Le manchot empereur et l’otarie à fourrure antarctique classés comme espèces en danger sur la Liste rouge de l’UICN // Emperor penguin and Antarctic fur seal now Endangered on the IUCN Red List

Concentrations de CO2 : 431,66 ppm

Concentrations de CH4 : 1945,85 ppb

Le 26 janvier 2026, j’ai publié une note intitulée « La triste marche de l’empereur ». Elle faisait suite à d’autres notes attirant l’attention sur la situation critique de ces oiseaux en raison du réchauffement climatique. Par ailleurs, le 3 mars 2018, j’expliquais que le manchot royal était lui aussi au bord de l’extinction pour la même raison.

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Aujourd’hui, en avril 2026, nous apprenons que le manchot empereur et l’otarie à fourrure antarctique (ou otarie de Kerguelen) sont désormais tous deux classés comme espèces en danger, selon la Liste rouge de l’UICN sur les espèces menacées.

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L’UICN est l’Union internationale pour la conservation de la nature. C’est une organisation internationale qui œuvre dans le domaine de la conservation de la nature et de l’utilisation durable des ressources naturelles. Fondée en 1948, l’UICN est devenue l’autorité mondiale en matière d’état du monde naturel et de mesures nécessaires à sa protection.

Le réchauffement climatique en Antarctique entraîne des modifications de la banquise qui devraient réduire de moitié la population de manchots empereurs d’ici les années 2080. Les images satellites indiquent une perte d’environ 10 % de la population de manchots empereurs entre 2009 et 2018 seulement, soit plus de 20 000 manchots adultes.

La raréfaction des ressources alimentaires a déjà provoqué une diminution de 50 % de la population d’otaries à fourrure antarctiques depuis 2000.

Les images satellites indiquent une perte d’environ 10 % de la population de manchots empereurs entre 2009 et 2018 seulement, soit plus de 20 000 manchots adultes.

L’apparition du manchot empereur et de l’otarie à fourrure antarctique comme espèces en danger sur la Liste rouge de l’UICN est un signal d’alarme quant à la gravité du réchauffement climatique. Alors que les pays se préparent à se réunir lors de la Réunion consultative du Traité sur l’Antarctique en mai 2026, le nouveau classement des deux espèces devrait fournir des données essentielles pour éclairer les décisions concernant ce continent majestueux et sa faune extraordinaire.

L’UICN insiste sur le fait que le rôle de l’Antarctique en tant que « gardien glacé » de notre planète est irremplaçable. Les manchots dans leur ensemble figurent déjà parmi les oiseaux les plus menacés de la planète. Le classement du manchot empereur dans la catégorie « En danger » est un signal d’alarme : le réchauffement climatique accélère sous nos yeux la crise d’extinction. Les gouvernements doivent agir sans délai pour décarboner nos économies.

La principale cause du déclin des manchots et des phoques est la fonte prématurée et la disparition de la banquise, qui a atteint des niveaux records depuis 2016. Les manchots empereurs ont besoin d’une banquise « fixée » au littoral, au fond de l’océan ou aux icebergs échoués pour servir d’habitat à leurs poussins et pendant leur mue, période durant laquelle ils ne sont pas imperméables. Si la glace fond trop tôt, les conséquences peuvent être fatales.

L’otarie à fourrure antarctique est désormais classée comme « En danger » sur la Liste rouge de l’UICN car sa population a diminué de plus de 50 %, passant d’environ 2 187 000 individus adultes en 1999 à 944 000 en 2025. Ce déclin continu est dû au réchauffement climatique : la hausse des températures océaniques et la diminution de la banquise poussent le krill vers des profondeurs plus importantes où les eaux sont plus froides, réduisant ainsi la disponibilité de nourriture pour les otaries. La raréfaction du krill en Géorgie du Sud a considérablement réduit le taux de survie des jeunes otaries durant leur première année, entraînant un vieillissement de la population reproductrice. D’autres menaces, telles que la prédation par les orques et les phoques léopards et la concurrence avec les populations de baleines à fanons qui ciblent le même krill, ont également un impact potentiel sur cette population en déclin.

