Arctique: La glace de mer diminue, la population d’ours blancs aussi // Arctic: The sea ice declines and so does the polar bear population

drapeau-francaisLa hausse des températures et la fonte de la glace de mer dans l’Arctique vont probablement faire chuter d’un tiers la population d’ours blancs au cours des prochaines décennies et la même tendance au réchauffement risque de faire décliner également la population de rennes, espèce qui a été déclarée en voie de disparition au Canada (voir ma note du 8 décembre 2016). Les dernières recherches scientifiques ont été présentées au cours de la réunion de l’American Geophysical Union à San Francisco.
Les recherches sur l’ours polaire s’appuient sur de nouvelles données satellitaires montrant une perte de glace de mer arctique de 1979 à 2015 ; elles permettent de faire des projections sur la réduction de la glace et de la population ursine au cours des prochaines décennies.
Les ours polaires sont actuellement environ 26 000, mais leur population devrait diminuer de quelque 8 600 animaux au cours des 35 à 40 prochaines années. Les ours polaires ont été déclarés espèce menacée en 2008, année où une étude prévoyait qu’ils pourraient disparaître des deux tiers de leur aire de répartition au milieu du 21èmesiècle. Les données les plus récentes permettent de mieux analyser la situation.
Les ours polaires utilisent les glaces flottantes comme plates-formes pour toutes leurs activités, que ce soit l’accouplement et l’élevage des oursons, ou encore la chasse au phoque qui reste leur nourriture préférée.
L’étude pointe une région au nord de l’Alaska où le nombre d’ours a chuté brusquement au moment où l’on observait une forte diminution de la glace de mer. Une autre population à l’ouest de l’Alaska semble avoir moins subi cet impact, mais cette région est capable d’accepter des populations plus importantes et plus saines de phoques et autres proies susceptibles de servir de nourriture à l’ours blanc.
Le réchauffement du climat est également tenu pour responsable du déclin rapide des rennes sauvages en Sibérie et des caribous, leurs voisins au Canada et en Alaska. La population de rennes sauvages à Taimyr, dans le nord de la Russie, a chuté à environ 600 000 animaux, contre 1 million en 2000. La population de Taimyr, qui représente environ 24 pour cent de tous les rennes sauvages, est confrontée à des facteurs tels que la mort des jeunes au cours des migrations perturbées par le réchauffement climatique.

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drapeau-anglaisRising temperatures that melt sea ice in the Arctic will probably reduce the polar bear population by a third over the next few decades, and the same warming trend is likely to worsen the decline of wild reindeer which has been declared an endangered species in Canada (see my note of 8 December 2016).

The new findings by researchers were presented during a meeting of the American Geophysical Union in San Francisco.

The polar bear research is drawn from new satellite data documenting a loss of Arctic sea ice from 1979 to 2015, and forming the basis of projections in further declines of both ice and bears over the coming decades.

Polar bears currently number about 26,000, but their population is expected to diminish by some 8,600 animals over the next 35 to 40 years. At the time polar bears were declared a threatened species in 2008 when one study predicted they could vanish from two-thirds of their native range by mid-century. The latest data better quantifies such an outcome.

Polar bears use floating sea ice as platforms for everything from mating and rearing their young to hunting their preferred prey of ringed seals.

The study points to a region north of Alaska where the number has dropped sharply amid significant sea ice losses. Another population west of Alaska appears to have experienced less impact, but that area may sustain larger, healthier populations of seals and other polar bear prey.

A warmer climate also is thought to be a primary culprit in the rapid decline of wild reindeer and their close cousins, caribou. The population of wild reindeer in Taimyr in northern Russia has fallen to about 600,000 animals, from 1 million in 2000. The Taimyr population, accounting for about 24 percent of all wild reindeer, is challenged by such factors as loss of young because of migration patterns hampered by a warming climate.

