Volcans du monde // Volcanoes of the world

  Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde :

Depuis sa phase initiale le 16 mars 2024, l’éruption sur la péninsule de Reykjanes (Islande) a continuellement émis des coulées de lave. Cette dernière s’est accumulée et a épaissi le champ de lave près de Grindavík, notamment vers le sud, le long des digues de protection. La lave a progressé à la fois par des chenaux à l’air libre, mais aussi par un réseau de tunnels qui l’ont empêché de se refroidir.
Depuis la dernière mise à jour du 15 avril, le débit de lave à la source est estimé entre 3 et 4 m³/s.
On enregistre toujours un soulèvement du sol dans la région de Svartsengi, ce qui indique une accumulation continue de magma en profondeur. Les modèles estiment qu’entre 7 et 8 millions de mètres cubes de magma ont alimenté le réservoir sous Svartsengi depuis le début de l’éruption actuelle. Le Met Office estime que, lorsqu’un seuil d’environ 8 à 13 millions de mètres cubes sera atteint, le magma pourrait se déplacer vers la surface sous forme d’intrusions.

Graphique montrant le soulèvement du sol dans le secteur de Svartsengi au cours des dernières éruptions. Celle du 16 mars apparaît en rouge. (Source: Met Office)

Le risque d’une nouvelle activité éruptive reste donc élevé. De nouvelles fissures éruptives pourraient s’ouvrir dans la zone située entre Stóra-Skógfells et Hagafells, ou bien la bouche active actuellement pourrait s’agrandir si le débit du magma augmentait soudainement. Bien que cela soit moins probable, de nouvelles intrusions magmatiques pourraient également conduire à la formation de nouvelles fissures éruptives ailleurs sur la péninsule. Toutefois, la probabilité d’ouverture de fissures éruptives dans certaines zones (Svartsengi, Grindavík et autres) est considérée comme faible.
Source  : Met Office islandais.

 

Image webcam du site éruptif le 24 avril 2024 au soir

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Dans ses dernières mises à jour, l’Observatoire des volcans d’Hawaii (HVO) indique que le Kilauea n’est pas en éruption, mais que la hausse de la sismicité au cours du mois dernier indique une intensification de l’activité sous le sommet du volcan. Il y a eu une alternance entre des séismes typiques peu profonds sous la caldeira sud et des événements profonds (5 à 10 km) directement sous la caldeira du Kilauea. En conséquence, des mises à jour seront désormais fournies quotidiennement par le HVO.
Le sommet du Kilauea reste en phase d’inflation mais cette dernière reste faible.
Les émissions de SO2 restent faibles depuis octobre 2023.
Aucune activité inhabituelle n’a été observée le long des zones de rift du Kīlauea.

 

Image webcam du cratère de l’Halema’uma’u le 24 avril 2024

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Comme je l’ai écrit précédemment, l’éruption du Ruang (Îles Sangihe / Indonésie) a décliné et le niveau d’alerte volcanique a été abaissé à 3 (sur une échelle de 1 à 4) le 22 avril 2024. La population est priée de rester à 4 km du cratère. Le VAAC de Darwin donne plus d’informations sur les panaches de cendres émis par le volcan. Ils ont atteint une hauteur de 16,8 km le 17 avril 2024 et de 12,2 km le 17 avril. Le 19 avril, le PVMBG a signalé que des panaches de cendres s’élevaient de 400 à 750 m au-dessus du sommet. Les 20 et 21 avril, le VAAC a indiqué que les panaches montaient de 1,5 à 2,1 km au-dessus du niveau de la mer. Suite à cette diminution de l’activité volcanique, l’aéroport international Sam Ratulangi a rouvert le 22 avril.
Sources : Pusat Vulkanologi et Mitigasi Bencana Geologi (PVMBG), Darwin Volcanic Ash Advisory Centre (VAAC).

