Kilauea (Hawaii) : fin de l’éruption // The eruption has stopped

Dans ses dernières mises à jour, le HVO écrit que « l’éruption sommitale du Kilauea, dans le cratère de l’Halema’uma’u, s’est interrompue. La lave ne coule plus sur le plancher du cratère. » en bref l’éruption semble bel et bien terminée.
L’émission de lave à la surface de la croûte qui recouvre le lac de lave a diminué dans l’après-midi du 6 mars 2023 et aucune émission n’a été observée dans le cratère le 7 mars. Plusieurs hornitos au fond du cratère montrent encore de l’incandescence de nuit sur les images de la webcam, mais ils n’émettent plus de lave. Le récent déclin de l’activité est à mettre en relation avec un long épisode de déflation de la zone sommitale du Kilauea qui a commencé le 17 février.
Le HVO conclut ses bulletins en disant que l’activité éruptive sur le fond du cratère de l’Halema’uma’u est susceptible de reprendre si le sommet connaît une nouvelle phase d’inflation. Bien que le Kilauea soit couvert d’instruments de toutes sortes, la prévision éruptive reste à un niveau bien bas.

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In its latest updates, HVO writes that « the summit eruption of Kīlauea Volcano, within Halemaʻumaʻu crater, has paused. Lava is no longer flowing on the crater floor. » To put it shortly, it seems the eruption is over.

Ooze-out activity diminished in the afternoonof March 6th, 2023, and no active lava was observed in Halemaʻumaʻu crater on March 7th. Several hornitos on the crater floor are still glowing in overnight webcam views, but they are not erupting any lava. The recent reduction in activity is related to a large deflationary tilt signal that began on February 17th.

HVO concludes saying eruptive activity on the Halemaʻumaʻu crater floor may resume if the summit re-inflates to the prior level. Although Kilauea is covered with instruments of all sorts, eruptive prediction remains at a low level.

Image webcam de l’Halema’uma’u

Le risque sismique à la Martinique

Les récentes images des séismes dévastateurs (plus de 50 000 victimes) de Turquie et de Syrie ont incité certaines régions de France métropolitaine et d’outre-mer exposées au risque sismique à se poser des questions. En France, l’aléa sismique est évalué de faible à fort selon les régions considérées.

En France métropolitaine, la sismicité est principalement due au processus de collision continentale entre la plaque eurasienne et la plaque africaine. Les derniers gros séismes datent de la fin du 19ème siècle et du début du 20ème siècle, avec notamment celui de Provence en 1909, d’une magnitude de M 6,2, qui a fait 46 morts et 250 blessés et causé des dommages économiques estimés à 700 millions d’euros. Le 19 août 1967, le séisme d’Arette (Pyrénées-Atlantiques), d’une magnitude de M 5,8, a tué une personne et blessé 12 autres. 80 % du village ont été détruits.

Aux Antilles, la sismicité correspond à la subduction de la plaque américaine sous la plaque caraïbe. Le dernier puissant séisme (M 7,4) à la Martinique a eu lieu le 29 novembre 2007. L’hypocentre a été localisé à 143 kilomètres de profondeur, avec un épicentre au Nord-Ouest de Saint-Pierre.

Quand les très fortes secousses ont secoué la Turquie et la Syrie, on a attiré l’attention sur le manque de constructions parasismiques dans les régions qui bordent la faille anatolienne. A la Martinique, les experts du BTP estiment que près de 1800 logements conformes aux normes parasismiques sortent de terre chaque année.

Le doute concerne les constructions d’avant les années 2000. Dans le centre de Fort-de-France, par exemple, toute une série de constructions datent du siècle dernier, avec des structures qui ne sauraient offrir de résistance en cas de séisme.

Selon les experts, le plus urgent à la Martinique est de renforcer l’existant. Les autorités ont d’ailleurs classé le bâti en 4 catégories selon le degré de vulnérabilité aux séismes. La catégorie IV concerne les bâtiments qui doivent continuer de fonctionner en cas de catastrophe (écoles, casernes, hôpitaux, Préfecture…)

Les travaux de renforcement ont débuté. Le Plan Séisme 3, d’ici à 2027, prévoit 350 millions d’euros pour des interventions dans 90 écoles, du primaire au lycée.

