Volcans autour du monde // Volcanoes around the world

Comme d’habitude quand un dôme se forme dans le cratère, le Popocatepetl (Mexique) a été secoué par plusieurs fortes explosions les 2 et 3 mars 2019. Comme je l’ai déjà écrit, la formation d’un dôme de 200 mètres de large avait été signalée par le CENAPRED une dizaine de jours avant les explosions. Des retombées de cendres ont été signalées dans plusieurs localités. Une incandescence et une émission continue de vapeur et de gaz ont été observées pendant la nuit.. Le volcan émet actuellement des panaches de gaz et de vapeur appelés « exhalations » par le CENAPRED
Le niveau d’alerte reste à la couleur Jaune, Phase 2
Vous verrez les images des explosions du 2 mars 2019 en cliquant sur ce lien :
https://youtu.be/qBiz_yNBp70

 

L’activité de l’Anak Krakatau (Indonésie) s’est intensifiée à la fin du mois de février 2019. Le volcan a émis des panaches de cendre atteignant 500 mètres de hauteur. Plusieurs séismes d’origine volcanique ont également été enregistrés. Les visiteurs et les pêcheurs sont priés de respecter une distance de sécurité de l’île.
Source: (PVMBG).

 

L’activité éruptive se poursuit à Manam (Papouasie-Nouvelle-Guinée), avec des panaches de cendre jusqu’à 3 km au dessus du niveau de la mer.
La couleur de l’alerte aérienne reste Rouge.
L’activité éruptive avait été particulièrement intense en janvier, avec des panaches de cendre s’élevant à plus de 15 km d’altitude. Les tours de télécommunication, les réserves d’eau et d’autres infrastructures ont été détruites et les habitants proches du volcan ont dû être évacués.

 

L’activité éruptive est stable sur le Sabancaya (Pérou) avec une vingtaine d’explosions par jour et des panaches de cendre s’élevant jusqu’à 2 700 mètres au-dessus du cratère.
INGEMMET, IGP.

 

L’éruption se poursuit au Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) et ne semble pas prête de s’arrêter. Le tremort est assez stable et a gardé un niveau modéré au cours des derniers jours. Un cône se forme sur le site de l’éruption avec une bouche active au sommet. La lave a commencé à s’écouler dans des tunnels à la base du cône. En aval, la branche nord de la coulée est la seule à être active.

Dernière minute : Une nouvelle fissure s’est ouverte en amont du site éruptif, sur le flanc nord-ouest du Piton Madoré. Elle a été observée par un touriste lors d’un survol en hélicoptère. L’OVPF pense que ce nouveau point d’émission de lave s’est probablement ouvert le 5 mars entre 09h00 et 19h00. Un petit cône est en cours de formation et une nouvelle coulée a commencé à progresser au nord du site éruptif principal.

L’OVPF précise ce matin qu’au moins 6 points d’émission sont visibles aux alentours du Piton Madoré. Les conditions météo ne permettent pas actuellement de faire une reconnaissance aérienne.

Source: OVPF.

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As usual when a dome builds up within the crater, Popocatepetl (Mexico) was shaken by several strong explosions on March 2nd and 3rd, 2019. As I put it before, the growing 200-metre-wide dome had been reported by CENAPRED about ten days before the explosions. Ashfall has been reported in several communities. Incandescence and continuous emission of water vapour and volcanic gases were observed during the night. The volcano is currently emitting gas and vapour plumes calles “exhalations” by CENAPRED

The Alert Level remains at Yellow, Phase Two.

En cliquant sur ce lien, vous verrez des images des explosions du 2 mars 2019.

https://youtu.be/qBiz_yNBp70

 

There has been an increase in the activity of Anak Krakatau (Indonesia) at the end of February 2019. The volcano emitted ash plumes up to 500 metres high. Several volcanic earthquakes have also been recorded. Visitors and fishermen are asked to stay a safe distance from the island.

Source: (PVMBG).

 

Eruptive activity continues at Manam (Papua New Guinea), with ash plumes up to 3 km above sea level.

The aviation colour code remains Red.

Eruptive activity had been particularly intense in January, with ash plumes rising an altitude of more than 15 km. Telecommunication towers, water sources and other infrastructure were destroyed and local residents close to the volcano had to be evacuated.

 

Eruptive activity is stable at Sabancaya (Peru) with 20 explosions or so per day and ash plumes that rise up to 2,700 metres above the crater.

INGEMMET, IGP.

