Les carbonatites de l’Ol Doinyo Lengai (Tanzanie)

drapeau francaisUne équipe internationale de scientifiques a publié une étude intitulée « Chimie volatile du manteau supérieur à l’Ol Doinyo Lengai et origine des carbonatites ». Vous trouverez le texte complet en cliquant sur le lien ci-dessous.
Le Lengai est actuellement le seul volcan actif au monde à produire des carbonatites qui sont exceptionnelles car elle ne contiennent presque pas de SiO2 et plus de 50% de minéraux carbonatés. Dans l’étude, les chercheurs montrent que les gaz volcaniques récoltés lors d’un épisode éruptif du Lengai ne présentent pas de différences avec ceux émis le long des dorsales océaniques, malgré le fait que les carbonatites du Lengai sont émises dans une région bien à l’écart des centres d’expansion océanique.

Les résultats de l’étude démontrent qu’un réservoir globalement homogène existe dans le manteau supérieur et fournit les volatiles à la fois aux dorsales médio-océaniques et aux rifts continentaux. Cela va à l’encontre de la théorie d’un manteau exceptionnellement riche en Carbone qui serait responsable au Lengai de la genèse de carbonatites riches en sodium (Na) et de son magma source à base de  néphélinite. Les scientifiques pensent plutôt  ces carbonatites se sont formées dans la croûte peu profonde par immiscibilité de magmas comme la néphélinite, et restent stables dans des conditions d’éruption en raison de leur contenu élevé en sodium.
https://www.deepdyve.com/lp/nature/upper-mantle-volatile-chemistry-at-oldoinyo-lengai-volcano-and-the-EM4aFfE2Am?key=citeulike

Les dernières images du Lengai montrent quelques coulées de carbonatite au fond du pit crater qui est apparu au cours de l’éruption de 2007 – 2008. Le sommet n’a plus rien à voir avec celui que j’ai pu observer lors d’une visite en 2002.

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drapeau anglaisAn international team of scientists has published a study entitled “Upper-mantle volatile chemistry at Ol Doinyo Lengai volcano and the origin of carbonatites”. You will find the complete text by clicking on the link below.

Lengai is currently the only active volcano in the world to produce carbonatite lavas which are highly unusual in that they contain almost no SiO2 and are >50 per cent carbonate minerals. In the study, the researchers show that volcanic gases captured during an eruptive episode at Oldoinyo Lengai are indistinguishable from those emitted along mid-ocean ridges, despite the fact that Oldoinyo Lengai carbonatites occur in a setting far removed from oceanic spreading centres.

The results of the study demonstrate that a globally homogenous reservoir exists in the upper mantle and supplies volatiles to both mid-ocean ridges and continental rifts. This argues against an unusually C-rich mantle being responsible for the genesis of Na-rich carbonatite and its nephelinite source magma at Oldoinyo Lengai. Rather, these carbonatites are formed in the shallow crust by immiscibility from silicate magmas (nephelinite), and are stable under eruption conditions as a result of their high Na contents.

https://www.deepdyve.com/lp/nature/upper-mantle-volatile-chemistry-at-oldoinyo-lengai-volcano-and-the-EM4aFfE2Am?key=citeulike

The latest images of Ol Doinyo Lengai show a few carbonatite flows at the bottom of the pit crater that appeared during the 2007 – 2008 eruption. The summit is now quite different from what i saw during my visit to the volcano in 2002.

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Sommet du Lengai et émissions de carbonatite en 2002  (Photos:  C. Grandpey)

Le Krakatau et les nuages noctulescents // Krakatau and noctilucent clouds

drapeau francaisL’éruption du Kralatau en 1883 a donné naissance à de somptueux couchers de soleil qui ont inspiré des peintres célèbres comme Edgar Degas ou Edvard Munch et son célèbre tableau « Le Cri ». Outre les couchers de soleil, l’éruption a également produit des nuages noctulescents, nuages nocturnes lumineux, espèces de filaments bleus qui apparaissent à la lisière de l’espace. Au 19ème siècle, les gens pensaient qu’ils étaient un effet secondaire de l’éruption volcanique, mais on a continué à les observer longtemps bien après que la cendre du Krakatau se soit dissipée.
Ces nuages ​​insolites se forment à la fin du printemps et en été, dans la haute atmosphère au-dessus des régions polaires du globe. Alors que la basse atmosphère se réchauffe, la haute atmosphère se refroidit, et des cristaux de glace se forment sur les poussières météoritiques et autres particules très haut dans le ciel.
Le satellite spatial AIM (Aeronomy of Ice in the Mesosphere) de la NASA, chargé de l’étude des nuages polaires de la mésosphère, a observé les nuages ​​noctulescents le 10 juin 2015. L’image ci-dessous est un composite de plusieurs passages du satellite au-dessus de l’Arctique. Les nuages ​​apparaissent dans diverses nuances de lumière allant du bleu au blanc en fonction de la densité des particules de glace. L’AIM mesure l’albédo, autrement dit la quantité de lumière réfléchie.
Dans la dernière décennie, le satellite a observé et mesuré ces formations nuageuses saisonnières en haute altitude. Les chercheurs ont constaté qu’elles ont tendance à apparaître plus tôt et à s’étendre plus fréquemment à des latitudes plus basses. Il semblerait que ce soit la conséquence de l’augmentation des gaz à effet de serre dans l’atmosphère.
Source: NASA.

