Etna (Sicile) : l’accès aux Monti Silvestri est désormais payant

Très souvent, le premier contact des touristes avec l’Etna, lorsqu’ils débarquent de leurs véhicules sur le parking du Rifugio Sapienza, se fait par une visite des Montii Silvestri, formés par l’éruption de 1892. C’est une rencontre facile avec le volcan avant de prendre la Funivia dell’Etna qui permet de se rapprocher des cratères sommitaux, à 2900 mètres d’altitude.

Jusqu’à présent, l’accès aux cratères Silvestri était libre et gratuit. Depuis le jeudi 2 octobre 2025, il est payant et il vous faudra débourser 5 euros pour aller vous promener sur ce site magnifique. Cette décision a été prise par le groupe Russo Morosoli qui gère également la Funivia dell’Etna après avoir racheté cette partie du volcan en 1997.
La question du prix d’entrée aux Silvestri a suscité une vive polémique parmi les guides dont le travail facilite l’accès des touristes au volcan. Les protestations se multiplient et circulent sur les réseaux sociaux. Certains se demandent s’il est possible de demander l’intervention du Parc de l’Etna et des institutions. Le maire de Nicolosi – dont le territoire comprend les Silvestri – a déclaré ne pas avoir été mis au courant du droit d’entrée et avoir demandé au Parc de convoquer d’urgence le Conseil des maires .
Selon le journal La Sicilia, l’Autorité du Parc n’a reçu aucune demande d’autorisation ni notification de la décision d’instaurer un droit d’accès. Il faut toutefois savoir que la gouvernance du Parc est actuellement défaillante. Il y a quelques semaines, le conseiller à l’environnement a nommé le maire de Gravina di Catania à la présidence, mais cette nomination n’est pas encore effective.
Russo Morosoli, le gestionnaire des Crateri Silvestri, a indiqué qu’en avril 2025 il avait lancé une opération pour garantir la sécurité des touristes et informé tous les opérateurs qui les accompagnaient de la mise en place prochaine d’un accès réglementé. Il ne comprend donc pas les allégations concernant le manque d’information. Affaire à suivre…
Source : La Sicilia.

Crédit photo : Wikipedia

La banquise antarctique fond encore beaucoup trop vite // Antarctic sea ice is still melting far too quickly

Au cours de l’hiver austral 2024-2025, la banquise (ou glace de mer) de l’Antarctique a atteint son troisième niveau le plus bas depuis près d’un demi-siècle de surveillance par satellite. Cela confirme l’influence de plus en plus significative du réchauffement climatique sur le Continent blanc.
Chaque année, pendant l’hiver austral, l’océan autour de l’Antarctique gèle à des centaines de kilomètres au-delà du continent. Le maximum est généralement observé en septembre ou octobre, avant le début du cycle de dégel.
Selon le National Snow and Ice Data Center (NSIDC) de l’Université du Colorado à Boulder aux États Unis, en 2025, la banquise a atteint son pic le 17 septembre, avec une superficie de 17,81 millions de kilomètres carrés.
Le maximum de 2025 se classe au troisième rang des plus bas niveaux enregistrés depuis 47 ans, derrière le plus bas niveau historique de 2023 et le deuxième plus bas de 2024. Malgré tout, le niveau de 2025 reste bien en deçà de la normale historique.
Jusqu’en 2016, les mesures de la banquise antarctique avaient montré une légère augmentation – quoique irrégulière – au fil du temps. Aujourd’hui, il semble que la chaleur de l’océan se mélange aux eaux les plus proches de l’Antarctique. Cela signifie que le réchauffement climatique a fini par jeter son emprise sur les mers gelées du continent austral.
Dans la mesure où elle flotte, la banquise ne fait pas monter le niveau de la mer lorsqu’elle fond. C’est comme un glaçon dans un verre d’eau. Cependant, sa perte de surface fait disparaître les surfaces blanches qui réfléchissent la lumière du Soleil vers l’espace et les remplace par de l’eau d’un bleu profond qui absorbe cette même quantité de lumière.
De plus, la banquise agit également comme un tampon stabilisateur qui empêche la calotte glaciaire antarctique de pénétrer dans l’océan – et donc d’amplifier l’élévation du niveau de la mer – en réduisant l’impact des vagues avant qu’elles atteignent la côte et en atténuant l’effet des vents sur l’océan.
Les scientifiques ont observé davantage de chutes de neige en Antarctique car l’air humide au-dessus de l’océan atteint plus facilement la côte avec moins de banquise. Les tempêtes qui arrivent au-dessus de la calotte glaciaire transportent plus d’humidité et produisent donc plus de chutes de neige sur le continent, ce qui compense l’élévation du niveau de la mer. Cependant, si l’augmentation des chutes de neige peut compenser les effets déstabilisateurs pendant des décennies, les données historiques montrent qu’à plus long terme, lorsque le climat reste plus chaud, la calotte glaciaire rétrécit.
La calotte glaciaire de l’Antarctique contient suffisamment de glace pour faire s’élever le niveau des mers de plusieurs mètres et inonder les côtes basses dans le monde entier, même si un tel impact catastrophique se répartirait probablement sur plusieurs siècles.
Il ne faudrait pas oublier que 90 % de la chaleur générée par le réchauffement climatique d’origine humaine est absorbée par les océans.
Source : NSIDC.