Voici une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux. Elle montre la phase initiale de l’éruption, avec une activité électrique intense dans le panache éruptif:

https://video-streaming.orange.fr/actu-politique/video-eruption-en-indonesie-les-autorites-ordonnent-l-evacuation-de-11-000-personnes-CNT000002dycL1.html

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L’activité éruptive se poursuit sur le Semeru (Java / Indonésie) avec des panaches de vapeur et de cendres qui s’élèvent de 300 à 1 500 m au-dessus du sommet. De fortes précipitations le 18 avril 2024 ont provoqué des lahars dans plusieurs ravines. Trois décès ont été signalés : une personne a été ensevelie par des glissements de terrain et deux autres ont été emportées par des lahars qui ont endommagé ou détruit plusieurs ponts, et endommagé trois maisons. Par sécurité, 32 familles ont décidé de quitter leurs habitations. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1 à 4). Le public est prié de rester à au moins 5 km du sommet dans toutes les directions, à 13 km du sommet sur le versant sud-est, et d’éviter les ravines à cause du risque de lahar, d’avalanche et de coulée pyroclastique.
Source : PVMBG.

Photo: C. Grandpey

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Toujours en Indonésie, l’éruption du Dukono (Halmahera) se poursuit avec des panaches de cendres qui s’élèvent de 100 à 1 200 m au-dessus du sommet. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 1 à 4).
Source : PVMBG.

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L’éruption sur l’île Fernandina (Galápagos) se poursuit. Des anomalies thermiques quotidiennes sont observées sur les images satellite. Les émissions de SO2 varient entre 207 et 1 418 tonnes par jour. Les émissions de gaz et de vapeur sont plus denses dans la zone où la lave entre dans l’océan. Une photo du 16 avril 2024 montrait trois zones où la lave pénétrait dans l’eau, avec des panaches de gaz et de vapeur. Les 21 et 22 avril, des images satellite montraient un autre lobe de lave en train de descendre vers le rivage.
Source : Instituto Geofisico.

Arrivée de la lave dans la mer (Crédit photo: Instituto Geofisico)

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L’activité éruptive se poursuit sur le Popocatépetl (Mexique) avec des séismes longue période qui s’accompagnent parfois d’émissions de cendres, de vapeur et de gaz. Les panaches de cendres s’élèvent parfois jusqu’à 5,5 à 6,7 km au-dessus du niveau de la mer. Le niveau d’alerte reste au Jaune, Phase 2 et le public est prié de rester à 12 km du cratère.
Source : CENAPRED.

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Au Kamchatka, la couleur de l’alerte aérienne reste à l’Orange pour le Sheveluch et l’Ebeko, et au Jaune pour le Bezymianny.
Source : KVERT.

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans mentionnés dans les bulletins précédents « Volcans du monde ». .
Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous pourrez en obtenir d’autres en lisant le rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news of volcanic activity around the world :

Since its onset on March 16th, 2024, the eruption on the Reykjanes Peninsula (Iceland) has continuously discharged lava which has accumulated and thickened the lava field near Grindavík, particularly towards the south. Lava has been advancing through both open channels and a network of tubes that prevented it from cooling.

As of the latest updates on April 15th, lava extrusion rates have been measured between 3 – 4 m³/s.

There is still continuous ground uplift around the Svartsengi area, indicating an ongoing accumulation of magma at depth. Analytical models estimate that between 7 and 8 million cubic meters of magma have recharged the Svartsengi reservoir since the eruption started. The Met Office estimates that magma might start moving towards the surface in the form of dike intrusions once the reservoir reaches a threshold of approximately 8 – 13 million cubic meters. The potential for new eruptive activity remains high. New eruptive fissures could open in the areas between Stóra-Skógfells and Hagafells, or the current vent could expand if the magma flow rate suddenly increases. While less likely, additional dike intrusions could also lead to the formation of new eruptive fissures elsewhere.The likelihood of eruptive fissures opening within certain zones (Svartsengi, Grindavík, and others) has been downgraded from considerable to low.

Source : Icelandic Met Office.

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In its latest updates, the Hawaiian Volcano Observatory (HVO) indicates that Kilauea is not erupting but increased seismicity over the past month indicates heightened activity beneath the summit of the volcano. There has been an alternation between typical shallow earthquakes beneath the south caldera region and deep (5-10 km) events directly beneath the Kilauea caldera.As a consequence, updates willbe provided on a daily basis. .