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Photo: C. Grandpey

 

2016: L’Arctique se réchauffe, la glace et la neige diminuent // 2016: The Arctic is warming up, the ice and the snow are melting

drapeau-francaisSelon le Bulletin Annuel de l’Arctique (Artic Report Card) publié le 13 décembre 2016, la fonte de l’Arctique a connu une évolution sans précédent au cours de l’année écoulée. Le Bulletin, présenté par la NOAA à la conférence de l’American Geophysical Union à San Francisco, a mis en avant les changements rapides observés dans cette région du globe en 2016 où plusieurs records ont été battus. Le Bulletin de l’Arctique est publié par la NOAA depuis 2006. Il rassemble les données fournies par 61 scientifiques de 11 pays. Plusieurs nouveaux records ou quasi-records ont été enregistrés en 2016, et la tendance générale s’oriente vers un cycle d’accélération du réchauffement dans une région où la température augmente déjà deux fois plus vite que sur le reste de la planète. Le Bulletin de cette année montre clairement un  réchauffement plus prononcé et d’une durée plus longue que les années précédentes. Les températures de l’air et de la surface de la mer sont plus élevées, la glace de mer se fait plus rare et est plus fragile, tandis que les eaux océaniques absorbent plus de carbone, ce qui modifie leur composition chimique en les faisant devenir plus acides. La toundra se réchauffe elle aussi et envoie maintenant dans l’atmosphère plus de carbone qu’elle en absorbe.

Mois après mois, l’étendue moyenne de la glace de mer bat de nouveaux records de faiblesse. La surface couverte en septembre est la deuxième plus faible depuis que sont effectuées les observations satellitaires. Le gel automnal a été très lent, avec des niveaux record entre la mi-octobre et la fin novembre. La glace vieille de plusieurs années (qui subsiste en permanence) ne représentait que 22% de la masse totale cette année, alors que ce pourcentage était de 45% en 1985.

La température moyenne de l’air sur terre en 2016 a été la plus élevée jamais enregistrée et de 6,3 degrés supérieure aux relevés de 1900. La température à la surface des mers des Tchouktches et de Barents et sur les côtes est et ouest du Groenland a grimpé à 9 degrés au-dessus des moyennes de 2010.

La couverture de neige au printemps dans l’Arctique nord-américain a atteint un niveau record et, en mai, se situait en dessous de 3,8 millions de kilomètres carrés pour la première fois depuis que le début des observations satellitaires il y a 50 ans.

Au fur et à mesure que l’Arctique se réchauffe et que la différence de température entre cette région et le reste du monde diminue, les vents du jet stream – qui soufflent d’ouest en est – ralentissent et se mettent à onduler. Cela a probablement affecté la météo plus au sud cette année. Cette ondulation du jet stream – qui fait remonter vers le nord  l’air plus chaud et l’humidité du sud – pourrait perpétuer le cycle.

En conséquence, il faut s’attendre à la mise en place d’un nouveau régime climatique et écologique dans l’Arctique au cours des années à venir. Un changement semblable s’est produit en 2007, année où la glace de mer pendant l’été a brillé par son absence. L’événement le plus remarquable de l’année écoulée a été le réchauffement observé à l’automne. Les observations du passé se sont concentrées sur l’été. Aujourd’hui, on observe un déplacement du réchauffement persistant vers les mois d’hiver.

Le Bulletin de l’Arctique de cette année est publié alors que des menaces planent sur la climatologie. Malgré cet environnement politique, les climatologues continueront à diffuser le Bulletin Annuel de l’Arctique et les données scientifiques qui s’y rattachent, y compris les observations de la NASA, même si un conseiller de Donald Trump voudrait empêcher cette administration de poursuivre les recherches sur le changement climatique.