Source : NSIDC

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Antarctica’s winter sea ice has hit its third-lowest level in nearly half a century of satellite monitoring, highlighting the growing influence of global warming on the planet’s southern pole.

Each year during the Southern Hemisphere’s winter, the ocean around Antarctica freezes hundreds of kilometers beyond the continent, with the maximum reach usually observed in September or October, before the thawing cycle begins.

According to the National Snow and Ice Data Center (NSIDC) at the University of Colorado Boulder, in 2025 the ice appeared to peak on September 17 at 17.81 million square kilometers.

The 2025 maximum ranks as the third lowest in the 47-year record, behind the all-time low in 2023 and the second-lowest in 2024, but still well below the historic normal.

Until 2016, measurements of Antarctic sea ice had shown an irregular but slight increase over time. Today,what seems to be happening is that warmth from the global ocean is now mixing into the water that is closest to Antarctica, which means that global warming finally caught up with the southern continent’s frozen seas.

Floating sea ice does not add to sea level when it melts. It’s like an ice cube in a glass of water. However, its retreat replaces white surfaces that reflect the Sun’s energy back into space with deep blue water which absorbs the same amount instead.

The sea ice also acts as a stabilizing buffer protecting the Antarctic Ice Sheet from entering the ocean and amplifying sea level rise by reducing the impact of waves before they reach the coast and lessening the effect of winds over the ocean.

Scientists have observed more snowfall in Antarctica, because the humid air over the ocean gets closer to the coast with less sea ice. Storms that arrive over the ice sheet carry more moisture and therefore produce more snowfall over the continent, which offsets sea level rise. However, while increased snowfall could offset destabilization effects for decades, over longer timescales past records show that when the climate stays warmer, the ice sheet shrinks.

The Antarctic Ice Sheet holds enough land ice to raise seas high enough to inundate low-lying coastlines around the world, though such a catastrophic impact would likely unfold over centuries.

Ninety percent of the heat generated by human-caused global warming is soaked up by the oceans.

Source : NSIDC.

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde :

Selon le Met Office islandais, une nouvelle éruption est susceptible de se produire en Islande le long de la chaîne de cratères de Sundhnúkur dans quelques semaines. On estime que le volume minimum de 11 millions de mètres cubes requis pour le déclenchement d’une éruption a été atteint le 27 septembre 2025 et le volume maximum de 23 millions de m3 sera atteint le 18 décembre, sous réserve qu’il n’y ait pas de fluctuations dans le système d’alimentation. Une fois le volume minimum atteint, on considère qu’il existe une forte probabilité d’intrusion magmatique et d’éruption sur la chaîne de cratères de Sundhnúkur. Une éruption peut survenir à tout moment une fois le volume minimum atteint.

Source : Met Office.

Source: Met Office

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L’Épisode 34 de l’éruption du Kilauea (Hawaï) a débuté le 30 septembre 2025 vers 26h45 avec une activité strombolienne dans la bouche nord et des débordements de lave. L’activité s’est intensifiée et les premières fontaines de lave sont apparues environ 30 minutes plus tard, le 1er octobre. D’abord obliques, elles sont devenues verticales et mesuraient environ 150 mètres de hauteur. Vers 2 heures du matin (heure locale), une petite activité strombolienne avec débordement de lave est apparue dans la bouche sud. Des fontaines de plusieurs dizaines, puis centaines de mètres, de hauteur (jusqu’à 400 m selon le HVO) ont ensuite jailli de cette bouche. On a alors assisté à un superbe duo de fontaines de lave. Elles ont brusquement cessé à 7h01 à la bouche sud et 7h03 à la bouche nord, et l’Épisode 34 a pris fin après plus de 6 heures d’activité intense. On estime à environ 8,9 million de mètres cubes le volume de lave émis pendant l’épisode. Comme lors des épisodes précédents, la fin du 34ème a été marquée par un passage de la déflation à l’inflation au sommet du Kilauea. Un 35ème épisode est donc probable d’ici quelques jours.

