en Californie sur la calotte glaciaire arctique est encore mal connu, mais nous savons avec certitude que les feux de forêt ‘zombie’ (NDLR: ceux qui se consument de manière souterraine, même en hiver) en Sibérie et ceux qui ravagent l’Amérique du Nord année après année, rejettent du carbone noir qui atteint l’Arctique. Cette région du monde est très affectée car ces sources d’émission sont proches. En revanche, l’Antarctique n’est pas concerné car le continent est beaucoup plus éloigné.
A noter que les suies émises par les incendies en Inde noircissent également les glaciers de l’Himalaya et accélèrent leur fonte.
Un effet indiscutable du carbone noir est qu’il assombrit la glace et accélère sa fonte. En revanche, on n’est pas certain que le carbone noir réchauffe également l’atmosphère. Un chercheur finlandais explique que ses effets peuvent aller dans les deux sens. Les incendies de forêt, par exemple, peuvent dégager du soufre aux côtés du carbone noir, ce qui peut renvoyer la lumière dans l’espace et refroidir l’atmosphère. Si cet effet l’emporte sur les autres impacts du réchauffement, alors ce n’est peut-être pas si mauvais pour la planète. Cependant, d’autres particules qui composent le carbone noir peuvent être recouvertes de produits chimiques qui les rendent plus absorbantes, ce qui signifie qu’elles dégagent encore plus de chaleur. Selon l’origine du carbone noir et les différentes concentrations, il peut alors avoir un effet de refroidissement ou de réchauffement. Le consensus actuel tend toutefois à pencher pour un effet de réchauffement.
Source : Yahoo News. L’article original peut être lu dans le Business Insider.

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Huge wildfires have affected California and Siberia during the past years. Scientists say they may have wider-reaching implications than previously thought. The vast blazes send soot particles so high into the atmosphere that they are carried as far as the Arctic, where they intensify the impact of global warming.

Temperatures over the Arctic are rising twice as quickly as average global temperatures. The Arctic ice sheet acts like a huge sun visor for the Earth: it reflects a large amount of sunlight back to space. As this albedo disappears, the sunlight instead warms the Earth, contributing to global temperature rises. Scientific models already predict that by the middle of the century, the Arctic will be completely free of ice in the summer.

According to a study published in November 2021 in the journal Atmospheric Chemistry and Physics, current climate models underestimate the contribution of wildfires to black carbon in the Arctic atmosphere by a factor of three.

The impact of the wildfires in California on the Arctic ice sheet is still badly known, but we know for sure that the Zombie Siberian wildfires and those that ravage North America year after year, throw up black carbon that makes it to the Arctic. This region of the world is affected quite a lot because these emission sources are fairly close, whereas the Antarctic is much, much further away.

It should be noted that the soot emitted by fires in India also darkens the glaciers in the Himalayas and accelerates their mrelting.

One indisputable effect of the black carbon is that, as it darkens the ice, the ice is more likely to melt. There is more uncertainty about whether the black carbon also warms the atmosphere. A Finnish researcher explains that its effects can cut both ways. Forest fires, for instance, can give off sulfur alongside the black carbon, which may reflect light back into space and actually cool the atmosphere down. If this effect outweighs other warming impacts, then it may not be so bad for the planet. However, other particles that make up black carbon can be coated by chemicals that make them more absorbent, meaning that they will give off even more heat. Depending on the origin of the black carbon and the different proportions, then it can have a cooling effect and warming effect. The current consensus is leaning towards saying that there is a net warming effect.