L’éléphant de mer austral est désormais classé comme « Vulnérable » sur la Liste rouge de l’UICN, suite aux déclins causés par la grippe aviaire hautement pathogène (IAHP).

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On observe une augmentation significative de la prévalence de la grippe aviaire dans le monde depuis 2020, et la maladie s’est propagée aux mammifères. Elle a touché quatre des cinq principales sous-populations, entraînant la mort de plus de 90 % des nouveau-nés dans certaines colonies et affectant gravement les femelles adultes, qui passent plus de temps sur les plages que les mâles. L’inquiétude grandit quant à l’augmentation de la mortalité des mammifères marins liée aux maladies avec le réchauffement climatique, notamment dans les régions polaires où les animaux sont peu exposés aux agents pathogènes. Les animaux vivant en colonies denses, comme les éléphants de mer du Sud, sont particulièrement vulnérables aux maladies.
Source : UICN.

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On 26 January 2026, I wrote a post entitled « The Emperor’s sad march ». It followed other posts drawing attention to the difficult situation faced by the birds because of global warming. On 3 March 2018, I explained that royal penguins were on the brink of extinction for the same reason.

Today, in April 2026, we learn that the emperor penguin and Antarctic fur seal are now both Endangered, according to the IUCN Red List of Threatened Species.

The IUCN is the International Union for Conservation of Nature. It is an international organization working in the field of nature conservation and sustainable use of natural resources. Founded in 1948, IUCN has become the global authority on the status of the natural world and the measures needed to safeguard it.

Global warming in Antarctica is leading to changes in sea-ice that are projected to cause the emperor penguin population to halve by the 2080s, while reduced food availability has already driven a 50% reduction in the Antarctic fur seal population since 2000. The southern elephant seal is also now at risk of extinction, due to disease. Satellite images indicate a loss of around 10% of the emperor penguin population between 2009 and 2018 alone, equating to more than 20,000 adult penguins.

The declines of the emperor penguin and Antarctic fur seal on the IUCN Red List are a wake-up call on the realities of global warming. As countries prepare to gather at the Antarctic Treaty Consultative Meeting in May 2026, these assessments provide essential data to inform decisions regarding this majestic continent and its fantastic wildlife.

The IUCN insists that Antarctica’s role as our planet’s “frozen guardian” is irreplaceable. Penguins are already among the most threatened birds on Earth. The emperor penguin’s move to Endangered is a stark warning: that global warming is accelerating the extinction crisis before our eyes. Governments must act now to urgently decarbonise our economies.

The primary driver for the loss of both penguins end seals is the early break-up and loss of sea-ice, which has reached record lows since 2016. Emperor penguins require sea-ice that is “fastened” to the coastline, ocean floor or grounded icebergs as habitat for their chicks and during their moulting season, when they are not waterproof. If the ice breaks up too early, the result can be deadly.

The Antarctic fur seal has moved to Endangered on the IUCN Red List, as its population has decreased by more than 50 per cent from an estimated 2,187,000 mature seals in 1999 to 944,000 in 2025. The ongoing decline is due to global warming, as rising ocean temperatures and shrinking sea-ice are pushing krill to greater ocean depths in search of colder water, reducing the availability of food for seals. Krill shortages at South Georgia have reduced the survival of pups in their first year dramatically, leading to an ageing breeding population. Other threats, such as predation by killer whales and leopard seals and competition with recovering baleen whale populations targeting the same krill, are potentially also impacting this declining population

The southern elephant seal has moved to Vulnerable on the IUCN Red List, following declines caused by Highly Pathogenic Avian Influenza (HPAI). There has been a significant increase in the prevalence of avian flu around the world since 2020, and it has spread to mammals. The disease has affected four of the five major subpopulations, killing more than 90 per cent of newborn pups in some colonies and seriously impacting adult females, which spend more time on the beaches than males. There is growing concern that disease-related mortalities of marine mammals will increase with global warming – particularly in polar regions, where animals have not had much previous exposure to pathogens. Animals that live close together in colonies, such as southern elephant seals, are particularly hard-hit by diseases.

Source : IUCN.