Kilaueaʻs summit remains inflated but recent ground deformation remains low.

SO2 gas emission rates have remained low since October 2023.

No unusual activity has been noted along Kīlauea’s rift zones.

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As I put it before, the eruption of Ruang (Sangihe Islands / Indonesia) has decreased and the volcanic alert level was lowered to 3 (on a scale 1-4) on April 22nd, 2024. Residents are asked to stay 4 km away from the crater. The Darwin VAAC gives more information about the ash plumes emitted by the volcano. They reached heightd of 16.8 km on April 17th, 2024 and 12.2 km on April 17th.. On April 19th, PVMBG reported that ash plumes rose 400-750 m above the summit. During 20-21 April the VAAC indicated that ash plumes were rising 1.5-2.1 km above sea level. Due to this decrease in volcanic activity, the Sam Ratulangi International Airport resumed operations on April 22nd.

Sources : Pusat Vulkanologi dan Mitigasi Bencana Geologi (PVMBG), Darwin Volcanic Ash Advisory Centre (VAAC).

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Eruptive activity continues at Semeru (Java / Indonesia) with steam and ash plumes that rise 300-1,500 m above the summit. Intense rain on April 18th, 2024 caused lahars in several drainages Three deaths were reported: one person was buried by landslides and two others were swept away by lahars which damaged or destroyed several bridges, and damaged three houses. As many as 32 families self-evacuated. The Alert Level remains at 3 (on a scale of 1-4). The public is asked to stay at least 5 km away from the summit in all directions, 13 km from the summit to the SE, and to avoid drainages due to lahar, avalanche, and pyroclastic flow hazards.

Source : PVMBG.

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Still in Indonesia, the eruption of Dukono (Halmahera) continues with ash plumes that rise 100-1,200 m above the summit. The Alert Level remains at 2 (on a scale of 1-4).

Source : PVMBG.

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The eruption at Fernandina (Galapagos) continues. Daily thermal anomalies are identified in satellite images. SO2 emissions fluctuate between about 207 and 1,418 tons per day. Gas-and-steam emissions are rising from the area where lava entered the ocean. A 16 April 2024 photo showed three bright areas where lava entered the water and gas-and-steam plumes rising from the entries. During 21-22 April, satellite images showed another lobe of lava low on the flank, descending towards the shoreline.

Source : Instituto Geofisico.

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Eruptive activity continues at Popocatépetl (Mexico) with long-period events sometimes accompanied by steam-and-gas emissions. The ash plumes sometimes rise up to 5.5-6.7 km above sea level. The Alert Level remains at Yellow, Phase Two and the public is asked to stay 12 km away from the crater.

Source : CENAPRED.

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In Kamchatka, the aviation color code is kept at Orange for Sheveluch and Ebeko, and at Yellow for Bezymianny.

Source : KVERT.

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Activity remains globally stable on other volcanoes mentioned in the previous bulletins « Volcanoes of the world ». .

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Occupation des tunnels de lave en Arabie Saoudite // Occupation of lava tubes in Saudi Arabia

Des fouilles archéologiques ont révélé des périodes d’occupation humaine du tunnel de lave d’Umm Jirsan à Harrat Khaybar, au nord-ouest de l’Arabie saoudite, datant au moins du Néolithique au Chalcolithique/Âge du Bronze (il y a 10 000 à 3 500 ans).

