Orages volcaniques

drapeau francais.jpgDans le numéro du 10 décembre de la revue Environmental Research Letters, on peut lire que les éclairs pourraient permettre de connaître la hauteur du panache de cendre émis par un volcan en éruption.

Les scientifiques utilisent aujourd’hui les radars et les satellites pour suivre la trajectoire des panaches de cendre, mais leur travail devient extrêmement difficile lorsque arrive la nuit ou quand la météo devient défavorable. C’est à ce moment que les éclairs pourraient intervenir.

Les dernières recherches s’appuient sur l’éruption qui s’est produite en Islande au printemps dernier. L’Eyjafjallajökull a commencé à envoyer de la cendre dans l’atmosphère le 20 mars. En quelques jours, le panache a atteint une altitude de 9 km. Il avait une charge électrique si élevée qu’il produisait ses propres éclairs, détectables à des milliers de kilomètres de distance. 

On dit parfois des éruptions volcaniques que ce sont des « orages volcaniques ». Leur fonctionnement est encore mal expliqué, mais il est possible que les particules de cendre se recouvrent de glace après avoir atteint une altitude d’environ 5 km. Ces particules de glace se comportent alors comme les particules dans les orages classiques. Lorsqu’elles entrent en collision puis s’éloignent les unes des autres, une charge électrique s’accumule et l’éclair apparaît.

Il se peut aussi que l’eau contenue dans le magma gèle et crée l’éclair en suivant le même processus.

Que ce soit dans un cas ou dans l’autre, la corrélation entre la hauteur du panache et la fréquence des éclairs est la suivante : plus le panache monte haut, plus son sommet se refroidit, plus il y a de glace et donc plus il y a d’éclairs.

L’évaluation de la hauteur du panache est de la plus grande importance pour l’aviation dans la mesure où la glace et les particules peuvent endommager les aéronefs qui auraient la malchance de traverser des nuages de cendre. Si les contrôleurs aériens pouvaient avoir une estimation plus précise de l’évolution des panaches, ils pourraient aider les pilotes à les éviter.

 

drapeau anglais.jpgIn the December 10th edition of the journal Environmental Research Letters, one can read that lightning could be used to estimate the height of an ash plume spewed by an erupting volcano.

While volcanologists can use satellites and radar to track the progress of a plume, they often find it difficult to track the ash cloud as night falls and the weather changes. The lightning that accompanies these plumes may help them to do so.

The new research refers to the eruption that occurred this year in early spring in Iceland. Eyjafjallajökull first began sending ash into the atmosphere on March 20th. Within days, the ash plume reached a height of 9 km. The plume was so electrically charged that it made its own lightning which could be detected many thousands of kilometres away.

Volcanic eruptions are sometimes compared with « dirty thunderstorms ». How this concept works exactly is unclear, but ash particles can become coated in ice after they reach an altitude of about 5 km. These ice particles then behave like particles in a thunderstorm: As they collide and pull apart, a charge builds up and lightning can strike.

Another possibility is that the water in the volcano’s magma could be freezing and creating lightning by the same mechanism.

Either way, the correlation with plume height and lightning frequency works like this: the higher the plume, the colder the top of the plume, the more ice and, therefore, the more lightning.

Estimating the height of plumes greatly concerns the aviation industry as ash plumes have more ice and rocks that can foul any airplane unlucky enough to fly through them. If air traffic controllers had a more accurate estimate of how these plumes were growing, they would have a better idea how to avoid them.