 

The eruption continues at Piton de la Fournaise (Reunion Island) and does not seem ready to stop. The tremor is quite stable and has kept a moderate level during the past days. A cone is building up on the site of the eruption with an open vent at the summit. Lava has started to flow in tunnels at the base of the cone. The northern branch of the flow is the only one to be active.

Last minute: A new fissure has opened upskope of the eruptive site, on the north-west flank of Piton Madoré. It was observed by a tourist during a helicopter flight. OVPF believes that this new lava emission point probably opened on March 5th between 09:00 and 19:00. A small cone is being built and a new flow has begun to progress north of the main eruptive site.

OVPF indicates this morning that at least six emission points can be seen in the Piton Madoré area. Poor weather conditions do not currently allow to fly over the eruptive site.

Source: OVPF.

Vue du tremor éruptif (Source : OVPF)

La webcam du Piton Cascades montre que l’éruption reste soutenue à la source

 

Volcans du monde // Volcanoes around the world

L’éruption du Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) se poursuit. Malgré quelques fluctuations, le tremor reste relativement stable. Le front de coulées de situe à 1200 mètres d’altitude et seul le bras nord est actif.
Source: OVPF.

Un article paru dans le Journal de l’Ile résume parfaitement la situation actuelle sur le volcan. Mes amitiés à François Martel-Asselin qui l’a rédigé.

https://www.clicanoo.re/Societe/Article/2019/03/01/Eruption-quand-les-coulees-la-route_568825?fbclid=IwAR0nVRRS0tasRnADqEewoEDWS3FavYowQUJN14yb5lLp7M4XPxDG-1wSR48

D’importantes émissions de gaz s’échappent de quatre bouches dans une zone précédemment recouverte par un lac à l’intérieur du cratère du Poas (Costa Rica). Une légère incandescence est parfois visible au niveau de l’une des bouches pendant la nuit. Une odeur de soufre a été signalée dans plusieurs zones sous le vent. Des retombées de cendre ont été observées à Canoas de Alajuela le 26 février 2019.
Source: OVSICORI ..

Le volume du dôme de lave dans le cratère sommital du Merapi (Indonésie) n’a pas changé par rapport aux semaines précédentes. Les émissions de gaz et de vapeur s’élèvent jusqu’à 375 mètres au-dessus du cratère. Le 18 février 2019, plusieurs avalanches de blocs et de cendre ont parcouru un kilomètre dans la ravine de la rivière Gendol. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 1-4) et il est demandé à la population de rester en dehors de la zone d’exclusion de 3 km.

Une moyenne de 20 explosions par jour a été enregistrée sur le Sabancaya (Pérou) au cours de la semaine écoulée. Des panaches de gaz et de cendre ont été observés jusqu’à 2,2 km au-dessus du cratère. Le public ne doit pas s’approcher du cratère dans un rayon de 12 km.
Source: INGEMMET, IGP.

Au Kamchatka, le KVERT a signalé une augmentation de l’activité du Bezymianny, avec une incandescence nocturne du cratère et des effondrements du dôme de lave générant des avalanches pyroclastiques. Les panaches de cendre du Karymsky ont été observés sur des images satellites, avec parfois une anomalie thermique. Le dôme de lave du Sheveluch continue de croître, avec une extrusion de blocs du côté nord et des avalanches pyroclastiques. Le niveau d’alerte reste à l’Orange pour ces trois volcans.

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The eruption of Piton de la Fournaise (Reunion Island) is going on. Despite a few fluctuations, the eruptive tremor has been quite stable during the past days. The lava flow front is located 1200 metres above sea level. The northern branch is the only one to be active for thr moment.
Source: OVPF.

Intense gas emissions are rising from four fumarolic vents in the area previously covered by a lake in the crater of Poas (Costa Rica). Minor incandescence is sometimes visible from one of the vents at night. A sulphur odour has been reported in several downwind areas. Ashfall was reported in Canoas de Alajuela on 26 February, 2019.
Source: OVSICORI..

The volume of the lava dome in Merapi’s summit crater (Indonesia) has remained unchanged compared with the previous few weeks. White emissions are rising as high as 375 metres above the crater rim. On 18 February, 2019, multiple block-and-ash f lows traveled at one kilometre down the Gendol drainage. The Alert Level remains at 2 (on a scale of 1-4), and residents are warned to remain outside the 3-km exclusion zone.

An average of 20 explosions per day occurred at Sabancaya (Peru) during the past week. Gas-and-ash plumes were seen rising as high as 2.2 km above the crater. The public should not approach the crater within a 12-km radius.
Source: INGEMMET, IGP.