Source: Yahoo News. The original article can be read in the Business Insider

Le carbone noir des incendies en Sibérie atteint la banquise arctique

L’avenir sombre des ours polaires // The dark future of polar bears

La glace de mer fond dans l’Arctique et les ours polaires sont les grandes victimes du réchauffement climatique. Ils sont répertoriés comme « menacés » sur la liste des espèces en danger. Les responsables politiques réunis à Glasgow pour la COP 26 ont-ils évoqué l’avenir des ours polaires ? Rien n’est moins sûr.
Le destin des ours polaires et celui de la glace de mer arctique sont étroitement liés. La glace de mer – autrement dit l’eau de mer gelée – rétrécit pendant l’été à mesure qu’elle se réchauffe, puis se forme à nouveau pendant les longs mois d’hiver. C’est lorsqu’on se rend compte à quel point elle rétrécit que le réchauffement climatique entre en jeu. Plus la glace de mer rétrécit en été, plus elle s’amincit aussi. Cela fait longtemps que les chercheurs tirent la sonnette d’alarme et avertissent que les étés sans glace de mer sont inévitables. La Terre connaîtra très bientôt un été avec moins d’un million de kilomètres carrés de glace de mer dispersée en minuscules morceaux à travers l’Arctique. Les derniers chiffres du NSIDC n’incitent guère à l’optimisme. La réduction linéaire de l’étendue de glace de mer sur les données satellitaires montrait une tendance de 82 100 kilomètres carrés par an en octobre 2021, soit 9,8 % par décennie par rapport à la moyenne de 1981 à 2010. Globalement, depuis 1979, le mois d’octobre a perdu 3,45 millions de kilomètres carrés de glace, ce qui équivaut à deux fois la taille de l’État d’Alaska.
La grande question est de savoir quand l’Arctique ressemblera à « un océan bleu » totalement dépourvu de glace. Peut-être dès les années 2030, très probablement dans les années 2040 et presque assurément dans les années 2050. L’Arctique s’est réchauffé deux fois plus vite que le reste du monde. Au cours de certaines saisons, il s’est réchauffé trois fois plus vite que le reste du globe. La cause est «l’amplification arctique». Le mécanisme est facile à comprendre : la surface blanche de la glace arctique réfléchit la chaleur. Lorsque la glace fond, la mer de couleur sombre absorbe beaucoup plus de chaleur, ce qui réchauffe l’eau encore plus rapidement.

S’agissant des ours polaires, il existe 19 sous-populations différentes dans l’Arctique. Certaines sont vraiment en difficulté, en particulier les plus au sud, tandis que d’autres montrent une certaine stabilité. Leur survie d’un endroit à l’autre est fortement liée à la présence de la glace de mer. En été, les ours polaires sortent sur la glace pour chasser et se nourrir. C’est la période où ils prennent du poids pour survivre à l’hiver. Ils préfèrent les zones recouvertes à plus de moitié de glace car ce sont les terrains de chasse les plus productifs. Plus il y a de glace, plus ils peuvent se déplacer et plus ils peuvent manger.
Il y a à peine 30 ou 40 ans, les ours faisaient un festin de phoques et de morses sur la glace. Dans les années 1980, les mâles étaient énormes, les femelles se reproduisaient régulièrement et les oursons survivaient bien. Bref, la population avait l’air en bonne forme. Avec la perte de glace, les ours ne se portent plus aussi bien. Un signe ne trompe pas; c’est la proportion plus élevée d’oursons qui meurent avant leur premier anniversaire.
Les ours polaires sont des mammifères terrestres qui se sont adaptés à la mer. Les animaux qu’ils mangent – phoques et morses pour la plupart – sont aquatiques. Les ours s’en sortent mieux lorsqu’ils peuvent chasser dans des eaux peu profondes, généralement proches de la terre ferme. Mais ces dernières années, la glace de mer s’est retirée vers le large pendant la plupart des étés. Cela a forcé les ours à dériver sur la glace et atteindre des eaux profondes – parfois de 1 000 mètres de profondeur – dépourvues de leurs proies habituelles. Les ours sont alors obligés de nager longtemps et finissent épuisés. Ils maigrissent et se mettent en danger.
Au large de l’Alaska, les ours polaires de la mer de Beaufort et de la mer des Tchouktches offrent un contraste saisissant. Si on va à 40 ou 60 kilomètres au large de Prudhoe Bay dans la mer de Beaufort, on est sûr de trouver des eaux très pauvres en nourriture pour les ours. Plus au sud dans la mer des Tchoukches, l’eau est moins profonde, ce qui permet aux morses de prospérer. Ils fournissent de la nourriture aux ours polaires. En conséquence; les ours des Tchouktches semblent se porter plutôt bien grâce à cette nourriture abondante. En revanche, les ours de Beaufort donnent un aperçu de ce qui attend l’espèce dans les prochaines années.
Les dirigeants mondiaux qui se sont réunis en Écosse étaient censés prendre des mesures pour tenter de freiner le réchauffement climatique, mais il est probablement déjà trop tard pour les ours polaires. Si la COP 26 avait abouti à des mesures positives, notre planète aurait pu retrouver un Arctique avec une importante surface de glace de mer à la fin de ce siècle et au 22ème siècle. Mais ce rêve a peu de chances de se réaliser et l’espoir est en train de fondre avec la glace de mer.
Source : Yahoo News.