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Orage volcanique sur le volcan Rinjani (Indonésie)
[Avec l’aimable autorisation de Wikipedia]

 

Première neige sur le Mauna Kea (Big island / Hawai’i)

drapeau francais.jpgEn cliquant sur le lien ci-dessous, vous aurez accès à une petite vidéo montrant la première chute de neige sur le Mauna Kea à Hawai’i. La route d’accès au sommet a dû être fermée le temps que les chasse-neige l’ouvrent à la circulation. La température est descendue à -3°C au sommet du volcan qui culmine à 4200 mètres d’altitude.   

http://www.bigislandvideonews.com/2010/12/11/video-snow-covers-mauna-kea-on-hawaii-island/

 

drapeau anglais.jpgBy clicking on the link here below, you will see a short video showing the first snow on Mauna Kea on Hawai’i Big Island. The access road to the summit had to be closed while snowploughs were opening it to the traffic. The temperature dropped to -3°C at the summit which culminates 4,200 metres above sea level.

 http://www.bigislandvideonews.com/2010/12/11/video-snow-covers-mauna-kea-on-hawaii-island/

Piton de la Fournaise: Nouvelle éruption, ou la suite de la précédente?

La dernière frasque du Piton de la Fournaise vient de se terminer, mais on peut se demander s’il s’agissait vraiment d’une nouvelle éruption ou d’un reliquat de celle qui a pris fin le 31 octobre dernier. En effet, si l’on relit les derniers bulletins diffusés par l’Observatoire à cette époque, on se rend compte que l’abcès ne s’était pas vidé complètement et on pouvait lire le 31 octobre : « Bien que le scénario le plus probable soit la fin de l’éruption, une possible reprise de l’activité reste tout de même à surveiller ». Cette affirmation était confirmée par le bulletin du 1er décembre qui indiquait que « l’activité éruptive du mois d’octobre sur le Piton de la Fournaise n’a pas été suivie par un dégonflement significatif de l’édifice volcanique. Pendant le mois de novembre, le secteur sommital de l’édifice a été affecté par une dilatation progressive et de faible amplitude ».

La sortie de la lave le 9 décembre n’est donc pas vraiment une surprise. Par contre, alors que le point d’émission de la mi-octobre se trouvait dans la partie sud-sud-est du volcan, celui du 9 décembre a été localisé sur le flanc nord-nord-ouest du Dolomieu.

Il serait intéressant de connaître la composition exacte de cette nouvelle lave afin de savoir s’il s’agit d’une nouvelle montée de magma ou bien d’une migration du premier magma sous le volcan.

L’histoire du Piton de la Fournaise montre qu’une telle reprise d’activité à quelques semaines d’intervalle n’est pas exceptionnelle, mais elle reste difficile à prévoir. Le Piton de la Fournaise a beau être truffé d’instruments, les derniers événements montrent que nous ne sommes toujours pas capables de prévoir le moment où le magma percera la surface. Le 9 décembre à 16h40, l’Observatoire indiquait qu’«une nouvelle remontée de magma à l’échelle des jours – semaines reste probable ».

La lave déjouait ces pronostics et décidait de prendre l’air le même jour à 22h42 !

Machin (Colombie)

drapeau francais.jpgLe Machin n’est pas le plus connu des volcans colombiens. C’est un petit stratovolcan qui se trouve à l’extrémité sud du massif Ruiz-Tolima à une vingtaine de km au NO de la ville d’Ibagué.

Delon l’INGEOMINAS, la sismicité a augmenté sur le volcan le 3 décembre. On a enregistré quelque 340 séismes volcano-tectoniques de faible magnitude localisés au SO du dôme principal, à une profondeur moyenne de 4 km. L’événement le plus important, d’une magnitude de 3,7, se situait au SO du dôme, à une profondeur de 3,5 km et a été ressenti par les habitants de la région.

Le niveau d’alerte est maintenu à III (changements dans le comportement du volcan).

Source : Global Volcanism Network.

 

drapeau anglais.jpgThe Cerro Machín is not the best known volcano of Colombia. It lies at the southern end of the Ruiz-Tolima massif about 20 km NW of the city of Ibagué

According to INGEOMINAS, seismicity increased on the volcano on December 3rd.  About 340 volcano-tectonic earthquakes with low magnitudes were located SW of the main lava dome, at an average depth of 4 km. The largest event, with a 3.7 magnitude, was located SW of the dome at a depth of about 3.5 km and was felt by local residents. The Alert level remains at III (Yellow; « changes in the behaviour of volcanic activity »).

Source : Global Volcanism Network.