Yellowstone : Pas de quoi paniquer ! // No panic please !

Ce n’est pas une surprise: chaque fois que la sismicité augmente dans le Parc National de Yellowstone, certains craignent que le volcan entre en éruption et les tabloïds britanniques, que ce soit le Daily Star ou The Express, contribuent à faire souffler un vent de panique.
Comme je le mentionnais précédemment, un essaim sismique significatif a effectivement débuté le 12 juin 2017 sur la marge occidentale du Parc National de Yellowstone. Cependant, rien ne prouve que cet événement est annonciateur d’une éruption catastrophique dans un avenir prévisible et il n’est donc pas nécessaire de paniquer. Les essaims sismiques sont fréquents à Yellowstone et ils représentent environ 50% de la sismicité dans cette région des Etats-Unis.
Au cours de l’essaim sismique actuel, on a enregistré 464 événements d’une magnitude maximale de M 4,4 ; 5 autres secousses se situaient autour de M 3 ; 57 séismes avoisinaient M 2 ; 238 montraient une magnitude d’environ M 1. Ces différents séismes ont été localisés à des profondeurs de 0 à 14,5 km par rapport au niveau de la mer.
On remarquera qu’il s’agit du plus grand nombre de séismes enregistrés à Yellowstone en une seule semaine au cours des cinq dernières années. Malgré tout, ce nombre est inférieur aux recensements hebdomadaires lors d’essaims sismiques semblables en 2002, 2004, 2008 et 2010.
L’Observatoire n’a pas modifié les niveaux d’alerte. Le niveau d’alerte volcanique est Normal; La couleur de l’alerte aérienne est Verte.
Une nouvelle webcam orientée vers le sud-sud-est sur le lac Yellowstone a été installée sur le le relais de téléphonie mobile près de Fishing Bridge. Pour accéder à cette caméra et à d’autres caméras de Yellowstone, il suffit de cliquer sur ce lien:
https://volcanoes.usgs.gov/volcanoes/yellowstone/multimedia_webcams.html

—————————————–

It does not come as a surprise: Each time seismicity increases at Yellowstone National Park, there are fears that the volcano might erupt and the British tabloids, whether the Daily Star or The Express – contribute to spreading a wave of panic.

As I put it before, it is true that an energetic earthquake swarm started on June 12th, 2017 on the western edge of Yellowstone National Park. However, there is no indication that this is heralding a catastrophic eruption in the foreseeable future and there is no need to panic. Earthquake swarms are common in Yellowstone and, on average, comprise about 50% of the total seismicity in the Yellowstone region.

The current seismic swarm is composed of 464 events with a maximum magnitude of M 4.4. 5 more earthquakes were in the M 3 range, 57 earthquakes in the M 2 range, 238 in the M 1 range. These events have depths from ~0.0 km to ~14.5 km, relative to sea level.

This is the highest number of earthquakes at Yellowstone within a single week in the past five years. However, this number is inferior to weekly counts during similar earthquakes swarms in 2002, 2004, 2008 and 2010.

The Yellowstone Volcano Observatory has not changed the alert levels. The current volcano alert level is Normal; the aviation colour code is Green.

It should be noted that a new webcam looking south-southeast over Yellowstone Lake has been installed on the cell phone tower near Fishing Bridge. To access this and other Yellowstone webcams, you just need to click on this link:

https://volcanoes.usgs.gov/volcanoes/yellowstone/multimedia_webcams.html

Photo: C. Grandpey

Meilleure surveillance du Bogoslof (Alaska) // Better monitoring of Bogoslof Volcano (Alaska)

Comme le Bogoslof ne dispose pas d’instruments de mesure, il est très difficile pour les scientifiques de l’AVO de savoir ce qui se passe sur l’île ou de prévoir les éruptions. C’est ennuyeux car le volcan se trouve sur la route empruntée par les avions entre l’Amérique et l’Asie. Les panaches de cendre produits par les éruptions peuvent devenir un véritable problème pour les moteurs des avions.
Personne ne vit sur l’Ile Bogoslof ; la zone habitée la plus proche est Unalaska, à une centaine de kilomètres. Afin de compenser le manque d’équipement, l’AVO vient d’installer deux hydrophones près de l’île afin d’écouter et d’enregistrer les ondes sismiques pendant une éruption. Comme les hydrophones sont proches de l’île et de la colonne d’eau, ils seront particulièrement aptes à enregistrer le comportement du Bogoslof entre les éruptions, ce qui est impossible avec le réseau de surveillance à distance existant.
Un autre équipement a également été installé par l’AVO pour détecter la présence d’éclairs qui apparaissent souvent avec la présence d’électricité statique dans les panaches de cendre au cours d’une éruption. Les nouveaux capteurs font partie du World Wide Lightning Location Network, réseau mondial de détection de la foudre. Le réseau peut prévenir les pilotes lorsque des éruptions sont en cours. Les nouveaux capteurs permettront aux scientifiques de l’AVO de savoir si des éclairs se produisent sur le Bogoslof, et donc s’il y a beaucoup de cendre dans l’atmosphère. Ils pourront alerter les pilotes pour qu’ils évitent la zone

Source : Alaska Public Media.