Voici une illustration du bulletin de l’Arctique 2016.
Https://youtu.be/G0rp6-BEur8

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drapeau-anglaisAccording to the annual Arctic Report Card released on December 13th 2016, during 2016, the meltdown of the Arctic proceeded at an unprecedented clip over the past year. The Report Card, presented by the National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) at the American Geophysical Union conference in San Francisco, documented rapid changes in the region in 2016, including several records. The Arctic Report Card is an annual, peer-reviewed summary that has been issued by NOAA since 2006. This year’s report gathers information from 61 scientists across 11 nations. Several new records or near-records were posted in 2016, and the overall trend is feeding into a cycle that is speeding warming in a region already heating up at twice the global pace. The Report Card this year clearly shows a stronger and more pronounced signal of persistent warming than in any previous year. Air and sea-surface temperatures are higher, sea ice is sparser and more fragile and ocean waters are absorbing more carbon, changing their chemistry to more acidic levels, while warming tundra is now expelling more carbon that it is drawing in from the atmosphere.

Month after month, average sea-ice extent hit new lows. The minimum extent reached in September tied for the second-lowest extent on the satellite record, and freeze-up after that was slow, with record-low fall levels persisting from mid-October to late November. Thick multiyear ice made up only 22 percent of the pack this year, compared to 45 percent of the 1985 ice cover.

The average air temperature over land in 2016 was the highest on record and 6.3 degrees warmer than in 1900. August sea-surface temperatures in the Chukchi and Barents seas and off the east and west coasts of Greenland soared to levels 9 degrees above the 1982-2010 average for those regions.

Spring snow cover in the North American Arctic hit a record low, and in May dropped below 1.5 million square miles for the first time since satellite observations began five decades ago.

As the Arctic warms and the temperature difference between it and the rest of the world diminishes, the jet stream winds that blow from west to east are slowed and become wavy and meandering. That has likely skewed southern weather this year. And wavy jet streams that pull more warm southern air and moisture into the north could be perpetuating the cycle.

As a consequence, another big shift into a new Arctic ecological regime is to be expected in the coming years. A previous big shift happened in 2007, when summer sea ice hit what was then a record low. The striking development of the past year was the big warmup in the fall. Past stories have focused on the summer. Now we are seeing the persistent warming carrying over into the winter months.

This year’s Arctic Report Card comes amid new threats to climate science. Despite that political environment, climate scientists plan to continue the Report Card and the science that goes into it, including observations from NASA, an agency where at least one Trump adviser wants to halt climate-change research.

Here is an illustration of the Arctic Report Card 2016.

https://youtu.be/G0rp6-BEur8

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Photo: C. Grandpey

 

Obama construit, Trump détruit // Constructive Obama, destructive Trump

drapeau-francaisQuelques semaines avant la fin de sa présidence, Barack Obama redouble d’efforts pour mettre en œuvre sa politique environnementale dont le but est de lutter contre le changement climatique. Dans le même temps, Donald Trump, le président élu, confirme qu’il réduira à néant les efforts de l’administration précédente dans ce domaine.

La Maison Blanche vient d’annoncer des mesures de protection pour les terres et les eaux du nord de l’Alaska, ce qui met à l’abri des exploitations pétrolières plus de 105 000 kilomètres carrés du Détroit de Béring et oblige le gouvernement fédéral à mettre en place un système prenant en compte les intérêts des populations autochtones.
Une telle mesure était prévue, mais redoutée, par les représentants alaskiens du Parti Républicain au Congrès, qui ont mis en garde le Président  contre la fermeture de ces eaux aux forages gaziers et pétroliers.
Obama a fait la sourde oreille à ces protestations et clairement indiqué qu’il préférait écouter les groupes autochtones de l’Alaska plutôt que les élus de  cet État. En 2015, il est devenu le premier président en exercice à visiter l’Alaska, et il a longuement parlé de la protection de la région contre les effets du changement climatique.

Priorité est donnée à une plus grande expression des tribus autochtones de l’Alaska qui veulent protéger les eaux arctiques qui sont au cœur de leur mode de subsistance. Les exigences énoncent clairement la position de la Maison Blanche en ce qui concerne les Amérindiens ; elles s’opposent aux développements pétroliers et gaziers, comme dans le cas controversé du  Dakota Access Pipeline (DAPL).
Nul doute que l’administration Trump essaiera de s’attaquer à ces nouvelles mesures prises par l’administration Obama, mais leur annulation ne se fera pas sans mal et nécessitera de gros efforts.