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drapeau anglaisThe eruption of Kralatau in 1883 generated sumptuous sunsets that inspired some famous painters like Edgar Degas or Edvard Munch and his famous work “The Scream”. Beside the sunsets, the eruption also produced noctilucent or “night-shining” clouds (NLCs) – electric blue wisps that grow on the edge of space. At first people thought they were a side-effect of the volcano, but they were still observed long after Krakatau’s ash settled.

These unusual clouds form in the late spring and summer, high in the atmosphere above the polar regions of the world. As the lower atmosphere warms, the upper atmosphere gets cooler, and ice crystals form on meteor dust and other particles high in the sky.

NASA’s Aeronomy of Ice in the Mesosphere (AIM) spacecraft observed noctilucent clouds on June 10th 2015. The image below is a composite of several satellite passes over the Arctic, and the clouds appear in various shades of light from blue to white, depending on the density of the ice particles. The instrument measures albedo, namely how much light is reflected back

In the past decade, AIM has been observing and measuring these seasonal, high-altitude cloud formations. Researchers have found that they are appearing earlier and stretching to lower latitudes with greater frequency. There is some evidence that this is a result of increased greenhouse gases in the atmosphere.

Source : NASA.

Clouds

Vue des nuages noctulescents au-dessus de l’Arctique

Vous obtiendrez une superbe image, beaucoup plus grande, en cliquant sur ce lien :

http://www.scientificcomputing.com/sites/scientificcomputing.com/files/Night-shining_Clouds_created_when_Ice_Crystals_form_on_Meteor_Dust.jpg

Horloges atomiques et prévision volcanique // Atomic clocks and volcanic prediction

drapeau francaisGrâce aux technologies modernes, les scientifiques testent régulièrement de nouvelles méhodes susceptibles de faire avancer la prévision des éruptions volcaniques. Il reste beaucoup à faire, mais chaque innovation doit être sérieusement prise en compte. C’est dans cette optique qu’une équipe de l’Université de Zurich a développé une méthode de surveillance des événements volcaniques en utilisant des horloges atomiques.
Les horloges atomiques sont les instruments les plus précis que l’on ait jamais construits pour mesurer le temps. En utilisant la vibration des atomes de césium à la place d’un pendule oscillant, elles atteignent un niveau de précision si élevé qu’elles perdent moins d’une seconde en 10 milliards d’années. Cela les rend extrêmement utiles pour toutes sortes d’applications, telles que l’astronomie, la physique, l’informatique et la navigation. Il se pourrait qu’elle soient bientôt utilisées également en géologie. En effet, une équipe dirigée par l’Institut de Physique de l’Université de Zurich a mis au point une méthode d’utilsation de ces horloges pour surveiller l’activité volcanique.
La technique repose sur la théorie de la relativité d’Einstein qui dit que le temps s’écoule à des vitesses différentes dans des circonstances différentes. C’est cet effet relativiste que l’équipe de Zurich veut utiliser pour étudier les volcans. Quand un volcan va entrer en éruption, la chambre magmatique se remplit, ce qui augmente la masse et donc la gravité locales. Une horloge atomique positionnée à proximité du volcan détectera ce changement car l’augmentation de la masse provoquera un ralentissement du temps. La vitesse de ce ralentissement, et donc la variation de la masse, peuvent être mesurées en comparant l’horloge sur le terrain à une horloge de référence installée à une certaine distance.
Cette technique est déjà utilisée, mais elle dépend de signaux GPS émis par les satellites qui s’appuient sur des horloges beaucoup moins précises, de sorte que les mesures peuvent prendre des mois, tandis qu’une horloge atomique peut effectuer le même travail en quelques heures.
L’équipe de Zurich pense que cette technique pourrait être opérationnelle dans quelques années. Elle permettrait de mettre en place un réseau d’horloges atomiques à l’aide de câbles à fibres optiques afin d’annoncer les éruptions. En outre, un tel réseau pourrait aussi être utilisé pour étudier les marées qui influent sur les mouvements de la mer, mais font également varier la masse de la Terre jusqu’à 50 centimètres deux fois par jour.
Source: Université de Zurich

