Le mystère des profondeurs océaniques // The mystery of ocean depths

drapeau-francaisComme je l’ai déjà écrit à plusieurs reprises, nous connaissons mieux la surface de Mars ou de Vénus que le fond de nos océans. Il est vrai que les couleurs de ces planètes lointaines sont plus attrayantes que l’obscurité des abysses. Il ne faudrait pourtant pas oublier que de nombreux séismes majeurs sont déclenchés par des processus de subduction qui se déroulent dans les fosses marines et, elles aussi, méritent notre attention.
Récemment, des scientifiques hawaïens à bord du navire de recherche Pisces V ont visité le volcan sous-marin Cook, un « seamount » éteint de 900 mètres de hauteur au fond de l’Océan Pacifique, à plus de 160 km au sud-ouest de la Grande Ile d’Hawaii. Il fait partie d’un groupe de volcans sous-marins connus sous le nom de Geologist Seamounts, vieux d’environ 80 millions d’années et qui pourraient héberger de nombreuses nouvelles espèces animales, ainsi que des éléments tels que le nickel et le cobalt que les sociétés minières pourraient exploiter. (NDLR : Ne serait-ce pas là le but ultime de l’expédition ?)
Les « seamounts » sont des volcans actifs ou en sommeil qui se dressent sur le plancher océanique sans atteindre la surface. Ils sont très fréquentés par la faune marine car ils génèrent une eau riche en éléments nutritifs. Ces volcans sous-marins couvrent probablement une cinquantaine de millions de kilomètres carrés sur la planète.
Le but de l’expédition était d’examiner les caractéristiques géologiques et la riche variété de vie marine. C’était la première expédition d’exploration du volcan sous-marin Cook par un submersible habité.
Les chercheurs de l’Université d’Hawaii et les membres de l’association Conservation International ont pu observer une espèce rare de poulpe doté de grandes nageoires ainsi qu’une nouvelle espèce de corail pourpre qu’ils ont baptisé Purple Haze. Conservation Inter-national espère pouvoir étudier 50 « seamounts » au cours des cinq prochaines années.
Comme l’a fait remarquer un chercheur: «Nous ne savons rien du fond de l’océan. Ce que nous savons, c’est que chacun de ces volcans sous-marins sert de refuge à de nouvelles espèces, mais nous ne savons pas ce qu’ils sont. Nous ne savons pas non plus comment ils ont évolué. Nous ne savons pas quelles sont les leçons que nous pouvons en tirer. »
A mi-chemin vers le sommet du volcan, qui se trouve à 900 mètres sous la surface du Pacifique, aucune lumière ne pénétrait plus à l’intérieur du submersible. La seule lumière visible depuis les hublots était la lueur bleuâtre des phares de l’engin. De temps en temps, des créatures bioluminescentes ornaient l’obscurité. Malgré tout, le spectacle était moins fascinant que celui offert par les collines rouges de la planète Mars!
Quelques minutes avant l’arrivée du submersible au sommet du volcan, la vie commença à apparaître: une étoile de mer accroché à un rocher, rejointe peu après par des anguilles, des requins, des chimères (aussi connues sous le nom de «requins fantômes»), des crevettes, des crabes et deux espèces rares de poulpes. Tout en nageant, l’un des poulpes changeait de couleur, passant du blanc au rose puis au brun rougeâtre. Plusieurs types de coraux ont été observés le long des pentes  abruptes du volcan sous-marin, y compris une espèce à la surprenante couleur pourpre.
Deux autres volcans sous-marins ont été étudiés pendant les trois jours d’expédition: Le McCall, qui héberge un grand nombre de petits requins, et le Loihi, un volcan actif qui a été souvent exploré par des submersibles habités au cours des 30 dernières années. Le Loihi est susceptible de devenir un jour la nouvelle île dans la chaîne volcanique hawaiienne, au fur et à mesure que l’activité volcanique poussera son sommet vers la surface de l’Océan Pacifique.

Voici une vidéo qui illustre l’expédition:
http://www.usatoday.com/videos/news/nation/2016/09/16/90455074/?utm_source=feedblitz&utm_medium=FeedBlitzRss&utm_campaign=usatodaycomnation-topstories

Source: Presse américaine.