Si le parasismique est une réalité depuis les années 2010 pour les nouvelles constructions, un vaste programme de renforcement est également en cours pour les logements plus anciens. Plus largement, les experts estiment qu’une enveloppe de 2,5 à 3 milliards d’euros serait nécessaire pour sécuriser l’ensemble du bâti martiniquais.

Source : Bureau Central Sismologique Français, Martinique la 1ère.

Certains quartiers de Fort-de-France sont exposés au risque sismique et aux glissements de terrain qui peuvent être déclenchés par les secousses (Photo: C. Grandpey)

Nouvel épisode sismique sur le Taupo (Nouvelle Zélande) // New seismic episode at Taupo Volcano (New Zealand)

Un séisme de magnitude M4.4 a été enregistré sur le Taupo (Nouvelle-Zélande) le 5 mars 2023. L’hypocentre était situé à moins de 10 km de lprofondeur et l’événement a été ressenti principalement le long de la rive du lac. Plus de 20 répliques ont été détectées après la secousse initial.
La sismicité avait diminué depuis novembre 2022, époque où un séisme peu profond de magnitude M5,7 a été enregistré (voir mes notes des 8 et 18 décembre 2022), provoquant un petit tsunami et des dégâts mineurs.
A côté de cette hausse de l’activité sismique, lesparamètres de surveillance du volcan sont restés stables et il n’y a pas eu de changements significatifs par rapport à l’activité observée au cours des derniers mois. C’est pourquoi le niveau d’alerte volcanique reste à 1 et la couleur de l’alerte aérienne à Vert. Il convient de noter que le niveau d’alerte volcanique ne correspond pas à une prévision de l’activité future.
La dernière éruption de Taupo a eu lieu en l’an 260, avec un VEI 6.
Source : GeoNet.

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An M4.4 earthquake was recorded at Taupo Volcano (New Zealand) on March 5th, 2023. The hypocenter was located less than 10 km from the surface and the event was felt mostly along the lake shore. More than 20 aftershocks have been detected since the initial event.

Seismicity had been decreasing since November 2022 when a strong and shallow M5.7 earthquakewas recorded (see my posts of December 8th and 18th, 2022), causing a small tsunami and minor local damage.

Despite the increase in earthquake activity, the volcano’s monitoring indicators remained stable, and there were no significant changes compared to the previous months of unrest. Thus, the Volcanic Alert Level remains at 1 and the Aviation Color Code at Green. It should be noted that the Volcanic Alert Level represents the current level of volcanic activity and unrest, and it is not a forecast of future activity.

The last eruption at Taupo took place in the year 260, with a VEI 6.

Source : GeoNet.

Fractures provoquées par le séisme de novembre 2022 sur les berges du lac Taupo (Source: GeoNet)

 

 

Nouvelle alerte glaciaire (suite) // New glacial warning (continued)