La partie occidentale de la péninsule arabique ne présente pas que de vastes étendues de sable ; on y trouve également de vastes champs de lave appelés localement haraat. L’un d’eux est le Harrat Khaybar, d’une superficie de 14 000 kilomètres carrés, à environ 137 kilomètres au nord-est de la ville de Médine. Il a été formé par des éruptions le long d’un alignement de bouches éruptives orienté nord-sud sur 100 kilomètres de long au cours des 5 derniers millions d’années. L’éruption la plus récente a eu lieu entre 600 et 700 après J.-C. Le tunnel de lave d’Umm Jirsan est le plus long du champ volcanique Harrat Khaybar.
Le résultat des fouilles, publié en ligne dans la revue PLoS ONE, donne un aperçu très intéressant de la vie des anciens peuples d’Arabie. Il révèle des phases répétées d’occupation humaine et met en lumière les activités pastorales qui prospéraient autrefois dans la région. Ce site était probablement un très important point de passage le long des routes pastorales reliant les principales oasis ; il facilitait aussi les échanges culturels et le commerce.
L’art rupestre et les archives fauniques attestent de l’utilisation pastorale d’Umm Jirsan et de ses environs, dressant un tableau vivant des modes de vie de cette époque lointaine. L’art rupestre découvert au fond du tunnel ainsi que la présence d’ossements de bovins, de moutons, de chèvres et de chiens corroborent les pratiques d’élevage et la composition des troupeaux de la région.
Une analyse isotopique des restes animaux découverts dans le tunnel de lave indique que le bétail broutait principalement des herbes et des arbustes sauvages, tandis que les humains avaient une alimentation riche en protéines, avec des niveaux élevés d’un certain isotope du carbone associé à l’agriculture des oasis.

Même si les humains n’avaient pas de présence permanente dans le tunnel de lave, la structure naturelle fournissait un abri à des personnes et à leurs troupeaux pour des milliers de personnes. Dans l’environnement désertique hostile, la promesse d’une pause loin du soleil, du vent et de la chaleur à Umm Jirsan était probablement très appréciée.
L’étude montre que les tunnels de lave et autres abris naturels constituaient des ressources précieuses pour les communautés vivant dans un environnement difficile et ils constituent une source importante d’informations archéologiques sur l’histoire de l’occupation humaine en Arabie.
Source : Médias d’information internationaux.

Vue du champ volcanique de Harrat Khaybar depuis la Station Spatiale Internationale (Crédit photo : NASA).

Entrée du tunnel de lave d’Umm Jirsan (Crédit photo: Green Arabia Project)

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Archaeological excavations have revealed phases of human occupation of the Umm Jirsan lava tube in Harrat Khaybar, northwest Saudi Arabia, dating from at least the Neolithic to the Chalcolithic/Bronze Age (there 10,000 to 3,500 years ago).

The western half of the Arabian peninsula contains not only large expanses of sand and gravel, but extensive lava fields known as haraat. One such field is the 14,000-square kilometer Harrat Khaybar, located approximately 137 kilometers to the northeast of the city of Medina. It was formed by eruptions along a 100-kilometer long north-south linear vent system over the past 5 million years; the most recent recorded eruption took place between 600 – 700 A.D. The Umm Jirsan lava tube is the longest in the Harrat Khaybar volcanic field.

The research, published online in the journal PLoS ONE, provides a rare glimpse into the lives of ancient peoples in Arabia, revealing repeated phases of human occupation and shedding light on the pastoralist activities that once thrived in this landscape. Thev site likely served as a crucial waypoint along pastoral routes, linking key oases and facilitating cultural exchange and trade.

Rock art and faunal records attest to the pastoralist use of Umm Jirsan and surrounding areas, painting a vivid picture of ancient lifeways. Depictions of cattle, sheep, goat and dogs corroborate the prehistoric livestock practices and herd composition of the region.

An isotopic analysis of animal remains from the lava tube indicates that livestock primarily grazed on wild grasses and shrubs, while humans maintained a diet rich in protein, with a notable increase in the consumption of C3 plants over time, suggesting the emergence of oasis agriculture.

Although humans did not have a permanent presence in the lava tube, the natural structure provided shelter for thousands of people and their herds. In the harsh desert environment, the promise of a break from the sun, wind and heat made Umm Jirsan a perfect prehistoric stop.

The findings shows that lava tubes and other natural shelters were valuable resources for communities surviving in a challenging environment, and with further investigation, they present a key source of archaeological information about the history of human occupation in Arabia.

Source : International news media.

Vers une disparition des glaciers en Papouasie-Nouvelle-Guinée // Glaciers in Papua-New-Guinea are disappearing

La planète entière est concernée par la fonte des glaciers, quelle que soit la latitude, que ce soit dans les régions polaires, sous les tropiques ou sous l’équateur. Ainsi, le Parc national de Lorentz, dans la province indonésienne de Papouasie, moitié occidentale de la Nouvelle-Guinée, abrite le dernier glacier tropical de la région. Certains l’appellent le Glacier de l’Éternité, mais il ne sera peut-être plus là pour très longtemps.

