Les incendies en Australie // Wildfires in Australia

C’est une affaire d’échelle. Quand des incendies de végétation ravagent quelques hectares dans le sud de la France, c’est le branle-bas de combat dans les salles de presse et les reportages se veulent plus impressionnants les uns que les autres. Ces incendies de forêts dans le sud ne sont pourtant que roupie de sansonnet à côté de ce qui se passe actuellement en Australie. Comme je l’ai écrit plus haut, c’est une affaire d’échelle. La France métropolitaine a une superficie de 543 965 km2, alors que l’Australie couvre une surface de 7 692 000 km2!

Une grande partie de l’Australie est en feu après des semaines de chaleur extrême, de vents violents et de sécheresse qui ont créé des conditions idéales pour que se déclenchent des centaines de feux de brousse, en particulier en Nouvelle-Galles-du-Sud.
Ces incendies menacent bon nombre de grandes zones habitées, comme Sydney (plus de 5 millions d’habitants) qui étouffe sous la fumée. Le feu a détruit des centaines de maisons et une zone aussi vaste que la Belgique. Les incendies menacent l’habitat de la faune, y compris les koalas, une espèce déjà sérieusement menacée. Les foyers sont impressionnants et un incendie dans l’État de Victoria s’auto-alimente en créant sa propre météo.
Les incendies surviennent après des années de sécheresse dans certaines parties du pays, avec des records de chaleur. Il y a quelques jours, l’Australie a connu l’une des journées les plus chaudes de l’histoire avec 49,5°C. La saison des incendies vient tout juste de commencer et d’autres suivront sans aucun doute.
Des milliers de pompiers, dont beaucoup sont des volontaires, sont actuellement déployés pour lutter contre le feu. Plusieurs ont été blessés et deux sont morts lorsque la chute d’un arbre a renversé leur véhicule. Leur décès a incité la Première ministre australienne à rentrer prématurément de vacances familiales à Hawaï. Elle a regretté les dégâts causés par les feux de brousse, mais n’a pas voulu lier les émissions de gaz à effet de serre à la situation catastrophique que connaît l’Australie en ce moment… No comment !
Source: médias australiens.

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It’s a matter of scale. When wildfires ravage a few hectares in southerb France, it is a battle in the press agencies and the reports want to be as impressive as possible. However, these forest fires in the south amount to nothing compared to what is currently happening in Australia. As I wrote above, it’s a matter of scale. France has an area of 543,965 km2, Australia 7,692,000 km2!

A large portion of Australia is on fire after weeks of extreme heat, strong winds and drought that have created ideal conditions for hundreds of bushfires, particularly in New South Wales.

The fires threaten many of Australia’s largest population centres, including Sydney (pop.: more than 5 million) which has been cloaked in smoke. Blazes have destroyed hundreds of homes and an area as large as Belgium, threatening the habitat of countless wildlife, including already endangered koalas. One fire in the state of Victoria has reportedly become large enough to generate its own weather.

The fires come after years of drought in parts of the country and record-breaking heat. A few days ago, Australia had its hottest day on record. The problem is that the fire season has just begun, and more will undoubtedly come.

Thousands of firefighters, many of whom are volunteers, are currently deployed. Several have been injured, and two died when a fallen tree limb overturned their vehicle. Their deaths prompted Australian Prime Minister Scott Morrison to return early from a family vacation to Hawaii. She regretted the damage caused by the bushfires but was unwilling to link Australia’s greenhouse gas emissions to the current disastrous situation in her country. No comment!

Source : Australian news media.

Les incendies en Nouvelle-Galles-du-Sud (Source: NASA)

Nouvelle approche de l’île de la Réunion et son volcan // New approach of Reunion Island and its volcano

Un article paru dans le très sérieux New York Times nous apprend que des scientifiques ont passé plusieurs jours à bord d’un hélicoptère équipé de capteurs spéciaux au-dessus du Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) pour créer une image montrant la relation entre l’intérieur du volcan et ses fréquentes éruptions. Leurs recherches ont été publiées en décembre dans les Scientific Reports.
Les chercheurs ont utilisé une nouvelle technique pour cartographier 150 kilomètres carrés de la structure interne du Piton de la Fournaise. Leur travail a permis d’obtenir une vue en 3D montrant l’intérieur du volcan, le réseau de fluides hydrothermaux à haute température, ainsi que les nombreuses fractures qui permettent au magma de remonter vers la surface lors des éruptions.
L’intérêt de cette technique sur le Piton de la Fournaise est qu’elle pourrait être déployée ailleurs, que ce soit sur des volcans effusifs comme le Kilauea à Hawaï, ou sur des volcans explosifs comme ceux de la Chaîne des Cascades.

