Ubinas (Pérou) : Risque de lahars // Lahar hazard

Un bulletin spécial émis par l’Institut de Géophysique du Pérou (IGP) le 24 janvier 2019 indique que le volcan Ubinas ne présente pas de signe  d’activité. Le niveau d’alerte était jusqu’à maintenant maintenu à la couleur Verte. Toutefois, l’Institut recommande le passage à la couleur Jaune car il existe en ce moment un réel risque de lahars suite à l’accumulation de neige et aux pluies abondantes qui s’abattent sur la région. Toute cette eau est susceptible de remobiliser les dépôts de cendre sur les pentes du volcan et de déclencher de dangereuses coulées de boue. Le 23 janvier, le réseau de stations sismiques a déjà enregistré un tel événement d’une durée de 53 minutes. .

Source : IGP.

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A special bulletin issued by the Institute of Geophysics of Peru (IGP) on January 24th, 2019 indicates that Ubinas volcano does not show signs of activity. The alert level was until now kept at Green. However, the Institute advises to raise the alert level to Yellow because there is currently a real risk of lahars due to the accumulation of snow and heavy rains that fall on the region. All this water is likely to remobilize ash deposits on the slopes of the volcano and trigger dangerous mudslides. On January 23rd, the network of seismic stations already recorded such an event which lasted 53 minutes.
Source: IGP.

Vue de l’Ubinas et de son cratère (Source: IGP)

Sabancaya (Pérou / Peru)

Le dernier bulletin de l’Institut de Géophysique du Pérou nous apprend que l’éruption du Sabancaya se poursuit sans changements significatifs. On enregistre en moyenne une vingtaine d’événements explosifs chaque jour. Les sismographes confirment que ces explosions sont essentiellement liées à des mouvements de fluides et que la sismicité n’est pas provoquée par une ascension de magma. Les nuages de cendre atteignent une hauteur de 3500 mètres. On ne relève pas de déformation majeure de l’édifice volcanique.

Source : IGP, INGEMMET.

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The latest report of the Institute of Geophysics of Peru informs us that the eruption of Sabancaya continues without significant changes. On average, there are about twenty explosive events every day. The seismographs confirm that these explosions are essentially related to fluid movements and that the current seismicity is not caused by magma ascent. The ash plumes reach a height of 3500 metres above the crater. There is no major deformation of the volcanic edifice.
Source: IGP, INGEMMET.

Source: INGEMMET

Sabancaya (Pérou / Peru)

Le « shutdown » aux Etats-Unis empêche la Smithsonian Institution de diffuser son bulletin hebdomadaire sur l’activité volcanique dans le monde. On peut tout de même obtenir des informations par les différents observatoires.

Ainsi, l’Institut de Géophysique du Pérou indique que l’on enregistre actuellement une moyenne de 27 explosions quotidiennes sur le Sabancaya., avec une activité essentiellement liée à des mouvements de fluides sous l »édifice volcanique. Les événements sismiques associés à une ascension du magma présentent une faible intensité. Lors des explosions, les nuages de cendre s’élèvent jusqu’à environ 3700 mètres au-dessus du cratère avant de se disperser dans le ciel sur une trentaine de kilomètres. L’Observatoire n’a pas décelé de déformation significative de l’édifice volcanique. Le niveau d’alerte volcanique est maintenu à la couleur Orange. .

Source : INGEMMET.

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The shutdown in the United States prevents the Smithsonian Institution from releasing its weekly report on volcanic activity around the world. However, we can still get information from the different observatories.
Thus, the Geophysics Institute of Peru indicates that an average of 27 daily explosions is recorded on Sabancaya. Activity is mainly related to movements of fluids under the volcanic edifice. Seismic events associated with the ascent of magma show a low intensity. During the explosions, the ash clouds rise up to about 3,700 metres above the crater before drifting in the sky for about thirty kilometres. The Observatory did not detect any significant deformation of the volcanic structure. The volcanic alert level is kept at Orange. .

Source : INGEMMET.

Source: IGP / INGEMMET

Les glaciers andins sont menacés // Andean glaciers are in danger

Les conclusions de l’Andean Glacier and Water Atlas [L’Atlas de l’eau et des glaciers andins] commandité par l’UNESCO et la fondation norvégienne GRID-Arendal confirment le mauvais état des glaciers de la Cordillère des Andes. Le rapport, publié le 6 décembre 2018 dans le cadre de la COP 24 de Katowice (Pologne) indique que si le recul se poursuit au rythme actuel (il a commencé dans les années 1950), certains glaciers de basse altitude des Andes tropicales pourraient perdre entre 78 et 97% de leur volume d’ici la fin du siècle, privant les populations de la région d’une partie de leurs ressources en eau.

