Grimsey (Islande) : Ça se calme // Seismicity is decreasing

Comme cela était prévisible (voir ma dernière note), on observe depuis hier 20 février 2018  un déclin de la sismicité sur la zone de fracture de Tjörnes et sur l’île de Grimsey (voir ci-dessous). L’essaim sismique avait une origine purement tectonique avec des événements majoritairement superficiels. L’Icelandic Met Office a indiqué à plusieurs reprises qu’aucun paramètre ne suggérait une ascension du magma. Il faut noter qu’au cours des dernières semaines c’est toute la zone de rift islandaise qui a été soumise à une hausse de la sismicité, depuis la Péninsule de Reykjanes où des séismes de magnitude supérieure à M 3,0 ont été enregistrés.

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Predictably (see my last post), since yesterday, February 20th, 2018, there has been a decline in seismicity along the Tjörnes Fracture Zone and on Grimsey Island (see below). The seismic swarm had a purely tectonic origin with mostly shallow events. The Icelandic Met Office has repeatedly stated that there were no parameters to suggest any magma ascent. It should be noted that over the last few weeks the entire Icelandic rift zone has been subjected to increased seismicity, starting from the Reykjanes Peninsula where earthquakes above M 3.0 have been recorded.

Source: IMO

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6 réflexions au sujet de « Grimsey (Islande) : Ça se calme // Seismicity is decreasing »

  1. Bonjour Claude,
    Merci de ce commentaire qui vient à point pour un peu freiner la dérive « catastrophe » de la compréhension de, ces agitations « dorsaliennes ».
    Par contre, dans le domaine du possible, pensez-vous qu’un regain d’activité, bien VOLCANIQUE cette fois, du point chaud pourrait impactée la dynamique du rift ? Autrement dit, puisqu’il semblerait que ce point chaud soit apparu bien après que la dorsale existe, et qu’il y ait d’abord crée un trapp la chapeautant, trapp qui se serait effondré en créant ce rift, c’est a se demander si ce coco là ne serait pas encore une fois en train de brouiller les cartes au point de nous faire quelque peu hésiter entre qui du volcanisme ou de la tectonique « tire le premier ». Le rift Islandais viendrait donc se superposé à l’accrétion de la dorsale qui le supporte. Il y aurait par conséquent « deux couches de dorsale », et comme en peinture, c’est bien évidemment la deuxième qui se voit.
    Bonne approche ou vois-je double ?
    Amicalement
    Pierre Chabat

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    1. Bonjour Pierre,

      Je pense personnellement que la relation entre le fonctionnement de la dorsale et celui du point chaud qui joue avec son chalumeau sous l’Islande est extrêmement complexe. Au vu du phénomène d’accrétion, il paraîtrait logique que le magma profite de la déchirure – autrement dit du rift- pour se frayer un chemin vers la surface, un peu comme le sang gicle et coule sur la peau quand on se coupe. En fait, c’est beaucoup plus compliqué, comme on vient de le voir à Grimsey: la tectonique peut faire son scénario en solo, indépendamment du magma. Je pense qu’une relation entre tectonique et volcanique peut se produire à la condition que les fracturations du rift au cours de l’accrétion soient suffisamment profondes, ce qui ne fut pas le cas à Grimsey. Mais cette vision des choses est peut-être trop simpliste. Il ne faudrait pas que les trolls viennent s’en mêler. La situation serait encore plus inextricable!
      Amitiés.
      Claude Grandpey

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  2. Bonsoir à vous,

    Trois petites remarques:
    1.Je suis surpris par le relatif rythme d’horloger de la séquence sismique. Lente ascension, phénomènes de plus en plus puissants, summum à 5.2, puis lente mais tout aussi régulière dégression depuis. Quand je vois le sismographe je peux presque tracer une droite déclinante entre les séismes les plus importants, c’était pareil les jours derniers sauf que ascendante.
    L’éruption de l’Holuhraun était aussi en constante déprise, nous nous étions étonnés de la prévision finalement exacte d’un volcanologue islandais. Ce sont des logiques de rift et d’un écartement des plaques assez régulier?

    2.A chaque essaim sismique j’ai l’impression que c’est calme plat sur le reste de l’île. J’en ai jamais observé deux en même tems. Est-ce qu’une pression assez constante s’exerce et quand un point est touché y a-t-il relâchement autour?
    Bon je suis plus sceptique là-dessus, c’est peut-être aussi une histoire de probas.

    3. Il y a 7 ou 8 fois par an une séquence dans le Tjornes et pareil dans le Reykjanes, celle-ci était juste plus intense. Néanmoins quand elles deviennent de plus en plus fréquentes et rapprochées une éruption sur l’ïle n’a pas tardé ces dernières années. Surtout, pendant et juste après une éruption, Reykjanes et Tjornes sont tectoniquement plus calmes. Pour ce troisièmement on va dire que je fabule, je suis pas loin de le penser moi aussi…

    Amicalement,
    Benoît Rioland

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    1. Bonjour Benoît,
      Il est tout à fait vrai que le profil de la sismicité à Grimsey est tout à fait remarquable avec une ascension et un déclin qui ressemblent presque au profil de dénivelé d’un col alpin! C’est vrai aussi, comme je l’ai fait remarquer, que la sismicité ne s’est pas limitée à la zone de fracture de Tjörnes, mais a concerné pratiquement tout le rift islandais, avec un autre point fort sur la Péninsule de Reykjanes. Il faut également noter que la sismicité n’a jamais été vraiment profonde et que rien n’indique qu’une quelconque intrusion magmatique ait pu se produire. S’agissant de l’éruption dans l’Holuhraun, on pouvait pratiquement suivre le déplacement du magma au jour le jour car il s’agissait d’un dyke et la seule question était de savoir où le magma allait arrêter sa progression pour arriver en surface. Souvenez-vous, certains n’excluaient pas une éruption dans le secteur de l’Askja! La sismicité de Grimsey n’a jamais eu un tel comportement et elle est restée bien localisée dans la partie nord de la zone de fracture de Tjörnes. Il faut attendre la suite, mais je ne pense pas que l’on se trouve dans un cas de figure pré-éruptif. A mon avis, il s’est agi d’une crise sismique relativement ordinaire, comme il s’en produit de temps à autre en Islande. Par contre, j’aimerais savoir comment ont réagi les extensomètres et si l’on n’a pas assisté à une accélération ponctuelle du phénomène d’accrétion.
      Cordialement,
      Claude Grandpey

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  3. Merci pour ces éclaircissements, j’ai tendance à suivre vos avis prudents sur la question. Moi aussi je serais curieux de savoir ce qui s’est passé au niveau de la faille, des observations seront sûrement bientôt publiées.
    Et sinon, pour terminer, est-ce une coïncidence si Tjornes et Reykjanes sont toutes deux des péninsules, si les deux régions les plus soumises aux séismes d’Islande sont entre la terre et l’eau?

    Merci beaucoup Claude,
    Benoît Rioland

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    1. Bonne question; merci de me l’avoir posée….mais je n’ai aucune réponse à vous donner. Je ne sais rien de la formation de ces deux avancées de terre. Il est vrai que l’on peut se poser des questions. Par exemple, est-ce que le fait que ce soient deux avancées en mer les rend plus fragiles et sensibles aux séisme?
      Bonne journée.
      Claude Grandpey

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