Vous aurez accès à une présentation interactive de la situation dans l’Arctique en cliquant sur ce lien :
https://projects.apnews.com/features/2021/polar-bears-sea-ice/index.html

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In the Arctic, sea ice is melting and polar bears are the victims of global warming. They are marked as “threatened” on the endangered species list, Did the world leaders who met in Glasgow for COP 26 thought about the future of polar bears? Not so sure.

The fates of polar bears and Arctic sea ice are closely connected. Arctic sea ice – frozen ocean water – shrinks during the summer as it gets warmer, then forms again in the long winter. How much it shrinks is where global warming kicks in. The more the sea ice shrinks in the summer, the thinner the ice is overall. Researchers warn that summers without sea ice are inevitable. The Earth will soon see a summer with less than 1 million square kilometers of sea ice scattered in tiny bits across the Arctic. The latest NSIDC fifures do not incite to be optimistic. The downward linear trend in October 2021 sea ice extent over the satellite record is 82,100 square kilometers per year, or 9.8 percent per decade relative to the 1981 to 2010 average. Overall, since 1979, October has lost 3.45 million square kilometers of ice, based on the linear trend. This is equivalent to twice the size of the state of Alaska.

The big question is when the Arctic will look like « a blue ocean. » Maybe as early as the 2030s, most likely in the 2040s and almost assuredly by the 2050s. The Arctic has been warming twice as fast as the rest of the world. In some seasons, it has warmed three times faster than the rest of the globe. The cause is “Arctic amplification.” The mechanism is easy to understand: white ice in the Arctic reflects heat. When it melts, the dark sea absorbs much more heat, which warms the oceans even more quickly.

As far as polar bears are concerned, there are 19 different subpopulations in the Arctic. Some are really in trouble, especially the southernmost ones, while others are pretty close to stable. But their survival from place to place is linked heavily to sea ice.

In the summertime, polar bears go out on the ice to hunt and eat. This is the period when they put on weight to sustain them through the winter. They prefer areas that are more than half covered with ice because they are the most productive hunting and feeding grounds. The more ice, the more they can move around and the more they can eat.

Just 30 or 40 years ago, the bears feasted on a buffet of seals and walrus on the ice. In the 1980s, the males were huge, females were reproducing regularly and cubs were surviving well. In short, the population looked good. With ice loss, the bears have not been doing as well. One sign is that av higher proportion of cubs are dying before their first birthdays.

Polar bears are land mammals that have adapted to the sea. The animals they eat – seals and walruses mostly – are aquatic. The bears fare best when they can hunt in shallow water, which is typically close to land. But in recent years the sea ice has retreated far offshore in most summers. That has forced the bears to drift on the ice into deep waters – sometimes 1,000 metres deep – that are devoid of their prey. The bears are forced to swim a long time and are exhausted in the end. ,

Off Alaska, the Beaufort Sea and Chukchi Sea polar bears provide a telling contrast. If you go 40 to 60 kilometers offshore from Prudhoe Bay in the Beaufort Sea and you are sure to find very unproductive waters. Further south in the Chukchi, the water is shallower, which allows bottom-feeding walruses to thrive. That provides food for polar bears. The bears in the Chukchi seem to be faring pretty well because of that additional productivity. But the bears of the Beaufort give us a real good early warning of where this is all coming to

The world leaders who met in Scotland were supposed to take measures to try to curb climate change, but it is probably too late for the polar bears. If COP 26 had produced something positive, the world might have seen once again an Arctic with significant sea ice in the summer late this century and in the 22nd century. But this dream is unlikely to come true and hope is melting with the sea ice.

Source: Yahoo News.

You will have accessto an interactive presentation of the situation in the Arctic by clicking on this link:

https://projects.apnews.com/features/2021/polar-bears-sea-ice/index.html

Photos: C. Grandpey

COP 26 : Fonte de la glace de mer: A l’assaut de la Route du Nord! // COP 26 : Sea ice melting : Assault on the Northern Sea Route!