Le Puncak Jaya (4 884 m), également appelé Pyramide de Carstenz, n’a pas de glace sur son sommet, mais il est entouré de plusieurs étendues de glace – dont le Glacier Carstenz – qui formaient une calotte glaciaire apparue il y a environ 5 000 ans. Il existait également au moins une calotte glaciaire dans la région il y a entre 15 000 et 7 000 ans.

Les glaciers tropicaux sont l’un des indicateurs les plus sensibles du réchauffement climatique et il n’en reste qu’une poignée dans le monde, en Papouasie, en Amérique du Sud et en Afrique.

Dans deux notes publiées sur ce blog le 16 février 2021 et le 24 octobre 2023, j’attirais l’attention sur la fonte rapide des glaciers en Papouasie-Nouvelle-Guinée. Un article du journal indonésien Jakarta Globe paru le 18 avril 2024 confirme cette nouvelle inquiétante.
L’Agence de météorologie, climatologie et géophysique (BMKG) a découvert en décembre 2023 que l’épaisseur du glacier au sommet du Puncak Jaya a diminué d’environ quatre mètres, soit 66 %, par rapport à la même période en 2022. L’Agence ajoute que « cela est probablement lié aux conditions El Niño en 2022-2023. »
La BMKG a contrôlé le comportement des glaciers de Puncak Jaya de 2009 à 2023. Ces glaciers font partie des rares glaciers tropicaux encore présents sur notre planète. Ils survivent grâce à des altitudes supérieures à 4 800 mètres au-dessus du niveau de la mer.
De 2016 à 2022, la réduction moyenne de surface des glaciers a été évaluée à environ 0,07 kilomètres carrés – ou 70 000 mètres carrés – par an. En avril 2022, la superficie totale des glaciers atteignait 0,23 kilomètres carrés.
Lors des mesures effectuées en 2022, la BMKG a estimé que l’épaisseur de glace restante en décembre 2022 atteignait six mètres. Un an plus tard, en décembre 2023, les dernières données ont montré que l’épaisseur de la glace avait perdu jusqu’à quatre mètres, ne laissant plus qu’une épaisseur de deux mètres. Au train où vont les choses, cette glace aura disparu dans très peu de temps.
Selon la BMKG, il ne fait aucun doute que le réchauffement climatique a joué un rôle important dans la diminution progressive de la couverture neigeuse en Indonésie tropicale. En 1850, la couverture de glace permanente sur le Puncak Jaya, en Papouasie, atteignait environ 19 kilomètres carrés, puis a diminué progressivement pour atteindre environ 0,34 kilomètre carré en mai 2022.
À côté de l’amincissement des glaciers du Puncak Jaya, plusieurs montagnes des régions tropicales sont également confrontées à la fonte des glaces, notamment le Kilimandjaro en Tanzanie, le Quelccaya au Pérou et le Naimona’nyi au Tibet, dans la chaîne himalayenne.
Source : The Jakarta Globe.

 

Derniers glaciers de Puncak Jaya en 2010 (Crédit photo : Robert Cassady)

 

Restes de glace sur la Puncak Jaya en 2023 (Crédit photo : BMKG)

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The entire planet is affected by the melting of glaciers, whatever the latitude, whether in the polar regions, in the tropics or under the equator. Thus, Lorentz National Park, in Indonesia’s Papua province of New Guinea, is home to the region’s last tropical glacier. Some call it the Eternity Glacier, but it might not be there for much longer.

Puncak Jaya (4884 m), also called Carstenz Pyramid, does not have ice on the peak, but around it there are several ice masses, that used to be one large icecap that developed 5,000 years ago. At least one previous icecap also existed in the region between 15,000 and 7,000 years ago.

Tropical glaciers are one of the most sensitive indicators of global warming, and there are only a handful left in the world, in Papua, South America, and Africa.