In Kamchatka, KVERT reports increased activity at Bezymianny characterized by nighttime crater incandescence and hot avalanches originating from the lava dome. Ash plumes from Karymsky are identified in satellite images, with an occasionnal thermal anomaly. Sheveluch’s lava dome continues to grow, extruding blocks on the N side, and producing hot avalanches. The alert level remains at Orange for these three volcanoes.

Eruption au sommet du Sabancaya (Credit photo: IGP)

Activité éruptive du Bezymianny (Source: KVERT)

 

La fonte des glaciers de Patagonie (2) // The melting of Patagonian glaciers (2)

Il existe un fort contraste entre la partie occidentale et la partie orientale de la Patagonie. Le paysage à l’ouest est beaucoup plus vert, en raison des précipitations intenses générées par les masses d’air chaud et humide du Pacifique qui remontent le long des montagnes. Les terres autour des fjords abritent de grands arbres et une végétation luxuriante. Beaucoup de fjords sont envahis par des icebergs. La présence d’icebergs est un signe de la désintégration et du recul rapides des systèmes glaciaires. La glace se concentre dans un rayon de 10 kilomètres des fronts des glaciers en raison des eaux peu profondes à l’embouchure des fjords qui piègent les plus gros icebergs.

A côté de cela, les glaciers situés à l’est terminent leur course dans quelques uns des plus grands lacs glaciaires au monde. Les lacs reçoivent les sédiments apportés par les glaciers, ce qui leur donne une belle couleur turquoise visible depuis l’espace.
Jorge Montt, situé à l’extrémité nord du champ de glace de Patagonie méridionale, est l’un des glaciers les plus importants et les plus remarquables. Il avance du sud au nord et se jette dans un fjord orienté vers l’ouest en direction de l’Océan Pacifique. Depuis le milieu des années 1980, la vitesse de la glace a fluctué, avec des reculs particulièrement spectaculaires observés dans les années 1990. En tout, le glacier a reculé de 13 kilomètres entre 1984 et 2014.
Le glacier Upsala, situé à l’est et qui se jette dans le Lago Argentino, est également l’un des plus grands et des plus longs du champ de glace. Son recul se poursuit depuis les premiers relevés effectués en 1810.
L’Occidental, un autre grand glacier, a moins reculé que ses voisins, d’à peine un kilomètre depuis les années 1980. Il vient vêler dans un petit lac peu profond où les icebergs sont piégés avant de fondre lentement.

 Les scientifiques étudient depuis longtemps la vitesse de la glace en Patagonie. Au fil des ans, ils ont cartographié la vitesse de quelques-uns des glaciers, à partir d’observations sur le terrain et de données d’interférométrie radar fournies par plusieurs satellites entre 1984 et 2014. Cette approche a révélé une image très variable de la vitesse de la glace. La différence dans les eaux, chaudes et salées à l’ouest, plus froides et plus fraîches à l’est, contrôle également le vêlage et la dynamique interne des glaciers qui terminent leur course dans un lagon ou dans la mer. La fonte des fronts de glaciers due à la chaleur des océans peut faire fondre les glaciers de l’ouest de la Patagonie cinq à dix fois plus vite que ceux de l’est.

L’accélération et le recul des glaciers peuvent avoir une multitude d’effets sur le paysage. Les glaciers déposent d’importantes quantités de sédiments qui obstruent les rivières, les fjords et les voies navigables; cela modifie les habitats aquatiques et les ressources en eau. En bordure de la marge occidentale du champ de glace de Patagonie méridionale, les navires qui empruntent les fjords doivent faire face aux nombreux icebergs qui se détachent des fronts des glaciers.
Compte tenu des changements climatiques en cours, les glaciers du nord et du sud de la Patagonie laissent entrevoir ce qui devrait se produire au cours des prochaines décennies dans d’autres régions recouvertes de glace, telles que la Péninsule Antarctique et l’Arctique canadien sous l’effet du réchauffement rapide de la planète.

Pour terminer ce tour d’horizon, il est intéressant de s’attarder sur le Perito Moreno, l’un des plus grands glaciers de Patagonie avec 30 km de longueur. Le glacier prend naissance dans les Andes, plus précisément dans le champ de glace de la Patagonie méridionale, et il termine sa course dans les eaux plus chaudes du Lago Argentino à 180 mètres d’altitude. Le Perito Moreno est probablement le glacier le plus célèbre de la région, Il occupe toute la largeur du lac, jusqu’à la rive opposée, et la langue de glace est  bien ancrée, de sorte qu’elle forme un barrage naturel. Cette barrière de glace empêche la circulation de l’eau du lac d’un bord à l’autre, ce qui provoque la concentration d’une eau plus trouble et plus laiteuse à Brazo Rico. L’eau en provenance des montagnes coule sous le glacier, ce qui entraîne la boue dans le lac, mais contribue également à la lubrification du glacier sur son substrat rocheux et accélère sa progression. En raison de ce barrage de glace naturel, les eaux de fonte en provenance du sud font monter le niveau de Brazo Rico jusqu’à 30 mètres au-dessus du niveau du Lago Argentino. La forte pression exercée par cette eau finit par provoquer la rupture spectaculaire de la langue de glace. Le processus se répète tous les quatre ou cinq ans lorsque la glace est repoussée vers la rive opposée. Ces ruptures répétées ont fait du glacier et du lac une attraction touristique majeure dans la région.
Source: NASA.