Au cours de ma conférence « Glaciers en péril », j’explique que les glaciers de l’Antarctique fondent et que les scientifiques s’inquiètent particulièrement pour le glacier Thwaites, également appelé « Glacier de l’Apocalypse ». Le glacier représente une masse de glace de la taille de la Floride. Les chercheurs ont découvert de profondes fractures sous le glacier, ce qui accélère sa détérioration.
Afin d’examiner ce qui se passe sous le Thwaites, les scientifiques ont mis au point Icefin, un robot en forme de torpille qu’ils ont envoyé sous le glacier en janvier 2020. Les images ont révélé des crevasses et des fractures en forme d’escalier dans la glace et accélèrent son érosion. Les résultats de la mission scientifique ont été publiés dans la revue Nature.
Le glacier Thwaites, qui fait partie de la vaste calotte glaciaire de l’Antarctique occidental, est l’un des glaciers les plus instables au monde. À lui seul, il a le potentiel de faire monter le niveau de la mer de 60 centimètres. Il est étudié depuis des années et est considéré comme un indicateur du changement climatique.
Les scientifiques ont fait deux découvertes : 1) Les zones plates sous le glacier fondent plus lentement que prévu. 2) Les crevasses et les fractures en escalier fondent plus rapidement que prévu.
L’eau plus chaude de l’océan Austral pénètre dans les fractures et érode le glacier aux points faibles. L’érosion rapide au niveau des crevasses peut entraîner la désintégration du glacier plutôt que sa fonte.
Plus important encore, le glacier Thwaites constitue un barrage naturel qui retient d’autres glaciers de l’Antarctique occidental. Si ce barrage n’existe plus, les autres glaciers de la région suivront le même chemin que le Thwaites car ils sont interconnectés. .
Le robot Icefin a fourni aux chercheurs américains et britanniques les premières vues du dessous du glacier. Afin de voir ce qui se passe sous le glacier, les scientifiques ont foré à l’eau chaude un trou de 600 mètres de profondeur dans la glace au début de l’année 2020. Le robot a ensuite été envoyé à dans le trou de forage pour examiner la ligne d’ancrage du glacier, là où la glace est en contact avec le substrat rocheux.
Les images ont montré que, au fur et à mesure que l’eau de l’océan Austral se réchauffe, elle fait fondre la glace d’ancrage du glacier au fond de l’océan. Cela déclenche une réaction en chaîne : l’eau de mer fait fondre la face inférieure de la calotte glaciaire. En conséquence, la glace perd de sa masse et de son adhérence sur le plancher océanique. Les plates-formes glaciaires perdent leur capacité d’empêcher les glaciers situés en amont d’atteindre la mer, de sorte que le mouvement du glacier s’accélère et que de plus en plus de glace atteint la mer chaque année, ce qui entraîne une élévation de son niveau.
Des études antérieures avaient déjà fait état de la désintégration du glacier Thwaites. Une étude de 2021 a expliqué que les images satellites avaient découvert un plus grand nombre de fractures dans le glacier. Les chercheurs ont expliqué que le glacier se désintégrerait probablement dans cinq à 10 ans.
Source : médias d’information américains.

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During my conference « Glaciers at risk », I warn that Antarctica’s glaciers are melting and scientists worry particularly about the Thwaites Glacier, also called “Doomsday Glacier.” It is an an ice mass the size of Florida where researchers have discovered a deep cracks on the glacier’s underside ; they are accelerating the deterioration of the glacier.

In order to examine xhat is happening beneath Thwaites, scientists sent Icefin, a torpedo-shaped robot beneath the glacierr in January 2020. The images revealed crevasses and stair-like fractures in the ice that are speeding up erosion. The results of the scientific mission were published in the journal Nature.

The Thwaites Glacier, part of the vast West Antarctic Ice Sheet, is one of the world’s fastest-changing and most unstable glaciers. Alone, iIt has the potential to raise sea levels by 60 centimeters and has been studied for years as an indicator of climate change.

The studies revealed two discoveries: 1) The flat areas beneath the glacier are melting more slowly than expected. 2) The crevasses and stairs are melting more quickly than expected.

Warmer water from the Southern Ocean is entering the cracks and wearing down the glacier at weak points. The rapid pace of erosion caused by the crevasses may cause the glacier to fall apart rather than melt away.

Most important, the Thwaites Glacier is a natural dam to other ice in West Antarctica. If that ice is released into the oceans, the other glaciers in the region will follow the same path as they are interconnected. .

Icefin gave U.S. And U.K. researchers their first views of the glacier’s underside. Inorder to see what is happening beneath the glacier, scientists used hot water to bore a 600-meter-deep hole through the ice in early 2020. The robot was sent through the hole to examine the glacier’s grounding line, where ice is in contact with bedrock.

As ocean water warms, it melts the ice that attaches the sheet to the ocean floor. This starts a chain reaction : The ocean water melts the underside of the ice sheet. As a consequence, the ice loses its mass and its grip on the seabed. Smaller ice shelves lose the ability to block inland glaciers from reaching the sea, so that the movement of the glacier accelerates and more ice reaches the sea every year, causing the sea level to rise.

Previous studies had already chronicled the breakdown of the Thwaites Glacier. A 2021 study reported satellite images found more cracks in the glacier. Researchers predicted the glacier would probably collapse in five to 10 years.

Source : U.S. News media.

Source: British Antarctic Survey