In two posts released on February 16th, 2021 and October 24th, 2023, I drew attention to the rapid melting of glaciers in Papua-New-Guinea. An article on the Indonesian newspaper Jakarta Globe (April 18th, 2024) confirms this worrying piece of news.

The Meteorology, Climatology, and Geophysics Agency (BMKG) has discovered that the glacier’s thickness atop Puncak Jaya decreased by about four meters, or 66 percent, in December 2023 compared to the same period in 2022. The Agency says that « this is likely related to the El Nino conditions in 2022-2023. »

BMKG has been monitoring the glaciers on Puncak Jaya from 2009 to 2023.  These glaciers are some of the few remaining tropical glaciers in the world and are found at altitudes over 4,800 meters above sea level.

From 2016 to 2022, the average reduction in ice area reached about 0.07 square kilometers per year, with the estimated total glacier area in April 2022 reaching 0.23 square kilometers.

In the 2022 monitoring, BMKG estimated that the remaining ice thickness in December 2022 reached six meters. However, one year later, in December 2023, the latest data showed that the ice thickness was thinning further, with a reduction of up to four meters or leaving a thickness of only two meters. As things are going, this ice will have disappeared very shortly.

There is no doubt that global warming has played a significant role in gradually thinning the only permanent snow cover in tropical Indonesia. According to BMKG, in 1850, the coverage of permanent ice in Puncak Jaya, Papua, reached about 19 square kilometers, and then gradually decreased to an estimated 0.34 square kilometers in May 2022.

In addition to the thinning glaciers on Puncak Jaya, several mountains in tropical regions have also experienced ice melting, including Mount Kilimanjaro in Tanzania, Quelccaya in Peru, and Naimona’nyi in the Himalayas, Tibet.

Source : The Jakarta Globe.

Fonte des glaciers : 2023 a encore été une mauvaise année // Glacier melting : 2023 was another bad year

Le 22 avril 2024, l’agence européenne Copernicus a publié son rapport annuel sur le climat, avec un chapitre consacré aux glaciers. L’agence annonce la couleur dès le préambule de son rapport : les glaciers dans le monde ont connu en 2023 une perte de masse annuelle record de 1,1 m d’épaisseur de glace, avec, à l’échelon local, des pertes d’épaisseur de 0,5 à 3,0 m.
En 2023, les glaciers ont aussi perdu 600 Gt d’eau. Il s’agit de la perte de masse annuelle la plus importante depuis 1976, et supérieure d’environ 100 Gt à toute autre année enregistrée. Cela équivaut à près de cinq fois la quantité de glace contenue dans tous les glaciers d’Europe centrale.
Les estimations indiquent que cette perte de masse a contribué à hauteur de 1,7 mm à l’élévation du niveau moyen de la mer à l’échelle de la planète. Il s’agit de la plus grande contribution annuelle depuis le début des relevés satellitaires en 1976.
Les quatre années au cours desquelles la perte de masse des glaciers dans le monde a été la plus importante sont toutes depuis 2019. 2022 et 2023 ont été les premières années enregistrées au cours desquelles toutes les régions glaciaires ont signalé une perte de glace.Les glaciers de l’ouest de l’Amérique du Nord ont connu une perte record d’épaisseur de glace d’environ 3 m. Une perte de glace bien supérieure à la moyenne a également été signalée en Alaska, en Europe centrale, dans les Andes du Sud, sur la chaîne de l’Himalaya en Asie, et en Nouvelle-Zélande.

Sans surprise, on peut lire que le réchauffement climatique a eu d’importantes conséquences sur les glaciers alpins en 2023. En deux ans, ils ont perdu environ 10 % de leur volume.