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drapeau-anglaisAs I put it several times, we know the surface of Mars or Venus better than the bottom of our oceans. It is true that the colours of these faraway planets are more attractive than the darkness of our ocean abysses. However, we should remember that many major earthquakes are triggered by subduction processes that take place very deep in ocean trenches and they, too, should deserve our attention.

Recently, Hawaiian scientists on board the vessel Pisces V visited Cook seamount, a 900-metre extinct volcano at the bottom of the sea, over 160 km southwest of Hawaii’s Big Island. It is part of a group of undersea volcanoes known as the Geologist Seamounts that are about 80 million years old and could hold many new animal species, as well as elements such as nickel and cobalt that mining companies could extract.

Seamounts are either active or dormant volcanoes that rise dramatically from the bottom of the ocean and never reach the surface. They are hotspots for marine life because they carry nutrient-rich water upward from the sea floor. Seamounts are believed to cover about 50 million square kilometres of the planet.

The purpose of the expedition was to examine its geological features and its rich variety of marine life. It was the first-ever expedition to the Cook seamount by a manned submersible.

Among other things, the researchers from the University of Hawaii and the nonprofit group Conservation International spotted such wonders as a rare type of octopus with big fins and a potentially new species of violet-hued coral they dubbed Purple Haze. Conservation Inter-national hopes to study 50 seamounts over the next five years.

Said one researcher: “We don’t know anything about the ocean floor. What we know is that each one of those seamounts is a refuge for new species, but we don’t know what they are. We don’t know how they’ve evolved. We don’t know what lessons they have for us.”

Halfway to the volcano’s summit, which is 900 metres below the surface of the Pacific, no sunlight penetrated. The only light that could be seen from the submarine’s windows was the bluish glow of the vessel’s own bright lights. Occasionally, bioluminescent creatures drifted past in the darkness. The show is, of course, less fascinating than the red hills of Mars !

Within minutes of the vessel’s arrival at the summit, life began to appear: a starfish clinging to a rock, joined shortly after by eels, sharks, chimaera (also known as “ghost sharks”), shrimp, crabs and two rare species of octopuses. One of the octopuses changed colour from white to pink to reddish brown as it swam by.

Several types of deep-sea corals were found along the seamount’s cliffs, including an astonishing purple one.

Two other seamounts were studied over three days of expeditions: McCall, home to a large number of small deep-sea sharks, and Loihi, an active volcano which has been extensively surveyed by manned submersibles over the past 30 years. Loihi is likely to someday become the newest island in the Hawaii chain as volcanic activity pushes the summit upward.

Here is a video that illustrates the expedition :

http://www.usatoday.com/videos/news/nation/2016/09/16/90455074/?utm_source=feedblitz&utm_medium=FeedBlitzRss&utm_campaign=usatodaycomnation-topstories

Source: U.S. newspapers.

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Situation du volcan sous-marin Loihi.

Le recul du glacier Sawyer (Alaska) // The retreat of the Sawyer Glacier (Alaska)

drapeau-francaisExemple  parfait du réchauffement climatique, le Sawyer Glacier vient finir sa course dans Tracy Arm, au sud-est de Juneau. Comme je l’ai indiqué précédemment, j’étais à bord d’une petite embarcation le 3 septembre 2016 afin d’apprécier la situation de mes propres yeux. Le glacier a reculé de 2,3 km au cours des 50 dernières années. Lorsque l’on regarde la carte réalisée par l’USGS, on  remarque que le front du glacier atteignait presque le bras principal du fjord en 1961. Les images de Google Earth en 2003 indiquent un recul de 2,3 km, ce qui correspond à une moyenne d’environ 120 mètres par an.
L’amincissement du glacier, en même temps que la remontée de la limite de la neige, a entraîné une zone d’accumulation plus petite. Le recul du glacier a aussi réduit le vêlage dans la partie frontale. Les scientifiques de l’Université de Fairbanks ont commencé des relevés altimétriques périodiques des glaciers dans la région du Sawyer en 2000 et ils ont constaté une forte diminution de la hauteur du front du glacier qui n’atteignait plus que 1000 mètres d’altitude pour la période 2000-2009, contre 1100 mètres précédemment.

Au cours de la visite du Sawyer, le pilote du bateau sur lequel je me trouvais m’a indiqué que le glacier avait reculé d’environ 600 mètres entre juin et septembre 2016.