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A l’inverse de l’administration Obama, l’équipe de transition de Donald Trump a confirmé sa position contre les mesures visant à freiner le changement climatique. Elle a publié une liste de 74 questions à l’attention du Ministère de l’Énergie et demandé les noms des employés et des sous-traitants ayant participé à l’élaboration d’un pacte climatique international ainsi qu’aux efforts pour réduire la production de carbone aux Etats Unis.
Le questionnaire demande une liste des individus qui ont pris part aux négociations internationales sur le climat au cours des cinq dernières années et «quels programmes sont essentiels pour atteindre les objectifs du plan d’action climatique (Climate Action Plan) du président Obama».
Trump et son équipe ont promis de démanteler certains aspects de la politique climatique de Barack Obama. Le questionnaire, que l’un des fonctionnaires du Mnistère de l’Énergie a qualifié d’«intrusif», soulève des inquiétudes quant au fait que l’équipe de transition Trump essaie de cibler – de toute évidence pour les éliminer – les personnes, y compris les fonctionnaires, qui ont contribué à mettre en place des politiques environnementales sous la présidence Obama.
Des milliers de scientifiques ont signé des pétitions demandant au président élu et à son équipe de respecter l’intégrité scientifique et de s’abstenir de cibler des chercheurs dont le travail pourrait entrer en conflit avec les objectifs de la nouvelle administration.

Source: Médias américains.

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drapeau-anglaisA few weeks before the end of his presidency, Barack Obama is making efforts to implement his environmental policy whose aim is to fight against climate change. Meantime, Donald Trump, the president-elect is confirming that he will demolish what the previous administration’s efforts in this domain.

The White House has just announced parting protections for the northern reaches of Alaska’s lands and waters, closing off more than 105 000 square kilometres of Bering Strait-area waters to future oil leases and requiring the federal government to set up a system for increasing the input of Native people.

The move was anticipated but not appreciated by Alaska’s all-Republican congressional delegation, who warned President Barack Obama against closing off more waters to drilling.

But Obama has made it clear that he would rather listen to Alaska Native groups than to the state’s elected officials. In 2015, he became the first sitting president to visit Alaska’s Arctic, and he has spoken extensively about protecting the region from the results of encroaching climate change.

Central to the executive order issued by the White House are orders to require a greater voice for Alaska Native tribes who want to protect the water that is central to their subsistence lifestyle. The requirements make a clear statement of where the White House stands when it comes to Native Americans opposing oil and gas developments, such as in the controversial case of the Dakota Access pipeline.

The new changes will likely require some effort for the incoming administration to undo.

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Confirming its position against measures to curb climate change, the Trump transition team has issued a list of 74 questions for the Energy Department, asking agency officials to identify which department employees and contractors have worked on forging an international climate pact as well as domestic efforts to cut the nation’s carbon output.

The questionnaire requests a list of those individuals who have taken part in international climate talks over the past five years and « which programs are essential to meeting the goals of President Obama’s Climate Action Plan. »

Trump and his team have vowed to dismantle specific aspects of Barack Obama’s climate policies. The questionnaire, which one Energy Department official described as unusually « intrusive », has raised concern that the Trump transition team was trying to figure out how to target the people, including civil servants, who have helped implement policies under Obama.

Thousands of scientists have signed petitions calling on the president-elect and his team to respect scientific integrity and refrain from singling out individual researchers whose work might conflict with the new administration’s policy goals.

Source : American news media.

