Le mercure du permafrost, une autre menace pour notre environnement // The mercury in permafrost, another threat to our environment

On savait déjà que la fonte du permafrost dans l’Arctique libère d’importantes quantités de gaz à effet de serre. Aujourd’hui, les scientifiques révèlent qu’il recèle aussi des quantités considérables de mercure, une neurotoxine agressive qui représente une menace sérieuse pour la santé humaine.
Selon une étude menée par des scientifiques du National Snow and Ice Data Center à Boulder (Colorado) et publiée dans la revue Geophysical Research Letters, il y aurait l’équivalent de cinquante piscines olympiques de mercure piégées dans le permafrost. C’est deux fois plus que ce que contient l’ensemble des sols, l’atmosphère et les océans ailleurs dans le monde. Selon l’étude, lorsque le pergélisol (autre nom du permafrost) dégèlera dans les prochaines années, une partie de ce mercure sera libérée dans l’environnement, avec un impact non encore estimé – mais considérable – sur les gens et sur nos ressources alimentaires. Les scientifiques ont effectué leurs recherches en prélevant des carottes de pergélisol à travers l’Alaska. Ils ont mesuré les niveaux de mercure et ensuite extrapolé pour calculer la quantité de mercure dans le permafrost ailleurs dans le monde, en particulier au Canada, en Russie et dans d’autres pays nordiques.
Le mercure, un élément naturel, se lie à la matière vivante à travers la planète, mais l’Arctique est particulier. Normalement, lorsque les plantes meurent et se décomposent, le mercure est libéré dans l’atmosphère. La différence dans l’Arctique, c’est que les plantes ne se décomposent pas complètement. Au lieu de cela, leurs racines sont gelées et ensuite enterrées sous plusieurs couches de sol. Cela retient le mercure qui se trouvera libéré si le permafrost vient à fondre.
La quantité de mercure libérée dépend du dégel du permafrost qui, à son tour, dépend du volume des émissions de gaz à effet de serre et du réchauffement de la planète. Le dégel du permafrost a commencé dans certaines régions et les scientifiques prévoient qu’il se poursuivra au cours du 21ème siècle. L’étude indique que si les niveaux d’émissions de gaz à effet de serre actuels se poursuivent jusqu’en 2100, le permafrost se sera réduit de 30 à 99%.
La question est de savoir où ira le mercure dans un tel contexte, et quels seront ses effets sur la Nature et sur l’Homme. Il pourrait contaminer les rivières qui se jettent dans l’océan Arctique. Il pourrait aussi se propager dans l’atmosphère, ou dans ces deux univers. Le problème est que le mercure, bien que naturel, représente un danger pour les humains et la faune, en particulier sous certaines formes. Nous rejetons déjà du mercure en faisant brûler du charbon. Il se répand alors dans l’atmosphère où il parcourt de longues distances. Quand il pleut sur l’océan ou sur les lacs, le mercure pénètre dans la chaîne alimentaire. Il s’accumule d’abord à l’intérieur des micro-organismes, puis en concentrations de plus en plus élevées dans l’organisme des prédateurs, tels les poissons, qui se nourrissent de ces petits organismes. Lorsque les humains consomment du poisson contenant du mercure en quantités trop importantes, cela peut être dangereux, surtout pour les femmes enceintes.
Dans l’Arctique, le mercure peut également s’accumuler dans les organismes de grands mammifères comme les ours polaires ou les narvals, phénomène qui a fait l’objet de plusieurs études. Si les concentrations de mercure dans l’Arctique continuaient à augmenter, ce serait une nouvelle preuve de l’impact du changement climatique sur les communautés autochtones qui y vivent.
Les résultats de l’étude sont inquiétants car elle nous apprend que le permafrost n’est pas seulement une colossale zone de stockage de carbone susceptible de modifier le climat de la planète ; c’est aussi une importante zone de stockage de mercure qui risque d’être rejeté dans notre environnement avec le dégel du pergélisol. Cela est particulièrement préoccupant au vu de la prédominance des écosystèmes de zones humides dans l’Arctique.
Source: The Washington Post.

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We already knew that thawing Arctic permafrost would release powerful greenhouse gases. Now, scientists reveal it could also release massive amounts of mercury which is a potent neurotoxin and serious threat to human health.

According to a study led by scientists with the National Snow and Ice Data Center in Boulder, Colorado and published in the journal Geophysical Research Letters, there is the equivalent of 50 Olympic swimming pools of mercury trapped in the permafrost. This is twice as much as the rest of all soils, the atmosphere, and ocean combined. According to the study, when permafrost thaws in the future, some portion of this mercury will get released into the environment, with unknown impact to people and our food supplies. The scientists performed the research by taking cores from permafrost across Alaska. They measured mercury levels and then extrapolated to calculate how much mercury there is in permafrost across the globe, where it covers large portions of Canada, Russia and other northern countries.