Fer et algues en Antarctique, et réchauffement climatique // Iron and algae in Antarctica, and global warming

Concentrations de CO2 : 429,79 ppm

Concentrations de CH4 : 1945,85 ppb

Les algues, comme toutes les plantes, absorbent le CO2 et rejettent de l’oxygène, sur le principe de la photosynthèse, ce qui rend les forêts et les océans si indispensables. Et sur ce terrain-là, les algues marines sont imbattables, car elles absorbent cinq fois plus de carbone que les forêts. Les plus fortes en absorption sont les algues microscopiques que l’on trouve dans le plancton.

Certains scientifiques avaient expliqué que la hausse des températures et la fonte des glaciers de l’Antarctique permettraient de libérer du fer et ainsi d’alimenter la prolifération de ces algues microscopiques susceptibles de capter du CO2 et donc de ralentir quelque peu le réchauffement anthropique.

Toutefois, cette théorie vient d’être mise à mal par des chercheurs de l’université Rutgers-New Brunswick aux États-Unis. Ils ont étudié la plateforme de glace de Dotson, dans la mer d’Amundsen en Antarctique occidental. Selon ces scientifiques, l’eau de fonte de cette plateforme apporte beaucoup moins de fer aux eaux environnantes que ne le pensaient leurs collègues qui affirmaient que la fonte des glaciers sous les plateformes de glace contribuait de manière significative à la biodisponibilité du fer dans ces eaux, par un processus de fertilisation naturelle induite par les glaciers.

La dernière étude semble montrer d’une part que la quantité de fer présente dans l’eau de fonte des glaces de l’Antarctique est plusieurs fois inférieure à ce que les modélisations avaient annoncé ; d’autre part, que la majeure partie de ce fer semble provenir d’ailleurs.

Dans la revue Communications Earth and Environment, les chercheurs racontent comment, en 2022, ils ont embarqué à bord d’un brise-glace américain, le Nathaniel B. Palmer, pour rejoindre la barrière de glace de Dotson et prélever de l’eau de fonte glaciaire à la source. De retour au laboratoire, ils ont analysé leurs échantillons pour déterminer leur teneur en fer et identifier les sources de ce fer.

Pour comprendre leurs résultats, il faut savoir que dans la mer d’Amundsen – responsable de la majeure partie de l’élévation du niveau de la mer due à la fonte des glaces antarctiques – l’eau de fonte provient de sous les plateformes glaciaires. La fonte y est principalement causée par la sape sous-glaciaire par les eaux plus chaudes de l’océan Austral. C’est sur une de les cavités générées par cette fonte que les chercheurs se sont concentrés.

La nouvelle étude révèle qu’ « environ 90 % du fer dissous qui s’échappe de la cavité de la plateforme glaciaire provient des eaux profondes et des sédiments situés à l’extérieur de cette cavité, et non de l’eau de fonte. » Selon les chercheurs, la majeure partie du fer transporté par l’eau de fonte provient du broyage et de la dissolution de la roche-mère dans la couche liquide située entre la roche-mère et la calotte glaciaire, et non de la glace elle-même qui est à l’origine de la montée du niveau de la mer.

Ces résultats demandent à être confirmés par des recherches supplémentaires qui pourraient éclairer le rôle des processus sous-glaciaires dans le phénomène. Malgré tout, cela remet en question les hypothèses actuelles concernant les sources de fer dans l’océan Austral dans un contexte de réchauffement climatique.

Source : Futura Sciences.

Nuage de phytoplancton en Antarctique (Source: NASA)