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There is a sharp contrast between the western and eastern sides of Patagonia. The landscape west of the icefield is much greener, driven by the intense precipitation that drops out of warm, wet Pacific air masses as they ascend the mountains. Land around the fjords support large trees and lush forest cover. Many of the fjords are choked with icebergs. The presence of icebergs indicates the rapid disintegration and retreat of these glacier systems. Ice gets concentrated within 10 kilometres of the glacier fronts due to shallow sills at the mouths of these fjords, which ground and trap the larger bergs.

In contrast, glaciers on the eastern side of the icefield end in some of the largest proglacial lakes in the world. The lakes are filled with so much fine sediment from the glaciers that their turquoise colour can be seen from space.

Jorge Montt, located on the north end of the South Patagonian Icefield, is one of the icefield’s largest, most notable glaciers. It flows south to north and empties into a fjord that ultimately angles west toward the Pacific Ocean. Since the mid 1980s, the speed of ice flow has fluctuated, with particularly spectacular retreat events documented in the 1990s. In all, the glacier retreated 13 kilometres between 1984 and 2014.

Upsala Glacier, on the eastern edge and flowing into Lago Argentino, is also among the icefield’s largest and longest glaciers. Its retreat has been ongoing since the place was first documented in 1810.

Occidental, another of the larger glaciers, has retreated less than its neighbours, only about one kilometre since the 1980s. It sheds its icebergs into a small, shallow proglacial lake, where they are trapped and then slowly melt away.

Scientists have long wondered: how fast is Patagonia’s ice changing. Over the years, they have mapped the velocities of a few of the outlet glaciers, derived from radar interferometry observations collected from multiple satellites between 1984 and 2014. The result revealed a very different picture of ice velocities. The difference in the waters, warm and salty in the west, and colder and fresher in the east, also controls the calving and internal dynamics of the outlet glaciers. Melting at the ice fronts due to ocean heat can draw down western glaciers at 5 to 10 times the rate of glaciers in the east.

The acceleration and retreat of Patagonia’s glaciers can have a multitude of effects on the landscape. The glaciers produce mounds of sediment that clog the rivers, fjords, and waterways; this alters aquatic habitats and reroutes water resources. And along the western margin of the South Patagonian Icefield, ships that pass through the fjords must contend with the numerous icebergs that calve from the glacier fronts.

Given ongoing climate change, the glaciers of the north and south Patagonia icefields are important predictors of what is expected to occur in the coming decades in other glaciated, high-latitude regions, such as the Antarctic Peninsula and the Canadian Arctic, which are experiencing some of the most rapid warming on the planet.

The Perito Moreno Glacier is one of the largest in Patagonia at 30 kilometres long. The glacier descends from the Southern Patagonian Icefield in the Andes Mountains down into the water and warmer altitudes of Lago Argentino at 180 metres above sea level. Perito Moreno is perhaps the region’s most famous glacier because it periodically cuts off the major southern arm (known as Brazo Rico) of Lake Argentino. The glacier advances right across the lake until it meets the opposite shoreline, and the ice tongue is “grounded” (not floating) so that it forms a natural dam. The ice dam prevents lake water from circulating from one side to the other, which in turn causes muddier and milkier water to concentrate in Brazo Rico. Water flows down under the glacier from the mountains, not only carrying the mud into the lake but also helping lubricate the glacier’s downhill movement. Because of this natural ice dam, meltwater from the south raises water levels in Brazo Rico by as much as 30 metres above the level of the water in Lago Argentino. The great pressure of this water ultimately causes the ice tongue to rupture catastrophically in a great natural spectacle. The process repeats every four to five years as the glacier grows back towards the opposite shoreline. The repeated ruptures have made the glacier and lake a major tourist attraction in the region.

Source : NASA.