—————————————-

As Bogoslof Volcano is not equipped with measuring instruments, it is very difficult for AVO scientists to know what is happening on the island or to predict eruptions. This is a problem as the volcano lies on the route taken by planes between America and Asia. The ash plumes produced by the eruptions may become e real problem to the engines of the planes. No one lives on Bogoslof – the closest human neighbours are 100 km away in Unalaska.

In order to compensate for the lack of equipments, AVO has just installed two hydrophones underwater near the island in order to listen and record seismic waves during an eruption. Because the hydrophones are so close to the island and in the water column, they will be especially good at registering the low level activity at Bogoslof that the faraway monitoring network has missed.

Another piece of equipment was also installed by AVO to track lightning, including volcanic lightning, which happens when static electricity builds up in ash clouds. The new sensors are part of the World Wide Lightning Location Network. The network makes it easier to warn pilots that eruptions are underway. It could help scientists understand if there is lightning at Bogoslof, which would mean there is a lot of ash in the atmosphere and planes should avoid the area.

Source: Alaska Public Media.

Crédit photo: AVO

Nishinoshima (Japon / Japan)

Comme je l’ai déjà indiqué, Nishinoshima est de nouveau en éruption après environ un an et demi de calme, et le niveau d’activité volcanique est à peu près le même qu’en 2014-2015.
En se basant sur l’analyse des gaz émis par le volcan, l’Institut Météorologique Japonais (JMA) estime qu’il y a une alimentation magmatique constante et que l’éruption devrait se poursuivre pendant un certain temps. Des observations ont été faites à bord d’un navire entre le 25 et le 27 mai. Des éruptions stromboliennes d’intensité faible à moyenne se sont produites environ une fois toutes les 46 secondes. Des éruptions vulcaniennes courtes et violentes ont également été observées une fois par heure, avec retombée de cendres et autres éjecta autour de la zone active. Le volcan émet environ 500 tonnes de SO2 par jour, ce qui révèle un niveau d’activité élevé qui n’avait pas été observé depuis octobre 2015.
Le volcan a commencé à entrer en éruption en novembre 2013, avant de se calmer près de deux ans plus tard. Il a repris son activité en avril de cette année.
Source: JMA et journaux japonais.

————————————

As I put it before, Nishinoshima Island is erupting again after about a year and a half’s rest, and the level of volcanic activity is about the same as in 2014-2015.

Based on analysis of gases spewed by the volcano, the Japan Meteorological Institute (JMA) believes there is a steady supply of magma and the eruption is likely to continue for some time. Observations were made onboard a vessel from May 25th to 27th.  Small to medium strombolian eruptions occurred about once every 46 seconds. Short and violent vulcanian eruptions were also observed about once an hour, scattering ash and other ejecta around the area. The volcano is emitting about 500 tons of SO2 per day, indicating a high level of activity not seen on Nishinoshima since October 2015.

The volcano began erupting in November 2013, before calming down almost two years later. It began erupting again in April this year.

Source: JMA and Japanese newspapers.

Nishinoshima pendant la période calme

(Crédit photo: Japan Coast Guard)

Meteor Crater (Arizona)

Situé à environ 60 km à l’est de Flagstaff en Arizona, « Meteor Crater » est le cratère d’impact laissé par une météorite. Le nom lui a été donné en référence au bureau de poste de Meteor situé à proximité. Le site était autrefois connu sous le nom de « Canyon Diablo Crater » et des fragments de la météorite sont officiellement appelés  « Canyon Diablo Meteorite ». Les scientifiques préfèrent l’appeler « Cratère Barringer » en l’honneur de Daniel Barringer, qui a été le premier à affirmer qu’il avait été créé par la chute d’une météorite. Aujourd’hui, le cratère est la propriété privée de la famille Barringer qui le gère via la Barringer Crater Company. Malgré son importance géologique, le cratère n’est pas un Monument National et il faut payer pour le visiter.

Meteor Crater se trouve à 1 740 mètres d’altitude. Il a environ 1 200 mètres de diamètre, 170 mètres de profondeur, et est entouré d’un rebord qui s’élève à 45 mètres au-dessus des plaines environnantes et qui est parfaitement visible depuis la route d’accès au site.
L’âge de Meteor Crater a été estimé à environ 50 000 ans, époque du Pléistocène où le climat sur le Plateau du Colorado était beaucoup plus frais et plus humide qu’aujourd’hui.
Depuis la formation du cratère, on pense que son rebord a perdu 15-20 mètres de hauteur en raison de l’érosion naturelle. De même, on pense que le fond du cratère a reçu une trentaine de mètres d’épaisseur de sédiments lacustres et autres alluvions. Ces processus d’érosion sont la raison pour laquelle très peu de cratères d’impact de météorites sont visibles sur Terre car beaucoup ont été effacés par ces processus géologiques. L’âge relativement jeune de Meteor Crater, s’ajoutant au climat sec de l’Arizona, a permis à ce cratère de rester presque intact depuis sa formation.
Meteor Crater a été formé par l’impact d’une météorite composée de nickel et de fer d’environ 50 mètres de diamètre. La vitesse au moment de l’impact a fait l’objet d’un débat. La modélisation a initialement suggéré que la météorite était arrivée à une vitesse de 20 kilomètres par seconde, mais des recherches plus récentes laissent supposer que la vitesse d’impact a été plus lente, à 12,8 kilomètres par seconde. L’énergie émise a été estimée à environ 10 mégatonnes.