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Algae, like all plants, absorb CO2 and release oxygen through photosynthesis, which is what makes forests and oceans so essential. And in this respect, marine algae are unbeatable, absorbing five times more carbon than forests. The most efficient absorbers are the microscopic algae found in plankton.
Some scientists had explained that rising temperatures and the melting of Antarctic glaciers would release iron, thus fueling the proliferation of these microscopic algae capable of capturing CO2 and therefore slowing anthropogenic warming.
However, this theory has just been challenged by researchers from Rutgers University-New Brunswick in the United States. They studied the Dotson Ice Shelf in the Amundsen Sea in West Antarctica. According to these scientists, the meltwater from this ice shelf contributes far less iron to the surrounding waters than previously thought by their colleagues, who had asserted that the melting of glaciers beneath the ice shelves significantly contributed to the bioavailability of iron in these waters through a natural fertilization process induced by the glaciers.
The latest study appears to show, firstly, that the amount of iron present in Antarctic ice meltwater is several times lower than predicted by models. Secondly, most of this iron seems to originate from elsewhere.
In the journal Communications Earth and Environment, the researchers recount how, in 2022, they embarked on an American icebreaker, the Nathaniel B. Palmer, to reach the Dotson Ice Shelf and collect glacial meltwater at its source. Back in the laboratory, they analyzed their samples to determine their iron content and identify the sources of this iron. To understand their findings, it’s important to know that in the Amundsen Sea—responsible for most of the sea-level rise caused by Antarctic ice melt—meltwater originates from beneath the ice shelves. Melting there is primarily caused by subglacial erosion from the warmer waters of the Southern Ocean. Researchers focused on one of the cavities created by this melting.
The new study reveals that « approximately 90% of the dissolved iron escaping from the ice shelf cavity comes from deep waters and sediments located outside this cavity, and not from meltwater. » According to researchers, most of the iron transported by meltwater comes from the crushing and dissolution of the bedrock in the liquid layer between the source rock and the ice sheet, and not from the ice itself, which is the primary cause of sea-level rise.
These results require confirmation through further research that could shed light on the role of subglacial processes in this phenomenon. Nevertheless, this challenges current assumptions regarding iron sources in the Southern Ocean in the context of climate change.
Source: Futura Sciences.

La banquise toujours au plus bas ! // Sea ice still at its lowest !

Concentrations de CO2 : 429,12 ppm

Concentrations de CH4 : 1945,85 ppb

Comme je l’ai mentionné précédemment, février 2026 a été le cinquième mois de février le plus chaud jamais enregistré à l’échelle mondiale, avec une température moyenne de l’air en surface de 13,26 °C, soit 0,53 °C au-dessus de la moyenne de février pour la période 1991-2020. Le mois de février le plus chaud jamais enregistré remonte à 2024.
Dans l’Arctique, l’étendue moyenne de la banquise en février était inférieure de 5 % à la moyenne, ce qui la place au troisième rang des valeurs les plus faibles jamais enregistrées pour ce mois. À l’échelle régionale, la couverture de glace de mer était inférieure à la moyenne dans la mer du Labrador, la baie de Baffin et la mer d’Okhotsk. Elle était exceptionnellement élevée dans la mer du Groenland, où l’étendue de la banquise a atteint un niveau record pour un mois de février depuis 22 ans.

Cette faiblesse de la banquise est une nouvelle manifestation du réchauffement climatique d’origine humaine. La banquise de l’Arctique est sur le point d’enregistrer l’un de ses pires hivers jamais mesurés. En effet, l’hiver 2025-2026 affiche un niveau de reconstitution de la banquise en dessous de celui enregistré l’an dernier, qui était pourtant déjà au plus bas en quatre décennies, selon les données du National Snow and Ice Data Center (NSIDC). Comme je l’ai écrit plus haut, si la tendance se poursuit jusqu’à fin mars, cet hiver figurera parmi les cinq pires jamais mesurés avec ceux de 2025, 2018, 2017 et 2016. Si la glace ne continue pas à s’étendre avant la fin de cet hiver, à la fin du mois, cela battrait même le record établi en 2025.

Selon le NSIDC, l’étendue maximale de banquise cet hiver pourrait être l’une des plus faibles, voire la plus faible jamais enregistrée. En 2025, la banquise arctique avait atteint sa taille maximale le 22 mars, avec une superficie évaluée à 14,31 millions de kilomètres carrés. Pour l’instant, son niveau maximal pour cet hiver a été de 14,22 millions de kilomètres carrés le 10 mars.

La hausse des températures mondiales affecte disproportionnellement les pôles, et l’Arctique, qui se réchauffe quatre fois plus vite qu’ailleurs. Les onze dernières années s’inscrivent toutes parmi les plus chaudes jamais enregistrées sur la planète. Si la fonte de la banquise ne fait pas directement monter le niveau des océans, contrairement à la fonte de la glace qui se situe sur terre avec les calottes glaciaires et les glaciers, elle provoque de nombreuses conséquences climatiques qui menacent bien des écosystèmes. De nombreuses espèces comme l’ours polaire ou les phoques dépendent de la banquise pour se reproduire et se nourrir.