Villages côtiers de l’Arctique et réchauffement climatique // Arctic coastal villages and global warming

drapeau-francaisProche de l’Arctique, l’Alaska se réchauffe environ deux fois plus vite que le reste des États-Unis, et 2016 devrait être la plus chaude année jamais enregistrée. Le gouvernement a identifié en Alaska au moins 31 localités en danger imminent de destruction. Selon les climatologues qui étudient le changement climatique, certains villages n’existeront plus d’ici 2050. Leur population rejoindra le flux de réfugiés climatiques dans le monde, que ce soit en Bolivie, en Chine, au Niger ou dans d’autres pays.
Les communautés menacées d’Alaska ont deux solutions. Elles pourraient se déplacer vers des zones plus élevées, une perspective qui, pour un petit village, coûterait jusqu’à 200 millions de dollars. Ou bien les habitants pourraient ne pas bouger et espérer trouver de l’argent pour renforcer leurs maisons et autres bâtiments et consolider leur littoral.
Le village de Shaktoolik et ses quelque 250 habitants a été construit sur une étroite bande de terre entre la rivière Tagoomenik et la Mer de Béring. Il est confronté à une menace imminente d’inondations et d’érosion provoquées par le changement climatique. Après des années de réunions qui n’ont mené à rien et des demandes de financement gouvernemental qui ne sont toujours pas satisfaites, Shaktoolik a décidé de «rester et de se défendre», du moins pour le moment.
À Shaktoolik, comme dans d’autres villages de l’Alaska, les habitants disent que l’hiver arrive plus tard qu’auparavant et se retire prématurément au printemps, un changement que les scientifiques associent au réchauffement climatique. Avec la hausse des températures de l’océan, l’amoncellement de neige et de glace qui était censé protéger le village des puissantes vagues au moment des tempêtes diminue chaque année. L’hiver dernier, pour la première fois de l’histoire du village, la mer n’a pas gelé.
Les coups de boutoir des tempêtes ont fait disparaître la terre autour du village. La bande de terre sur laquelle Shaktoolik est construit perd en moyenne 4 000 mètres carrés par an. Les inondations provoquées par l’océan et la rivière ont pris une telle ampleur que la dernière grande tempête a bien failli transformer Shaktoolik en île.
Comme l’ont découvert les habitants de Shaktoolik et d’autres villages menacés, rester et partir présentent des dangers. Le processus de délocalisation peut prendre des années, voire des décennies. En attendant de partir, les habitants doivent continuer à envoyer leurs enfants à l’école, aller chez le médecin quand ils sont malades, avoir des conduites d’eau qui fonctionnent, des réservoirs de carburant en bon état et un endroit sûr où aller se réfugier en cas de forte tempête.
Le problème, c’est que peu d’agences gouvernementales sont disposées à investir dans le maintien de villages menacés par l’érosion et les inondations, surtout lorsque ces communautés envisagent d’aller vivre ailleurs.