À noter que le 2 octobre 2025, à 20h28 (heure locale), un séisme de magnitude 3,9 s’est produit à 2 km au sud-sud-ouest de Pāhala, sur l’île d’Hawaï, à une profondeur de 30 km sous le niveau de la mer. Le séisme n’a eu aucun impact apparent sur le Mauna Loa et le Kīlauea.

Source : HVO.

Image webcam de l’éruption

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Des panaches de gaz et de vapeur s’élèvent encore de 300 à 1300 m au-dessus du cratère du Sabancaya (Pérou). Des anomalies thermiques sont détectées presque quotidiennement au fond du cratère sommital. Le niveau d’alerte reste Orange (niveau 3 sur une échelle de quatre couleurs) et le public est prié de rester en dehors d’un rayon de 12 km autour du sommet.
Source : IGP.

Crédit photo: IGP

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C’est toujours la même histoire sur le Fuego (Guatemala), où les explosions stromboliennes génèrent des panaches de gaz et de cendres qui s’élèvent jusqu’à 1,1 km au-dessus du sommet. Les explosions déclenchent des ondes de choc qui ébranlent les bâtiments et les structures dans les zones habitées des flancs sud-ouest et ouest. Elles projettent des matériaux incandescents à 100-200 m au-dessus du sommet. Des avalanches de blocs dévalent les flancs du volcan dans plusieurs ravines. De fortes pluies génèrent parfois des lahars qui dévalent eux aussi les ravines, charriant sédiments, branches d’arbres, troncs et blocs atteignant 3 m de diamètre.
Source : INSIVUMEH.

Vue di Fuego et de l’Acatenango (Crédit photo: INSIVUMEH)

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Des panaches de vapeur et de cendres s’élèvent jusqu’à 2 km au-dessus du sommet du Lewotobi Laki-laki (Indonésie). Selon un article de presse, l’aéroport Fransiskus Xaverius Seda (60 km à l’ouest du volcan) a été fermé du 26 septembre au début du 27 septembre 2025. Les cendres volcaniques ont entraîné l’annulation de six vols. Suite à une diminution du nombre de séismes volcaniques profonds, le niveau d’alerte a été abaissé à 3 (sur une échelle de 1 à 4) le 29 septembre 2025. Il est recommandé au public de se tenir à au moins 6 km du centre de Laki-laki.
Source : PVMBG.

Crédit photo: GVN

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L’activité volcanique reste intense sur le Yasur (Vanuatu) et le volcan est maintenu au niveau d’alerte 2 (sur une échelle de 0 à 5). Des émissions de SO₂ ont été identifiées sur des images satellite, ainsi que des anomalies thermiques de faible intensité. Des photos prises sur le terrain et des images de la webcam indiquent que des explosions se poursuivent périodiquement, avec des émissions de gaz, de vapeur et de cendres. Les données sismiques confirment une activité volcanique continue, avec des explosions parfois fortes. Les matériaux éjectés par les explosions peuvent retomber dans et autour du cratère. Il est rappelé au public de ne pas pénétrer dans la zone réglementée, et à moins de 600 m des limites de la zone d’exclusion permanente.
Source : Département de météorologie et des géorisques du Vanuatu (VMGD).

Source: Vanuatu Geohazards

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Dernière minute : Un volcan de boue situé à Jarawa Creek, sur l’île de Baratang (îles Andaman-et-Nicobar), est entré en éruption le 2 octobre 2025, après deux décennies d’inactivité. L’éruption a projeté de la boue, des gaz et de l’eau sur plus de 1 000 m², formant un monticule d’environ 3 à 4 m de hauteur. Les autorités ont fermé toutes les voies d’accès au volcan de boue, suspendu l’accès des visiteurs et demandé aux opérateurs de transport locaux de cesser d’acheminer des touristes vers la zone.
Les volcans de boue de Baratang sont le résultat de processus tectoniques dans la zone de subduction d’Andaman, où la plaque indienne plonge sous la plaque birmane, libérant des fluides et des gaz tels que le méthane et le sulfure d’hydrogène. Ces gaz mobilisent la boue souterraine et la poussent vers le haut à travers des fractures. Contrairement aux volcans magmatiques, les volcans de boue entrent en éruption en raison de la surpression des couches sédimentaires, parfois amplifiée par l’activité sismique.

Source : The Watchers.

