Soufriere Hills (Ile de Montserrat)

drapeaufrancais.jpgComme pour la semaine précédente, le niveau d’activité a été variable pendant la semaine du 22 au 29 janvier. .

Des périodes d’activité plus intense apparaissent de manière cyclique toutes les 5 à 7 heures, avec des émissions de cendres, des avalanches de blocs et des coulées pyroclastiques. Ces dernières sont en nette augmentation dans la vallée de Tar River à l’est. Plusieurs ont atteint la mer. Elles proviennent d’une nouvelle zone de croissance du dôme dans la partie sud-est du sommet. Plusieurs écoulements pyroclastiques ont également atteint une distance d’environ 2 km au nord-ouest dans la vallée de Tyers Ghaut le 25 janvier.

Le dôme continue de se modifier rapidement. La partie nord-est du sommet montre des falaises verticales alors que la partie au nord-ouest est plus arrondie.

Des pluies intenses le 25 janvier ont occasionné des émissions de vapeur à partir des dépôts chauds des écoulements pyroclastiques de la vallée de la Belham River. De petites explosions de vapeur ont produit un peu de cendres dans les panaches de vapeur et des coulées de boues se sont formées.

Le niveau d’alerte est maintenu à 4. Il n’y a pas d’accès à la Zone C et uniquement un accès pendant la journée (entre 6h30 à 17h30) dans la zone B.

Source : MVO.

 

drapeau anglais.jpgJust like during the previous week, activity has remained at a variable level between January 22nd and 29th.  

Periods of increased activity have occurred every 5 to 7 hours, with ash emissions, rockfalls and pyroclastic flows. These have increased in the Tar River valley to the east and several of them have reached the sea. They are coming from new dome growth in the southeastern part of the summit. More pyroclastic flows also occurred to the northwest approximately 2 km down Tyers Ghaut on January 25th.

The dome has continued to change rapidly. The northeastern part of the summit has steep, vertical walls whereas the northwestern part is more rounded.

Heavy rain on January 25th caused vigorous steaming of the hot pyroclastic flows in the Belham valley. Small steam explosions caused some ash in the steam plumes. Some lahars were formed at this time.

The Hazard Level is kept at 4. There is no access to Zone C and only daytime access (6:45 am to 5:30 pm) to Zone B.

Source: MVO.

Eruption sous-marine au Japon

drapeaufrancais.jpgDepuis 7h45 heure locale, les autorités maritimes japonaises constatent des dégagements de vapeur et des changements de coloration de l’eau qui est devenue jaune-vert au lieu dit Fukutoku-Okanoba. Ce lieu est situé à 5 km au nord-nord-est de l’ile Iwojima du sud, à environ 1300 km au sud de Tokyo. Une éruption sous-marine est donc en cours dans cette zone.

 

drapeau anglais.jpgSince 7:45 a.m., the Japanese maritime authorities have observed steam emissions as well as changes in the water colour that has become yellow-green at Fukutoku-Okanoba which is located 5 km NNE of the southern Iwojima Island, 1,300 km south of Tokyo. This means a submarine eruption is under way in this area.  

Les volcans aux Lilas (Seine-Saint-Denis)

La délégation Paris-Ile-de-France de L’Association Volcanologique Européenne (L.A.V.E.) organise une animation le samedi 6 février 2010 de 14H30 à 18H00 à l’auditorium du Centre Culturel des Lilas, 35 Place Charles De Gaulle, 93260 Les Lilas (à 400m du métro Mairie des Lilas).

J’aurai le plaisir d’y présenter mes trois diaporamas argentiques (en fondu-enchaîné sonorisé) les plus récents :

         « La descente des Cascades« , « Welcome to New Zealand » et « Alaska, la dernière frontière« .

 

Egalement au programme :

  « Les volcans de l’Aveyron » par Frederic Lavachery, fils d’Haroun Tazieff.       

– « La Soufrière de Montserrat en décembre 2009  par Norbert Choisi, délégué Paris-Ile-de-France.

 

Des boissons seront servies à mi-séance. Entrée 5 euros pour les non-Lilasiens.

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La Vallée des 10 000 Fumées (Alaska)
(Photo: C. Grandpey)

La « super éruption » du volcan Toba (Ile de Sumatra / Indonésie

Voici deux articles parus récemment dans la presse scientifique et qui apportent des éclairages quelque peu différents sur l’impact que l’éruption cataclysmale du Toba a pu avoir sur notre planète. Bonne lecture !

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1)

Un article récemment mis en ligne sur le site de Live Science (http://www.livescience.com) nous rappelle qu’une très violente éruption du volcan Toba (Ile de Sumatra – Indonésie) a eu lieu il y a quelque 74 000 ans et a peut-être menacé d’extinction la race humaine. On estime que le volcan a envoyé 800 kilomètres cubes de cendre dans l’atmosphère, ce qui aurait détruit une grande partie des forêts du centre de l’Inde et fait écran à la lumière du soleil pendant six années. La température globale de la planète aurait chuté de 16°C dans certaines zones du globe, ce qui aurait plongé la Terre dans une période glaciaire qui aurait duré environ 1800 ans. [Il faut utiliser le conditionnel, car les études relatives à cette éruption sont sujettes à controverse].