En cliquant sur ce lien, vous pourrez visionner une petite vidéo que j’ai réalisée pendant l’approche du Sawyer Glacier. On y voit un effondrement du front du glacier, ce qui contribue au vêlage, autrement dit à la production d’icebergs :

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drapeau-anglaisA perfect example of global warming, the Sawyer Glacier comes to an end in Tracy Arm, southeast of Juneau. As I explained earlier, I was on board a small boat on 3 September 2016 to assess the situation for myself. The glacier has retreated 2.3 km over the past 50 years. When looking at the USGS map, one can see that the glacier front almost reached the main branch of the fjord in 1961. Google Earth images in 2003 indicate a retreat of 2.3 km, which corresponds to an average of about 120 meters per year.
The thinning of the glacier, together with the rise of the snow line, have resulted in a smaller storage area. The glacier’s retreat has also reduced calving in the front. Scientists at the University of Fairbanks began periodic altimeter readings of the glaciers in the Sawyer area in 2000 and found a sharp decrease in the height of the glacier front that only reached 1,000 meters for 2000-2009 period, versus 1,100 meters before.
During the visit of Sawyer, the pilot of the boat told me that the glacier had retreated about 600 meters between June and September 2016.
By clicking this link, you will view a small vidéo I made during the approach of the Sawyer Glacier. One can see a collapse of the glacier front and the ensuing production of icebergs:

Une éruption du Sakurajima (Japon) en 2044? // Will Sakurajima (Japan) erupt in 2044?

drapeau-francaisBien que nous ne soyons pas fichus de prévoir les éruptions à court terme (voir la dernière du Piton de la Fournaise sur l’Ile de la Réunion), une nouvelle étude par des volcanologues anglais de l’Université d’Exeter affirme que le Sakurajima (Japon) – dont la dernière éruption remonte à 1914 – pourrait connaître un événement majeur au cours des prochaines décennies.
Selon les scientifiques, le réservoir magmatique qui se cache sous le Sakurajima augmente de volume chaque année, signe d’une menace croissante. Au train où vont les choses, le Sakurajima pourrait connaître une éruption catastrophique dans environ 25 ans. Les chercheurs pensent que leur étude pourrait également aider les scientifiques à mieux prévoir les éruptions sur d’autres grands volcans de la planète.
Le Sakurajima, sur l’île de Kyushu, est entré en éruption en 1914, tuant 58 personnes et provoquant une inondation dans la ville de Kagoshima (voir la description de cet événement dans mon livre Killer Volcanoes). Le volcan est alimenté par un réservoir magmatique située sous la caldeira Aira, et c’est ce réservoir qui est la source des éruptions mineures que l’on observe quasiment tous les jours.

Dans les années 1950, les scientifiques ont essayé d’évaluer le risque éruptif en utilisant un modèle simple qui s’est révélé irréaliste par la suite. Pour une meilleure prévision éruptive du Sakurajima, les chercheurs anglais ont développé un modèle informatique beaucoup plus complexe qui intègre la topographie de la zone autour du volcan. Ils ont ensuite intégré les données fournies par les sismomètres et les appareils GPS de haute précision placés sur le volcan et autour de l’édifice volcanique. Ils ont découvert que le réservoir magmatique sous la caldeira grossissait à un rythme significatif. A partir de leur modèle, ils prévoient un intervalle de 130 ans entre la dernière éruption majeure et la prochaine, ce qui signifie que le Sakurajima pourrait être secoué par une explosion majeure vers 2044.

Source: Live Science.

Le problème est que les modèles informatiques appartiennent à une science exacte alors que les éruptions volcaniques sont des phénomènes naturels qui ne répondent pas à une théorie préétablie! Même avec des modèles très précis, les volcans peuvent surprendre les scientifiques. Il suffit de se souvenir du Mont Ontake qui est entré en éruption sans prévenir en 2014, tuant quelque 57 personnes.

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 drapeau-anglaisAlthough we are not able ton predict eruptions in the short term (see the latest eruption of Piton de la Fournaise on Reunion Island), a new research by English volcanologists at the University of Exeter affirms that Sakurajima in Japan is “due for a major eruption.” The volcano that last erupted in 1914 could be set to blow in the next few decades.