Les autorités de Shaktoolik ont repéré un site possible de relocalisation à 17 km au sud-est, mais certains habitants craignent que leur culture, qui dépend de la pêche et de la chasse, souffre de ce déplacement. En outre, le gouvernement a refusé de financer la construction d’une route qui servirait à la fois au transport des matériaux de construction et comme voie d’évacuation. Les habitants n’ont actuellement aucun moyen fiable pour fuir rapidement en cas d’urgence.
Les grandes tempêtes sur la côte ouest de l’Alaska sont différentes de celles qui menacent Miami ou la Nouvelle-Orléans. Elles peuvent atteindre la force d’un ouragan de catégorie 1, mais leur envergure est cinq à dix fois plus importante, ce qui signifie qu’elles affectent une zone plus grande et durent plus longtemps. Certains habitants ajoutent que les tempêtes en Alaska deviennent plus fréquentes et plus intenses. Il ne fait aucun doute que la hausse de la température de l’Océan Arctique a entraîné une diminution de la glace en mer, ce qui a permis aux tempêtes et aux vagues de frapper les rivages avec plus de force et de provoquer davantage d’inondations et d’érosion. Un climatologue de l’Université de Victoria (Colombie Britannique) confirme que le déclin de la glace de mer est «indéniablement lié» au réchauffement climatique, de même que la hausse du niveau de la mer est lié à la fonte des glaciers.
Shaktoolik doit faire face à d’autres problèmes qui seront difficiles ou impossibles à résoudre sans aide extérieure. Par exemple, l’érosion menace le réservoir de carburant du village, son aéroport et son approvisionnement en eau potable. Le défi le plus urgent est la mise en sécurité des villageois en cas de catastrophe. Le plan d’urgence de Shaktoolik prévoit que les gens se rassemblent à l’intérieur de l’école, mais le bâtiment, qui se trouve le long de la route face à l’océan, est lui-même susceptible d’être inondé et n’est, de toute façon, pas assez grand pour accueillir confortablement toute la population. Certaines familles ont dit que si une violente tempête se produisait, elles fuiraient par la rivière Shaktoolik. Les bateaux attendent, avec l’approvisionnement nécessaire, mais la rivière serait presque certainement encombrée par la glace et une tentative de fuite de cette manière se terminerait probablement par une opération de sauvetage.
Pourtant, pour rester en place, le village doit trouver un moyen de prévenir la perte de vies, voire la perte de biens. Il faudrait une route d’évacuation, améliorer le réseau de distribution d’eau potable et une meilleure protection du réservoir de carburant. Il faudrait  aussi renforcer la digue et équiper la rivière de projecteurs et bouées lumineuses. Il faudrait construire un nouveau dispensaire et un abri solide pour les habitants en cas de tempête. Le prix de ces réalisations est estimé à plus de 100 millions de dollars. Même si les agences fédérales et étatiques financent le travail de première nécessité, on sera loin de la somme nécessaire. Personne ne sait d’où proviendra l’argent supplémentaire. Malgré des années de rapports gouvernementaux appelant à l’action, des épisodes sporadiques de financement et une visite dans la région du président Obama l’année dernière, les centaines de millions de dollars nécessaires pour que les villages menacés restent où ils sont ne sont jamais arrivées à destination.
L’Etat d’Alaska qui, dans le passé, a déjà fourni des fonds à un village pour qu’il puisse commencer sa relocalisation, connaît une crise financière car sa santé économique est liée aux revenus du pétrole qui connaissent une chute spectaculaire.
Il est prévu que Shaktoolik reçoive 1 million de dollars d’un organisme fédéral indépendant, mais cet argent servira en priorité à payer le renforcement de la digue et à protéger le réservoir de carburant du village. La contribution la plus importante pourrait être le montant de 400 millions de dollars prévu en 2017 dans le budget Obama pour la relocalisation des villages menacés, mais avec une nouvelle administration, le sort de cette somme d’argent est incertain.
Comme l’a déclaré un membre du conseil de village de Shaktoolik: « Le gouvernement fédéral dépense des milliards de dollars pour des guerres dans les pays étrangers, mais il nous traite toujours comme si nous étions un pays du tiers monde. »

Source : Alaska Dispatch News.

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drapeau-anglaisWith its proximity to the Arctic, Alaska is warming about twice as fast as the rest of the United States, and the state is heading for the warmest year on record. The government has identified at least 31 Alaska towns and cities at imminent risk of destruction. Some villages, climate change experts predict, will be uninhabitable by 2050, their residents joining a flow of climate refugees around the globe, in Bolivia, China, Niger and other countries.

These endangered Alaska communities face a choice. They could move to higher ground, a prospect that, for a small village, could cost as much as $200 million. Or they could stand their ground and hope to find money to fortify their buildings and shore up their coastline.

Laid out on a narrow spit of sand between the Tagoomenik River and the Bering Sea, the village of Shaktoolik and its 250 or so residents is facing an imminent threat from increased flooding and erosion, signs of a changing climate. After years of meetings that led nowhere and pleas for government financing that remained unmet, Shaktoolik has decided it will « stay and defend, » at least for the time being.

In Shaktoolik, as in other villages around Alaska, residents say winter is arriving later than before and rushing prematurely into spring, a shift scientists tie to climate change. With rising ocean temperatures, the offshore ice and slush that normally buffer the village from storm surges and powerful ocean waves are decreasing. Last winter, for the first time elders here can remember, there was no offshore ice at all.