La nouvelle n’est pas vraiment un sccop. On sait depuis longtemps que la Russie, les États-Unis, le Japon et la Chine attendent avec impatience la fonte de la glace de mer dans l’Arctique pour avoir accès à de nouvelles voies de navigation plus courtes que celles que ces pays doivent emprunter actuellement. Alors que le réchauffement climatique est une menace pour la plupart des pays dans le monde, c’est une aubaine pour ces nations. En particulier, la Russie prévoit de commencer à expédier très bientôt et tout au long de l’année, des produits par la Route Maritime du Nord. Cela accélérerait considérablement le transport du gaz naturel liquéfié (GNL) vers l’Asie. Les autorités russes ont déclaré que le pays prévoyait d’utiliser toute l’année, à partir de l’année prochaine, la route maritime qui traverse l’Arctique au nord de la Russie. Une telle entreprise sera possible grâce à la fonte naturelle de la glace et avec l’aide des brise-glaces. Il convient de noter que la flotte de brise-glaces russe est bien plus importante que celle des États-Unis qui sont en retard dans ce domaine.
Les Russes ont déjà testé la nouvelle route maritime en 2021. En janvier, un méthanier russe transportant du GNL a fait pour la première fois un aller-retour en empruntant la Route Maritime du Nord au cœur de l’hiver. Il a atteint le port chinois de Jiangsu avant de retourner à Cap Dejnev dans l’est de la Russie. Un brise-glace à propulsion nucléaire a escorté le navire pendant son retour vers le port de Sabetta.
La Russie a transporté près de 18 millions de tonnes de GNL en empruntant la Route du Nord pendant une partie de l’année en 2019. Un accès toute l’année permettrait de transporter ce gaz plus rapidement et plus facilement vers l’ Asie et l’Europe sans avoir à négocier le passage par le Canal de Suez.
Cependant, il semble que, pour la Russie, les avantages à court terme du transport toute l’année sont limités par la capacité de ses usines de GNL. La nouvelle route permettra seulement à la Russie d’accéder aux marchés à moindre coût et de devenir un partenaire plus attrayant,
Les Russes ont indiqué que leur plus grande présence dans l’Arctique ira dans le sens du désir du président Vladimir Poutine de voir la Russie faire partie de la Route chinoise de la Soie, voie de navigation « mondiale et compétitive qui unit l’Asie du nord-est, de l’est et du sud-est à l’Europe. » Selon les derniers chiffres de l’Agence Internationale de l’Energie, la Russie est déjà le premier exportateur de gaz naturel au monde.

Source : Washington Examiner.

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The piece of news is not really a sccop. It has been known for quite a long time that Russia, the United States, Japan and China are eagerly waiting for the melting of sea ice in the Arctic to have access to new shorter navigation routes. While global warming is a real threat to most countries around the world, it is a blessing for these nations. More particularly, Russia expects to soon begin shipping products through the Northern Sea Route all year long, a plan that would speed up its transport of liquefied natural gas (LNG) to Asia. Russian officials say the country plans to utilize the route, which allows passage through the Arctic north of Russia, for year-round transport as soon as next year with the help of naturally thawing ice and icebreaking vessels. It should be noted that Russia’s fleet of iacebreakers if far larger than that of the U.S. which is late in that field.

The Russians have already tested the new route this year. In January, a Russian tanker carrying LNG made a round trip via the Northern Sea Route for the first time during the dead of winter, hitting the Chinese port of Jiangsu before returning to Cape Dezhnev in eastern Russia, where a nuclear-powered icebreaker escorted it back westward toward Sabetta.

Russia transported nearly 18 million metric tons of LNG through the route in 2019, operating only during part of the year, and year-round access would allow it to move that gas more quickly and easily to Asia and Europe without having to negotiate passage through the Suez Canal.

However, the short-term benefits to Russia of year-round transport are limited by the capacity of its LNG plants. It just makes Russia able to access markets more cheaply and become a more attractive partner,

The Russians have indicated they expect the expanded presence in the Arctic to better their edge, with President Vladimir Putin saying Russia would be part of China’s Maritime Silk Road as a “global and competitive route that connects northeastern, eastern, and southeastern Asia with Europe.” Russia is already the world’s top net exporter of natural gas, according to the latest numbers from the International Energy Agency.

Source: Washington Examiner.

Vue du brise glace à propulsion nucléaire 50 Let Pobedy capable d’escorter les méthaniers dans l’Arctique (Crédit photo: Wikipédia)

COP 26 : L’ouverture de l’Arctique et ses enjeux // COP 26 : The opening of the Arctic and its challenges

Le Conseil de l’Arctique est un forum intergouvernemental traitant des problèmes rencontrés par les gouvernements des États ayant une partie de leur territoire dans l’espace arctique et par les peuples autochtones de la région. La dernière réunion du Conseil à eu lieu le 20 mai 2021 en Islande. Elle a débouché sur une déclaration commune sur la nécessité de préserver la paix et de lutter contre le réchauffement climatique. Cette déclaration commune pleine de promesse n’est en réalité qu’une façade car les rivalités ne cessent de grandir dans cette région. Comme je l’ai indiqué dans plusieurs notes sur ce blog, elle est devenue le pôle de toutes les convoitises.