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drapeau anglaisThanks to modern technologies, scientists are testing new ways to try and predict eruptions. There is still a long way to go but each innovation should seriously be taken into account.  Keeping up with this tendency, a team at the University of Zurich have developed a means of monitoring volcanic events using atomic clocks.
Atomic clocks are the most accurate timepieces ever constructed. Using the vibration of cesium atoms instead of a swinging pendulum, they attain a level of precision so fine that they lose less than one second in 10 billion years. This makes them extremely useful for all sorts of applications, such as astronomy, physics, computing and navigation. They might soon be used in geology as well. Indeed, a team led by the Institute of Physics from the University of Zurich has come up with a way to use these clocks to monitor volcanic activity.
The technique relies on Einstein’s theory of general relativity, which says that time flows at different rates in different circumstances. This relativistic effect is what the Zurich team is using to study volcanoes. When a volcano is approaching an eruption, chambers beneath it fill with molten magma. This increases the local mass, and therefore the local gravity. An atomic clock positioned in the vicinity of the volcano will detect this change because the increase in mass will cause time to slow down. The rate of this slowing, and hence the mass build up, can be measured by comparing the clock to a reference clock some distance away.
This technique is already in use, but it depends on GPS satellite signals which rely on much less precise clocks, so the measurements can take months, while an atomic clock can do the same job in a matter of hours.
The Zurich team’s hope is that the technique could be running in a few years by linking a network of atomic clocks using fiber optic cables as a new early warning system against eruptions. In addition, such a network could also be used to study tides that not only influence the movements of the sea, but also cause the Earth’s mass to shift by up to 50 centimetres twice a day.
Source: University of Zurich

Risque d’un puissant séisme en Islande? // Risk of a powerful earthquake in Iceland?

drapeau francaisSelon la Protection Civile, les dernières mesures des mouvements de la croûte terrestre dans le sud-ouest de l’Islande révèlent la présence de tensions tectoniques susceptibles de générer de puissants séismes. Ces dernières semaines ont vu une augmentation de l’activité sismique sur la péninsule de Reykjanes et dans les régions avoisinantes, avec en particulier un événement de M 4.0 à la fin mai qui a été ressenti jusqu’à Reykjavik.
Si un séisme majeur se produisait, la zone affectée pourrait aller du lac Kleifarvatn sur la péninsule de Reykjanes jusqu’à la rivière Ölfus qui traverse Selfoss à l’est. Les données historiques indiquent que les séismes dans cette région peuvent atteindre M 6,5. Plusieurs événements de M 6.0 ont été enregistrés dans le secteur de  Bláfjöll en 1929 et 1968.

En conséquence, la Protection Civile islandaise donne des conseils sur les mesures de sécurité à prendre et sur la façon de réagir en cas de tremblement de terre. Il va fallor que les Islandais aient une bonne mémoire, car la liste est longue !
1) Les mesures de sécurité:
Sécuriser les armoires, les étagères et autres objets lourds au sol ou au mur.
Ne pas garder d’objets lourds sur des étagères ou sur les murs.
Sécuriser les équipements de chauffage et les radiateurs. Se renseigner pour savoir où se trouve le compteur d’eau et le disjoncteur électrique.
Sécuriser cadres et luminaires sur les murs.
Mettre des verrous de sécurité sur les portes des armoires.
Eviter que des objets puissent tomber sur les lits.
S’assurer que les panneaux des plafonds et les planchers flottants sont correctement fixés.
Couvrir les fenêtres pour empêcher les éclats de verre dans le cas où elles se briseraient.
Ne pas placer les lits sous les fenêtres s’il y a risque de tremblement de terre.

2) Les mesures préventives:
Garder à l’esprit 3 choses en cas de séisme: se protéger, se mettre à l’abri, ne pas bouger.
– Ceux qui sont à l’intérieur quand un puissant séisme se produit doivent éviter:
Les meubles qui peuvent se déplacer.
Les objets qui peuvent tomber des étagères et des armoires (en particulier dans les cuisines).
Les radiateurs qui peuvent se déplacer.
Le verre brisé.
Les chutes de matériaux de construction.
– Ceux qui sont à l’extérieur doivent:
Chercher un espace bien dégagé et éviter les bâtiments et les poteaux électriques. Il faut garder une distance de sécurité par rapport aux structures qui sont aussi grandes ou plus grandes qu’un être humain.
Baisser la tête et la protéger à l’aide d’une couverture (ou au moins avec les mains) si on ne peut pas atteindre un espace dégagé.
Éviter les chutes de pierres et les glissements de roches dans les zones montagneuses.
Ceux qui sont au volant doivent arrêter leur véhicule dans un endroit sûr.