Volcan de boue dans les Maccalube di Aragona (Sicile)

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans mentionnés dans les bulletins précédents « Volcans du monde ».
Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous pourrez en obtenir d’autres en lisant le rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news about volcanic activity in the world:

According to the Icelandic Met Office, a new eruption is likely to occur in Iceland along the Sundhnúkur crater row in a few weeks. It is assessed that the lower volume of 11 million cubic meters required for the start of an eruption was reached on 27 September 2025 and the upper vomume of 23 million m3 will be reached on 18 December, provided no fluctuations occur in the feeding system. Once the lower volume is reached, it is considered that we have entered a period with increased likelihood of a new intrusion and/or eruption. An eruption may occur any time after this lower volume is reached.

Source : Met Office.

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Episode 34 of the Kilauea eruption (Hawaii) began on September 30, 2025, at around 12:45 p.m., with Strombolian activity at the north vent and lava overflows. The activity intensified, and the first lava fountains appeared about 30 minutes later, on October 1. Initially oblique, they became vertical and measured about 150 meters in height. Around 2 a.m. (local time), a small Strombolian activity with lava overflows appeared at the south vent. Fountains several tens, then hundreds of meters high (up to 400 m according to HVO) then gushed from this vent. We then witnessed a superb duo of lava fountains. They abruptly ceased at 7:01 a.m. at the south vent and 7:03 a.m. at the north vent, and Episode 34 ended after more than 6 hours of lava fountaining. The volume of lava emitted during the episode is estimated at approximately 8.9 million cubic meters. As with previous episodes, the end of Episode 34 was marked by a transition from deflation to inflation at Kilauea’s summit. A 35th episode is therefore likely within a few days.

It should be noted that on October 2 2025, at, 8:28 p.m. (local time), an M3.9 earthquake occurred 2 km south-southwest of Pāhala on the Island of Hawaiʻi at a depth of 30 km below sea level. The earthquake had no apparent impact on either Mauna Loa or Kīlauea volcanoes.

Source : HVO.

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Gas-and-steam plumes at Sabancaya (Peru) still rise 300-1,300 m above the crater. Thermal anomalies are detected almost daily on the summit crater floor. The Alert Level remains at Orange (level 3 on a four-color scale) and the public is asked to stay outside of a 12 km radius from the summit.

Source : IGP.

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It is still the same story at Fuego (Guatemala) where Strombolian explosions generate gas-and-ash plumes that rise as high as 1.1 km above the summit. Explosions triggrer shock waves that rattle buildings and structures in communities on the SW and W flanks. Explosions eject incandescent material 100-200 m above the summit. Block avalanches descend the flanks of the volcano in several drainages. Heavy rains sometimes generate lahars that rush down the drainages carrying sediments and tree branches, trunks, and blocks as large as 3 m in diameter.

Source : INSIVUMEH.

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Steam and ash plumes rise as high as 2 km above the summit of Lewotobi Laki-laki (Indonesia). According to a news article the Fransiskus Xaverius Seda Airport (60 km W) was closed on 26 September through early 27 September 2025. Volcanic ash caused six flights to be canceled. Following a decline in the number of deep volcanic earthquakes, on 29 September 2025 the Alert Level was lowered to 3 (on a scale of 1-4) and the public was advised to stay 6 km away from the center of Laki-laki

Source : PVMBG.

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Activity is still intense at Yasur (Vanuatu) and yjhe volcano is kept at Alert Level 2 (on a scale of 0-5). SO2 emissions have been identified in satellite images, as well as low-level thermal anomalies. Field photos and webcam images indicate that explosions continue periodically, producing emissions of gas, steam, and ash. Seismic data confirm continuing volcanic activity with explosions that are occasionally strong. Ejected material from explosions can fall in and around the crater. The public is reminded to not enter the restricted area within 600 m around the boundaries of the Permanent Exclusion Zone.

Source: Vanuatu Meteorology and Geohazards Department (VMGD).

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Latest : A mud volcano at Jarawa Creek, Baratang Island, Andaman and Nicobar Islands, erupted on October 2, 2025, after lying dormant for two decades. The eruption released mud, gases, and water across more than 1 000 m2, forming a mound about 3–4 m (10–13 feet) high. Authorities closed all approach routes to the volcano, suspended visitor access, and informed local transport operators to stop ferrying tourists to the area.

Mud volcanoes in Baratang are formed by tectonic processes in the Andaman subduction zone, where the Indian Plate descends beneath the Burmese Plate, releasing fluids and gases such as methane and hydrogen sulfide. The gases mobilize underground mud, forcing it upward through fractures. Unlike magmatic volcanoes, mud volcanoes erupt due to overpressure in sediment layers, sometimes intensified by seismic activity.

Source : The Watchers.