Selon Stanley Ambrose, professeur d’anthropologie de l’Université d’Illinois en 1998, l’éruption du Toba et la période glaciaire qui a suivi expliqueraient la chute des populations sur Terre qui se serait de toute évidence produite – selon les généticiens – il y a entre 50 000 et 100 000 ans. En effet, le manque de diversité génétique parmi les humains qui vivent de nos jours laisse supposer qu’à cette époque éloignée la population a frôlé l’extinction.

Afin de tester sa théorie, S. Ambrose et son équipe de recherche ont analysé le pollen qui se trouvait sur un site du Golfe de Bengale encore recouvert d’une couche de cendre du Toba. Les scientifiques ont aussi comparé les isotopes de carbone dans les échantillons de sol fossilisé se trouvant dans les couches au-dessus au-dessous de la cendre du Toba dans trois sites du centre de l’Inde – soit 4500 km du volcan – pour déterminer le type de végétation qui existait en différents endroits et à différents moments dans le temps. Les tests ont révélé une modification évidente du type de végétation en Inde juste après l’éruption, avec « une couverture de végétation plus ouverte et une représentation réduite des fougères » qui poussent dans des atmosphères humides, « ce qui sous-entend des conditions plus sèches dans cette région pendant au moins 1000 ans après l’éruption du Toba ». La sècheresse indique aussi probablement une chute de température ; en effet, « une baisse de la température entraîne forcément des pluies moins abondantes ». « Cela prouve sans la moindre ambiguïté que l’éruption du Toba a été la cause de la déforestation sous les tropiques pendant une longue période». S. Ambrose en conclut aussi que le cataclysme a peut-être obligé les ancêtres des êtres humains actuels à adopter de nouvelles stratégies de coopération pour leur survie ce qui, finalement leur a permis de prendre la place des hommes de Néandertal et d’autres anciennes espèces humaines.

L’article de Live Science nous rappelle que le volcan de Yellowstone appartient – comme le Toba – à la catégorie des « super volcans » et que son réveil pourrait avoir des conséquences désastreuses en recouvrant la moitié des Etats-Unis d’une épaisse couche de cendre…. Musique bien connue !

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2)

Un des grands intérêts de l’éruption du Vésuve en l’an 79 de notre ère a été d’enfouir sous la cendre les villes d’Herculanum, Pompéi et Stabies, nous permettant aujourd’hui de découvrir les vestiges de la civilisation romaine de l’époque.

De la même façon, des fouilles effectuées  par l’Université d’Oxford en collaboration avec des institutions indiennes dans le sud et le nord de l’Inde ont jeté un nouvel éclairage sur les modes de vie avant et après l’éruption cataclysmale du volcan Toba sur l’île de Sumatra il y a 74 000 ans.

Les recherches ont duré cinq ans et ont pris en compte l’environnement dans lequel vivaient les hommes à cette époque lointaine, leurs outils de pierre ainsi que les plantes et les ossements d’animaux. Les scientifiques ont abouti à la conclusion que de nombreuses formes de vie ont survécu à l’éruption, contrairement à d’autres études qui laissent entendre que l’éruption aurait entraîné des extinctions animales importantes ainsi qu’une disparition à grande échelle de la population sur Terre.

Le fait que des outils identiques du Paléolithique Moyen aient été trouvés avant et après l’éruption du Toba suppose que les personnes qui ont survécu au cataclysme appartenaient à la même population et utilisaient le même type d’outils. Les recherches viennent étayer les preuves que d’autres ancêtres de l’Homme tels que l’Homme de Neandertal en Europe et les Hobbits de l’Asie du sud-est ont continué à survivre bien après l’éruption du Toba.

L’équipe de recherche d’Oxford est persuadée – contrairement à leurs collègues qui optent pour une destruction à grande échelle de l’environnement – que certaines régions ont récupéré rapidement de l’éruption. Ils n’ont pas trouvé beaucoup d’ossements dans les sites où est retombée la cendre du Toba, mais il ont découvert dans les grottes de Kurnool, dans l’Andhra Pradesh, des dépôts allant de 100 000 ans à nos jours et contenant de très nombreux ossements d’animaux. Ils ont par ailleurs identifié des restes de végétaux sur les sites affectés par la cendre du Toba qui apportent d’importantes informations sur l’impact que l’éruption a pu avoir sur l’environnement. 

Ces nouvelles informations mettent à mal l’idée que l’éruption cataclysmale du Toba a entraîné une catastrophe écologique à l’échelle planétaire. Toutefois, les chercheurs reconnaissent que la cendre émise par le volcan a eu un effet dévastateur au moins temporaire sur la végétation, les réserves d’eau potable et a probablement affecté la vie animale et les populations.

Source : Science Daily.

 

Les conclusions de cette étude sont à comparer à celles publiées il y a quelque temps dans la revue Live Science.