Carte montrant les différences entre les vitesses de progression des glaciers. Les tracés jaunes montrent les glaciers qui avancent le plus vite tandis que les zones violettes font référence aux glaciers les plus lents. On peut voir en vert les très nombreux glaciers dont la vitesse de progression dépasse 100 mètres par an. (Source : NASA)

Perito Moreno, Brazo Rico et Lago Argentino (Source: NASA)

Glacier Perito Moreno (Crédit photo: Wikipedia)

La fonte des glaciers de Patagonie (1) // The melting of Patagonian glaciers (1)

Les montagnes d’Amérique du Sud abritent certains des plus grands glaciers du monde. Cependant, comme ailleurs sur la planète, ces derniers sont en train de fondre très rapidement. Dans la partie occidentale de la Patagonie, les glaciers s’étendent sur des centaines de kilomètres au sommet des Andes chiliennes et argentines.
Les lobes nord et sud du champ de glace de Patagonie sont les restes d’une calotte qui a atteint sa taille maximale il y a environ 18 000 ans. Bien qu’ils ne représentent qu’une petite partie de leur taille antérieure, les glaciers de Patagonie aujourd’hui restent la plus grande étendue de glace de l’hémisphère sud en dehors de l’Antarctique. Pourtant, de profonds changements sont en cours et les glaciers fondent à des vitesses qui comptent parmi les plus élevées de la planète. Les eaux de fonte provenant des glaciers de Patagonie contribuent à l’élévation du niveau de la mer. La contribution est inférieure à celle du Groenland et de l’Antarctique, mais les scientifiques continuent à étudier le phénomène depuis l’espace.

S’agissant des glaciers du nord de la Patagonie, la partie septentrionale est la moins étendue. Elle couvre environ 4 000 kilomètres carrés, avec une trentaine de glaciers importants. L’amincissement rapide des glaciers dans la région illustre l’impact du réchauffement climatique à l’échelle de la planète. Il a été démontré que les glaciers de Patagonie subissent l’un des reculs les plus spectaculaires au monde, avec des pertes de glace encore plus spectaculaires qu’en Alaska,  en Islande, au Svalbard ou au Groenland.

Les glaciers du sud de la Patagonie couvrent environ 13 000 kilomètres carrés, soit trois fois plus que la partie nord. Ils sont alimentés par des précipitations qui peuvent être intenses dans la partie ouest, avec jusqu’à 4 mètres de pluie et de neige par an; elles sont plus modérées à l’est, avec moins d’un mètre par an.
Les scientifiques doivent endurer ces mauvaises conditions météorologiques lorsqu’ils vont sur le terrain pour mieux comprendre comment et pourquoi les glaciers de Patagonie reculent. Ils ne fondent pas seulement par le haut à cause de l’air chaud, mais aussi par le bas, là où ils entrent en contact avec les eaux de l’océan et des lacs.

Source : NASA

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The mountains of South America harbour some of the largest icefields in the world. However, like elsewhere on the planet, the glaciers are melting very rapidly. Toward the western side of Patagonia, the Patagonian icefields stretch for hundreds of kilometres over the tops of the Andes in Chile and Argentina.

The northern and southern lobes of the Patagonian icefield are what is left of a much larger ice sheet that reached its maximum size about 18,000 years ago. Though just a fraction of their previous size, the modern icefields remain the largest expanse of ice in the Southern Hemisphere outside of Antarctica. But rapid change is ongoing and glaciers are melting away at some of the highest rates on the planet. Meltwater from the Patagonian icefield contributes to sea level rise. The contribution is less than what will come from Greenland and Antarctica, but scientists plan to keep studying the region from space, from the air, and from the ground.

As far as the Northern Patagonian Icefield is concerned, the northern remnant is the smaller of the two icefields, covering about 4,000 square kilometres, with about 30 significant glaciers along its perimeter. The rapid thinning of the icefield’s glaciers illustrates the global impact of climate warming. It has been shown that Patagonia glaciers experience some of the world’s most dramatic thinning, more than Alaska or Iceland or Svalbard or Greenland.

The Southern Patagonian Icefield spans about 13,000 square kilometres and is more than three times larger than the northern section. Glaciers are fed by the precipitation which can be intense on the west side of the icefields, which receive up to 4 metres of rain and snow per year; it is more moderate in the east, which receives less than one metre per year.

Scientists have to endure these poor weather conditions in order to better understand how and why the Patagonian icefields are shrinking. The reason is that they are not only melting from the top because of warm air, but also from below, where they come in contact with ocean and lake waters.

Source : NASA.

Patagonie: Champ de glace septentrional (Source: NASA)

Patagonie: Champ de lave méridional (Source: NASA)