Nevados de Chillan (Chili / Chile)

Le dernier bulletin du SERNAGEOMIN en date du 9 avril 2018 indique que l’activité sur le complexe volcanique du Nevados de Chillan n’a guère évolué au cours des derniers jours. L’activité sismique montre une certaine tendance à la baisse. L’activité volcano-tectonique est à un niveau bas. Les événements de type LP ainsi que le tremor se maintiennent à un niveau modéré, mais qui reste élevé pour le complexe volcanique du Nevados de Chillan. On continue à observer des explosions, mais leur intensité est, elle aussi, en baisse. Les colonnes de cendre produites par les explosions ne dépassent pas 150 mètres de hauteur.

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SERNAGEOMIN’s latest report (April 9th, 2018) indicates that activity on the volcanic complex of Nevados de Chillan has hardly changed in recent days. Seismic activity shows a certain downward trend. Volcano-tectonic activity is at a low level. LP events and the tremor remain at a moderate level, but which is high for the Nevados de Chillan Volcanic Complex. Explosions continue to be observed, but their intensity is declining. The ash columns produced by the explosions do not exceed 150 metres in height.

Zone sommitale du Nevados de Chillan (Crédit photo: SERNAGEOMIN)

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Le changement climatique modifie la flore en altitude // Climate change alters flora at high altitudes

Selon une étude parue dans la revue Nature, la « grande accélération » touche désormais les cimes. Sous l’effet du réchauffement climatique, les sommets des montagnes européennes accueillent des plantes inédites. Avec une certaine logique du fait de la hausse des températures, les plantes remontent de plus en plus rapidement des niveaux inférieurs, avec des sommets cinq fois plus « colonisés » de nouvelles espèces ces dix dernières années qu’au cours de la décennie 1957-1966. L’étude a analysé 302 sites dans les Alpes, les Pyrénées, les Carpates, au Svalbard (Norvège), en Écosse ou en Scandinavie.

Le CNRS souligne que la « grande accélération » biologique, météorologique ou chimique, observée depuis les années 1950 par la communauté scientifique sous l’effet des activités humaines, est « aujourd’hui perceptible dans les sites les plus reculés de la planète comme les sommets des montagnes. »

Selon cette étude, basée sur 145 ans de relevés botaniques, le nombre d’espèces s’est enrichi sur 87% des sites. Au cours de la période 1957-66, un sommet a accueilli en moyenne 1,1 espèce nouvelle; en 2007-2016, il en a accueilli 5,4. Cette migration concerne même des plantes réputées pour se déplacer lentement.

L’équipe de 53 chercheurs issus de 11 pays indique que cette tendance concorde avec l’augmentation des températures et rappelle que les montagnes subissent un réchauffement particulièrement rapide. L’étude écarte en revanche le rôle d’autres facteurs comme les retombées azotées des polluants, les changements de précipitations ou la fréquentation humaine, très différents d’une région à l’autre.

Ces écosystèmes montagnards pourraient en outre être « fortement perturbés à l’avenir » ; en effet, si dans un premier temps la biodiversité croît, sans extinction observée dans l’immédiat, cela pourrait ne pas durer. Les chercheurs mettent en garde contre la disparition de certaines plantes des sommets, incapables de rivaliser avec les espèces généralistes plus compétitives venues des niveaux inférieurs. Les plantes des sommets pourront éventuellement supporter des variations de températures, mais pas forcément la compétition, avec le risque de voir des espèces généralistes supplanter des espèces emblématiques, et souvent endémiques, qu’on ne trouve qu’à ces altitudes.

La Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité (IPBES) vient de produire un nouveau bilan alarmant de l’état de la biodiversité dans le monde. En Europe, 42% des espèces d’animaux et de plantes terrestres ont vu leur population décliner ces dix dernières années.

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According to a study published in the journal Nature, the « great acceleration » now affects the mountain peaks. Under the effect of global warming, the peaks of European mountains welcome new plants. With a certain logic because of the rise in temperatures, plants are climbing faster from lower levels, with peaks five times more « colonized » with new species in the last ten years than in the decade 1957-1966 . The study analyzed 302 sites in the Alps, Pyrenees, Carpathians, Svalbard (Norway), Scotland or Scandinavia.
The CNRS stresses that the great biological, meteorological or chemical acceleration observed since the 1950s by the scientific community as a result of human activities, is « now perceptible in the most remote sites of the planet such as the mountain peaks. »
According to this study, based on 145 years of botanical surveys, the number of species was enriched on 87% of the sites. During the period 1957-66, a summit hosted an average of 1.1 new species; in 2007-2016, it hosted 5.4. This migration even concerns plants that are known to move slowly.
The team of 53 researchers from 11 countries indicates that this trend is consistent with the increase in temperatures and recalls that mountains undergo a particularly rapid warming. On the other hand, the study rules out the role of other factors such as nitrogen fallout from pollutants, changes in precipitation or human use, which are very different from one region to another.
These mountain ecosystems could also be « strongly disturbed in the future »; indeed, if initially biodiversity grows, without any extinction observed in the immediate future, it could not last. The researchers warn against the disappearance of certain summit plants, unable to compete with more competitive generalists from lower levels. Summit plants may be able to withstand variations in temperature, but not necessarily competition, with the risk of seeing generalist species supplanting emblematic, and often endemic, species found only at these altitudes.
The Intergovernmental Platform on Biodiversity (IPBES) has just produced a new alarming assessment of the state of biodiversity in the world. In Europe, 42% of terrestrial animal and plant species have declined in population over the past decade.

Photos: C. Grandpey