Lors de la réunion à Reykjavik, la Russie, les États-Unis, le Canada, le Danemark, la Suède, la Finlande, la Norvège et l’Islande ont parlé développement durable, coopération pacifique et protection des populations autochtones menacées par le réchauffement climatique qui est trois fois plus rapide dans l’Arctique que sur le reste de la planète. Au cours de la réunion, rien n’a été dit sur les tensions géopolitiques ou de la militarisation du Grand Nord,

En théorie, le Conseil de l’Arctique n’a pas vocation à traiter des questions de sécurité militaire.Pourtant, elles servent de toile de fond de ce sommet qui se déroule tous les deux ans. Sergueï Lavrov, le ministre russe des Affaires étrangères, a rappelé fermement que l’Arctique était une zone d’influence légitime de Moscou et il a dénoncé « l’offensive » occidentale dans la région. De son côté, Antony Blinken, Secrétaire d’Etat américain en visite au Danemark, avait pointé du doigt « l’augmentation de certaines activités militaires dans l’Arctique ».

Depuis 2010, la Russie a construit ou modernisé 14 bases militaires datant de l’époque soviétique et multiplié les exercices militaires.

De son côté, l’OTAN fait également des démonstrations de force avec des exercices militaires de plus en plus fréquents. En 2018, l’un d’eux en Norvège avait rassemblé des troupes des 29 pays membres, rejointes par celles de la Suède et de la Finlande. Cette manœuvre de grande ampleur avait provoqué la fureur du Kremlin.

Source: Le Monde Diplomatique

Longtemps perçu comme un territoire hostile et inaccessible, l’Arctique est aujourd’hui convoité par les grandes puissances et le réchauffement climatique y est pour beaucoup. L’Institut polaire norvégien révèle que, pour la première fois depuis le début de ses constatations en 1972, le passage du Nord-Ouest est entièrement ouvert à la navigation. Selon les experts du Giec, avec la hausse des températures, la banquise pourrait totalement disparaître en été d’ici 2030, ouvrant de nouvelles voies maritimes, notamment le passage du Nord-Est. En regardant une carte, on comprend l’intérêt de cette nouvelle situation. Le passage du Nord-Est (en rouge) forme le chemin maritime le plus court pour relier l’Europe à l’Asie, soit 12 jours de moins que par la route habituelle (en bleu) qui passe par le canal de Suez.

L’Arctique est une aubaine économique pour les pays concernés car la région regorge de trésors : nickel, plomb, zinc, uranium, platine, etc. Selon une étude de l’USGS, la zone arctique recèlerait plus de 22 % des réserves mondiales d’hydrocarbures non encore découvertes et contiendrait plus de 10% des réserves mondiales de pétrole et près de 30% des réserves de gaz naturel.

Une grande majorité de ces hydrocarbures est située dans la zone économique exclusive russe, et Vladimir Poutine mise beaucoup sur cet eldorado polaire. Symbole de ces aspirations : la gigantesque usine de liquéfaction de gaz de Sabetta dans la péninsule de Yamal, conçue en collaboration avec la Chine et le groupe français Total.

Le revers de la médaille, c’est que l’ouverture de ces passages dans l’Arctique risque de se solder par un désastre écologique, mais aucun des pays concernés ne fait mention de cet aspect de la question lors des réunions. On le sait, mais on ne dit rien.

Ces nouvelles routes maritimes sont aussi un enjeu géostratégique et pourraient devenir source de conflits. Il est facile d’imaginer que la Russie, qui détient le plus de frontières avec l’Arctique, décide de bloquer ces routes en cas de tensions avec les pays occidentaux. Toutefois, à l’heure actuelle, aucun pays arctique n’a intérêt à développer un conflit armé dans la région car l’instabilité ferait fuir les investisseurs.