Pour étudier la structure intérieure d’un volcan, on peut utiliser des instruments permettant de mesurer la conductivité des roches. L’eau surchauffée qui circule à l’intérieur de l’édifice est très conductrice. De la même façon, les vieilles roches volcaniques qui ont été dégradée par cette eau ont une structure relativement conductrice. En revanche, les coulées de lave nouvellement refroidies et structurellement homogènes sont beaucoup plus résistantes d’un point de vue électrique.
Déployer des instruments destinés à détecter la résistivité des roches sur un volcan actif n’est pas une tâche facile. Souvent, les expéditions doivent choisir entre une carte souterraine haute résolution d’une petite zone ou une carte basse résolution d’un espace plus grand. Jusqu’à présent, les scientifiques s’étaient déplacés laborieusement à pied pour installer des équipements révélant des parties de la structure interne du volcan. Cette fois, pour aller plus vite, ils ont eu recours à un hélicoptère.

Le BRGM avait déjà effectué une telle mission en 2014. Volant à 50 mètres au-dessus du sol au dessus de l’île de la Réunion pendant quatre jours, l’hélicoptère a déplacé une boucle de 500 kilos qui envoyait des courants électriques de différente intensité pour exciter électriquement les rochers en dessous. Les signaux de retour électromagnétiques envoyés par le volcan ont été détectés par les instruments à bord de l’hélicoptère. Ces signaux de retour varient selon les propriétés des roches, ce qui permet aux scientifiques d’identifier des couches distinctes de l’édifice volcanique jusqu’à une profondeur de 990 mètres. La mission de 2014 a été très positive, notamment en ce qui concerne l’hydrogéologie, la détection des aquifères ou l’interaction entre l’eau de mer et l’eau douce. Voici une vidéo de la mission de 2014:
https://youtu.be/PujUpaekA3Y

Jusqu’à présent, les scientifiques étaient conscients de l’existence de certaines zones de fracture, de failles et de réseaux de fluides à l’intérieur du volcan. Grâce à la mission héliportée de 2019, ils disposent maintenant d’une image 3D encore jamais vue du sous-sol actif du volcan. On y voit très distinctement les secteurs où les conduits magmatiques, les fractures rocheuses et les réseaux hydrothermaux sont en relation les uns avec les autres.
Source: The New York Times.

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An article in the very serious New York Times informs us that scientists spent days aboard a helicopter with special sensors over Piton de la Fournaise (Reunion Island) to develop a picture of how its insides affect its frequent eruptions. Their research was published in December in Scientific Reports.

The researchers used a novel technique to map out 150 square kilometres of Piton de la Fournaise’s internal structure. Their survey revealed a 3D view of the volcano’s interior, from the network of superheated hydrothermal fluids to the numerous faults that allow magma to ascend to the surface during eruptions.

The interest of this technique on Piton de la Fournaise is that it could be deployed elsewhere, whether on volcanoes with effusive eruptions like Hawaii’s Kilauea, or on more explosive ones like in the Cascade Range.

One way to study the inside structure of a volcano is to use instruments to see how well the rocks below conduct electricity. The very high temperature water that circulates is highly conductive. As a consequence, the old volcanic rock that has been degraded by it has a structure which is relatively conductive. On the other hand, newly cooled, structurally homogeneous lava flows are much more electrically resistant.

Deploying electrical resistivity-detecting instruments on an active volcano is not an easy task. Often, expeditions must choose between a high-resolution underground map of a small area or a low-resolution map of a larger space. Scientists had previously worked slowly on foot to deploy equipment revealing parts of its internal structure. This time, to speed things, they resorted to a helicopter.

French BRGM had already performed such a mission in 2014. Flying 50 metres above the ground on Reunion Island over four days, the helicopter’s winch held a 500-kilogram hoop that sent electric currents of different intensity to electrically excite the rocks below. The electromagnetic response coming up from the volcano was detected by the instruments onboard the helicopter. These response signals differed, depending on the properties of the rocks, which allowed scientists to identify individual layers of the volcanic edifice down to a depth of 990 metres. The 2014 mission was very positive, especially in hydrogeology, the detection of the aquifers, or the interaction between seawater and fresh water. Here is a video of the 2014 experiment:

https://youtu.be/PujUpaekA3Y

Scientists were previously aware of the existence of some of the volcano’s rift zones, faults and fluid networks. Thanks to the latest 2019 helicopter mission, they now have a 3D schematic providing an unparalleled image of the volcano’s active subsurface, showing with precision where its magmatic pathways, rocky scars and hydrothermal networks are in relation to each other.

Source: The New York Times

Exemple des images 3D obtenues lors de la mission 2019

 (Source : Marc Dumont, Université de la Sorbonne)

Piton de la Fournaise vu du ciel (Photo: C. Grandpey)