 Source: NSIDC

De son côté, l’étendue de la banquise antarctique a atteint des niveaux records de faiblesse en janvier et février 2026. Fin février, elle était de 1,83 million de kilomètres carrés, soit 93 000 kilomètres carrés de moins que le minimum saisonnier record de février 2022. Tout au long de l’année dernière, l’étendue de la banquise est restée globalement faible en Antarctique, la nouvelle glace étant plus fine et plus fragile que la normale.
Il est trop tôt pour conclure s’il s’agit de fluctuations météorologiques naturelles ou d’une nouvelle tendance à la fonte à long terme due au réchauffement climatique, ce qui pourrait avoir des répercussions majeures sur l’élévation du niveau de la mer. Il ne faudrait pas oublier que la banquise et les plateformes glaciaires servent de rempart à la masse de glace terrestre.
L’étendue de la banquise antarctique a traditionnellement présenté une forte variabilité interannuelle et régionale entre l’Antarctique occidental et la péninsule antarctique d’une part, et l’Antarctique oriental d’autre part, beaucoup plus vaste. Au cours de la dernière décennie, la variabilité régionale s’est atténuée, contribuant à la réduction de l’étendue de la banquise antarctique observée depuis 2016.
S’étendant sur 14 millions de km², l’Antarctique est un continent froid, venteux et aride. La température annuelle moyenne varie d’environ -10 °C sur les côtes antarctiques à -60 °C dans les régions les plus élevées de l’intérieur des terres. Son immense calotte glaciaire atteint jusqu’à 4,8 km d’épaisseur et contient 90 % des réserves d’eau douce de la planète, une quantité suffisante pour faire monter le niveau de la mer d’environ 60 mètres si elle venait à fondre entièrement. La péninsule antarctique figure parmi les régions du globe où le réchauffement est le plus rapide, avec une hausse de près de 3 °C au cours des 50 dernières années.

Source : Copernicus, NSIDC.

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As I put it before, February 2026 was the fifth-warmest February globally, with an average surface air temperature of 13.26°C, 0.53°C above the 1991-2020 average for February. The warmest February on record was in 2024.

In the Arctic, the average sea ice extent in February was 5% below average, ranking third lowest on record for the month. Regionally, sea ice cover was below average in the Labrador Sea, Baffin Bay and the Sea of Okhotsk. It was unusually high in the Greenland Sea, where sea ice extent reached a 22-year high for February.

This weakened sea ice is yet another manifestation of human-caused global warming. Arctic sea ice is on track to experience one of its worst winters on record. Indeed, the winter of 2025-2026 is showing a lower level of sea ice replenishment than last year, which was already at its lowest point in four decades, according to data from the National Snow and Ice Data Center (NSIDC). As I wrote above, if this trend continues until the end of March, this winter will rank among the five worst ever recorded, along with those of 2025, 2018, 2017, and 2016. If the ice does not continue to expand before the end of this winter, by the end of the month, it will even surpass the record set in 2025.

According to the NSIDC, the maximum extent of sea ice this winter could be one of the lowest, or even the lowest, ever recorded. In 2025, Arctic sea ice reached its maximum extent on March 22, with an estimated area of ​​14.31 million square kilometers. So far this winter, its maximum extent was 14.22 million square kilometers on March 10.
Rising global temperatures are disproportionately affecting the poles and the Arctic, which is warming four times faster than elsewhere. The last eleven years have all been among the warmest ever recorded on the planet. While melting sea ice does not directly raise sea levels, unlike the melting of ice on land in ice sheets and glaciers, it causes numerous climatic consequences that threaten many ecosystems. Many species, such as polar bears and seals, depend on sea ice for reproduction and feeding.

 

Antarctic sea ice extent tracked at record lows in both January and February. By the end of February, extent was 1.83 million square kilometers. This is 93,000 square kilometers below the record seasonal minimum in February 2022.

Throughout last year, the extent of sea ice was generally low in Antarctica, with new ice thinner and more fragile than normal.