Depuis plusieurs années, la Chine ne cache pas son attrait pour l’Arctique qui est pourtant situé à 1400 km de ses côtes. Ce regain d’intérêt s’est matérialisé dès 2004 par la construction d’une station scientifique sur l’archipel norvégien du Svalbard. La Chine s’est peu à peu imposée comme un partenaire scientifique majeur mais aussi comme un partenaire économique. En 2013, l’Islande est devenue le premier pays européen à signer un accord de libre-échange avec Pékin. La même année, la Chine a fait son entrée au Conseil de l’Arctique avec un statut de pays observateur.

En janvier 2018, la Chine a présenté pour la première fois sa politique arctique et se définit désormais comme un « État proche-Arctique. »

Source: France 24.

En observant la politique de la Russie et de la Chine dans l’Arctique, on comprend mieux pourquoi leurs présidents ne sont pas présents à la COP 26 de Glasgow.

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The Arctic Council is an intergovernmental forum dealing with the problems faced by the governments of the states having part of their territory in the Arctic space and by the indigenous peoples of the region. The last Council meeting took place on May 20th, 2021 in Iceland. It resulted in a joint declaration on the need to preserve peace and fight against global warming. This joint declaration full of promise is in reality only a facade because rivalries continue to grow in this region. As I indicated in several posts on this blog, it has become a pole of interests.
During the meeting in Reykjavik, Russia, the United States, Canada, Denmark, Sweden, Finland, Norway and Iceland spoke about sustainable development, peaceful cooperation and the protection of indigenous populations threatened by global warming. which is three times faster in the Arctic than anywhere else on the planet. During the meeting, nothing was said about geopolitical tensions or the militarization of the Far North,
In theory, the Arctic Council is not meant to deal with military security issues, yet they serve as the backdrop for this biennial summit. Sergey Lavrov, the Russian Foreign Minister, firmly recalled that the Arctic was an area of legitimate influence of Moscow and he denounced the Western « offensive » in the region. For his part, Antony Blinken, US Secretary of State visiting Denmark, had pointed out « the increase in certain military activities in the Arctic ».
Since 2010, Russia has built or modernized 14 military bases dating from the Soviet era and increased military exercises.
For its part, NATO is also making demonstrations of force with increasingly frequent military exercises. In 2018, one of them in Norway had gathered troops from 29 member countries, joined by those from Sweden and Finland. This large-scale maneuver had provoked the Kremlin’s fury.
Long perceived as a hostile and inaccessible territory, the Arctic is now coveted by the great powers and global warming has a lot to do with it. The Norwegian Polar Institute has revealed that, for the first time since the start of its findings in 1972, the Northwest Passage is « entirely open to navigation. According to IPCC experts, with the rise in temperatures, the ice sheet could completely disappear in summer by 2030, opening up new maritime routes, in particular the Northeast Passage. Looking at a map, one understands the interest of this new situation. The Northeast Passage forms the most important maritime route. short to connect Europe to Asia, 12 days less than the usual route, which passes through the Suez Canal (see map above).
The Arctic is an economic boon for the countries concerned because the region is full of treasures: nickel, lead, zinc, uranium, platinum, etc. According to a USGS study, the Arctic zone contains more than 22% of the world’s undiscovered hydrocarbon reserves and contains more than 10% of the world’s oil reserves and nearly 30% of the natural gas reserves.
A large majority of these hydrocarbons are located in the Russian exclusive economic zone, and Vladimir Putin is betting heavily on this polar El Dorado. Symbol of these aspirations: the gigantic Sabetta gas liquefaction plant on the Yamal peninsula, designed in collaboration with China and the French group Total.
The flip side is that the opening of these passages in the Arctic could end in ecological disaster, but none of the countries concerned mentioned this aspect of the matter at the meetings. They know it, but they say nothing.
These new maritime routes are also a geostrategic issue and could become a source of conflict. It is easy to imagine that Russia, which holds the most borders with the Arctic, decides to block these routes in the event of tensions with the Western countries. However, at present, no Arctic country has an interest in developing armed conflict in the region because instability would scare investors away.
For several years, China has not hidden its interest in the Arctic, although it is located 1,400 km from its coast. This renewed interest materialized in 2004 with the construction of a scientific station on the Norwegian archipelago of Svalbard. China has gradually established itself as a major scientific partner but also as an economic partner. In 2013, Iceland became the first European country to sign a free trade agreement with Beijing. In the same year, China entered the Arctic Council with observer status.
In January 2018, China first presented its Arctic policy and now defines itself as a « near arctic state. »
Source: France 24.

Looking at the policy of Russia and China in the Arctic, it is easy to understand why their presidents are not attending COP26 in Glasgow.