3) Après un séisme, il faut:
Porter des chaussures (s’il y a des débris par terre).
Se munir d’une trousse de premiers secours si nécessaire.
Voir si quelqu’un est blessé, et si oui, appeler le 112 (numéro d’urgence en Islande). S’il n’est pas possible d’obtenir de l’aide par téléphone, marquer le lieu de l’accident avec un drapeau.
Couper l’eau si une fuite est ingérable, et couper le circuit électrique principal si le bâtiment est endommagé.
Voir si il y a un incendie et ne pas utiliser de flamme s’il y a risque de départ de feu.
Quitter le bâtiment calmement si le bâtiment n’est plus habitable après un séisme. De nombreux accidents surviennent quand les gens courent à travers les décombres.

Adapter sa tenue vestimentaire aux conditions météorologiques si on quitte le bâtiment. Ne pas oublier que l’automobile est souvent le premier abri chauffé disponible et équipé d’une radio.
Garder à l’esprit l’emplacement des abris d’urgence dans les écoles.
Écouter les annonces de la Protection Civile sur la radio d’Etat
Ne jamais toucher les poteaux électriques endommagés.
S’attendre à des répliques.

Source : Iceland Review.

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drapeau francaisAccording to the Civil Protection Department, the latest measurements of crustal movements in south-west Iceland suggest the presence of tectonic tension which may cause large earthquakes. Recent weeks have seen increased seismic activity on the Reykjanes peninsula and surrounding areas, including an M 4.0 event at the end of May which was felt as far as Reykjavik.

Should a major earthquake occur, the area affected could stretch from the Kleifarvatn lake on the Reykjanes peninsula all the way east to the Ölfus river flowing through Selfoss. Historical data indicate that earthquakes in this area can reach M 6.5. M 6.0 quakes were recorded in the Bláfjöll area in 1929 and 1968.

The Civil Protection gives pieces of advice on safety measures to take and how to respond in the event of an earthquake.

1) Security measures :

Secure cabinets, shelves and heavy objects to the floor or wall.

Do not keep heavy objects on top of shelves or on walls.

Secure heating equipment and radiators.  Know where the water main and electric circuit breaker are.

Secure picture frames and wall light fixtures.

Put security latches on cabinet doors.

Prevent objects from falling on beds.

Make sure that ceiling panels and raised floors are properly fastened.

Cover windows to prevent flying glass in case they are broken.

Do not place beds under windows if there is a danger of an earthquake.

2) Preventive response

It is good to memorize the words DUCK, COVER, HOLD to remember how to react in the event of an earthquake.

– Those who are indoors when a large earthquake occurs should especially avoid:

Furniture that may move.

Objects that may fall from shelves and cabinets (especially in kitchens).

Radiators that may move.

Broken glass.

Falling building parts.

– Those who are outside should:

Find an open space and avoid buildings and electric poles. Keep a safe distance from
man-made structures that are as tall or taller than you.

Duck and cover head (at least with hands) if you cannot get to an open space.

Avoid falling rocks and gravel slides in mountainous areas.

Those who are driving should stop their automobiles in a safe place.

3) After an earthquake, one should:

Wear shoes (if debris is on the floor).

Obtain a first aid kit if needed.

See if anyone is hurt, and if so, call the Emergency Line.  If it is not possible to get help by telephone, mark the place of the accident with a flag.

Turn off the water and heat if a leak is unmanageable, and shut down the main electrical circuit if the building is damaged.

See if there is a fire and do not use an open flame if there is danger of a fire starting.

Leave calmly if you think the building is uninhabitable after an earthquake. Many accidents occur when people run out through debris after an earthquake.

Dress appropriately for the weather conditions if you leave the building. Remember that the automobile is often the first heated shelter available and it has a radio.

Remember the emergency shelters in schools.

Listen after announcements from the Civil Protection on the State Radio

Never touch damaged electric poles.

Be prepared for aftershocks.

Source : Iceland Review.

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Effets d’un séisme de M 4,3 sur l’Etna en 2002  (Photo:  C. Grandpey)