It is too early to conclude whether this is part of natural weather fluctuations or a new long-term melting trend as a result of climate change – which can have major knock-on implications for sea level rise (the sea ice and ice shelves act to “buttress“ the mass of ice on the land).

Antarctic sea ice extent has traditionally shown large inter-annual and regional variability between West Antarctica and the Antarctic peninsula, and the much bigger East Antarctica. However some scientists say this may be changing. Over the past decade, there is less regional variability and this has contributed to the lower Antarctic sea ice extents that have been observed since 2016.

Spanning 14 million km2 (roughly twice the size of Australia), the Antarctic is cold, windy and dry. The average annual temperature ranges from about −10°C on the Antarctic coast to −60°C at the highest parts of the interior. Its immense ice sheet is up to 4.8km thick and contains 90% of the world’s fresh water, enough to raise sea level by around 60 metres were it all to melt. The Antarctic Peninsula (the northwest tip near to South America) is among the fastest warming regions of the planet, almost 3°C over the last 50 years.

Source : Copernicus, NSIDC.

Interconnexion des systèmes glaciaires

En s’appuyant sur l’analyse de sédiments glaciogéniques de la dernière période glaciaire, des chercheurs ont mis en évidence un recul simultané des glaciers de moyenne altitude dans les deux hémisphères terrestres. L’étude internationale, menée par l’Ifremer a été publiée dans la revue Nature Geoscience. Selon ces scientifiques, un réchauffement global aurait précédé et déclenché la « bascule bipolaire », un phénomène responsable de l’évolution opposée du climat des hémisphères Nord et Sud lors des stades d’Heinrich, c’est-à-dire des épisodes de refroidissement extrême survenus dans l’hémisphère Nord durant la dernière période glaciaire. Cette découverte souligne les connexions profondes qui existent au sein du système climatique terrestre.

Pour parvenir à cette conclusion, les scientifiques français, allemands et australiens ont analysé des sédiments glaciogéniques prélevés au large de la Nouvelle-Zélande grâce à des carottages sous-marins. Les sédiments glaciogéniques sont produits par l’érosion et le transport glaciaire ; ils sont donc les témoins de l’activité des glaciers passés ou présents Ces archives naturelles ont permis aux chercheurs de reconstituer 70 000 ans d’histoire des glaciers de l’hémisphère Sud.

 Localisation de la zone d’étude [Source : Nature Geoscience (2026)]

La comparaison de ces données avec celles issues des glaciers européens et nord-américains révèle un résultat inattendu : les glaciers des deux hémisphères ont connu des phases de recul simultanées. Ce synchronisme est constaté lors des stades d’Heinrich, épisodes de refroidissement brutal de l’Atlantique Nord, consécutif à un réchauffement planétaire global générant un déversement massif d’eau douce dans l’océan.

Cet afflux d’eau douce a entraîné un ralentissement de la circulation méridienne de retournement de l’Atlantique (AMOC). Ce ralentissement de l’AMOC a provoqué un refroidissement de l’Atlantique Nord alors qu’une accumulation de chaleur se produisait simultanément dans l’hémisphère Sud. C’est ce phénomène de transfert d’énergie entre les pôles que les glaciologues ont baptisé “bascule bipolaire”.

Cette fonte simultanée des glaciers néo-zélandais, européens et nord-américains, remet en question l’idée d’un simple “basculement” climatique entre hémisphères. Jusqu’à présent, ce concept s’appuyait essentiellement sur l’étude des glaces du Groenland et de l’Antarctique. Les nouvelles observations montrent qu’un réchauffement planétaire global a précédé chaque épisode de fonte glaciaire au cours des stades d’Heinrich, et ce malgré un refroidissement localisé dans l’Atlantique Nord.

Les scientifiques concluent que ce réchauffement global a constitué un prérequis à la mise en place de la « bascule bipolaire », laquelle s’est produite dans un second temps, en réponse au ralentissement de l’AMOC.

En reliant la réponse simultanée des glaciers des deux hémisphères à d’anciens bouleversements climatiques, l’étude internationale démontre à quel point le système climatique terrestre est complexe, sensible et interconnecté.

Source : IFREMER.

 Les calottes glaciaires de notre planète sont plus interconnectées qu’on le pendait jusqu’à présent