Si le volcan d’Auckland se réveille…

Dans une note publiée le 26 août dernier, je faisais état de la menace que représenterait une éruption volcanique pour la ville d’Auckland, dans l’Ile du Nord de la Nouvelle Zélande. Une étude réalisée par cinq chercheurs italiens et néo-zélandais, publiée dans le Volume 74 du Bulletin of Volcanology, dresse un état des lieux et analyse les risques qu’induirait inévitablement une éruption volcanique pour cette ville qui compte quelque 1 300 000 habitants.

Les scientifiques partent de l’hypothèse d’une éruption phréato-magmatiques et ses déferlantes basales observées dans le passé sur l’Auckland Volcano Field. La difficulté de la prévention repose sur l’incertitude de l’emplacement des bouches éruptives et la distance que parcourraient ces déferlantes. Pour trouver une solution, les chercheurs se sont appuyés sur les dépôts laissés par les éruptions néo-zélandaises et ceux laissés par des phénomènes analogues sur d’autres volcans. L’étape suivante en cas de menace d’éruption consisterait à trouver un point d’équilibre entre les volcanologues et les décideurs à propos de l’évacuation de la population qui, selon les chercheurs, devrait se faire dès les premiers signes d’agitation du volcan ; à ce sujet, ils prévoient une zone d’évacuation initiale plus vaste que celle prévue actuellement. Une fois l’éruption déclarée, la zone d’évacuation serait susceptible d’être modifiée en fonction de l’emplacement des bouches éruptives

On peut lire (en anglais, langue scientifique de référence) l’intégralité de cette étude fort intéressante à l’adresse suivante. Il suffit de cliquer sur l’image du Bulletin of Volcanology en haut, à droite de la page.

http://link.springer.com/article/10.1007%2Fs00445-011-0556-y#page-1

En lisant cette étude, je ne peux m’empêcher de penser à d’autres grandes métropoles qui, à travers le monde, se trouvent sous la menace de catastrophes naturelles : San Francisco (800 000 habitants) qui redoute en permanence le « Big One », séisme qui provoquerait des dégâts considérables. Même chose pour Istanbul et ses 13 millions d’habitants qui est livrée aux caprices de la faille nord-anatolienne. Naples, dont l’agglomération compte plus de 4 millions d’habitants, subira un jour ou l’autre la colère du Vésuve. Seattle (630 000 habitants) et ses pôles industriels se trouve à peu de distance du Mont Rainier où le feu couve sous la glace. Ce ne sont que quelques exemples auxquels il faudrait ajouter les villes côtières (la Nouvelle Orléans par exemple) de plus en plus à la merci des tempêtes et qui devront, dans un avenir très proche, faire face à la montée des eaux des océans.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.