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Activity remains globally stable on other volcanoes mentioned in the previous bulletins « Volcanoes of the world ».

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Triste bilan de la fonte des glaciers alpins en 2025

Au mois de septembre 2025, à la fin de l’été, plusieurs articles ont attiré l’attention sur la fonte rapide des glaciers alpins et la disparition quasi certaine de plusieurs d’entre eux d’ici 2050, autrement dit demain.

Tous les glaciologues s’accordent pour dire qu’au cours des 60 dernières années les Alpes ont perdu plus de 170 kilomètres carrés de surface autrefois couverte par les glaciers, soit l’équivalent de la vaste étendue du Lac de Côme en Lombardie (Italie). D’ici 2050, les glaciers situés à moins de 3 500 mètres d’altitude devraient disparaître complètement, ce qui compromettrait les réserves d’eau, l’équilibre des écosystèmes et la stabilité des montagnes.

Les données recueillies par la Caravane des glaciers 2025, un voyage d’experts et de glaciologues à travers les Alpes pour documenter le recul progressif et inexorable des rivières de glace, montrent que les fronts glaciaires fondent à un rythme impressionnant.

Le Glacier de Bessanese, dans le Piémont, est l’un d’entre eux. Au milieu du 19ème siècle, il couvrait 1,75 km2, alors qu’aujourd’hui, il n’en couvre plus que 0,3. Entre 2010 et 2023, il a perdu 3,9 millions de mètres cubes de glace, avec un affaissement moyen d’environ un mètre par an, une situation qui va encore s’aggraver avec la hausse des températures.

Crédit photo : Arpa Piemonte

Le glacier de La Ciamarella, également dans le Piémont, a vu sa surface diminuer de moitié en quelques décennies.

Crédit photo : Arpa Piemonte

De son côté, le Glacier Solda a vu son front reculer de 26 mètres en un an.

 Crédit photo : Legambiente

L’Aletsch, entre les cantons suisses de Berne et du Valais, a reculé de plus de trois kilomètres au cours des 100 dernières années et continue de perdre des dizaines de mètres de front chaque année.

Photo : C. Grandpey

La Mer de Glace, sur le versant français du Mont-Blanc, a vu son épaisseur diminuer de plus de 120 mètres depuis 1900, obligeant même le téléphérique qui y accède à ajouter de nouvelles marches pour suivre l’affaissement rapide de la glace.

Photo : C. Grandpey

Ce n’est pas tout. Aux pertes visibles subies par les glaciers dans les Alpes s’ajoute une transformation moins évidente mais tout aussi dangereuse : la dégradation du permafrost, qui, tel un ciment, assure la stabilité des pentes et des parois en haute altitude. Dans les régions alpines d’Europe, sa température a augmenté de plus d’un degré au cours de la dernière décennie, ce qui a entraîné une plus grande instabilité, avec des glissements de terrain et des effondrements, ainsi que des risques accrus pour les infrastructures de montagne.

 Effondrement du glacier du Birch sur le village suirsse de Blatten (Crédit photo : presse suisse)

À côté de ces constations déjà très inquiétantes, les chercheurs de Legambiente ont constaté que les glaciers apparaissent encore noircis par la poussière et les débris, tandis que les moraines sont de plus en plus instables et que la formation de lacs glaciaires devient plus fréquente.

Lac glaciaire du Rosolin (Savoie) – Crédit photo: presse régionale

Le paysage alpin est en train de changer de couleur et de forme. Les forêts et les prairies progressent, comblant les espaces laissés par le recul des glaciers ; c’est la preuve tangible d’une rupture d’équilibre, accélérée par les événements météorologiques extrêmes qui affectent l’arc alpin.

Entre le dimanche 17 août et le mardi 2 septembre 2025, la Caravane des glaciers a parcouru l’arc alpin pour observer de plus près l’état de santé des glaciers. Comme chaque année, l’initiative a été promue par Legambiente aux côtés du Comité Glaciologique Italien et de la section italienne de la Commission Internationale pour la Protection des Alpes (CIPRA).

Après le départ de l’Adamello en Lombardie, le voyage a touché l’Aletsch, le plus grand glacier des Alpes, puis le Ventina (voir ma note du 21 septembre 2025 sur la disparition de ce glacier), le Solda (Tyrol du Sud), le Zugspitze (Allemagne) et enfin les Glaciers Bessanese et Ciamarella (Piémont). Au-delà de la simple collecte de données, chaque étape a vu l’organisation d’activités de sensibilisation telles que le nettoyage des sentiers et des réunions publiques afin de stimuler une utilisation plus responsable des montagnes.

Source : https://nosalpes.eu/fr/