The battering delivered by the storms has eaten away at the land around the village. According to one estimate, the strip of land on which Shaktoolik is built is losing an average of 4,000 square metres a year. Flooding from the ocean and the swollen river waters has become so severe that the last big storm came close to turning Shaktoolik into an island.

As Shaktoolik and other threatened villages have discovered, both staying and moving have their perils. The process of relocation can take years or even decades. In the meantime, residents still need to send their children to school, go to the doctor when they are sick, have functioning water lines and fuel tanks and a safe place to go when a severe storm comes.

But few government agencies are willing to invest in maintaining villages that are menaced by erosion and flooding, especially when the communities are planning to go elsewhere.

Shaktoolik’s leaders have identified a potential relocation site 17 km away to the southeast. But some residents say they fear that their culture, dependent on fishing and hunting, will suffer if they move. Besides, the government turned down applications for money to build a road that would serve both as a way to get building materials to their new home and as an evacuation route. Residents currently have no reliable way to escape quickly in an emergency.

Big storms on Alaska’s west coast are different from those that threaten Miami or New Orleans. They can carry the force of a Category 1 hurricane, but their diameter is five to 10 times greater, meaning that they affect a larger area and last longer. Some residents here say that the storms are becoming more frequent and more intense. There is no question that higher ocean temperatures have resulted in less offshore ice, allowing storm surges and waves to hit with greater force and bringing more flooding and erosion. A climate scientist at the University of Victoria (BC) confirms that the loss of sea ice « undeniably linked » to a warming climate, as is the rising level of the sea as a result of melting glaciers.

Shaktoolik faces other threats that will be difficult or impossible to ward off without assistance. For instance, erosion is threatening the village’s fuel tanks, its airport and its drinking water supply. But the most urgent challenge is keeping village residents safe in the event of a disaster. Shaktoolik’s current emergency plan calls for people to gather inside the school. But the school building, which sits on the ocean side of the road, is itself likely to be flooded and is not large enough to comfortably accommodate everyone. Some families have said that in a severe storm they would flee up the Shaktoolik River. They keep their boats stocked with supplies. But the river would almost certainly be ice-filled and treacherous, and any attempt to escape would likely end in a search and rescue operation.

Yet if it is to stay put, the village must find a way to prevent loss of life, if not the loss of property. It would need an evacuation road; improvements to the water system and the fuel tank farm; increased fortification of the berm; floodlights and lighted buoys for the river; a new health clinic; a fortified shelter for residents in a storm. The estimated price tag for these improvements is well over $100 million. And while state and federal agencies will finance some routine work, it will not even be close to what is needed. No one knows where the additional money will come from. Despite years of government reports calling for action, sporadic bursts of financing and a visit to the region by President Barack Obama last year, the hundreds of millions of dollars it would take for Alaska’s threatened villages to stay where they are – or to move elsewhere – have not materialized.

 The state of Alaska – which in the past provided some funds to a community to begin its relocation – is in a fiscal crisis, its economic health tied to oil revenues.

Shaktoolik is scheduled to receive $1 million from an independent federal agency. But the money will not go far: some will help pay for a new design to fortify the berm while the rest is intended to help protect the village’s fuel tank storage. Perhaps the largest potential contribution is the $400 million allocated for relocating threatened villages in the Obama administration’s proposed 2017 budget. But with a new administration, the fate of that allocation is at best uncertain.

A member of the Shaktoolik village council, said: “The federal government spends billions on wars in foreign countries, but they still treat us like we’re a Third World country. »

Source: Alaska Dispatch News.

La flèche rouge indique Shaktoolik, petit port soumis aux fureurs de la Mer de Béring:

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Source: Google Maps

La glace de mer a de plus en plus de mal à former une masse compacte jusqu’à la côte:

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(Photo: C. Grandpey)