Comme je l’ai écrit dans une note précédente, le seul glacier que compte encore le Venezuela devrait disparaître d’ici 2021.

Au Pérou, pays qui abrite le plus grand nombre de glaciers tropicaux du continent, ceux de la Cordillera Blanca ont nettement reculé au cours des dernières décennies. J’ai largement expliqué la situation dans ce pays dans un chapitre de mon dernier livre « Glaciers en péril » (voir vignette dans la colonne de droite de ce blog).

Un recul rapide des glaciers est également observé en Bolivie depuis les années 1980 et certains d’entre eux ont perdu près des deux tiers de leur masse.

Au Chili et en Argentine, le recul des glaciers de basse altitude situés en Patagonie et en Terre de Feu s’accélère.

En Colombie, il est probable que d’ici les années 2050, seuls subsisteront les glaciers situés sur les sommets les plus élevés.

En Equateur, le recul des glaciers est spectaculaire depuis une cinquantaine d’années.

Le problème, c’est que les eaux de fonte glaciaire constituent une ressource essentielle pour des millions de personnes, notamment pour les habitants des hauts plateaux andins de Bolivie, du Chili et du Pérou. Elles représentent environ 5% de l’approvisionnement en eau à Quito (Équateur), 61% à La Paz (Bolivie) et 67% à Huaraz (Pérou). Les années de sécheresse, cette proportion peut atteindre 15% à Quito, 85% à La Paz et 91% à Huaraz.

La situation est d’autant plus inquiétante que la température moyenne annuelle est en hausse dans la plupart des pays des Andes tropicales. Elle a augmenté d’environ 0,8°C au cours du siècle dernier et pourrait encore grimper de 2 à 5°C d’ici la fin du 21ème siècle. Selon les dernières estimations, la température pourrait augmenter de 1 à 7°C dans les Andes du sud, ce qui est énorme et fera inévitablement réagir les glaciers. .

Pour faire face aux défis de l’approvisionnement en eau des populations qui dépendent des glaciers, l’Andean Glacier and Water Atlas formule une série de recommandations à destination des décideurs de la région. Il prône notamment une meilleure intégration des données scientifiques dans la prise de décisions politiques, l’amélioration des infrastructures de surveillance des changements climatiques, la mise en œuvre d’une bonne gouvernance de l’eau ou encore le renforcement de la coordination entre les pays andins.

Source : notre-planète.info.

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The findings of the Andean Glacier and Water Atlas commissioned by UNESCO and the Norwegian GRID-Arendal Foundation confirm the poor state of the glaciers in the Andes Cordillera. The report, published on 6 December 2018, as part of COP 24 in Katowice, Poland, indicates that if glacier retreat continues at the current rate that began in the 1950s, some lowland glaciers in the tropical Andes could lose between 78 and 97% of their volume by the end of the century, depriving people in the region of some of their water resources.
As I put it in a previous post, the only glacier in Venezuela is expected to disappear by 2021.
In Peru, home to the largest number of tropical glaciers on the continent, the Cordillera Blanca glaciers have declined significantly in recent decades. I have largely developed the situation in this country in a chapter of my latest book « Glaciers en Péril. »
A rapid retreat of the glaciers has also been observed in Bolivia since the 1980s when some of them lost nearly two-thirds of their mass.
In Chile and Argentina, the retreat of lowland glaciers in Patagonia and Tierra del Fuego is accelerating.
In Colombia, it is likely that by the 2050s, only glaciers on the highest peaks will remain.
In Ecuador, the retreat of glaciers has been spectacular for about fifty years.
The problem is that glacial meltwater is an essential resource for millions of people, especially for the inhabitants of the Andean highlands of Bolivia, Chile and Peru. They represent about 5% of the water supply in Quito (Ecuador), 61% in La Paz (Bolivia) and 67% in Huaraz (Peru). In the years of drought, this proportion can reach 15% in Quito, 85% in La Paz and 91% in Huaraz.
The situation is all the more disturbing as the average annual temperature is rising in most countries of the tropical Andes where it increased by about 0.8°C during the last century and could still rise by 2 to 5°C by the end of the 21st century. According to the latest estimates, it could increase by 1 to 7°C in the southern Andes, which is quite significant and will inevitably make glaciers react.
To address the water supply challenges of glacier-dependent populations, the Andean Glacier and Water Atlas makes a series of recommendations for decision-makers in the region. It calls for better integration of scientific data into political decision-making, improvement of climate change monitoring infrastructures, implementation of good water governance and strengthening of coordination between Andean countries.

Source: notre-planète.info.

Vue de la Cordillera Blanca au Pérou (Crédit photo: NASA)