Après une année 2022 record, l’état des glaciers les Alpes s’est de nouveau détérioré. Au cours de l’année hydrologique 2022/2023, les glaciers de toutes les régions européennes ont connu une perte de glace. On peut lire dans le rapport de Copernicus que « les Alpes sont l’une des régions du monde où les glaciers reculent le plus rapidement, aux côtés de l’Islande, du sud des Andes, de l’Alaska, de l’ouest du Canada et de l’ouest des États-Unis. Dans les Alpes, 2023 a été une nouvelle année exceptionnelle en termes de perte de glace à cause d’une accumulation de neige hivernale inférieure à la moyenne et à une forte fonte estivale. »

Cette fonte s’explique notamment par des mois d’août et de septembre « exceptionnellement chauds ». Le rapport ajoute : « En Suisse, les glaciers ont perdu 4 % de leur volume de glace en 2023, après une perte de 6 % en 2022. Cela signifie qu’au cours des deux dernières années, les glaciers des Alpes ont perdu environ 10 % de leur volume. » En 2022, les glaciers suisses n’avaient jamais perdu autant de leur volume : 3 kilomètres cubes ont fondu, soit 6 % de la glace restante. L’année 2022 redéfinit donc la donne car jusqu’alors une perte de 2 % était déjà considérée comme extrême.

Selon le rapport Copernicus, l’année 2023 a également été marquée par des chutes de neige de plus en plus rares en Europe, avec toutefois quelques exceptions, comme en Scandinavie. Le reste du continent européen a globalement connu sur la période 1991-2020 un nombre bien inférieur à la moyenne de jours de neige en hiver. Les climatologues ont déjà prévenu que les conséquences peuvent être lourdes pour l’environnement. Le manque de neige peut contribuer à des conditions de sécheresse. De plus, la fonte de la neige au printemps et en été constitue une source d’eau importante pour de nombreux fleuves européens.

 

Perte de masse des glaciers en gigatonnes au fil des ans… Terrible !

Sources: C3S/ECMWF/WGMS

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On April 22nd, 2024, the European agency Copernicus published its annual climate report, with a chapter dedicated to glaciers. The agency des not mince words from the start of its report : glaciers around the world have experienced a record annual mass loss of 1.1 m of ice thickness in 2023, with, at the local level, losses of thickness of 0.5 to 3.0 m.
In 2023, glaciers also lost 600 Gt of water. This is the largest annual mass loss since 1976, and approximately 100 Gt greater than any other year on record. This is equivalent to almost five times the amount of ice contained in all the glaciers of Central Europe.
Estimates indicate that this loss of mass contributed 1.7 mm to the rise in average sea level globally. This is the largest annual contribution since satellite records began in 1976.
The four years in which glacier mass loss worldwide has been the greatest are all since 2019. 2022 and 2023 were the first years on record in which all glacial regions reported ice loss. Glaciers of western North America experienced a record loss of ice thickness of approximately 3 meters. Well-above-average ice loss was also reported in Alaska, central Europe, the Southern Andes, the Himalayan range in Asia, and New Zealand.

Unsurprisingly, we can read that global warming had significant consequences on Alpine glaciers in 2023. In two years, they have lost around 10% of their volume.
After a record year in 2022, the state of the glaciers in the Alps has deteriorated again. In the water year 2022/2023, glaciers in all European regions experienced ice loss. One can read in the Copernicus report that « the Alps are one of the regions in the world where glaciers are retreating most rapidly, alongside Iceland, the southern Andes, Alaska, the west of Canada and the western United States In the Alps, 2023 was another exceptional year for ice loss due to below-average winter snow accumulation and heavy summer melt.
This melting can be explained in particular by the “exceptionally hot” months of August and September. The report adds: “In Switzerland, glaciers lost 4% of their ice volume in 2023, following a loss of 6% in 2022. This means that over the past two years, glaciers in the Alps have lost around 10 % of their volume. » In 2022, Swiss glaciers never lost so much of their volume: 3 cubic kilometers have melted, or 6% of the remaining ice. The year 2022 therefore redefines the situation because until then a loss of 2% was already considered extreme.
According to the Copernicus report, the year 2023 was also marked by increasingly rare snowfall in Europe, although with a few exceptions, such as Scandinavia. The rest of the European continent generally experienced a much lower than average number of days of swowin winter over the period 1991-2020. Climatologists have already warned that the consequences could be serious for the environment. Lack of snow can contribute to drought conditions. Additionally, melting snow in spring and summer provides an important source of water for many European rivers.

En Alaska, le Columbia est l’un des glaciers dont la fonte est la plus rapide dans le monde (Source: NASA)