°°°°°°°°°°

S’agissant des impacts de météorites, le site le plus célèbre en France se trouve à Rochechouart, à une cinquantaine de kilomètres à l’ouest de Limoges (Haute Vienne). L’astroblème de Rochechouart-Chassenon, aussi surnommé « la météorite de Rochechouart », est un ensemble de marques laissées par l’impact d’un astéroïde tombé il y a environ 200 millions d’années.

À cette époque, un astéroïde d’un kilomètre et demi de diamètre percuta la Terre à une vitesse d’environ vingt kilomètres par seconde, au lieu-dit de la Judie, dans la commune de Pressignac en Charente. Il laissa un cratère d’au moins 21 kilomètres de diamètre, et détruisit tout à plus de 100 kilomètres à la ronde. L’impact a modifié les roches du sous-sol sur plus de 5 kilomètres de profondeur.

Depuis, l’érosion a complètement effacé toute trace dans le relief. Par contre, le sous-sol conserve de nombreuses brèches. Elles ont été utilisées pour la construction des monuments gallo-romains, comme les thermes de Chassenon, ainsi que des habitations dans toute la région. Il suffit de regarder les murs des maisons de Rochecouart et des villages environnants pour s’en rendre compte. Ces roches vacuolées ressemblent à celles que l’on peut observer sur les parois internes de Meteor Crater.

L’astroblème de Rochechouart est la première structure d’impact terrestre à avoir été découverte uniquement par l’observation des effets du choc sur les roches alors qu’aucune structure topographique circulaire n’est identifiable.

—————————————-

Located about 60 km est of Flagstaff in Arizona, Meteor Crater is a meteorite impact crater. It acquired the name of « Meteor Crater » from the nearby post office named Meteor. The site was formerly known as the Canyon Diablo Crater and fragments of the meteorite are officially called the Canyon Diablo Meteorite. Scientists refer to the crater as Barringer Crater in honour of Daniel Barringer, who was first to suggest that it was produced by meteorite impact. The crater is privately owned by the Barringer family through their Barringer Crater Company. Despite its importance as a geological site, the crater is not protected as a national monument, a status that would require federal ownership.

Meteor Crater lies at an elevation of about 1,740 metres above sea level. It is about 1,200 metres in diameter, some 170 metres deep, and is surrounded by a rim that rises 45 metres above the surrounding plains.

Meteor Crater was created about 50,000 years ago during the Pleistocene epoch, when the local climate on the Colorado Plateau was much cooler and damper than today.

Since the crater’s formation, the rim is thought to have lost 15–20 metres of height at the rim crest due to natural erosion. Similarly, the basin of the crater is thought to have approximately 30 metres of additional post-impact sedimentation from lake sediments and of alluvium. These erosion processes are the reason why very few remaining craters are visible on Earth, since many have been erased by these geological processes. The relatively young age of Meteor Crater, paired with the Arizona climate, have allowed this crater to remain almost unchanged since its formation.

The object that excavated the crater was a nickel-iron meteorite about 50 metres across. The speed of the impact has been a subject of some debate. Modeling initially suggested that the meteorite struck at up to 20 kilometres per second but more recent research suggests the impact was substantially slower, at 12.8 kilometres per second. Impact energy has been estimated at about 10 megatons. The meteorite was mostly vaporized upon impact, leaving little remains in the crater.

°°°°°°°°°°°°

As far as the impacts of meteorites are concerned, the most famous site in France is in Rochechouart, about fifty kilometres west of Limoges (Haute Vienne). The Rochechouart-Chassenon astrobleme, also known as the Rochechouart meteorite, is a set of marks left by the impact of an asteroid fallen some 200 million years ago.
By that time, an asteroid a kilometre and a half in diameter struck the Earth at a speed of about twenty kilometres per second at Judie, in the commune of Pressignac in the Charente. It left a crater at least 21 kilometres in diameter, and destroyed everything more than 100 kilometres around. The impact modified the rocks of the subsoil over more than 5 kilometres deep.
Since then, erosion has completely erased all trace in the relief. However, the subsoil retains many breccias which are fractured rocks. They have  been used for the construction of Gallo-Roman monuments, such as the Chassenon thermal baths, as well as dwellings and monuments throughout the region. Just look at the walls of the houses of Rochecouart and the surrounding villages to realize it! These vacuolated rocks resemble those seen on the internal walls of Meteor Crater.
Rochechouart’s astrobleme is the first land impact structure to have been discovered solely by observing the effects of shock on rocks, while no circular topographic structure is identifiable.

Photos: C. Grandpey