According to the scientists, the pool of liquid magma swelling beneath Sakurajima is growing every year, a sign of a growing threat. At the current rate, Sakurajima could erupt catastrophically in about 25 years.

The researchers think the new analysis could also help scientists better forecast when other big volcanoes could erupt.

Sakurajima volcano, located on Kyushu Island, last erupted in 1914, killing 58 people and causing a massive flood in the nearby seaside city of Kagoshima (see the description of the eruption in my book Killer Volcanoes). Sakurajima is fed by a pool of magma lying beneath the Aira caldera, and the filling of this magma reservoir causes the volcano to have minor eruptions roughly every day.

In the 1950s, scientists tried to quantify the risk of future eruptions at Sakurajima by using a simple model which proved unrealistic a few years later.

To better forecast eruptions at Sakurajima, the English researchers developed a much more complicated computer model that incorporated the unique topography of the area surrounding the volcano. Then, they incorporated data from seismometers and highly precise GPS devices placed in and around the volcano.

The researchers discovered that the reservoir of magma beneath the caldera was growing at a significant rate. From this model, they forecast that it would take 130 years from the past major eruption for the next one to occur, meaning the region is due for a major explosion around 2044.

Source: Live Science.

The problem is that computer models belong to an exact science whereas volcanic eruptions are natural phenomena that do NOT respond to any pre-established theory ! Even with highly accurate models, volcanoes may surprise experts, like Mount Ontake that erupted without warning in 2014, killing about 57 people.

Sakurajima-blog

Crédit photo: Wikipedia.

Nouvelle éruption du Turrialba (Costa Rica)

drapeau-francaisUne recrudescence de l’activité éruptive a été observée sur le Turrialba le lundi 19 septembre avec deux nouvelles explosions, dont l’une a atteint près de 4000 mètres de hauteur.
La première éruption a eu lieu à 02h53 et a duré environ 15 minutes. Elle a expédié de la cendre, des gaz et des roches incandescentes jusqu’à environ 1000 mètres au-dessus du cratère.
La deuxième explosion a eu lieu à 11h32. Elle a duré environ 13 minutes avec des projections de matériaux jusqu’à 4000 mètres de hauteur. Il est fait état de retombée de cendre dans les localités au nord et à l’ouest de San José, jusqu’à la province Alajuela.

http://www.reuters.com/video/2016/09/20/turrialba-volcano-erupts-in-costa-rica?videoId=369901512&feedType=VideoRSS&feedName=LatestVideosUS&videoChannel=74&utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed%3A+reuters%2FUSVideoLatest+%28Video+%2F+US+%2F+Latest+Video%29

La cendre sur les pistes de l’aéroport international Juan Santamaría a provoqué sa fermeture temporaire à 13h15 Cela a entraîné le retard de huit départs et quatre arrivées. L’aéroport devait rester fermé jusqu’à 21 heures. Il est demandé aux voyageurs de vérifier leur statut de vol auprès de leur compagnie aérienne.
Source: Tico Times & OVSICORI.

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drapeau-anglaisEruptive activity at Turrialba Volcano resumed on Monday, September 19th with two new explosions, one of which reached nearly 4,000 meters in height.

The first eruption occurred at 2:53 a.m. and lasted about 15 minutes. The explosion launched ash, gases and incandescent rocks into the air to about 1,000 meters above the volcano’s crater.

The second explosion occurred at 11:32 a.m. It lasted about 13 minutes and spewed material about 4,000 meters into the air. There are reports of ash falling in communities north and west of San José and as far away as Alajuela province.

http://www.reuters.com/video/2016/09/20/turrialba-volcano-erupts-in-costa-rica?videoId=369901512&feedType=VideoRSS&feedName=LatestVideosUS&videoChannel=74&utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed%3A+reuters%2FUSVideoLatest+%28Video+%2F+US+%2F+Latest+Video%29

Ashfall over the runways at Juan Santamaría International Airport prompted a temporary closure of the airport at 1:15 p.m. It caused the delay of eight departures and four arrivals.

The airport was scheduled to remain closed until 9 p.m. Travelers are advised to check with their airline for flight status.

Source: Tico Times & OVSICORI.

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Exemple d’éruption du Turrialba (Webcam OVSICORI)