Mercury, a naturally occurring element, binds with living matter across the planet, but the Arctic is special. Normally, as plants die and decay, they decompose and mercury is released back to the atmosphere. But in the Arctic, plants often do not fully decompose. Instead, their roots are frozen and then become buried by layers of soil. This suspends mercury within the plants, where it can be remobilized again if permafrost thaws.

How much mercury would be released depends on how much the permafrost thaws, which in turn depends on the volume of greenhouse-gas emissions and subsequent warming of the planet. However, permafrost thaw has begun in some places and scientists project that it will continue over the course of the century. The study says that with current emissions levels through 2100, permafrost could shrink by between 30 and 99 percent.

The question is to know where this mercury will go, and what it will do. It could spread through rivers that into the Arctic Ocean. Or it could enter the atmosphere. Or both. The problem is that mercury, although naturally occurring, is damaging to humans and wildlife, especially in certain forms. We are already causing mercury to enter the atmosphere by burning coal, which lofts the element into the atmosphere where it travels long distances. When it rains out into the ocean or lakes, mercury enters the food chain, first accumulating in the bodies of microorganisms and then growing increasingly concentrated in predators – like fish – that feed off smaller organisms. When humans consume mercury-laden fish in quantities too large, it can be dangerous, especially for pregnant women.

In the Arctic, mercury can also accumulate in the bodies of major mammal predators, such as polar bears or narwhal, a phenomenon that has been documented. If the Arctic mercury burden further increases, it could be another way that climate change affects the native communities living there.

The results of the study are concerning because what we are learning is that not only is permafrost a massive storage for carbon that will feedback on global climate, but permafrost also stores a globally significant pool of mercury, which is at risk of being released into the environment when permafrost thaws. This is especially concerning, given the predominance of wetland ecosystems in the Arctic.

Source: The Washington Post.

Carte montrant l’étendue du permafrost dans l’Arctique (Source: National Snow and Ice Data Center)

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2 réflexions au sujet de « Le mercure du permafrost, une autre menace pour notre environnement // The mercury in permafrost, another threat to our environment »

  1. Bonjour Claude,
    De Mars à Mercure.
    S’il est commun et presque aujourd’hui obligatoire d’évoquer et de décrire les phénomènes de société, c’est-à-dire tous ce qui se rapporte aux relations, traditions, institutions des groupes d’individus, associations, club, nations, ethnies…, cela conduit systématiquement a entrevoir leur futur évolution comme une sorte de perpétuation, d’amplification du présent sans en définir, ni but, ni finalité, ni point de chute. Ainsi de cette espèce de globalisation imbue de perroquetage outrancier, c’est la notion de civilisation qui devient la plus haute instance de sacralisation de l’espèce humaine. Mais lorsque l’on atteint un tel concept, on oublie bien volontiers qu’étymologiquement on se réfère au passé (« Civis » = « a été » en latin), et donc on s’interdit formellement d’entrevoir l’avenir. Il y aura bien quelques balbutiements d’esprits éthérés et savants qui ne manqueront pas d’imaginer quelques géniales modélisations prédicatrices de l’excellence du saut de l’ange à partir de la forme du tremplin qui l’aura initié.
    Etre civilisé équivaut alors parfaitement à rejeter et s’opposé à tout ce qui de la nature parait trivial et dérisoire. Ne pas s’effrayer du petit bout de glace qui flotte en mer est la règle à observer puisque l’on sait parfaitement, bien malin, que le danger provient du gros bout qui reste immergé. La nature est bête et méchante et nous sommes généreux et intelligents et sommes par conséquent les maîtres du monde, parfaitement universels et indépendants.
    Et pourtant, malgré ce fabuleux allant d’intellectualité, sommes nous vraiment conscient que l’utilisation des fossiles, de l’eau de l’air du feu, et de tout ce qui nous entoure sur la planète, sans discernement et à tout va, n’est que l’expression d’une loi fondamentale de la nature, qu’il est commode d’appeler l’entropie, c’est-à-dire le constant et inexorable retour au désordre, ou disons le plus simplement, à la pagaille. Ainsi la pérennisation de la vie sur terre n’est rendue possible que par son renouvellement qui inévitablement implique un passage par la mort.
    L’absorption du mercure par tout être vivant, produit délétère et mortifère, rentre donc bien dans cette logique de cycle transformant, dont on pourrait penser que son point d’équilibre restera proportionnel à la quantité du vivant et au volume de cet ingrédient. Il n’est donc dans ces conditions absolument pas illogique et surprenant, que l’un augmentant dans des proportions importante, l’autre suive à l’identique, l’effet inverse étant probablement également vrai, il nous resterait pour ainsi dire, à le prouver, ou, plus certainement à attendre bien sagement qu’il se produise.
    J’espère que ce brillant exposé aura permit de démontrer de manière incontestable que c’est bien la chaleur qui fait « monter » le mercure.
    Amitiés
    Pierre Chabat

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